Le système motivationnel du choix de carrière : effets sur l’implémentation du choix et succès de carrière

Le Prof. Andreas Hirschi (IP), expert dans le domaine du développement de carrière et de l’orientation professionnelle, en collaboration avec Domingo Valero (doctorant FNS) dirige un projet FNS qui explore le rôle de la motivation dans la prévision du succès de la transition de la scolarité obligatoire à la vie professionnelle.

La transition de la scolarité obligatoire au système d’apprentissage professionnel est l’une des transitions de vie les plus importantes pour de nombreux jeunes en Suisse. Le projet de recherche « Bases motivationnelles du choix de carrière » explore les fondements motivationnels des choix de carrière chez les adolescents et la manière dont leur motivation influence leur succès dans la transition de l’école aux apprentissages professionnels. En particulier, le but de l’étude est d’examiner l’influence de la motivation sur la probabilité d’implémenter le premier choix souhaité, ainsi que sur l’expérience de succès subjectif (soit la satisfaction, l’engagement au travail et l’attachement à la carrière finalement choisie) pendant le temps de l’apprentissage. Le modèle théorique se base sur la « Théorie des systèmes motivationnels », un cadre d’analyse intégratif de la motivation humaine incluant les buts, la croyance en ses possibilités d’action, et les émotions portant sur la carrière choisie. Ce cadre est de plus enrichi par la littérature portant sur la « motivation proactive », un concept qui est caractérisé par la planification anticipée d’un futur différent de sa situation actuelle. En effet, la transition à la vie active requiert des élèves une planification anticipée pour trouver une activité qui sera par définition fortement différente de leur vie quotidienne comme collégiens. Le résultat de cette intégration théorique est un modèle de motivation proactive pour la transition de la scolarité à la vie active (voir fig.).

Capture d’écran 2013-10-21 à 22.09.02Pour évaluer les effets de ce modèle sur le développement de carrière des élèves, la collection des données a débuté dans les cantons de Zurich, St-Gall et Zoug avec un design longitudinal de trois ans portant sur deux cohortes, la première en 8ème année scolaire, la seconde au début de l’apprentissage, lors de la première participation. Le design longitudinal permettra de suivre les trajectoires de ces élèves pendant une période prolongée. L’étude approfondira les connaissances scientifiques sur le système de l’apprentissage en Suisse, de même que sur les aspects dynamiques du développement de carrière chez les adolescents plus généralement. Finalement, en ce qui concerne les applications pratiques, les résultats pourront par exemple servir de base pour créer des interventions de conseil qui développeront la motivation des élèves. De telles interventions auraient comme but final premièrement l’augmentation de la probabilité de réussite des élèves pour mettre en pratique leur choix de carrière, deuxièmement de faciliter un développement de carrière positif dans cette transition professionnelle si essentielle pour de nombreux jeunes en Suisse.

Andreas Hirschi, professeur (IP)