Jan Rosset

Political Representation in Switzerland: Democratic or Plutocratic?

Jan Rosset a obtenu une licence ès Lettres à l’Université de Lausanne en 2008 et a depuis occupé des postes de doctorant FNS, responsable de recherche et coordinateur scientifique au Centre de compétences suisse en sciences sociales (FORS). De 2011 à 2012, il a également été assistant éditorial de la Revue suisse de science politique et a participé aux enseignements de méthodes quantitatives en science politique à l’UNIL. En août 2013, il a soutenu, à la Faculté des SSP, sa thèse en science politique, co-dirigée par Florence Passy et Georg Lutz.

Les inégalités économiques se traduisent-elles dans des inégalités politiques à travers le processus de représentation électorale ? Telle est la question centrale de cette thèse qui s’attache également à investiguer les mécanismes qui produisent une représentation biaisée des préférences politiques des citoyens en fonction de leur statut économique.

Focalisé sur le cas de la Suisse et exploitant des données de l’enquête postélectorale Selects de 2007, ce travail démontre que sur les rares sujets qui divisent les citoyens selon des clivages économiques – la redistribution des richesses et la sécurité sociale en particulier – les élus à l’Assemblée fédérale ont des préférences qui reflètent mieux les opinions des citoyens les plus riches. La sous-représentation des opinions des citoyens modestes et de ceux dont le revenu est proche de la médiane peut, en partie, être attribuée à des différences dans les taux de participation et de connaissance politiques entre ces groupes de citoyens.

La thèse met également en évidence le rôle joué par la représentation descriptive – autrement dit, la similitude en termes de statut économique entre les représentants et les représentés – dans la représentation des opinions et intérêts des citoyens. Par ailleurs, la structure du système des partis en Suisse ne reflétant pas la multidimensionnalité des préférences politiques des citoyens, les électeurs ne parviennent à traduire qu’une partie de leurs préférences politiques dans un choix de vote, ce qui, dans la configuration actuelle des forces politiques, tend à favoriser l’élection de représentants aux opinions proches de la droite sur les questions économiques.

Enfin, une analyse de la représentation politique au niveau cantonal tend à soutenir l’hypothèse selon laquelle le manque de régulation en matière de financement des partis en Suisse pourrait partiellement expliquer les inégalités dans la représentation des opinions politiques des citoyens aux revenus distincts.