Denis Hauw

Denis Hauw a été nommé professeur associé de psychologie du sport à l’ISSUL au 1er août 2012. Ses recherches portent sur les dynamiques d’organisation de l’activité de sportifs de haut niveau en situation d’entraînement et de compétition.

denis_hauwQuel est le parcours qui vous a amené à devenir chercheur ?

Après mon baccalauréat, je voulais être professeur d’EPS. Une blessure m’a conduit à m’engager dans des études doctorales en sciences du sport que je n’avais pas envisagées initialement. J’ai quand même été enseignant d’EPS, mais progressivement j’ai investi le domaine de la recherche en psychologie du sport avec mon doctorat et avec l’accès aux postes universitaires.

Votre domaine de recherche en une phrase ?

L’activité des sportifs de haut niveau en situation : il s’agit de comprendre comment la diversité des situations vécues en sport reflète des dynamiques d’organisation de l’action originales, productives et dans quelles mesures elles peuvent rester « majorante » pour l’individu. Mes travaux me conduisent à travailler sur une diversité de sport – depuis le trampoline jusqu’aux ultra-trails – mais aussi sur des problématiques telles que la consommation de substances en sport avec des questions de prévention.

Pourquoi ce domaine de recherche ?

Il y a de nombreuses raisons qui se sont agrégées les unes aux autres. Le sport est ma passion et cette passion n’est pas contemplative. Mon passé de pratiquant, entraîneur, préparateur psychologique de sportifs de haut niveau reflète cette volonté activiste. La recherche en sport est récente et c’est donc une façon de rester actif dans ce domaine. Enfin, la diversité d’expériences vécues au cours de la pratique sportive reste incomparable et son organisation psychologique encore insuffisamment connue.

Pourquoi mener cette recherche à la Faculté des SSP de l’UNIL ?

Dans un contexte de développement de l’ISSUL, la psychologie du sport est un domaine à constituer. C’est un défi qui offre de multiples possibilités donnant lieu à des perspectives stimulantes quant à l’articulation de la recherche et de l’enseignement, et s’insérant dans l’environnement sportif international de Lausanne. Il y a aussi les possibilités de collaboration avec les autres champs scientifiques couverts par l’ISSUL ainsi qu’avec les autres laboratoires de psychologie de la Faculté des SSP.

Qu’attendez-vous de vos recherches ?

C’est un domaine dans lequel de nombreux objectifs peuvent être visés. D’un côté, nos connaissances dans le domaine restent encore trop peu développées. Il faut donc mieux explorer la diversité des situations sportives rencontrées par les athlètes de haut niveau et les organisations psychologiques qui s’y rattachent. De l’autre, toutes ces recherches ont des conséquences pratiques : on peut envisager de mieux aider et mieux former les sportifs ; on peut aussi construire des programmes de prévention contre le dopage, par exemple, et les tester. Ces deux dimensions de la recherche se nourrissent mutuellement.

Quelles difficultés éprouvez-vous dans le travail de recherche ?

La difficulté majeure concerne l’accès aux sujets et les méthodes pour construire un corpus de données. Les questionnaires administrés à grande échelle ou les tests prédicteurs des conduites ne sont pas suffisamment satisfaisants pour rendre compte de la richesse de l’organisation psychologique des sportifs accomplissant une performance, ni de l’activité de consommation de substances ou du dopage. Mes recherches s’appuient sur une collecte de données au plus prés de l’action et des situations, mais les observatoires sont difficiles à construire.

Quels sont les talents cachés qui vous aident à surmonter ces difficultés ?

Je ne crois pas au talent mais au travail et à une disponibilité à saisir les opportunités que l’on apprend à faire fructifier dans le cours de nos accomplissements personnels.

Qui serez-vous dans 10 ans ?

Laissons les opportunités se présenter…

Site Unisciences :
http://www.unil.ch/unisciences/denishauw