Amber Gayle Thalmayer

Première assistante (SSP/IP, CePCO)
Lauréate de la décharge Tremplin (2018)

« Grâce à la décharge Tremplin, mon équipe à l’UNIL bénéficie d’un soutien fiable pendant cette période. Cela me permet de coordonner mes visites en Namibie en fonction de la disponibilité des membres de l’équipe et de passer plus de temps sur le terrain. »

 

En quelques mots, en quoi consistent vos recherches à l’UNIL?

J’étudie la personnalité et la santé mentale à travers les cultures. La psychologie se veut être une science empirique, mais les données sur lesquelles sont construits nos modèles et nos théories ne sont pas réellement représentatives de tous les humains. La majorité des observations proviennent d’Amérique du Nord et d’Europe de l’Ouest. Ainsi, bien que l’Afrique représente le deuxième continent le plus peuplé de la planète, peu de travaux y ont été menés. Nous pouvons donc nous interroger : quels sont les aspects de nos modèles qui sont réellement universels, et quels sont ceux qui sont plus spécifiques à une culture? Dans le but de répondre à cette question, je dirige un projet soutenu par le Fonds National Suisse. Avec l’aide d’une équipe internationale, nous étudions un échantillon de locuteurs Khoïkhoï de Namibie, un groupe qui a conservé son ancienne langue à clic. Nous utilisons l’approche lexicale selon laquelle les traits de personnalité les plus distinctifs sont encodés dans la langue. Une telle étude nous permettra d’identifier les concepts et la structure de la personnalité locale et de la comparer aux modèles occidentaux de personnalité. Une deuxième étude explore les concepts locaux de troubles mentaux. Les objectifs de ce projet sont de fournir un test empirique de l’hypothèse d’universalité des modèles actuels de personnalité et de santé mentale, ainsi que de contribuer au travail des chercheurs namibiens et développer un usage de la psychologie qui soit approprié au contexte namibien.

J’explore également la structure « locale » de la personnalité dans les langues d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique de l’Est. De plus, je développe une mesure des troubles mentaux, et je conduis des recherches qui testent les relations entre la personnalité et les valeurs éthiques. Par exemple, nous investiguons, dans une étude quantitative longitudinale, si l’adoption de valeurs conduisent à des modifications de la personnalité chez les adultes. Dans une étude qualitative, nous explorons comment les adultes perçoivent et comprennent les vertus morales.

Que comptez-vous réaliser durant la période de décharge « Tremplin »?

Ces mois seront une période de travail intensif sur mon projet FNS. Le soutien opportun de la décharge Tremplin me permet de concentrer mon attention et mes efforts sur la collecte de données en Namibie. La période initiale de ce projet a été enrichissante et réussie. En août 2018, j’ai obtenu plus de 600 réponses sur la personnalité lexicale, grâce au soutien sans faille d’un assistant de recherche, un linguiste dont la langue maternelle est le Khoïkhoï, d’un collaborateur de l’Université de Namibie et d’une équipe de 15 enseignants de la langue Khoïkhoï de toute la Namibie qui ont travaillé comme collecteurs de données. J’ai pu établir ces liens et coordonner les efforts de l’équipe en étant sur le terrain.

Durant l’année 2019, le travail de terrain demandera encore plus de temps. Après avoir terminé l’analyse des données lexicales, je me rendrai en Namibie en mars pour mener des entretiens qualitatifs destinés à faciliter l’interprétation des résultats. De juin à août, je vais passer sur le terrain pour collecter des données sur les symptômes de troubles psychologiques. Sur la base de mon expérience antérieure, je sais qu’il me faut être présente sur le terrain pour garantir la qualité des données et apporter une expérience positive aux membres de mon équipe en assurant un leadership et un soutien sur le terrain. Y être en personne m’apprend aussi sur la culture locale d’une manière qui enrichit profondément ma compréhension des résultats quantitatifs.

Grâce à la décharge Tremplin, mon équipe à l’UNIL bénéficie d’un soutien fiable pendant cette période. Cela me permet de coordonner mes visites en Namibie en fonction de la disponibilité des membres de l’équipe et de passer plus de temps sur le terrain. Naturellement, diriger avec succès ma première grande subvention est pour moi une opportunité précieuse, car je me tourne vers mes perspectives académiques futures et mon espoir de diriger un laboratoire. Je suis touchée par le soutien du Bureau de l’égalité pour m’aider à réussir.