Militantisme et Covid-19 : la lutte continue

Expériences de la pandémie
De mars à mai 2021, entre confinement et enseignements à distance, une classe de master de l’UNIL en sociologie de la médecine et de la santé a mené onze enquêtes au plus près du quotidien d’une variété de métiers, de communautés, de milieux. Les paroles recueillies composent la trame d’expériences partagées et de vécus intimes des événements, une lecture plurielle de leurs existences au cœur de la pandémie.

Une enquête de Nadège Pio et Antonin Wyss

Disons-le d’emblée : nous avons un léger penchant militant. Et la pandémie de Covid a incontestablement affecté notre capacité à soutenir des mouvements sociaux. Si nous avons cherché à comprendre le vécu des militant·e·s pendant cette période, c’est parce que nous ressentons à leur égard une sympathie fondée sur des valeurs communes. La proximité est aussi sociale et générationnelle, puisque les six personnes rencontrées sont de plus ou moins « jeunes adultes », étudiant·e·s ou impliqué·e·s, sans grande surprise, dans des métiers de soutien à l’autre. Écologistes, féministes ou antiracistes, nous avons échangé avec elles et eux sur les raisons et les possibilités de continuer à militer et comment le faire sans pouvoir occuper l’espace public, ni se rencontrer.

L’expérience du militantisme est généralement peu (re)connue. Jugé·e·s parfois trop extrêmes, antidémocratiques, casseurs, fanatiques, et autres qualificatifs négatifs, celles et ceux qui ébranlent l’ordre établi font parfois peur, ne feraient que perdre leur temps. Elles et ils inspirent peu de compassion, d’autant plus lorsque leurs combats sont jugés inutiles. Rendre compte de leurs vécus, c’est aussi les ré-humaniser ; donner de la voix aux personnes qui font entendre celle des dominé·e·s.

Même si c’était juste un stand, en fait c’est une manière d’être présent dans l’espace public – Laura

Avec ou sans pandémie, le militantisme est un travail très concret, vraiment très organisationnel. C’est le quotidien de Laura, qui doit répondre aux mails, faire les convocations, relayer tous les événements ; faire les demandes d’autorisation, les renégocier. C’est aussi celui de Benvindo, dont le collectif bosse sur des projets avec les institutions. Dans celui de Clara, on n’a pas des rôles définis pour chaque personne ; la question c’est plutôt : qu’est-ce que certaines personnes ne font pas ? Elle-même ne parle que très peu aux journalistes. C’est l’inverse de Matthias, qui a un cheval de bataille bien précis : la convergence, la synergie entre les différents groupes et mouvements sociaux. Thomas, lui, préfère rester dans l’ombre : il s’occupe plus volontiers de la logistique, avec ses compétences soit dans l’informatique, soit en psychologie, soit tout simplement pour porter des cartons ! Diane s’occupe de l’art et du matériel– mais ça fait un moment qu’on n’a pas trop refait quoi que ce soit, vu qu’au niveau matériel en ce moment on fait pas grand-chose…

La pandémie a chamboulé la plupart de ces quotidiens. La configuration Covid du militantisme implique pour Benvindo de plus adapter le travail avec les outils technologiques – on doit faire beaucoup de sensibilisation à distance. Un moyen de rester à flot, pour Laura – on a réussi à maintenir une activité au niveau purement organisationnel ; on se réunit par Zoom depuis plus d’une année. Mais des répercussions importantes se font rapidement sentir : Benvindo a dû basculer un atelier en ligne et annuler, dans la foulée, des partenariats conclus avec l’entrepreneuriat local – on avait prévu de promouvoir des restaurateur·ice·s qui comptaient sur un soutien financier et sur cet événement pour se faire connaître, mais ça n’a pas pu se faire. Le collectif de Laura a dû, à la dernière minute, revoir totalement l’organisation pour démultiplier l’événement sur plusieurs endroits ; ça veut dire avoir plusieurs sonos, avoir des personnes partout ; avec en plus des normes sanitaires assez lourdes… ; ç’est hyper compliqué.

Les annulations ou les complications des manifestations, c’était un immense problème dans le collectif de Clara – on a tâché de compenser du mieux qu’on pouvait, en faisant des choses différentes, mais c’est quelque chose qu’on ne peut pas vraiment compenser. Pour Laura, il était important de proposer des alternatives – même si c’était juste un stand, en fait c’est une manière d’être présent dans l’espace public ; il y a plein de personnes qui étaient contentes de nous voir.

On va inventer d’autres formes d’action – Diane

Les adaptations ont impliqué un changement de stratégie plutôt productif pour Clara – il fallait investir des forces dans d’autres secteurs, prendre du temps pour plus réfléchir à la stratégie, faire de la communication écrite de documents ; aussi pour faire des formations à l’interne ; on en a fait énormément le printemps passé. Diane et Thomas ont également réorienté leurs efforts, en créant une cellule de culture régénératrice pour soutenir les militant·e·s. Matthias estime d’ailleurs que le travail qu’il a pu faire en 2020 pour tisser des liens intersectoriels résulte de ces changements de priorité – ces liens qui ont pu être faits dernièrement sont un peu inédits ; à mon avis, la pandémie a participé à ça puisqu’on s’est un peu tous retrouvés dans nos coins.

Au-delà des adaptations, la pandémie a été l’occasion d’inventer d’autres formes d’action. Diane se montre cryptique au moment d’en parler parce que l’événement en question n’a pas encore eu lieu. L’idée générale est d’avoir des militants isolés mais présents simultanément à de multiples endroits. Parce qu’on n’a pas besoin d’être forcément serrés les uns contre les autres pour manifester. Matthias, lui, trouve créatif et original d’avoir organisé un sit-in en forme de damier, avec un écart de 1,5m entre chaque carré.

L’expérience de Benvindo se détache singulièrement de celle des autres militant·e·s. Le Covid n’a pas eu une incidence phénoménale sur son travail – les adaptations qu’on a eu à faire, c’est les adaptations de Monsieur et Madame tout le monde ; l’association a un impact politique, c’est des éléments qui peuvent se faire à distance ; on peut faire des réunions avec des autorités en petit comité ; le combat d’obtenir ces changements au niveau institutionnel, on peut le faire avec ou sans Covid. S’il a effectivement fallu réapprendre à manifester, la ligne directrice du collectif consiste depuis un certain temps à limiter un peu les manifestations, parce qu’il faut pas que ça devienne juste un écran de fumée ; le but c’est d’avoir une précision chirurgicale. Parler de la pandémie apparaissait donc comme secondaire aux yeux de Benvindo pour lequel la priorité était d’expliquer la lutte parce que, vraiment, le Covid ça change juste les façons de procéder ; le seul problème pour moi c’est que je connais pas forcément les gens avec qui je bosse ; c’est ça, le gros manquement.

Il y a un côté socialisation qui est ultra important dans le militantisme, il y a un besoin de faire groupe – Thomas

L’isolement et la solitude pèsent particulièrement fort sur le moral des militant·e·s – pendant la pandémie, t’es seul ; t’as pas ces moments où tu peux aussi débriefer avec les copain·e·s militant·e·s. Pour Laura, comme pour les autres, la socialité constituait un rempart salutaire face aux difficultés liées à son engagement. Thomas exprime d’emblée cette nécessité – il y a un côté socialisation qui est ultra important dans le militantisme, il y a un besoin de faire groupe. Le militantisme est un combat épuisant pour Benvindo aussi – on n’en voit pas la fin ; ça prend beaucoup plus d’énergie que ce qu’on croit. Le collectif de Laura, un mouvement qui était très joyeux, a perdu son effervescence avec la crise, pour devenir un poids hyper lourd à porter. Thomas trouve que les moments de partage, ils fonctionnent pas très bien en ligne. C’est également l’expérience de Laura – on a eu des gros conflits ; j’ai l’impression que par Zoom, ils sont exacerbés ; t’es pas d’accord et tu peux pas essayer de discuter ensemble ; ça fait beaucoup de mal quand-même à l’organisation du collectif en général. Un sentiment partagé par Benvindo qui constate que l’implication a baissé en raison du manque de contacts humains – c’est difficile de fédérer autant qu’on le voudrait.

Diane est l’une de ces personnes qui peinent à s’investir. Elle a rejoint le collectif peu avant que la crise sanitaire ne se déclare – au début c’était une super bonne dynamique ; on avançait bien, on faisait ça autour d’une bière, tranquille, à se marrer. Son élan était porté par les rencontres, un entre-soi détendu qui favorisait sa productivité. Avec la pandémie – j’ai l’impression qu’on n’avance pas ; j’ai aucune motivation ; c’est une catastrophe. Les réunions Zoom avec de multiples anonymes lui sont insupportables ; les caméras et la convivialité sont éteintes. Ces difficultés font écho au vécu de Laura : faire les réunions en vrai, pouvoir discuter un peu avant, après, d’aller boire un verre…, c’est un peu comme un lubrifiant social ; ça rend les relations plus douces. Thomas en fait même un aspect essentiel de l’organisation du collectif : dans les milieux horizontaux, on a besoin d’être ensemble, de se regarder, percevoir comment vont les autres ; on a beaucoup besoin du langage non-verbal pour communiquer.

Le bilan semble assez négatif, donc, jusqu’à ce que nous rencontrions Clara. La pandémie coïncide avec son arrivée dans un collectif et facilite son intégration – je l’ai super bien vécue parce qu’en fait, Zoom, sous pas mal d’aspects, c’est plus inclusif. En tant que nouvelle venue, les moments de flottement autour des réunions sont souvent difficiles à vivre, parce que les membres ont beaucoup plus de complicité ; ça demande un peu de courage d’y aller. Elle apprécie qu’avec Zoom – où les gens sont hyper protocolaires – la prise de parole devient plus égalitaire : chacun est dans son petit carré, chacun voit vraiment tout le monde, chacun est vraiment pareil que les autres ; tandis que dans une réunion en vrai, il y a peut-être des gens qui physiquement vont prendre plus de place. L’expérience de Clara reste entière – le début du coronavirus, ça a coïncidé avec une explosion de ma vie sociale, parce que je voyais des gens toute la journée ; c’est assez paradoxal mais c’était vraiment comme ça. Toutefois, quelle que soit la couleur de l’expérience, le passage à des relations en ligne a généralement été perçu comme un mal nécessaire. Benvindo est lucide – il y a très peu de moyens de contester les décisions des autorités ; rien que la manifestation, on peut pas l’utiliser.

Pousser son mouvement social tout en garantissant la santé des gens, c’est un équilibre assez compliqué à avoir – Benvindo

Les militant·e·s ont affirmé respecter les mesures sanitaires avec une évidence surprenante pour des personnes enclines à la désobéissance civile. Un paradoxe que Diane résout aisément : désobéissance civile, oui, mais il faut que ça ait un but civil ! c’est-à-dire vraiment de protéger les vies et les secourir ; si on fait des foyers à Covid ben… on n’est pas très civil. Ce sont aussi les militant·e·s médecins qui donnent le ton – tous nos docteurs nous ont dit : « S’il-vous-plaît, ne faites pas exploser les hôpitaux ». La situation est moins simple pour Matthias qui se montre critique face à la collaboration avec les autorités, déplorant l’absence d’une discussion ouverte sur le sujet dans le collectif : Ça sert à rien, c’est juste symbolique pour moi ; c’est une manière de montrer notre allégeance à l’ordre établi et d’admettre que si on n’a pas l’autorisation, on va pas faire notre manifestation ; et c’est une manière de se soumettre qui me dérange.

Au fil de nos discussions, nous réalisons ainsi que la désobéissance civile peut prendre plusieurs visages. Pour Benvindo, le changement passe par la collaboration avec les institutions, la recherche du dialogue. Thomas et Diane ne sont pas à l’aise avec les activités illégales, même s’ils soutiennent ce mode d’action, qui est celui privilégié par leur collectif. Clara place également peu d’espoir dans les politiques mais en fait un usage stratégique – ces activités, c’est une manière de mettre notre discours sur la place publique, d’interpeler les gens. Pour Laura, qui a participé à l’organisation de certaines manifestations en 2020, la bonne volonté n’aura pas suffi – on s’est pris des grosses amendes. Malgré toutes les adaptations, certaines actions ont pris une tournure inattendue et incontrôlable ; les organisateur·ice·s ont été accusé·e·s d’enfreindre les normes sanitaires – on a dû prendre un avocat ; on n’a pas du tout l’habitude de se défendre par rapport à des amendes comme ça. C’est du jamais vu pour elle, qui a des années d’expérience militante à son actif. Les débordements ont pourtant été moins importants que par le passé. C’était aussi la première fois que leurs actions attiraient l’attention des autorités cantonales, avec lesquelles il a fallu négocier. Cet aspect du travail militant a toujours été compliqué pour Laura, et la pandémie n’a rien arrangé : Un truc insupportable, c’est qu’on sait pas qui prend les décisions ; normalement, c’est la Ville ; depuis la pandémie, il y a eu tout un moment où ça a été transféré au Canton ; des fois, la Ville dit non mais le Canton dit oui ; des fois, la Ville nous renvoie vers le Canton…

La tension entre collaboration et critique s’amplifie – pousser son mouvement social tout en garantissant la santé des gens, c’est un équilibre assez compliqué à avoir, explique Benvindo. Au-delà des questions de sécurité sanitaire, les accusations pleuvent : Clara dénonce l’hypocrisie des mesures priorisant l’économie, alors qu’elles mettent la vie des gens en danger et que les manifestations – un droit fondamental – sont interdites ; Diane s’insurge contre le soutien étatique aux compagnies d’aviation, symbole de cette aide mal placée ; Thomas fait le parallèle : quand il y a un problème de ce type-là, le gouvernement prend acte et agit rapidement ; on voit qu’il a les moyens de le faire. La crise du coronavirus a ainsi accentué une ambivalence bien connue de Clara – c’est une question de tous les mouvements sociaux radicaux qui aimeraient un profond changement de système : « A quel point on travaille encore avec les autorités ? ».

À part des déclarations symboliques, il n’y a rien de sérieux qui s’est fait ; il n’y a rien qui donne de l’espoir – Clara

Le slogan est désormais bien connu : « Pas de retour à la normale/norme mâle ». Il a concentré l’espoir de Thomas, notamment, que l’expérience amène à la prise de conscience ; que le Covid fasse rendre compte des problèmes de manière très concrète sur la vie des gens. Un espoir douché pour Clara, qui voyait dans la crise sanitaire une occasion peut-être d’argumenter sur certaines choses. Les militant·e·s sont en effet beaucoup à avoir pensé que ça allait vraiment être un tremplin., mais le désenchantement est à la hauteur des attentes. Laura a l’impression qu’il y a beaucoup de blabla – il y a eu les applaudissements mais aucune reconnaissance traduite de manière concrète. Clara abonde dans ce sens : à part des déclarations, il y a rien de sérieux qui s’est fait ; il n’y a rien qui donne de l’espoir.Thomas fait part de sa désillusion face à la dépolitisation de la pandémie par les citoyen·ne·s, qui la voient juste comme une mauvaise passe, une pause dans le luxe de consommer. La conséquence pour Clara est un gros découragement, qui a pu désinvestir des gens, même si elle-même n’a jamais eu le moindre problème avec ça, car elle a toujours été extrêmement pessimiste – je peux pas être déçue, parce que j’ai pas d’espoir ; je profite juste de faire un truc qui fait quand-même sens pour moi ; et je profite vraiment du moment présent. Cette désillusion, Matthias la tourne surtout envers les cercles militants et les élites intellectuelles – je trouve quand même assez regrettable de voir à quel point on fait pas grand-chose de ce qui se passe ; c’est juste inédit dans l’histoire de l’humanité ; enfin, moi je suis assez halluciné. Un sentiment que Thomas ressent envers la population, qu’il souhaite voir adopter une démarche plus politique et plus systémique. Diane le rejoint en évoquant une réflexion en amont – dans quelle société on veut vivre, comment faire une société qui soit résiliente et ressourçante, qui puisse faire face à des crises. Matthias, lui, n’a pas constaté une telle introspection autour de lui – c’est paradoxal ; il y a cette velléité, il y a de plus en plus de gens qui rejoignent ces mouvements, et en même temps il y a une espèce de passivité ; vouloir poser la question pour demain, c’est déjà pas possible ; je trouve que c’est complètement absent et ça me fait complètement flipper ; j’ai l’impression qu’on marche sur la tête et qu’on n’a même plus les deux neurones nécessaires pour se mettre en connexion et se dire dans quel sens est-ce qu’on veut aller ? La passivité inquiète aussi Diane – ma première motivation à rejoindre, enfin à manifester, c’est d’avoir peur ; de ce qui pourrait nous arriver si on continue dans un système comme le nôtre.

Si la pandémie a aggravé l’anxiété que peuvent ressentir les militant·e·s face à l’ampleur de leur tâche, elle a aussi généré de nouvelles craintes, très présentes chez Laura – la lourdeur, elle est administrative, mais elle est aussi au niveau de la peur. Organiser des manifestations dans ces conditions – franchement c’était horrible ; à chaque fois, c’est deux semaines de monstre peur ; je me disais : « Bon, dans un sens, au moins s’ils interdisent, on peut dormir sur nos deux oreilles, sans peur d’avoir été responsables de la contamination ». La crainte des représailles s’est aussi manifestée – on a galéré pour trouver des personnes qui étaient d’accord de figurer sur les autorisations ; ça, c’est un vrai problème maintenant. La peur de Clara se loge ailleurs, dans le décalage qu’elle ressent au quotidien. – comment on s’insère dans cette société ? Je vais devoir trouver un travail ; et ça c’est extrêmement flippant ; il y a la nécessité de survivre quand-même dans ce système que je veux pas soutenir. Étonnamment, elle associe pourtant la pandémie à de bonnes émotions, grâce à son implication nouvelle dans le collectif – ma vie est devenue vraiment cool ; je me sentais enfin vraiment à ma place, dans un milieu qui me correspondait tant au niveau des gens que des idées ; j’avais l’impression de faire quelque chose d’utile quand on se bat pour des choses justes, c’est beaucoup moins angoissant que quand on fait pas grand-chose.

Y’a pas besoin de cette crise sanitaire pour se rendre compte que le monde va mal ; par contre, il faut du temps pour mener cette réflexion – Matthias

Pour ces militant·e·s, le bilan se veut pragmatique – quand on voit à quel point le contexte était difficile, on s’en est plutôt bien sorti ; il n’y a pas de regrets, confie Benvindo. Ils et elles ont composé avec les moyens à disposition. Pour Diane, il ne pouvait pas en être autrement – on a toujours le même taf ; l’horloge tourne. Dans le collectif de Laura, on a fait vraiment comme on pouvait  bien sûr, je préfèrerais qu’on puisse faire des grosses manifestations ; si on veut peser, on doit avoir la force du nombre ; la pandémie nous limite, elle nous affaiblit ; en même temps, c’est compliqué pour l’instant de faire mieux.

Malgré les éléments négatifs, Matthias trouve toutefois que le confinement a rassemblé des collectifs variés dans des discussions qu’ils n’auraient pas pu avoir en temps normal. Il y voit l’occasion de se rallier face à l’ennemi commun qu’est le capitalisme. La situation lui aura aussi permis, à lui et à d’autres, de se donner du temps pour se trouver des vocations – y’a pas besoin de cette crise sanitaire pour se rendre compte que le monde va mal ; par contre, il faut du temps pour mener cette réflexion et puis trouver du sens à sa vie…

De mars à mai 2021, entre confinement et enseignements à distance, une classe de master de l’UNIL en sociologie de la médecine et de la santé a mené onze enquêtes au plus près du quotidien d’une variété de métiers, de communautés, de milieux. Les paroles recueillies composent la trame d’expériences partagées et de vécus intimes des événements, une lecture plurielle de leurs existences au cœur de la pandémie.

Un projet accompagné par Francesco Panese et Noëllie Genre.

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