{"id":9911,"date":"2024-05-13T11:36:36","date_gmt":"2024-05-13T09:36:36","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/?p=9911"},"modified":"2024-06-24T15:43:53","modified_gmt":"2024-06-24T13:43:53","slug":"hommes-et-femmes-sur-un-souffle-degalite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/hommes-et-femmes-sur-un-souffle-degalite\/","title":{"rendered":"Hommes et femmes sur un souffle d\u2019\u00e9galit\u00e9\u00a0?"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Hommes et femmes sont-ils \u00e9gaux lorsqu\u2019il est question de s\u2019oxyg\u00e9ner durant les exercices physiques&nbsp;?&nbsp;<em>Spoiler alert<\/em>, pas du tout. Une \u00e9tude r\u00e9cemment men\u00e9e par l\u2019Institut des sciences du sport de l\u2019UNIL a permis de creuser les diff\u00e9rences qui existent entre les deux sexes en fonction du niveau de forme physique en termes de limitations pulmonaires.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On le sait, la morphologie du syst\u00e8me pulmonaire diff\u00e8re entre l\u2019homme et la femme. La forme de la cage thoracique d\u00e9j\u00e0, ainsi que la taille des voies a\u00e9riennes, plus petites chez ces dames. Mais en termes de fonctionnement, sait-on ce que ces diff\u00e9rences anatomiques impliquent&nbsp;? C\u2019est la question que se sont pos\u00e9e Gr\u00e9goire Millet, professeur associ\u00e9 \u00e0 l\u2019Institut des sciences du sport de l\u2019UNIL (Issul), et Antoine Raberin, premier assistant, avec leur \u00e9quipe, dans&nbsp;<a href=\"https:\/\/journals.lww.com\/acsm-msse\/abstract\/9900\/fitness_level__and_sex_related_differences_in.492.aspx\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">une \u00e9tude publi\u00e9e en mars dernier<\/a>&nbsp;au sein de la revue am\u00e9ricaine&nbsp;<em>Medicine &amp; Science in Sports &amp; Exercise<\/em>. Ils en tirent un constat fort, qui ajoute davantage \u00ab&nbsp;d\u2019eau au moulin&nbsp;\u00bb pour appuyer le fait que, dans les sciences du sport, il est fondamental \u00ab&nbsp;de ne pas consid\u00e9rer que ce qui est vrai chez l\u2019homme l\u2019est aussi chez la femme&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Il y a diff\u00e9rents facteurs impliqu\u00e9s dans le bon fonctionnement de la fonction pulmonaire et qui d\u00e9terminent, au moins en partie, la performance sportive, expliquent les deux sp\u00e9cialistes. Notre \u00e9tude s\u2019est concentr\u00e9e sur deux grands m\u00e9canismes li\u00e9s \u00e0 la diffusion de l\u2019oxyg\u00e8ne dans le corps, soit l\u2019hypox\u00e9mie induite \u00e0 l\u2019exercice et les limites expiratoires.&nbsp;\u00bb Et \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de plusieurs hypoth\u00e8ses, certaines des conclusions de la recherche se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es surprenantes.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>R\u00e9sultats \u00e0 la loupe<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Si les femmes poss\u00e8dent des voies a\u00e9riennes plus petites, la limitation de leur d\u00e9bit expiratoire n\u2019est, contre toute attente, visiblement pas plus importante que celle de la gent masculine. Au contraire, elle l\u2019est m\u00eame moins. \u00ab&nbsp;C\u2019est compl\u00e8tement novateur, pr\u00e9cise Antoine Raberin. Car on postulait clairement le contraire au d\u00e9part.&nbsp;\u00bb Donc, en moyenne, \u00ab&nbsp;les femmes ne pr\u00e9sentent pas plus de limites m\u00e9caniques \u00e0 la ventilation, poursuit le sp\u00e9cialiste, ce qui t\u00e9moigne d\u2019une bonne harmonie fonctionnelle entre capacit\u00e9 et demande ventilatoire \u00e0 l\u2019effort.&nbsp;\u00bb D\u2019autres travaux ont cependant montr\u00e9 que des voies a\u00e9riennes plus petites augmentaient les r\u00e9sistances \u00e0 l\u2019\u00e9coulement de l\u2019air. Ce qui, d\u00e8s lors, induit une fatigue accrue du diaphragme chez ces dames en altitude.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p> \u00ab&nbsp;La respiration compte pour&nbsp;15% de notre d\u00e9pense \u00e9nerg\u00e9tique totale. Donc, en rendant la respiration plus efficace, on augmente la performance.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<cite>Gr\u00e9goire Millet, professeur associ\u00e9 \u00e0 l\u2019Institut des sciences du sport de l\u2019UNIL<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>La recherche men\u00e9e par le groupe de l\u2019Issul a aussi permis de fournir de pr\u00e9cieuses donn\u00e9es sur l\u2019hypox\u00e9mie. Un ph\u00e9nom\u00e8ne qui se manifeste par la diminution de l\u2019oxyg\u00e8ne dans le sang durant l\u2019exercice et qui peut conduire \u00e0 des troubles du rythme cardiaque, voire dans les cas plus graves \u00e0 un coma ou un d\u00e9c\u00e8s. Chez les hommes le sujet a largement \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9. On sait que l\u2019effet de l\u2019entra\u00eenement en endurance accro\u00eet grandement le risque de d\u00e9velopper de l\u2019hypox\u00e9mie. Car \u00ab&nbsp;c\u2019est une forme d\u2019hyperadaptation \u00e0 l\u2019entra\u00eenement dans laquelle le syst\u00e8me cardiovasculaire devient trop fort par rapport au syst\u00e8me respiratoire, pr\u00e9cise Antoine Raberin. En effet, \u00e0 moins de s\u2019y attarder de fa\u00e7on tr\u00e8s sp\u00e9cifique, le syst\u00e8me pulmonaire n\u2019est pratiquement pas entra\u00eenable. \u00bb&nbsp;Pour les hommes non sp\u00e9cifiquement entra\u00een\u00e9s en endurance, on sait qu\u2019en revanche le risque de d\u00e9velopper de l\u2019hypox\u00e9mie est nul. Mais alors qu\u2019en est-il de la gent f\u00e9minine&nbsp;? Zone grise de la recherche, on a longtemps pens\u00e9 que la logique devait \u00eatre la m\u00eame chez les femmes.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-background-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Grandes oubli\u00e9es des sciences biom\u00e9dicales<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;C\u2019est la premi\u00e8re fois qu\u2019on teste des femmes hypox\u00e9miques en altitude&nbsp;\u00bb, pr\u00e9cise Antoine Raberin. En effet \u00ab&nbsp;les sciences biom\u00e9dicales ont longtemps mis la femme de c\u00f4t\u00e9, estimant qu\u2019il \u00e9tait trop compliqu\u00e9 de l\u2019\u00e9tudier \u00e0 cause des variations de son cycle hormonal&nbsp;\u00bb, compl\u00e8te Gr\u00e9goire Millet. En 2022, seulement&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.nature.com\/articles\/d41586-022-04460-3\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">35% des \u00e9tudes en sciences du sport<\/a>&nbsp;incluaient des femmes.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Grossi\u00e8re erreur. Qu\u2019elles soient entra\u00een\u00e9es en endurance ou non, l\u2019\u00e9tude a permis de montrer que la pr\u00e9valence de l\u2019hypox\u00e9mie induite \u00e0 l\u2019exercice est en fait beaucoup plus importante chez les femmes que chez leurs homonymes masculins. Un constat peu r\u00e9jouissant point de vue sant\u00e9 donc, puisque cela signifie que les femmes sont ainsi davantage sujettes \u00e0 d\u00e9velopper ce ph\u00e9nom\u00e8ne. En termes de performances toutefois, cela implique que, sur ce point-l\u00e0, les femmes ont un avantage en altitude. Les sp\u00e9cialistes expliquent&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Plus un homme sera hypox\u00e9mique au niveau de la mer, plus sa performance sera diminu\u00e9e lorsqu\u2019il se rendra en altitude. Or chez la femme, cette relation n\u2019existe pas.&nbsp;\u00bb \u00c0 Gr\u00e9goire Millet de d\u00e9velopper&nbsp;: \u00ab&nbsp;On pense souvent que les sportifs hommes tr\u00e8s entra\u00een\u00e9s en endurance, qui vont en altitude, souffriront moins de l\u2019altitude. Mais non. Les sujets tr\u00e8s entra\u00een\u00e9s, parce qu\u2019ils sont hypox\u00e9miques justement, d\u00e9graderont davantage leurs performances en altitude. Certes ils resteront tr\u00e8s forts, mais en montagne l\u2019\u00e9cart entre eux et Monsieur Tout-le-monde sera plus petit.&nbsp;\u00bb Un ph\u00e9nom\u00e8ne auquel les femmes, donc, \u00e9chappent.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Constat sans appel<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Si les cons\u00e9quences de l\u2019hypox\u00e9mie ne sont ainsi pas les m\u00eames en altitude entre les deux sexes biologiques, et surtout qu\u2019elles diff\u00e8rent \u00e0 ce point de ce qu\u2019on a longtemps suppos\u00e9, pour les deux chercheurs de l\u2019Issul, le constat est sans appel&nbsp;: il est urgent que la recherche en sciences biom\u00e9dicales se penche davantage sur les femmes et les \u00e9tudie&nbsp;ind\u00e9pendamment des hommes.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019\u00e9tude, les auteurs rappellent aussi que le syst\u00e8me pulmonaire n&rsquo;est g\u00e9n\u00e9ralement pas consid\u00e9r\u00e9 comme un facteur limitant la performance d&rsquo;endurance chez les individus sains, car sa capacit\u00e9 d\u00e9passe la capacit\u00e9 ventilatoire requise pour correspondre \u00e0 la demande musculaire en oxyg\u00e8ne. Ce postulat est cependant remis en question par l\u2019altitude, ce qu\u2019il ne faut pas sous-estimer. Ces limites doivent ainsi \u00eatre connues et prises en compte par les entra\u00eeneurs des sportifs de haute montagne. \u00ab&nbsp;La respiration compte pour&nbsp;15% de notre d\u00e9pense \u00e9nerg\u00e9tique totale, rappelle Gr\u00e9goire Millet. Donc, en rendant la respiration plus efficace, on augmente la performance.&nbsp;\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hommes et femmes sont-ils \u00e9gaux lorsqu\u2019il est question de s\u2019oxyg\u00e9ner durant les exercices physiques ? 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