{"id":9066,"date":"2024-03-25T10:32:55","date_gmt":"2024-03-25T09:32:55","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/?p=9066"},"modified":"2024-09-03T08:58:06","modified_gmt":"2024-09-03T06:58:06","slug":"les-eaux-usees-sont-comme-une-poubelle-une-poubelle-liquide","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/les-eaux-usees-sont-comme-une-poubelle-une-poubelle-liquide\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Les eaux us\u00e9es sont comme une poubelle, une poubelle liquide\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Notre consommation de m\u00e9dicaments n\u2019est pas sans impact sur l\u2019environnement, comme le rappelle Nathalie Ch\u00e8vre, ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche \u00e0 l\u2019UNIL.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Soixante tonnes. C\u2019est la quantit\u00e9 de r\u00e9sidus de m\u00e9dicaments trouv\u00e9e dans le lac L\u00e9man, d\u2019apr\u00e8s les \u00e9tudes r\u00e9alis\u00e9es par la Commission internationale pour la protection des eaux du L\u00e9man (Cipel). Et le constat est toujours le m\u00eame, selon Nathalie Ch\u00e8vre, ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche \u00e0 la Facult\u00e9 des g\u00e9osciences et de l\u2019environnement \u00e0 l\u2019UNIL.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi ces 60 tonnes, pr\u00e8s d\u2019un tiers concerne une substance contre le diab\u00e8te de type 2, la metformine. L\u2019eau, ce miroir de notre soci\u00e9t\u00e9 de consommation, est ainsi abreuv\u00e9e de produits chimiques. \u00ab&nbsp;Les eaux us\u00e9es sont comme une poubelle, une poubelle liquide&nbsp;\u00bb, soupire l\u2019\u00e9cotoxicologue, qui s\u2019exprimera le 30 avril lors d\u2019un <a href=\"https:\/\/www.unil.ch\/durabilite-sante\/home\/menuinst\/evenements.html\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.unil.ch\/durabilite-sante\/home\/menuinst\/evenements.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">cycle de conf\u00e9rences<\/a> sur l\u2019impact environnemental des m\u00e9dicaments, organis\u00e9 par la <a href=\"https:\/\/www.unil.ch\/durabilite-sante\/fr\/home.html\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.unil.ch\/durabilite-sante\/fr\/home.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">plateforme Durabilit\u00e9 et sant\u00e9<\/a> de la Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine de l\u2019UNIL. L\u2019occasion d\u2019\u00e9voquer la question avec cette scientifique qui a longtemps \u00e9tudi\u00e9 les pesticides, les cosm\u00e9tiques et les m\u00e9dicaments.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;C\u2019est sans fin.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<cite><em><strong>Nathalie Ch\u00e8vre<\/strong><\/em>, ma\u00eetre d&rsquo;enseignement et de recherche<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Les premi\u00e8res recherches sur la question remontent aux ann\u00e9es 2004-2005, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9volution des technologies d\u2019analyse. \u00ab&nbsp;On n\u2019est pas capable de chercher toutes les substances m\u00e9dicamenteuses qui sont sur le march\u00e9 en Suisse, explique Nathalie Ch\u00e8vre. Il faut savoir que l\u2019on en cherche une cinquantaine, soit environ 3%. Il est donc possible que l\u2019on trouve, dans cinq ans, une autre substance que la metformine, en plus grande quantit\u00e9, mais que l\u2019on n\u2019\u00e9tudie pas actuellement.&nbsp;\u00bb Et d\u2019ajouter&nbsp;: \u00ab&nbsp;Sur cette cinquantaine de produits, on poss\u00e8de des donn\u00e9es de toxicit\u00e9 sur quelques-uns d\u2019entre eux seulement. On sait par exemple que le diclof\u00e9nac, un anti-inflammatoire, est nocif pour le foie, m\u00eame chez les poissons, \u00e0 faible dose.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, il ne faut pas perdre de vue qu\u2019en se d\u00e9gradant, ces compos\u00e9s donnent ensuite naissance \u00e0 10, 20 ou 30 autres \u00e9l\u00e9ments, qui ont leur toxicit\u00e9 propre, dont on ne sait quasi rien. \u00ab&nbsp;C\u2019est sans fin&nbsp;\u00bb, constate la sp\u00e9cialiste.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00ab&nbsp;Pseudo-persistantes&nbsp;\u00bb<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>La metformine n\u2019est pas la seule \u00e0 finir dans les lacs et les rivi\u00e8res de Suisse. On y trouve d\u2019autres m\u00e9dicaments, comme le diclof\u00e9nac ou des antibiotiques. Ces substances sont appel\u00e9es \u00ab&nbsp;pseudo-persistantes&nbsp;\u00bb, car elles sont constamment rejet\u00e9es dans l\u2019environnement. Et d\u2019autres viennent s\u2019y ajouter en fonction de nos changements d\u2019habitudes. Aux \u00c9tats-Unis, lors du Covid, on a par exemple constat\u00e9 une augmentation des biocides, que l\u2019on trouve dans les gels d\u00e9sinfectants, dans les eaux. \u00ab&nbsp;Par extrapolation, on peut supposer qu\u2019il en est de m\u00eame en Suisse, estime l\u2019\u00e9cotoxicologue. Il y a en revanche des mol\u00e9cules, comme le parac\u00e9tamol, que l\u2019on retrouve peu, car il se d\u00e9grade bien dans les stations d\u2019\u00e9puration.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>En Suisse, des stations d\u2019\u00e9puration vont \u00eatre progressivement \u00e9quip\u00e9es avec de nouveaux syst\u00e8mes de traitement utilisant des filtres \u00e0 charbon ou de l\u2019ozone pour faire face \u00e0 cette pollution, mais cela repr\u00e9sente un co\u00fbt financier et environnemental. Et sans \u00eatre enti\u00e8rement optimal, car certains r\u00e9sidus ne seront pas \u00e9limin\u00e9s et finiront dans la nature.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Tous nos gestes, toutes les substances que l\u2019on utilise ne sont pas sans cons\u00e9quence.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<cite>Nathalie Ch\u00e8vre, ma\u00eetre d&rsquo;enseignement et de recherche<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Pays industrialis\u00e9s et densit\u00e9 de population<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Cette pollution aux m\u00e9dicaments est plus marqu\u00e9e dans les pays riches, en raison d\u2019un syst\u00e8me de sant\u00e9 plus performant. \u00ab&nbsp;En Suisse, nous nous situons au d\u00e9but des cours d\u2019eau, rel\u00e8ve la scientifique. Nous sommes donc les premiers \u00e0 polluer et nous n\u2019h\u00e9ritons rien des pays voisins.&nbsp;\u00bb Cette pollution d\u00e9pend de la densit\u00e9 de population dans le bassin versant, le Plateau suisse \u00e9tant plus touch\u00e9 que les Alpes, une rivi\u00e8re de montagne moins qu\u2019un cours d\u2019eau en zone urbaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais comment limiter cette pollution face \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de se soigner&nbsp;? Pour l\u2019\u00e9cotoxicologue, interdire n\u2019est pas la solution. \u00ab&nbsp;Il faut surtout r\u00e9duire ce que l\u2019on fait entrer dans l\u2019environnement, r\u00e9sume Nathalie Ch\u00e8vre. Le secteur m\u00e9dical au sens large devrait r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la question. Il faut avant tout avoir une certaine sobri\u00e9t\u00e9.&nbsp;\u00bb La chercheuse rappelle que \u00ab&nbsp;tous nos gestes, toutes les substances que l\u2019on utilise ne sont pas sans cons\u00e9quence. Si nous \u00e9tions dix sur la plan\u00e8te, les r\u00e9percussions seraient faibles. Mais ce n\u2019est pas le cas. Forc\u00e9ment, cela a un impact.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-background-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Trois crit\u00e8res n\u00e9cessaires<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Pour qu\u2019un m\u00e9dicament se retrouve en grande quantit\u00e9 dans les eaux, il y a trois crit\u00e8res \u00e0 consid\u00e9rer. \u00ab&nbsp;D\u2019une part, que la substance soit consomm\u00e9e largement par la population, d\u00e9veloppe Nathalie Ch\u00e8vre, ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche \u00e0 la Facult\u00e9 des g\u00e9osciences et de l\u2019environnement \u00e0 l\u2019UNIL. D\u2019autre part, qu\u2019elle soit utilis\u00e9e \u00e0 des dosages \u00e9lev\u00e9s et qu\u2019elle ne soit pas m\u00e9tabolis\u00e9e par le corps, car certaines sont transform\u00e9es par notre organisme et se retrouvent dans les eaux sous forme d\u00e9grad\u00e9e.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La sp\u00e9cialiste travaille actuellement sur ces questions avec ses \u00e9tudiants et ses \u00e9tudiantes. L\u2019id\u00e9e est de d\u00e9velopper des approches qui permettraient de montrer les effets \u00e0 long terme de ces substances, ceci d\u00e8s les stades pr\u00e9coces de d\u00e9veloppement. Par exemple en observant des changements sur des biomarqueurs mol\u00e9culaires. Elle travaille avec des microcrustac\u00e9s comme les daphnies, qui sont de bons mod\u00e8les de laboratoire.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-accent-color has-text-color has-link-color wp-elements-61ffa341fbebcb7ecbc62239760d7b87\">Cycle de conf\u00e9rences \u00ab&nbsp;Sant\u00e9 &#8211; environnement&nbsp;: la place du m\u00e9dicament&nbsp;\u00bb, organis\u00e9 par la plateforme Durabilit\u00e9 et sant\u00e9 de la Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine de l\u2019UNIL, 30 avril et 28 mai, 12h15-13h15, auditoire Beaumont, CHUV, Lausanne<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notre consommation de m\u00e9dicaments n\u2019est pas sans impact sur l\u2019environnement, comme le rappelle Nathalie Ch\u00e8vre, \u00e9cotoxicologue \u00e0 l\u2019UNIL.<\/p>\n","protected":false},"author":1002758,"featured_media":9104,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_uag_custom_page_level_css":"","footnotes":""},"categories":[104,23,9,109,110],"tags":[241,142,381,382,314],"class_list":{"0":"post-9066","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-environnement","8":"category-evenements","9":"category-recherche","10":"category-sante","11":"category-societe","12":"tag-conferences","13":"tag-ecologie","14":"tag-environnement","15":"tag-medicaments","16":"tag-recherche"},"uagb_featured_image_src":{"full":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2024\/03\/nathalie_chevre-8237.jpg",1200,700,false],"thumbnail":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2024\/03\/nathalie_chevre-8237-150x150.jpg",150,150,true],"medium":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2024\/03\/nathalie_chevre-8237-300x175.jpg",300,175,true],"medium_large":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2024\/03\/nathalie_chevre-8237-768x448.jpg",580,338,true],"large":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2024\/03\/nathalie_chevre-8237-1024x597.jpg",580,338,true],"1536x1536":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2024\/03\/nathalie_chevre-8237.jpg",1200,700,false],"2048x2048":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2024\/03\/nathalie_chevre-8237.jpg",1200,700,false],"post-thumbnail":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2024\/03\/nathalie_chevre-8237.jpg",1200,700,false],"chaplin_preview_image_low_resolution":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2024\/03\/nathalie_chevre-8237-540x315.jpg",540,315,true],"chaplin_preview_image_high_resolution":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2024\/03\/nathalie_chevre-8237-1080x630.jpg",1080,630,true],"chaplin_fullscreen":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2024\/03\/nathalie_chevre-8237.jpg",1200,700,false],"gform-image-choice-sm":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2024\/03\/nathalie_chevre-8237.jpg",300,175,false],"gform-image-choice-md":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2024\/03\/nathalie_chevre-8237.jpg",400,233,false],"gform-image-choice-lg":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2024\/03\/nathalie_chevre-8237.jpg",600,350,false],"mailpoet_newsletter_max":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2024\/03\/nathalie_chevre-8237.jpg",1200,700,false]},"uagb_author_info":{"display_name":"Catherine Bex Bourqui","author_link":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/author\/cbexbour\/"},"uagb_comment_info":0,"uagb_excerpt":"Notre consommation de m\u00e9dicaments n\u2019est pas sans impact sur l\u2019environnement, comme le rappelle Nathalie Ch\u00e8vre, \u00e9cotoxicologue \u00e0 l\u2019UNIL.","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9066","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002758"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9066"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9066\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9827,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9066\/revisions\/9827"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9104"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9066"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9066"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9066"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}