{"id":8866,"date":"2024-02-12T11:08:09","date_gmt":"2024-02-12T10:08:09","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/?p=8866"},"modified":"2024-04-16T08:21:22","modified_gmt":"2024-04-16T06:21:22","slug":"a-la-chasse-aux-contrefacons","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/a-la-chasse-aux-contrefacons\/","title":{"rendered":"\u00c0 la chasse aux contrefa\u00e7ons"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Ce qui la fascinait au d\u00e9part la r\u00e9pugne aujourd\u2019hui profond\u00e9ment. Liliana Wuffli-Wolf, criminologue, juriste et passionn\u00e9e d\u2019art, a donc imagin\u00e9 un outil pour tenter de rep\u00e9rer plus facilement les \u0153uvres inauthentiques.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Et si on pouvait distinguer les contrefa\u00e7ons des \u0153uvres artistiques originales en se basant sur des caract\u00e9ristiques standards\u00a0: sujet, taille, date ou encore lieu de signature\u00a0? Eh bien, \u00e0 travers son travail de th\u00e8se, men\u00e9 au sein de l&rsquo;Ecole des sciences criminelles de l\u2019UNIL, Liliana Wuffli-Wolf a montr\u00e9 que c\u2019\u00e9tait possible\u00a0; pour l\u2019instant du moins avec les \u0153uvres de l\u2019artiste franco-suisse F\u00e9lix Vallotton (1865\u20131925).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;D\u00e9montrer en justice&nbsp;qu&rsquo;une \u0153uvre est le r\u00e9sultat d&rsquo;une fraude est un processus extr\u00eamement complexe. Non seulement il faut pouvoir la soumettre \u00e0 l&rsquo;expertise de sp\u00e9cialistes, mais il est \u00e9galement n\u00e9cessaire de prouver la volont\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e de tromper de la part de son auteur&nbsp;\u00bb, explique la criminologue et juriste de profession. C\u2019est pourquoi elle a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019imaginer un outil simple et accessible, bas\u00e9 sur la probabilit\u00e9 pour d\u00e9celer le niveau d\u2019authenticit\u00e9 douteuse d\u2019une \u0153uvre. Le but&nbsp;? Pouvoir s\u2019y r\u00e9f\u00e9rer \u00ab&nbsp;sans formation en statistiques et sans l\u2019assistance d\u2019un expert en art&nbsp;\u00bb, pr\u00e9cise-t-elle dans&nbsp;<a href=\"https:\/\/serval.unil.ch\/fr\/notice\/serval:BIB_840A3FF12A7D\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">sa recherche<\/a>. \u00c9videmment, \u00ab&nbsp;l\u2019\u0153il d\u2019un sp\u00e9cialiste ne pourra jamais \u00eatre remplac\u00e9, avertit-elle. Cet outil s\u2019utilise plut\u00f4t en amont pour&nbsp;alimenter les soup\u00e7ons \u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Mode d\u2019emploi<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Il aura fallu six mois d\u2019\u00e9tudes de cas minutieuses pour codifier les 201 \u00ab&nbsp;faux&nbsp;\u00bb connus de F\u00e9lix Vallotton d\u00e9tenus par&nbsp;<a href=\"https:\/\/felixvallotton.ch\/expositions\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">la fondation&nbsp;<\/a>du m\u00eame nom, ainsi que les 1704 authentiques, et permettre \u00e0 Liliana Wuffli-Wolf d\u2019\u00e9tablir sur cette base un outil statistique fiable. Fructueux, le mod\u00e8le a aujourd\u2019hui d\u00e9montr\u00e9 \u00ab&nbsp;une pr\u00e9cision allant de 70 \u00e0 91% lors de la classification des contrefa\u00e7ons&nbsp;\u00bb, annonce-t-elle dans sa th\u00e8se. Celui-ci n\u2019est toutefois applicable \u00ab&nbsp;qu\u2019aux \u0153uvres de F\u00e9lix Vallotton&nbsp;\u00bb. La m\u00e9thodologie ainsi cr\u00e9\u00e9e pourrait n\u00e9anmoins&nbsp;\u00eatre reproduite pour analyser les probabilit\u00e9s \u00e9tablies \u00ab&nbsp;pour un autre peintre sur la base d\u2019un nouvel ensemble de donn\u00e9es incorporant les caract\u00e9ristiques des faux et des \u0153uvres originales de l\u2019artiste en question&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;En un sens \u00e7a ressemble un peu \u00e0 un jeu. Il faut compter une quinzaine de minutes pour effectuer le processus.&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/p>\n<cite>Liliana Wuffli-Wolf, criminologue et juriste<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Mais concr\u00e8tement, comment \u00e7a marche&nbsp;? L\u2019experte nous explique&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00c0 partir d\u2019une liste de caract\u00e9ristiques standards, le mod\u00e8le calcule, en fonction des diverses combinaisons absence \/ pr\u00e9sence, la probabilit\u00e9 qu\u2019une \u0153uvre soit \u00ab&nbsp;vraie&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;fausse&nbsp;\u00bb&nbsp;\u00bb.&nbsp;Dans ce cas pr\u00e9cis, une dizaine de variables sont pertinentes :&nbsp;le sujet, la taille, la date ou encore le lieu de la signature.&nbsp;Rien de bien sorcier \u00e0 identifier, m\u00eame pour un \u0153il amateur, puisqu\u2019il s\u2019agit g\u00e9n\u00e9ralement d\u2019informations disponibles dans les documents qui accompagnent l\u2019\u0153uvre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Si Liliana Wuffli-Wolf n\u2019exclut pas la possibilit\u00e9 de cr\u00e9er \u00e0 l\u2019avenir un logiciel informatique ou une application afin de faciliter l\u2019utilisation de sa m\u00e9thode, elle souhaitait d\u2019abord montrer que celle-ci pouvait \u00eatre accessible m\u00eame manuellement. \u00ab&nbsp;En un sens \u00e7a ressemble un peu \u00e0 un jeu, consid\u00e8re-t-elle. Il faut compter une quinzaine de minutes pour effectuer le processus.&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Mur de confidentialit\u00e9&nbsp;<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;La standardisation de cette m\u00e9thode ouvrirait la voie pour un logiciel g\u00e9n\u00e9rique qui pourrait traiter n\u2019importe quelle base de donn\u00e9es format\u00e9e selon la m\u00e9thodologie d\u00e9velopp\u00e9e dans ma th\u00e8se&nbsp;\u00bb, se r\u00e9jouit Liliana Wuffli-Wolf, rappelant que \u00ab&nbsp;la combinaison des caract\u00e9ristiques est unique chez chaque artiste, donc les calculs statistiques devraient \u00eatre adapt\u00e9s \u00e0 chacun&nbsp;\u00bb. Mais l\u2019obstacle principal pour d\u00e9velopper un tel logiciel, c\u2019est l\u2019acc\u00e8s aux bases de donn\u00e9es. \u00ab&nbsp;C\u2019est vraiment difficile, voire impossible, d\u2019obtenir les donn\u00e9es connues sur les contrefa\u00e7ons rep\u00e9r\u00e9es car il n\u2019y a aucun int\u00e9r\u00eat \u00e9tatique \u00e0 reconna\u00eetre qu\u2019elles le sont, explique la chercheuse. Il s\u2019agit d\u2019une zone grise. M\u00eame \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019une fondation ou d\u2019un propri\u00e9taire priv\u00e9, l\u2019enjeu est gros et il n\u2019y a vraisemblablement aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 reconna\u00eetre que l\u2019\u0153uvre acquise est une fausse. Au bout du compte le sujet est un peu tabou. \u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Durant sa recherche, la sp\u00e9cialiste s\u2019est donc heurt\u00e9e \u00e0 un v\u00e9ritable mur de confidentialit\u00e9. Si elle avait commenc\u00e9 \u00e0 codifier les \u0153uvres de Chagall, elle a malheureusement \u00e9t\u00e9 contrainte d\u2019op\u00e9rer un demi-tour, faute d\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es. C\u2019est la Fondation F\u00e9lix Vallotton, \u00e9tablie \u00e0 Lausanne, qui lui a finalement ouvert ses portes. \u00ab\u00a0Cette collaboration a \u00e9t\u00e9 rendue possible gr\u00e2ce \u00e0 la confiance accord\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Ecole des sciences criminelles, en raison de sa r\u00e9putation irr\u00e9prochable en Suisse ainsi que de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat marqu\u00e9 pour la recherche \u00bb, consid\u00e8re Liliana Wuffli-Wolf. Le conseil d&rsquo;administration de la fondation et ses sp\u00e9cialistes ont ainsi autoris\u00e9 la chercheuse \u00e0 acc\u00e9der aux informations confidentielles, en lui demandant toutefois de signer un accord de confidentialit\u00e9 avant de se plonger dans les archives.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-background-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Pour aller plus loin<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>D\u00e9couvrez le&nbsp;<a href=\"https:\/\/serval.unil.ch\/fr\/notice\/serval:BIB_840A3FF12A7D\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">travail de th\u00e8se<\/a>&nbsp;de Liliana Wuffli-Wolf.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Pour plus d\u2019informations&nbsp;:&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.artcrimeresearch.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/www.artcrimeresearch.org<\/a>.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Une r\u00e9alit\u00e9 qui peut se glisser partout, comme le montre&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.20min.ch\/fr\/story\/un-passionne-de-gauguin-conteste-lauthenticite-de-tableaux-en-suisse-507576430797\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">cet exemple<\/a>.<\/li>\n<\/ul>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 travers sa th\u00e8se, Liliana Wuffli-Wolf a imagin\u00e9 un outil pour tenter de rep\u00e9rer plus facilement les \u0153uvres d\u2019art 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