{"id":8571,"date":"2023-12-04T11:41:18","date_gmt":"2023-12-04T10:41:18","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/?p=8571"},"modified":"2024-04-15T15:09:38","modified_gmt":"2024-04-15T13:09:38","slug":"partir-cest-ecrire-un-peu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/partir-cest-ecrire-un-peu\/","title":{"rendered":"Partir,\u00a0c\u2019est \u00e9crire un peu"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Du d\u00e9part radical,&nbsp;en un temps m\u00e9di\u00e9val o\u00f9 il n\u2019est de vraie patrie que le Ciel, \u00e0 l\u2019\u00e9poque moderne,&nbsp;o\u00f9 le voyageur perd en audace dans le regret de son nid douillet, Alain Corbellari nous fait go\u00fbter dans un nouvel ouvrage \u00e0 la sp\u00e9cificit\u00e9 de l\u2019adieu dans la po\u00e9sie du Moyen \u00c2ge.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le lecteur novice s\u2019accrochera et aura le plaisir de tomber sur des perles tout au long de ce voyage intitul\u00e9&nbsp;<em>Je m\u2019en vais<\/em>\u2026 en guise de double clin d\u2019\u0153il \u00e0 notre contemporain Jean Echenoz et au trouv\u00e8re Bernard de Ventadour,&nbsp;qui, avec sa fameuse chanson de la&nbsp;<em>lauseta<\/em>&nbsp;(alouette), s\u2019oblige \u00e0 fuir, au vent mauvais, une femme suppos\u00e9e d\u00e9daigneuse et cruelle. On voit se d\u00e9ployer dans quelques-uns de ces vers une lourde misogynie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Chanson du XII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle\u00a0<em>Can vei la lauseta<\/em><\/h5>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Bernard de Ventadour - Can vei la lauzeta mover (1145-1195)\" width=\"580\" height=\"326\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/I9gzaauL67s?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Les femmes sont-elles \u00ab&nbsp;toutes les m\u00eames&nbsp;\u00bb ou chacune irrempla\u00e7able dans cet univers courtois&nbsp;? Nous posons la question au professeur Corbellari. \u00ab&nbsp;Chaque dame&nbsp;est unique pour chaque po\u00e8te, mais ses caract\u00e9ristiques sont toujours les m\u00eames, si bien que l\u2019exaltation courtoise de la femme s\u2019av\u00e8re bien,&nbsp;en fin de compte,&nbsp;le paravent d\u2019une misogynie structurelle. De la m\u00eame mani\u00e8re qu\u2019on a exalt\u00e9 la Vierge Marie, surtout depuis le XII<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, pour mieux rappeler que, dans la vraie vie, la place des femmes reste subalterne&nbsp;\u00bb, r\u00e9pond le sp\u00e9cialiste.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Partout chez soi dans la chr\u00e9tient\u00e9<\/h5>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9poque dure mille ans, les po\u00e8tes se succ\u00e8dent, leur expression varie, mais ils ont en partage une conception chr\u00e9tienne de l\u2019existence. L\u2019homme m\u00e9di\u00e9val aime sans doute sa \u00ab&nbsp;douce France&nbsp;\u00bb, mais \u00ab&nbsp;vit d\u2019abord dans la chr\u00e9tient\u00e9&nbsp;\u00bb, \u00e9crit Alain Corbellari. Dans ce paysage mental qui ne cultive pas la nostalgie, on se donne \u00e0 Dieu en se disant adieu. L\u2019id\u00e9e d\u2019une fraternit\u00e9 humaine effa\u00e7ant les diff\u00e9rences entre \u00able&nbsp;juif et le Grec\u00bb, pour parler comme Paul, introduit un universalisme radical certes bienveillant mais de moins en moins sensible \u00e0 la diversit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cela \u00e9tant, la question religieuse n\u2019est trait\u00e9e ici qu\u2019\u00e0 travers la litt\u00e9rature&nbsp;: on ne citera pas tous les po\u00e8tes rassembl\u00e9s dans cet ouvrage \u00e9rudit&nbsp;; pour avoir un aper\u00e7u complet il faudra lire tous les chapitres jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9chapp\u00e9e finale,&nbsp;qui se situe au XVI<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, avec le retour aux mod\u00e8les antiques,&nbsp;qui mettent l\u2019accent sur l\u2019enracinement et le regret du lieu quitt\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Le chevalier en cowboy m\u00e9di\u00e9val<\/h5>\n\n\n\n<p>Tout \u00e0 son enthousiasme religieux, l\u2019amant m\u00e9di\u00e9val souffre cependant et l\u2019\u00e9crit&nbsp;; il promet de rester \u00ab&nbsp;loin des yeux, pr\u00e8s du c\u0153ur&nbsp;\u00bb mais ne revient gu\u00e8re, emportant avec lui l\u2019amour de sa dame pour seule patrie. Le professeur nous parle d\u2019un temps o\u00f9 la conscience n\u2019est pas encore nationale, mais r\u00e9gionale, et o\u00f9 la seule v\u00e9ritable attache, par-del\u00e0 les plaisirs et les passions humaines, est au Ciel. Conscient de sa fugacit\u00e9 terrestre, le chevalier amoureux c\u00e8de \u00e0 son \u00ab&nbsp;devoir d\u2019errance&nbsp;\u00bb, quitte \u00e0 composer des vers en somnolant sur sa monture, sur le mode cr\u00e9atif de la \u00ab&nbsp;dorveille&nbsp;\u00bb, comme dans le cas du po\u00e8te Venance Fortunat.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le retour, quand il advient, est souvent douloureux, surtout quand le d\u00e9part a \u00e9t\u00e9 b\u00e2cl\u00e9&nbsp;; ainsi le troubadour limousin Gausbert de Poicibot retrouve-t-il sa femme chez une maquerelle et en perd tout d\u00e9sir de chanter. Le prince-po\u00e8te Guillaume IX d\u2019Aquitaine est un puissant qui se d\u00e9sole&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je vais partir pour l\u2019exil&nbsp;: en grand\u2019peur, en grand p\u00e9ril, en guerre, je laisserai mon fils, et ses voisins lui feront du mal.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Confiance en la vie \u00e9ternelle<\/h5>\n\n\n\n<p>Alain Corbellari s\u2019int\u00e9resse avant tout au \u00ab&nbsp;point de vue de celui qui part&nbsp;\u00bb et qui t\u00e9moigne de ses angoisses. Contrairement \u00e0 l\u2019Antiquit\u00e9, explique-t-il, o\u00f9 l\u2019exil est v\u00e9cu comme le mal absolu dans une obsession du retour chez soi, une sorte de&nbsp;<em>there\u2019s no place like Rome,<\/em>&nbsp;le Moyen \u00c2ge t\u00e9moigne d\u2019un \u00e9lan vers l\u2019avenir que rien ne semble pouvoir arr\u00eater. <\/p>\n\n\n\n<p>Il y aurait donc un optimisme typiquement m\u00e9di\u00e9val qui s\u2019arrange de l\u2019omnipr\u00e9sence de la mort&nbsp;? \u00ab&nbsp;Il faudrait peut-\u00eatre nuancer la vision antique&nbsp;: on y trouve d\u00e9j\u00e0 les sto\u00efciens,&nbsp;qui nous enseignent que notre vraie patrie est int\u00e9rieure, mais m\u00eame S\u00e9n\u00e8que n\u2019a pas support\u00e9 sans impatience son bref exil, et le christianisme radicalisera cette position&nbsp;en affirmant que notre vraie patrie n\u2019est d\u00e9cid\u00e9ment pas de ce monde. Plut\u00f4t que d\u2019optimisme, je parlerais plut\u00f4t de confiance dans la vie \u00e9ternelle, mais sur fond de d\u00e9valorisation de notre douloureux exil terrestre&nbsp;\u00bb, pr\u00e9cise-t-il.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">En Croisade pour prot\u00e9ger les p\u00e8lerins<\/h5>\n\n\n\n<p>Ces voyageurs sans retour prenaient de gros risques&nbsp;; \u00e0 l\u2019origine, au XI<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, un des enjeux des Croisades \u2013 aussi sanglantes fussent-elles \u2013 \u00e9tait \u00ab&nbsp;de prot\u00e9ger le cheminement des p\u00e8lerins de J\u00e9rusalem ou de Compostelle&nbsp;\u00bb. La peur de la mer r\u00e9gnait chez les premiers&nbsp;crois\u00e9s et la route pouvait sembler moins dangereuse, m\u00eame s\u2019il arrivait \u00e0 certains voyageurs de se croire d\u00e9j\u00e0 \u00e0 Constantinople quand ils \u00e9taient encore \u00e0 Cologne. On ne voit gu\u00e8re que les migrants d\u2019aujourd\u2019hui pour se jeter encore sur les routes de cette mani\u00e8re et oser braver la mer sans toutes les s\u00e9curit\u00e9s que nous connaissons. Il faut d\u2019ailleurs attendre la III<sup>e<\/sup>&nbsp;Croisade pour voir s\u2019ouvrir v\u00e9ritablement la voie maritime.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">L\u2019horrible ruse du mari<\/h5>\n\n\n\n<p>Lui-m\u00eame crois\u00e9 et po\u00e8te, le Ch\u00e2telain de Coucy y laissera la vie&nbsp;; son histoire inspira, un si\u00e8cle plus tard, un roman m\u00e9di\u00e9val dans lequel le mari tromp\u00e9 fait manger \u00e0 sa femme le c\u0153ur de son amant. Car si quelques troubadours (en occitan) et trouv\u00e8res (en fran\u00e7ais) se retirent de la vie profane en qu\u00eate d\u2019apaisement et d\u2019oubli dans l\u2019univers religieux, d\u2019autres demeurent des s\u00e9ducteurs errant d\u2019une femme (souvent mari\u00e9e) \u00e0 une autre (parfois sans espoir).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;\u00e9criture et rien d&rsquo;autre<\/h5>\n\n\n\n<p>Il arrive qu\u2019un v\u0153u de silence ultime soit contrecarr\u00e9 de l\u2019ext\u00e9rieur&nbsp;; ainsi, la retraite monacale de Guillaume d\u2019Orange d\u00e9pla\u00eet \u00e0 ses propres admirateurs,&nbsp;qui continuent \u00e0 lui pr\u00eater une l\u00e9gende guerri\u00e8re \u00e0 travers des chansons de geste dont il demeure le h\u00e9ros. Le v\u0153u de silence n\u2019est pas le plus facile \u00e0 respecter pour certains, comme Guiot de Provins, qui change de confr\u00e9rie sans toutefois abandonner l\u2019\u00e9criture, dernier refuge de la vie. Le choix de chanter la mort peut servir de pr\u00e9paration en douceur&nbsp;; c\u2019est le cas d\u2019H\u00e9linant de Froidmont, qui invite ses amis \u00e0 saluer sans peur l\u2019in\u00e9luctable.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Que sont nos amis devenus?<\/h5>\n\n\n\n<p>La cruaut\u00e9 n\u2019est-elle pas du c\u00f4t\u00e9 de la vie&nbsp;? Affect\u00e9s par la l\u00e8pre, Jean Bodel dans son&nbsp;<em>Cong\u00e9<\/em>&nbsp;et plus tard Baude Fastoul en appellent \u00e0 la piti\u00e9 de leurs auditeurs, le second soucieux de se repentir et cependant f\u00e2ch\u00e9 envers ce Dieu qui envoie les maladies. Mais on entre aussi avec eux dans une description physique de la voix qui s\u2019alt\u00e8re (sous l&rsquo;effet de la l\u00e8pre) et du corps souffrant. Les questions sociales et l\u2019indignation trouvent leur place en litt\u00e9rature avec Rutebeuf&nbsp;: au si\u00e8cle de&nbsp;saint Louis, il se d\u00e9place d\u2019un lieu \u00e0 l\u2019autre au point d\u2019\u00eatre,&nbsp;selon le&nbsp;professeur Corbellari,&nbsp;\u00ab&nbsp;le premier grand reporter de la litt\u00e9rature occidentale&nbsp;\u00bb. Sur un volet plus personnel, le po\u00e8te se demande que sont ses amis devenus et les imagine emport\u00e9s par le vent. Sans un adieu, autrement dit la forme la plus radicale du d\u00e9part.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Le f\u00e9minisme au XV<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle<\/h5>\n\n\n\n<p>Mais passons par-dessus les si\u00e8cles pour retrouver l\u2019amour avec Othon de Grandson, dont les ballades ne sont pas loin de donner la parole aux femmes,&nbsp;quand il tente de se mettre \u00e0 leur place \u00e0 un moment o\u00f9 se perd le jeu courtois, sous les doubles assauts de la misogynie cl\u00e9ricale et d\u2019un f\u00e9minisme qui s\u2019\u00e9panouira chez Christine de Pizan et dans&nbsp;<em>La Belle Dame sans Merci<\/em>&nbsp;d\u2019Alain Chartier (vers 1425), texte qui cr\u00e9era le scandale parce que la dame y refuse le mensonge d\u2019un langage truqu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Des plaisirs pas tr\u00e8s catholiques<\/h5>\n\n\n\n<p>D\u2019autres fuites semblent plus l\u00e9g\u00e8res, comme celles qu\u2019Eustache Deschamps accumule au cours d\u2019une vie qui le porte de ville en ville, l\u2019obligeant \u00e0 une s\u00e9rie d\u2019adieux fac\u00e9tieux \u00e0 des plaisirs pas tr\u00e8s catholiques. Mais l\u00e0 encore, pas de nostalgie d\u2019un lieu pr\u00e9cis bien r\u00e9el, sauf quand il se souvient de Vertus, sa ville martyre d\u00e9truite par les Anglais en 1380.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec Villon, au XV<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, l\u2019esp\u00e9rance en l\u2019au-del\u00e0 commence \u00e0 se l\u00e9zarder. Mais s\u2019il est un grand po\u00e8te de Paris, son existence pr\u00e9caire, \u00e0 la limite de la voyouterie, ne lui permet pas de revendiquer d\u2019autre bien et d\u2019autre patrie que sa propre plume. C\u2019est le po\u00e8te de l\u2019adieu \u00e0 la jeunesse, du \u00ab&nbsp;trop tard&nbsp;\u00bb et du \u00ab&nbsp;jamais plus&nbsp;\u00bb, souligne le sp\u00e9cialiste.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Notre cocon moderne<\/h5>\n\n\n\n<p>Au terme de cet ouvrage, on se prend \u00e0 remercier le&nbsp;professeur&nbsp;Corbellari pour cette belle le\u00e7on m\u00e9di\u00e9vale, tout en regrettant par moments que certains vers ne soient pas traduits en fran\u00e7ais moderne pour le lecteur novice. Dans le sillage de Joachim du Bellay, qui va d\u00e9velopper \u00ab&nbsp;une vision hyperbolique de la nostalgie&nbsp;\u00bb digne des mod\u00e8les antiques, nous avons sans doute de la peine \u00e0 sortir de notre \u00ab&nbsp;confort douillet&nbsp;\u00bb qui s\u2019ancre au XVI<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle. Ce livre fait avantageusement sortir de l\u2019ombre o\u00f9 elle a gliss\u00e9 l\u2019id\u00e9e m\u00e9di\u00e9vale du d\u00e9part et de l&rsquo;adieu sans retour.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-accent-color has-light-background-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-6c3747d82323e78676735b6d4b268834\"><em>Je m\u2019en vais&#8230; Le geste de l\u2019adieu dans la po\u00e9sie m\u00e9di\u00e9vale<\/em>. Par Alain Corbellari, Droz, 2023<\/p>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quitter sa terre est plus facile quand on croit au ciel. Une escapade m\u00e9di\u00e9vale sous le signe de la litt\u00e9rature et de l&rsquo;adieu.<\/p>\n","protected":false},"author":1002082,"featured_media":8578,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_uag_custom_page_level_css":"","footnotes":""},"categories":[101,113,163,120,106,9,110],"tags":[],"class_list":{"0":"post-8571","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-culture","8":"category-enseignement","9":"category-histoire","10":"category-le-coin-des-livres","11":"category-lettres","12":"category-recherche","13":"category-societe"},"uagb_featured_image_src":{"full":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2023\/12\/alain_corbellari-9704.jpg",1200,700,false],"thumbnail":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2023\/12\/alain_corbellari-9704-150x150.jpg",150,150,true],"medium":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2023\/12\/alain_corbellari-9704-300x175.jpg",300,175,true],"medium_large":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2023\/12\/alain_corbellari-9704-768x448.jpg",580,338,true],"large":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2023\/12\/alain_corbellari-9704-1024x597.jpg",580,338,true],"1536x1536":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2023\/12\/alain_corbellari-9704.jpg",1200,700,false],"2048x2048":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2023\/12\/alain_corbellari-9704.jpg",1200,700,false],"post-thumbnail":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2023\/12\/alain_corbellari-9704.jpg",1200,700,false],"chaplin_preview_image_low_resolution":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2023\/12\/alain_corbellari-9704-540x315.jpg",540,315,true],"chaplin_preview_image_high_resolution":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2023\/12\/alain_corbellari-9704-1080x630.jpg",1080,630,true],"chaplin_fullscreen":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2023\/12\/alain_corbellari-9704.jpg",1200,700,false],"gform-image-choice-sm":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2023\/12\/alain_corbellari-9704.jpg",300,175,false],"gform-image-choice-md":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2023\/12\/alain_corbellari-9704.jpg",400,233,false],"gform-image-choice-lg":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2023\/12\/alain_corbellari-9704.jpg",600,350,false],"mailpoet_newsletter_max":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2023\/12\/alain_corbellari-9704.jpg",1200,700,false]},"uagb_author_info":{"display_name":"Nadine Richon Salzmann","author_link":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/author\/nrichon\/"},"uagb_comment_info":0,"uagb_excerpt":"Quitter sa terre est plus facile quand on croit au ciel. 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