{"id":5236,"date":"2022-06-27T10:50:39","date_gmt":"2022-06-27T08:50:39","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/?p=5236"},"modified":"2024-04-15T15:20:21","modified_gmt":"2024-04-15T13:20:21","slug":"ma-mere-prie-pour-la-victoire-ukrainienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/ma-mere-prie-pour-la-victoire-ukrainienne\/","title":{"rendered":"\u00abMa m\u00e8re prie pour la victoire ukrainienne\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Voil\u00e0 une femme qui \u00e9crit pour d\u00e9couvrir autrui, qui refuse l\u2019\u00e9criture inclusive par respect de la langue et traduit du su\u00e9dois et du danois au fran\u00e7ais, alors m\u00eame qu\u2019elle est n\u00e9e et a grandi dans ce qui fut l\u2019Union sovi\u00e9tique. Rencontre avec Elena Balzamo, invit\u00e9e \u00e0 l\u2019UNIL par le Centre de traduction litt\u00e9raire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Laur\u00e9ate du Programme Gilbert Musy 2022, Elena Balzamo a anim\u00e9 plusieurs rencontres \u00e0 la Facult\u00e9 des lettres et s\u00e9journe en ce moment au&nbsp;ch\u00e2teau de Lavigny, o\u00f9 elle ach\u00e8ve la traduction d\u2019un grand classique de la litt\u00e9rature scandinave, destin\u00e9 \u00e0 l\u2019origine aux \u00e9coliers su\u00e9dois pour les initier \u00e0 la g\u00e9ographie de leur pays,&nbsp;<em>Le merveilleux voyage de Nils Holgersson&nbsp;\u00e0 travers la Su\u00e8de,<\/em>&nbsp;de Selma Lagerl\u00f6f. Des traductions int\u00e9grales de cet ouvrage fameux publi\u00e9 en 1907, il y en a peu, \u00ab&nbsp;hormis en Allemagne&nbsp;\u00bb, remarque Elena Balzamo avec une pointe d\u2019admiration. La sienne sera la deuxi\u00e8me traduction fran\u00e7aise \u00e0 ne pas se contenter de \u00ab&nbsp;l\u2019histoire du petit gar\u00e7on ensorcel\u00e9 qui voyage avec les oies&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a r\u00e9int\u00e9gr\u00e9 toute la dimension g\u00e9ographique et savante, ainsi que les contes et l\u00e9gendes su\u00e9dois&nbsp;: \u00ab&nbsp;On croit que le h\u00e9ros est un enfant car les illustrations qui ont frapp\u00e9 les esprits l\u2019ont miniaturis\u00e9 pour le placer sur une oie, mais en r\u00e9alit\u00e9 il s\u2019agit d\u2019un adolescent&nbsp;; c\u2019est donc un roman d\u2019\u00e9ducation et je l\u2019ai abord\u00e9 comme un r\u00e9cit qui sera int\u00e9ressant pour des lecteurs adultes.&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Rencontrer Elena Balzamo, menue et exquise jusque dans son petit accent chantant, reconnaissable entre mille, c\u2019est forc\u00e9ment plonger dans sa Russie natale\u2026 dont elle a perdu la nationalit\u00e9 durant l\u2019\u00e9poque sovi\u00e9tique.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2022\/06\/5DIV7713-1024x597.jpg\" alt=\"Elena-Balzamo. \u00a9 Fabrice Ducrest\/UNIL\" class=\"wp-image-5216\" width=\"347\" height=\"202\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2022\/06\/5DIV7713-1024x597.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2022\/06\/5DIV7713-300x175.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2022\/06\/5DIV7713-768x448.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2022\/06\/5DIV7713-540x315.jpg 540w, https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2022\/06\/5DIV7713-1080x630.jpg 1080w, https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2022\/06\/5DIV7713.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 347px) 100vw, 347px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong>Elena Balzamo, votre travail de traductrice ne s\u2019effectue pas dans la langue russe de votre enfance, mais en fran\u00e7ais. Quel est votre rapport \u00e0 la Russie et \u00e0 la France&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je suis n\u00e9e en 1956 \u00e0 Moscou et j\u2019en suis partie en 1981, car je ne me voyais ni y rester sans m\u2019opposer ni emprunter la voie si ardue de la dissidence. Depuis, il y a eu bien des changements dans le pays, mais beaucoup de choses n\u2019ont pas vraiment chang\u00e9. Ces derniers temps, ma m\u00e8re, rest\u00e9e l\u00e0-bas, me dit qu\u2019elle prie tous les jours pour la victoire ukrainienne. Ici, en Suisse, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9diger un texte sur la honte&nbsp;: de quoi peut-on ou doit-on avoir honte et a-t-on vraiment honte&nbsp;? Je me sens russe et fran\u00e7aise, mais peut-\u00eatre surtout europ\u00e9enne, \u00e9tant de ceux pour qui chaque vie humaine est unique et par cons\u00e9quent \u00ab&nbsp;non n\u00e9gociable&nbsp;\u00bb. Une position difficile \u00e0 tenir face aux r\u00e9gimes qui placent l\u2019\u00c9tat, l\u2019id\u00e9ologie ou la religion au-dessus des individus. Alors la tentation est forte, chez les Europ\u00e9ens, de se taire pudiquement\u2026 ou l\u00e2chement. Il faut distinguer entre la culpabilit\u00e9 et la responsabilit\u00e9 collectives. Certes, je n\u2019ai tu\u00e9 personne, mais&nbsp;si je me tais, je me rends chaque fois un peu plus responsable quand d\u2019autres le font. Autrefois, j\u2019avais honte d\u2019avoir le passeport sovi\u00e9tique, puis, face \u00e0 notre inaction devant les agissements russes en G\u00e9orgie, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 avoir honte de mon passeport fran\u00e7ais\u2026 Mais aujourd\u2019hui je n\u2019ai plus honte&nbsp;: l\u2019Europe s\u2019est r\u00e9veill\u00e9e et soutient massivement l\u2019Ukraine. Quant aux citoyens russes, je note avec admiration les cas de ceux qui font preuve d\u2019un grand courage pour essayer de faire entendre leurs voix dissidentes&nbsp;: un homme qui repeint sa palissade en jaune et en bleu, une femme qui \u00e9crit \u00ab&nbsp;Non \u00e0 la guerre&nbsp;\u00bb sur la neige, audace que ces personnes paient tr\u00e8s cher\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans votre nouveau livre&nbsp;<em>P\u00e9rim\u00e8tre \u00e9largi,<\/em>&nbsp;on trouve chez Julius Lagerheim, le consul g\u00e9n\u00e9ral de Su\u00e8de \u00e0 Alger, entre 1826 et 1829, cette difficult\u00e9 \u00e0 critiquer un r\u00e9gime \u00e9tranger, m\u00eame quand un \u00e9rudit de l\u2019int\u00e9rieur l\u2019invite \u00e0 le faire en jetant un regard s\u00e9v\u00e8re sur son propre pays, alors sous domination turque\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Oui, les dissidents peinent partout \u00e0 se faire entendre. Pourtant, ce consul n\u2019est pas aveugle&nbsp;: son r\u00e9cit regorge d\u2019exemples d\u2019injustices et de violences, notamment \u00e0 l\u2019\u00e9gard des&nbsp;juifs. Ce diplomate est d\u2019ailleurs un v\u00e9ritable \u00e9crivain et un observateur hors pair. M\u00eame s\u2019il ne parle ni le turc ni l\u2019arabe, il fait des rapprochements \u00e9tonnants entre des r\u00e9alit\u00e9s fort \u00e9loign\u00e9es, gr\u00e2ce \u00e0 sa curiosit\u00e9 et \u00e0 sa capacit\u00e9 \u00e0 surmonter ses aprioris. En me documentant sur cet homme dans les archives su\u00e9doises, je me suis aper\u00e7ue qu\u2019il \u00e9tait loin d\u2019\u00eatre le seul diplomate \u00e0 manier la plume. Cela m\u2019a donn\u00e9 l\u2019id\u00e9e d\u2019organiser en Su\u00e8de un colloque sur ces ambassadeurs qui se promenaient entre la Russie et l\u2019Europe du Nord, ou encore dans le triangle entre l\u2019Espagne, l\u2019Italie et l\u2019Afrique du Nord, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 le courrier prenait des semaines \u00e0 arriver, voire se perdait en route. Un volume des actes de ce colloque est en pr\u00e9paration.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous avez voulu \u00e9diter ce r\u00e9cit du consul en raison de sa qualit\u00e9 litt\u00e9raire\u2026 mais vous n\u2019avez pas trouv\u00e9 d\u2019informations relatives \u00e0 son auteur dans les archives su\u00e9doises. Et vous n\u2019avez pas ouvert une certaine lettre cachet\u00e9e, pourquoi&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cela n\u2019arrive pas tous les jours qu\u2019on d\u00e9couvre un manuscrit du XIX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle d\u2019une telle valeur. Ce texte est fascinant&nbsp;; \u00e0 lui seul, le r\u00e9cit du naufrage de la go\u00e9lette qui transportait l\u2019auteur poss\u00e8de une telle tension dramatique que je n\u2019ai pas r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 la tentation de le reproduire int\u00e9gralement dans mon livre.&nbsp;\u00c0&nbsp;ma grande d\u00e9ception, je n\u2019ai pas r\u00e9ussi \u00e0 trouver un portrait de cet homme. Quant \u00e0 la \u00ab&nbsp;lettre cachet\u00e9e&nbsp;\u00bb, qui se trouve parmi d\u2019autres papiers et que je n\u2019ai pas voulu ouvrir, je ne suis pas une arch\u00e9ologue qui fracasse les sarcophages, mais qui sait, peut-\u00eatre un jour\u2026&nbsp;Car je continue \u00e0 m\u2019int\u00e9resser \u00e0 ces archives comme \u00e0 la bo\u00eete noire d\u2019un avion&nbsp;; d\u00e8s qu\u2019on ouvre un classeur, on voit surgir toute une \u00e9poque, avec des billets, des factures, des lettres. Avec des t\u00e9moignages \u00e9tonnants, comme celui du secr\u00e9taire du consulat qui tenait un journal&nbsp;: on y trouve d\u2019abord des notes succinctes sur les bateaux qui arrivent \u00e0 Alger, puis repartent \u2013 visiblement, rien ne se passe \u2013 puis avec le blocus fran\u00e7ais, et le si\u00e8ge de la ville, les notes deviennent plus serr\u00e9es et longues&nbsp;: encore un vaste champ \u00e0 explorer. Je ne m\u2019int\u00e9resse pas suffisamment \u00e0 moi-m\u00eame pour \u00e9crire des romans et ne veux pas diss\u00e9quer mes \u00e9tats d\u2019\u00e2me&nbsp;; je pr\u00e9f\u00e8re suivre des \u00eatres inconnus ou oubli\u00e9s, m\u00eame si, dans ce livre, j\u2019\u00e9voque quelques souvenirs personnels qui surgissent en regard du manuscrit dont je commente le contexte et les personnages. Ainsi, la description de la peste \u00e0 Alger entre 1817 et 1824 donne plus de relief \u00e0 notre \u00e9poque confront\u00e9e \u00e0 la pand\u00e9mie, par exemple.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En somme, vous ressemblez au consul Julius Lagerheim qui raconte avec un vrai plaisir d\u2019\u00e9criture ceux qu\u2019il rencontre, par exemple le futur \u00e9mir Abdelkader\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En effet, il d\u00e9crit avec minutie, et souvent avec humour, ses coll\u00e8gues, diplomates europ\u00e9ens, mais aussi des dignitaires locaux et des hommes modestes de son entourage, et m\u00eame quelques femmes musulmanes, qu\u2019il rencontre \u00e0 de rares occasions car elles vivent clo\u00eetr\u00e9es. Concernant Abdelkader, sa rencontre avec le consul su\u00e9dois \u2013 auquel il fait cadeau d\u2019un beau cheval \u2013 me para\u00eet fascinante, car nous savons ce que deviendra cet homme, alors que pour le consul su\u00e9doisc\u2019est un simple chef local, un inconnu. C\u2019est l\u00e0 que r\u00e9side la valeur de son r\u00e9cit&nbsp;: son t\u00e9moignage est un des tr\u00e8s rares portant sur l\u2019\u00e9poque juste avant le d\u00e9but de la colonisation fran\u00e7aise. On voit, l\u00e0 aussi, qu\u2019il suffit d\u2019un pr\u00e9texte pour pr\u00e9cipiter une invasion\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Aimez-vous la langue fran\u00e7aise au point de ne pas accepter les interventions actuelles pour la f\u00e9miniser&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On ne doit pas violenter la langue, elle \u00e9volue selon ses propres lois. M\u00eame de simples r\u00e9formes, comme il y en a eu en Su\u00e8de, laissent des traces&nbsp;: aujourd\u2019hui, les gens ont du mal \u00e0 lire les textes pourtant pas tr\u00e8s anciens. Quant au fran\u00e7ais, \u00e0 force de lire tous ces signes surajout\u00e9s de f\u00e9minisation, on en vient \u00e0 masquer le f\u00e9minin et \u00e0 ne plus voir les femmes dans notre pluriel grammatical, ce qui est un comble. Il y a aussi le risque de transformer notre perception d\u2019une mani\u00e8re anachronique&nbsp;: quand des jeunes liront demain Maupassant, ou tout autre \u00e9crivain du pass\u00e9, y compris des femmes, ils les trouveront tous monstrueusement misogynes, non pas suite \u00e0 une v\u00e9ritable analyse du contenu des textes, mais uniquement en n\u2019y trouvant pas cette nouvelle signalisation. Si cette tendance devait perdurer, ce qui n\u2019est pas certain, du moins en France, elle va tordre la r\u00e9alit\u00e9, d\u00e9placer le jugement et introduire des associations hors de proportion entre des auteurs et une misogynie pas forc\u00e9ment r\u00e9elle, mais comme inscrite dans la langue. Le russe est riche en formes grammaticalement f\u00e9minines, \u00e0 l\u2019oppos\u00e9, par exemple, de l\u2019anglais, qui pourrait alors \u00eatre consid\u00e9r\u00e9comme la&nbsp;langue la&nbsp;plus antif\u00e9ministe du monde. Mais Tolsto\u00ef n\u2019\u00e9tait pas moins machiste que Henry James ou Moli\u00e8re, dont on sait bien qu\u2019il ne l\u2019\u00e9tait pas&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-accent-color has-light-background-background-color has-text-color has-background\">Elena Balzamo,&nbsp;<em>P\u00e9rim\u00e8tre \u00e9largi,<\/em>&nbsp;Marie Barbier \u00c9ditions, 2022<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La guerre, les souvenirs russes, la traduction, son refus de l&rsquo;\u00e9criture inclusive : rencontre avec Elena Balzamo, invit\u00e9e du Centre de traduction litt\u00e9raire.<\/p>\n","protected":false},"author":1002082,"featured_media":5212,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_uag_custom_page_level_css":"","footnotes":""},"categories":[101,126,106],"tags":[],"class_list":{"0":"post-5236","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-culture","8":"category-grand-invite","9":"category-lettres"},"uagb_featured_image_src":{"full":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2022\/06\/Elena-Balzamo.jpg",1200,700,false],"thumbnail":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2022\/06\/Elena-Balzamo-150x150.jpg",150,150,true],"medium":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2022\/06\/Elena-Balzamo-300x175.jpg",300,175,true],"medium_large":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2022\/06\/Elena-Balzamo-768x448.jpg",580,338,true],"large":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2022\/06\/Elena-Balzamo-1024x597.jpg",580,338,true],"1536x1536":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2022\/06\/Elena-Balzamo.jpg",1200,700,false],"2048x2048":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2022\/06\/Elena-Balzamo.jpg",1200,700,false],"post-thumbnail":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2022\/06\/Elena-Balzamo.jpg",1200,700,false],"chaplin_preview_image_low_resolution":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2022\/06\/Elena-Balzamo-540x315.jpg",540,315,true],"chaplin_preview_image_high_resolution":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2022\/06\/Elena-Balzamo-1080x630.jpg",1080,630,true],"chaplin_fullscreen":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2022\/06\/Elena-Balzamo.jpg",1200,700,false],"gform-image-choice-sm":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2022\/06\/Elena-Balzamo.jpg",300,175,false],"gform-image-choice-md":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2022\/06\/Elena-Balzamo.jpg",400,233,false],"gform-image-choice-lg":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2022\/06\/Elena-Balzamo.jpg",600,350,false],"mailpoet_newsletter_max":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2022\/06\/Elena-Balzamo.jpg",1200,700,false]},"uagb_author_info":{"display_name":"Nadine Richon Salzmann","author_link":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/author\/nrichon\/"},"uagb_comment_info":0,"uagb_excerpt":"La guerre, les souvenirs russes, la traduction, son refus de l'\u00e9criture inclusive : rencontre avec Elena Balzamo, invit\u00e9e du Centre de traduction litt\u00e9raire.","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5236","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002082"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5236"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5236\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9600,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5236\/revisions\/9600"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5212"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5236"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5236"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5236"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}