{"id":5003,"date":"2022-05-05T12:49:50","date_gmt":"2022-05-05T10:49:50","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/?p=5003"},"modified":"2024-04-15T15:20:31","modified_gmt":"2024-04-15T13:20:31","slug":"les-etudiants-en-bavent-physiquement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/les-etudiants-en-bavent-physiquement\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Les \u00e9tudiants en bavent physiquement\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Voil\u00e0 des ann\u00e9es que le training se voit vilipend\u00e9 dans les salles de classe. Et pourtant, c\u2019est bien la tenue qu\u2019arborent, chaque mardi, quelques \u00e9tudiantes et \u00e9tudiants de l\u2019UNIL. Non pas par flemmardise ou provocation. Bien au contraire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Depuis 2016, un atelier pratique plut\u00f4t unique, donn\u00e9 dans le cadre du Master en sciences sociales et portant sur la sociologie du travail artistique, propose une plong\u00e9e au c\u0153ur de nombreux lieux de c<a><\/a>ulture et de cr\u00e9ation de la r\u00e9gion. S\u2019il est bien question d\u2019enseignement hors les murs, m\u00ealant th\u00e9orie et travail de terrain, il s\u2019agit aussi, pour la vingtaine d\u2019inscrits, de monter sur les planches. D\u00e9but juin, les 4 et 5 \u00e0 La Grange puis les 7 et 8 \u00e0 l\u2019Usine \u00e0 Gaz de Nyon et au terme d\u2019un semestre immersif in\u00e9dit, les \u00e9tudiantes et \u00e9tudiants pr\u00e9senteront un spectacle de danse, chor\u00e9graphi\u00e9 par Pierre-Emmanuel Sorignet, danseur contemporain et chor\u00e9graphe, et mis en musique par Marc Perrenoud. Pas \u00e9tonnant quand on sait que ces deux ma\u00eetres d\u2019enseignement et de recherche \u00e0 la Facult\u00e9 des sciences sociales et politiques de l\u2019UNIL, cr\u00e9ateurs et porteurs de l\u2019atelier, ont men\u00e9 une partie de leur carri\u00e8re professionnelle en tant qu\u2019artistes.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les premiers pas<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Ce projet est n\u00e9 de la refonte du master en 2015, avec la cr\u00e9ation d\u2019ateliers pratiques de recherche pour un total de 12 cr\u00e9dits. Comme il s\u2019agit de notre sp\u00e9cialit\u00e9, on nous a propos\u00e9 de prendre en charge un atelier en sociologie du travail artistique&nbsp;\u00bb, explique Marc Perrenoud. Sur cette base, il ne leur a fallu que quelques secondes pour penser \u00e0 mettre sur pied un spectacle. \u00ab&nbsp;Il s\u2019agit \u00e9videmment en premier lieu d\u2019un travail de recherche, compl\u00e8te Pierre-Emmanuel Sorignet. Notre r\u00e9flexion initiale, savoir comment proposer aux \u00e9tudiants d\u2019appr\u00e9hender le travail sociologique, sachant que beaucoup d\u2019entre eux n\u2019ont jamais rencontr\u00e9 la pratique du m\u00e9tier de sociologue, se fonde sur nos exp\u00e9riences d\u2019ethnographes.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Travail d\u2019ethnographie et de terrain donc, chaque mardi, la troupe se d\u00e9place dans un lieu de culture afin d\u2019en analyser et d&rsquo;en comprendre les ressorts. En 2022, les \u00e9tudiantes et \u00e9tudiants se seront frott\u00e9s aux nombreux m\u00e9tiers de la culture dans des structures telles que le Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Arsenic, l\u2019Oriental-Vevey, le Dansom\u00e8tre, l\u2019Octogone de Pully ou l\u2019Usine \u00e0 Gaz de Nyon, principal partenaire pour le semestre qui s\u2019ach\u00e8ve.<\/p>\n\n\n\n<p>Autre point ayant convaincu Pierre-Emmanuel Sorignet et Marc Perrenoud de l\u2019utilit\u00e9 d\u2019un tel atelier&nbsp;: le manque de connaissances concernant les m\u00e9tiers et certains secteurs de la culture. \u00ab&nbsp;Nous avons rapidement v\u00e9rifi\u00e9 l\u2019hypoth\u00e8se selon laquelle les \u00e9tudiants qui participent \u00e0 cet atelier aimeraient travailler dans le secteur de la culture et se destinent, pour beaucoup, \u00e0 des postes d\u2019interm\u00e9diation. Mais ils m\u00e9connaissent souvent le travail artistique, et il y avait donc quelque chose \u00e0 faire de ce point de vue aussi&nbsp;\u00bb, souligne Marc Perrenoud. Proposer un travail d\u2019immersion, et surtout une d\u00e9marche d\u2019acculturation et de socialisation, aupr\u00e8s de disciplines comme la danse, souvent boud\u00e9e des plus jeunes, contrairement aux concerts ou au th\u00e9\u00e2tre d\u2019improvisation.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Derri\u00e8re le rideau<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Enseignement d\u2019un genre in\u00e9dit, l\u2019atelier a par deux fois obtenu le Fonds d\u2019innovation p\u00e9dagogique. Innovant certes, il s\u2019av\u00e8re aussi exp\u00e9rimental, comme le soulignent de concert les deux chercheurs, puisque l\u2019atelier conduit les \u00e9tudiantes et \u00e9tudiants \u00e0 pratiquer le m\u00e9tier d\u2019ethnographe en m\u00eame temps que celui d\u2019artiste. Au contact \u00e9videmment des enseignants, mais aussi \u00e0 travers la rencontre du personnel \u0153uvrant dans les structures que les \u00e9tudiantes et \u00e9tudiants investissent chaque semaine, de 9h30 \u00e0 17h30. Sans compter la pr\u00e9sence d\u2019invit\u00e9s de prestige, des artistes aussi bien nationaux qu\u2019internationaux.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Les journ\u00e9es sont bien remplies, confie Marc Perrenoud. Elles comprennent une partie de travail chor\u00e9graphique, ainsi qu\u2019une dimension plus classique, incluant soit un travail sur des lectures scientifiques \u00e0 r\u00e9aliser chaque semaine et dont nous discutons en d\u00e9but de s\u00e9ance, soit un retour sur les journaux de terrain que chacune et chacun doit tenir.&nbsp;\u00bb Pas de r\u00e9pit du c\u00f4t\u00e9 acad\u00e9mique donc, puisque les \u00e9tudiantes et \u00e9tudiants sont \u00e9valu\u00e9s chaque fin de semestre. Non sur les performances sc\u00e9niques, pr\u00e9sent\u00e9es publiquement d\u00e9but juin, mais en tant qu\u2019apprentis ethnographes, sur la base du journal de terrain individuel, ainsi que sur un travail de groupe. \u00ab&nbsp;Les groupes m\u00e8nent une recherche de terrain sur une th\u00e9matique qu\u2019ils auront choisie, en accord avec nous&nbsp;\u00bb, explique Marc Perrenoud. Des th\u00e8mes pouvant aussi bien porter sur le travail de cr\u00e9ation d\u2019une compagnie que sur un m\u00e9tier technique. \u00ab&nbsp;Par le pass\u00e9, un groupe a par exemple travaill\u00e9 sur les cuisines de l\u2019Arsenic. Cette ann\u00e9e, des \u00e9tudiants s\u2019int\u00e9ressent au m\u00e9tier de costumi\u00e8re&nbsp;\u00bb, compl\u00e8te Pierre-Emmanuel Sorignet.<\/p>\n\n\n\n<p>Si les porteurs du projet parlent d\u2019enseignement \u00e0 la fois cadr\u00e9 et d\u00e9cal\u00e9, le duo insiste aussi sur les aspects r\u00e9flexifs qu\u2019il exige. \u00ab&nbsp;La dimension exp\u00e9rimentale de cet enseignement ne pourrait pas tenir deux semaines si nous n\u2019\u00e9tions en permanence dans une d\u00e9marche r\u00e9flexive, assure Marc Perrenoud. Nous travaillons beaucoup sur ce point. Comprendre et objectiver ce qui est en train de se passer. La clef, c\u2019est admettre la dimension exp\u00e9rimentale de cette mani\u00e8re de faire de la recherche et d\u2019en faire un mat\u00e9riau sociologique.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Sans oublier enfin la dimension sportive de l\u2019atelier, qui conduit chaque mardi les \u00e9tudiants \u00e0 danser plusieurs heures durant. Afin d\u2019incorporer aussi bien la pratique que la th\u00e9orie, et en pr\u00e9paration du spectacle de fin de semestre. \u00ab&nbsp;Ils en bavent physiquement, conclut Pierre-Emmanuel Sorignet. Ils ont des bleus, des courbatures. Mais au fil du semestre, le corps prend le pli. Beaucoup sont \u00e9videmment sportifs, mais ils d\u00e9couvrent et exp\u00e9rimentent le travail de danse, la fatigue de milieu de journ\u00e9e, l\u2019exaltation de sentir le corps qui marche tout seul.&nbsp;\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voil\u00e0 des ann\u00e9es que le training se voit vilipend\u00e9 dans les salles de classe. Et pourtant, c\u2019est bien la tenue qu\u2019arborent, chaque mardi, quelques \u00e9tudiantes et \u00e9tudiants de l\u2019UNIL. Non pas par flemmardise ou provocation. 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