{"id":3553,"date":"2021-09-23T10:39:02","date_gmt":"2021-09-23T08:39:02","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/?p=3553"},"modified":"2024-04-15T15:21:00","modified_gmt":"2024-04-15T13:21:00","slug":"aimer-entre-les-langues","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/aimer-entre-les-langues\/","title":{"rendered":"Aimer (entre) les langues"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Invit\u00e9e par le Centre de traduction litt\u00e9raire, Rosie Pinhas-Delpuech aime la France et Isra\u00ebl, le fran\u00e7ais et l\u2019h\u00e9breu, parmi d\u2019autres langues. Rencontre au ch\u00e2teau de Lavigny, o\u00f9 elle s\u00e9journe comme laur\u00e9ate 2021 du Programme Gilbert Musy.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Menue mais pas fragile, Rosie Pinhas-Delpuech s\u2019adonne \u00e0 sa t\u00e2che quotidienne comme une artisane \u00e0 son ouvrage. Traduire ne consiste pas \u00e0 faire du tourisme, m\u00eame si \u00e7a permet aussi de voyager. Il faut s\u2019attribuer un nombre de pages par jour, tenir le d\u00e9lai pr\u00e9vu dans le contrat, et&nbsp;<em>Boue,<\/em>&nbsp;de l\u2019auteur isra\u00e9lien Dror Burstein, n\u2019est pas pr\u00e9cis\u00e9ment un petit format dans son va-et-vient fac\u00e9tieux du proph\u00e8te J\u00e9r\u00e9mie entre hier et aujourd\u2019hui \u00e0 J\u00e9rusalem. Ce sera sa prochaine traduction, favoris\u00e9e par un s\u00e9jour de deux mois au ch\u00e2teau de Lavigny, dans le cadre du Programme Gilbert Musy que pilote le Centre de traduction litt\u00e9raire de l\u2019UNIL.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Traduire jusqu&rsquo;au bout de la vie<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;M\u00eame si je paie des contributions sociales comme tout le monde, je n\u2019aurai pas de retraite car je ne suis pas salari\u00e9e, je dois traduire jusqu\u2019au bout de ma vie&nbsp;\u00bb, glisse-t-elle avec une pointe d\u2019amertume. Mais attention, si vous pensez que notre interlocutrice, n\u00e9e en 1946 \u00e0 Istanbul, est abonn\u00e9e \u00e0 la plainte, vous faites fausse route. Elle assume ses choix et a pris la d\u00e9cision de quitter l\u2019enseignement \u00ab&nbsp;avec la crise de la quarantaine&nbsp;\u00bb, sourit-elle. La traduction est arriv\u00e9e \u00e0 elle comme \u00ab&nbsp;une bou\u00e9e de secours pour ne pas oublier l\u2019h\u00e9breu appris lors de deux installations en Isra\u00ebl, la premi\u00e8re fois seule et la seconde en famille, et aussi pour \u00eatre en prise directe avec la litt\u00e9rature&nbsp;\u00bb. Pour traduire il faut d\u2019abord \u00eatre un bon lecteur, non&nbsp;? Elle r\u00e9pond \u00ab&nbsp;bravo&nbsp;\u00bb avec l\u2019\u0153il p\u00e9tillant de la professeure qu\u2019elle reste sans doute dans son c\u0153ur. \u00c0 l\u2019UNIL, elle donnera une&nbsp;<em>masterclass<\/em>&nbsp;\u00e0 de jeunes traductrices et traducteurs en devenir et participera \u00e0 deux rencontres ouvertes au public.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Qui \u00e9tait cet homme ?<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Elle passe et repasse r\u00e9guli\u00e8rement de chaque c\u00f4t\u00e9 du miroir, alternant traductions et \u0153uvres plus personnelles comme&nbsp;<em>Le Typographe de Whitechapel,<\/em>&nbsp;une enqu\u00eate litt\u00e9raire et biographique sur les pas de l\u2019\u00e9crivain Yossef H. Brenner (1881-1921), parue cet automne chez Actes Sud, maison d\u2019\u00e9dition dont elle dirige par ailleurs la s\u00e9rie \u00abLettres h\u00e9bra\u00efques\u00bb. Qui \u00e9tait cet homme&nbsp;? \u00ab&nbsp;Il venait de Russie et croyait \u00e0 l\u2019utopie sioniste. Il y avait une commission compos\u00e9e de linguistes pour la constitution de l\u2019h\u00e9breu moderne et lui a \u00e9t\u00e9 l\u2019un des illustres fondateurs de la litt\u00e9rature h\u00e9bra\u00efque moderne avec ses deux coll\u00e8gues H.N. Bialik et S.Y. Agnon, futur Prix Nobel&nbsp;\u00bb, esquisse-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Mais alors cette langue, l&rsquo;h\u00e9breu ?<\/h5>\n\n\n\n<p>Brenner a connu la grande mis\u00e8re londonienne dans le quartier de Whitechapel, que Rosie Pinhas-Delpuech d\u00e9crit dans son livre comme si elle y avait elle-m\u00eame v\u00e9cu \u00e0 cette \u00e9poque. Il r\u00eave d\u2019un lieu o\u00f9 les juifs, interdits de poss\u00e9der de la terre et pers\u00e9cut\u00e9s en Russie et en Europe \u2013 en d\u00e9pit de la discr\u00e9tion et de l\u2019int\u00e9gration remarquables dont ils font preuve \u2013 gagneraient le respect par le travail, agricole ou autre. \u00ab&nbsp;En Russie, les juifs, qui boivent peu, en g\u00e9n\u00e9ral, \u00e9taient volontiers cabaretiers, ils servaient \u00e0 boire aux moujiks qui allaient ensuite les pourchasser&nbsp;\u00bb, affirme la traductrice, pour \u00e9mailler son propos d\u2019un exemple historique.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais alors cette langue, l\u2019h\u00e9breu&nbsp;? Alors que le yiddish \u00e9tait selon elle \u00e0 son apog\u00e9e en Europe\u2026 \u00ab&nbsp;Les pionniers d\u2019Eretz Isra\u00ebl ne venaient pas tous d\u2019Europe de l\u2019Est, il y avait m\u00eame des Y\u00e9m\u00e9nites, et il leur fallait une vraie langue commune, pas ce qu\u2019ils consid\u00e9raient comme un patois maison, m\u00eame si en effet le yiddish avait permis de traduire les grandes \u0153uvres classiques&nbsp;\u00bb, r\u00e9pond-elle.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Staline n\u2019a rien compris<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Accrochez-vous, maintenant, car l\u2019h\u00e9breu moderne issu de la Bible \u2013 qui en reprend les mots usuels tout en innovant \u00e0 partir de bribes d\u2019autres langues comme le russe, l\u2019allemand ou l\u2019anglais \u2013 a \u00e9t\u00e9 fa\u00e7onn\u00e9 dans une perspective non religieuse. \u00ab&nbsp;Il s\u2019agissait pour ces jeunes pionniers de se couper de la diaspora, avec une vis\u00e9e r\u00e9volutionnaire qui d\u00e9connectait la Bible de la religion&nbsp;\u00bb, pr\u00e9cise-t-elle. Un paradoxe \u00e0 nos yeux form\u00e9s par le christianisme. Car la Bible h\u00e9bra\u00efque est d\u2019abord le r\u00e9cit obscur et grandiose d\u2019un peuple ancien, avec les violences de ce temps, les guerres, le sang, le sexe\u2026 Pas un cat\u00e9chisme. \u00ab&nbsp;Tout Shakespeare est dans la Bible&nbsp;\u00bb, r\u00e9sume notre interlocutrice, qui estime que ce texte fondateur, truff\u00e9 de jeux de mots, reste \u00ab&nbsp;intraduisible&nbsp;\u00bb et ne peut \u00eatre lu sans les \u00e9clairages du Talmud\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Au passage, elle \u00e9voque Staline, eh oui, qui \u00ab&nbsp;rejette l\u2019h\u00e9breu comme langue d\u00e9cadente et religieuse&nbsp;\u00bb et n\u2019a donc pas compris ou voulu comprendre ce que les \u00e9crivains et les linguistes juifs affirmaient. Plus le temps passe, pr\u00e9cise-t-elle, plus l\u2019h\u00e9breu se modernise, se m\u00e9tisse et s\u2019\u00e9loigne de la langue biblique. Elle traduit des auteurs modernes et s\u2019aper\u00e7oit tr\u00e8s directement de cette \u00e9volution par rapport \u00e0 la langue de Yossef H. Brenner, de moins en moins parlante pour un jeune Isra\u00e9lien. Vous voulez un titre contemporain&nbsp;? Elle cite sa traduction d\u2019un livre intitul\u00e9 en fran\u00e7ais&nbsp;<em>Le Roman \u00e9gyptien<\/em>&nbsp;(2016), \u00e9crit par la romanci\u00e8re Orly Castel-Bloom, n\u00e9e \u00e0 Tel-Aviv en 1960.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Il faut parler d&rsquo;amour<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>\u00c0 \u00e9couter Rosie Pinhas-Delpuech, on se demande si on ne pourrait pas apprendre assez facilement l\u2019h\u00e9breu, finalement. \u00ab&nbsp;Ce n\u2019est en effet pas si difficile, l\u2019h\u00e9breu ne comporte que trois temps, le pass\u00e9, le pr\u00e9sent et le futur, le fran\u00e7ais en compte 22, l\u2019h\u00e9breu est une langue jeune qui ne poss\u00e8de que 8000 mots contre 80&rsquo;000 pour le fran\u00e7ais&nbsp;\u00bb, d\u00e9crit-elle. On ne quitte pas la traductrice sans parler d\u2019amour, celui qu\u2019elle vouait enfant d\u00e9j\u00e0 \u00e0 la France, amour na\u00eff d\u00e9\u00e7u lors de son arriv\u00e9e en 1965 dans ce pays qui consid\u00e8re alors cette jeune francophone \u00e9m\u00e9rite comme une \u00e9trang\u00e8re, et \u00ab&nbsp;amour fou&nbsp;\u00bb d\u2019Isra\u00ebl et de sa langue.<\/p>\n\n\n\n<p>La Turquie, qu\u2019elle continue \u00e0 aimer aussi, ne sera qu\u2019effleur\u00e9e dans notre entretien, tant de choses \u00e0 dire encore au sujet d\u2019Isra\u00ebl. Comme nombre d\u2019intellectuels et d\u2019artistes isra\u00e9liens, elle estime que les Palestiniens doivent obtenir leur \u00c9tat. Elle observe avec inqui\u00e9tude la mont\u00e9e de l\u2019islamisme dans cette r\u00e9gion et celle du nationalisme le plus \u00e9troit dans le monde en g\u00e9n\u00e9ral. Mais Rosie Pinhas-Delpuech ne se voit pas comme une sp\u00e9cialiste de ces questions politiques et refuse par ailleurs de s\u2019appesantir trop longuement sur les regains d\u2019antis\u00e9mitisme. \u00ab&nbsp;Je ne veux pas devenir parano&nbsp;\u00bb, dit-elle.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le sionisme n&rsquo;est pas victimaire<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"has-primary-color has-text-color\">On lui demande encore si Brenner \u2013 assassin\u00e9 \u00e0 40 ans dans un pogrom arabe \u2013 \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 donner sa vie afin d\u2019accoucher d\u2019Isra\u00ebl pour que les juifs cessent, comme il le disait, d\u2019errer telle \u00ab&nbsp;une prostitu\u00e9e de Buenos Aires&nbsp;\u00bb. Elle nous regarde avec surprise et r\u00e9pond doucement&nbsp;: \u00ab&nbsp;Non, le sionisme n\u2019est pas une posture victimaire, il t\u00e9moigne d\u2019un projet utopique, d\u2019un principe d&rsquo;esp\u00e9rance, pour citer le philosophe Ernst Bloch.&nbsp;\u00bb Une esp\u00e9rance dont l\u2019humanit\u00e9 plong\u00e9e de crises en crises a bien besoin aujourd\u2019hui\u2026<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-background-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<h5 class=\"has-accent-color has-text-color wp-block-heading\">\u00c9v\u00e9nements \u00e0 venir<\/h5>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>Lecture-conf\u00e9rence \u00abTraduire : un parcours byzantin\u00bb, jeudi 30 septembre \u00e0 18h30, Cercle litt\u00e9raire, Lausanne<\/strong> Entr\u00e9e libre, inscription obligatoire au 021 312 85 02 ou&nbsp;admin@cerclelitteraire.ch<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>S\u00c9MINAIRE DE MASTER&nbsp;&#8211; Entretien avec Rosie Pinhas-Delpuech sur sa biographie traductive, mardi 12 octobre de 10h15 \u00e0 12h.<\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong>COURS PUBLIC \u00abFemmes en traduction\u00bb. Rosie Pinhas-Delpuech et Camille Logoz : deux traductrices litt\u00e9raires aujourd&rsquo;hui &#8211; trajectoires et exp\u00e9riences, mercredi 20 octobre de 18h15 \u00e0 20h.<\/strong> UNIL, Anthropole, entr\u00e9e libre. Horaires et descriptifs d\u00e9taill\u00e9s sur le site du CTL |&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.unil.ch\/ctl\/pgm\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">www.unil.ch\/ctl\/pgm<\/a><\/li><\/ul>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-background-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<h5 class=\"has-accent-color has-text-color wp-block-heading\">Pour aller plus loin&#8230;<\/h5>\n\n\n\n<p><em>Le Typographe de Whitechapel<\/em>. <em>Comment Y. H. Brenner r\u00e9inventa l\u2019h\u00e9breu moderne. <\/em>PAR ROSIE PINHAS-DELPUECH, Actes Sud, 2021<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Passionnante rencontre avec Rosie Pinhas-Delpuech, traductrice de l&rsquo;h\u00e9breu, autrice, n\u00e9e \u00e0 Istanbul en 1946.<\/p>\n","protected":false},"author":1002082,"featured_media":3455,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_uag_custom_page_level_css":"","footnotes":""},"categories":[101,126,120,106],"tags":[],"class_list":{"0":"post-3553","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-culture","8":"category-grand-invite","9":"category-le-coin-des-livres","10":"category-lettres"},"uagb_featured_image_src":{"full":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/09\/Rosie-Pinhas-Delpuech.jpg",1200,800,false],"thumbnail":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/09\/Rosie-Pinhas-Delpuech-150x150.jpg",150,150,true],"medium":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/09\/Rosie-Pinhas-Delpuech-300x200.jpg",300,200,true],"medium_large":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/09\/Rosie-Pinhas-Delpuech-768x512.jpg",580,387,true],"large":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/09\/Rosie-Pinhas-Delpuech-1024x683.jpg",580,387,true],"1536x1536":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/09\/Rosie-Pinhas-Delpuech.jpg",1200,800,false],"2048x2048":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/09\/Rosie-Pinhas-Delpuech.jpg",1200,800,false],"post-thumbnail":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/09\/Rosie-Pinhas-Delpuech.jpg",1200,800,false],"chaplin_preview_image_low_resolution":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/09\/Rosie-Pinhas-Delpuech-540x360.jpg",540,360,true],"chaplin_preview_image_high_resolution":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/09\/Rosie-Pinhas-Delpuech-1080x720.jpg",1080,720,true],"chaplin_fullscreen":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/09\/Rosie-Pinhas-Delpuech.jpg",1200,800,false],"gform-image-choice-sm":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/09\/Rosie-Pinhas-Delpuech.jpg",300,200,false],"gform-image-choice-md":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/09\/Rosie-Pinhas-Delpuech.jpg",400,267,false],"gform-image-choice-lg":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/09\/Rosie-Pinhas-Delpuech.jpg",600,400,false],"mailpoet_newsletter_max":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/09\/Rosie-Pinhas-Delpuech.jpg",1200,800,false]},"uagb_author_info":{"display_name":"Nadine Richon Salzmann","author_link":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/author\/nrichon\/"},"uagb_comment_info":0,"uagb_excerpt":"Passionnante rencontre avec Rosie Pinhas-Delpuech, traductrice de l'h\u00e9breu, autrice, n\u00e9e \u00e0 Istanbul en 1946.","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3553","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002082"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3553"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3553\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9647,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3553\/revisions\/9647"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3455"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3553"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3553"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3553"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}