{"id":1952,"date":"2021-04-22T12:07:00","date_gmt":"2021-04-22T10:07:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/?p=1952"},"modified":"2024-04-15T15:22:35","modified_gmt":"2024-04-15T13:22:35","slug":"linvitation-au-luxe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/linvitation-au-luxe\/","title":{"rendered":"L&rsquo;invitation au luxe"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Vice-doyenne \u00e0 la Facult\u00e9 des HEC, professeure au sein du D\u00e9partement marketing, Felicitas Morhart poursuit une r\u00e9flexion sur l\u2019avenir et la r\u00e9alit\u00e9 du luxe dans notre soci\u00e9t\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Voici une petite ann\u00e9e, au printemps 2020, la professeure Felicitas Morhart a fond\u00e9 le&nbsp;Swiss Center for Luxury Research, dont l\u2019objectif est de soutenir la r\u00e9flexion, l\u2019\u00e9ducation et la recherche sur le luxe, mais \u00e9galement de guider et d\u2019encourager les \u00e9volutions actuelles et futures de ce secteur si particulier. Bas\u00e9 \u00e0 la Facult\u00e9 des HEC de l\u2019UNIL, issu d\u2019un partenariat public-priv\u00e9 avec <a href=\"https:\/\/www.luxurytribune.com\/le-sclr\">le m\u00e9dia digital <em>Luxury Tribune<\/em><\/a>, ce nouveau centre de comp\u00e9tences fonctionne en r\u00e9seau avec plusieurs partenaires tr\u00e8s impliqu\u00e9s dans ce domaine, issus des universit\u00e9s et hautes \u00e9coles suisses. Il ambitionne de devenir le&nbsp;<em>think tank<\/em>&nbsp;de l\u2019industrie helv\u00e9tique du luxe en vue de positionner celle-ci au m\u00eame niveau que le secteur concern\u00e9 en France, en Italie ou en Allemagne.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Un objet de recherche \u00e0 part enti\u00e8re<\/h5>\n\n\n\n<p>\u00abLe luxe ne peut pas \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9 uniquement avec les outils du marketing g\u00e9n\u00e9ral. Il fallait en faire un objet de recherche \u00e0 part enti\u00e8re et lui donner une visibilit\u00e9 acad\u00e9mique qui manquait en Suisse\u00bb, souligne Felicitas Morhart. Covid oblige, nous sommes toutes les deux confin\u00e9es et fort peu appr\u00eat\u00e9es alors que le sujet, on va le voir, nous entra\u00eene aussit\u00f4t vers ces s\u00e9duisantes contr\u00e9es o\u00f9 tout n\u2019est qu\u2019ordre et beaut\u00e9, luxe, calme et volupt\u00e9\u2026<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Gaspillage ou suppl\u00e9ment d\u2019\u00e2me ?<\/h5>\n\n\n\n<p>Citer Baudelaire n\u2019est pas incongru tant l\u2019industrie du luxe se cherche un suppl\u00e9ment d\u2019\u00e2me dans une relation de plus en plus \u00e9troite avec le monde des arts. Chanel, par exemple, a lanc\u00e9 une s\u00e9rie de vid\u00e9os o\u00f9 des personnalit\u00e9s associ\u00e9es \u00e0 la beaut\u00e9 et au luxe viennent \u00e9voquer leur rapport \u00e0 la litt\u00e9rature. Sans h\u00e9siter, la maison a ouvert le bal avec la princesse Charlotte Casiraghi. \u00ab&nbsp;L\u2019analogie est judicieuse, car les produits de luxe font signe vers la raret\u00e9, le charisme, l\u2019esth\u00e9tisme, la fantaisie, la cr\u00e9ation&nbsp;\u00bb, sugg\u00e8re Felicitas Morhart. Il s\u2019agit selon elle de limiter l\u2019association potentiellement vulgaire et imm\u00e9diate entre l\u2019univers du luxe et celui des grosses fortunes. \u00ab&nbsp;Plus on regardera le luxe comme un art, moins on parlera d\u2019argent, et mieux on fera oublier les exc\u00e8s du luxe pour le placer quasiment hors de toute critique&nbsp;\u00bb, glisse la sp\u00e9cialiste. Car critique il y a, et ce n\u2019est pas du luxe si l\u2019on songe au gaspillage g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par les consommateurs sur une plan\u00e8te o\u00f9 tant d\u2019autres n\u2019ont rien ou si peu\u2026<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Le p\u00e9ril de la d\u00e9cadence<\/h5>\n\n\n\n<p>C\u2019est d\u2019abord une question de contexte&nbsp;: on n\u2019adopte pas des comportements ostentatoires dans un environnement d\u00e9labr\u00e9, on \u00e9vite de choquer, de transgresser \u00ab&nbsp;le sentiment moral autour de soi&nbsp;\u00bb, sugg\u00e8re la chercheuse, qui m\u00e8ne en ce moment une \u00e9tude sur la notion de d\u00e9cadence, ou quand la perception d\u2019un luxe totalement d\u00e9connect\u00e9 bascule dans la r\u00e9probation. Mais qu\u2019en est-il lorsque la plan\u00e8te elle-m\u00eame est affect\u00e9e par nos consommations d\u00e9brid\u00e9es&nbsp;? \u00ab&nbsp;Si une marque de luxe se positionne trop sur la durabilit\u00e9, elle risque de diluer son image. Pourtant, il y a un cr\u00e9neau durable hors des diamants, du crocodile ou des voitures clinquantes&nbsp;\u00bb, esquisse-t-elle. Une nouvelle client\u00e8le se r\u00e9v\u00e8le plus sensible aux dimensions artisanales et patrimoniales du luxe, au point d\u2019appr\u00e9cier le&nbsp;<em>second hand<\/em>, qui permet \u00e0 des objets sans \u00e2ge de traverser le temps. \u00ab&nbsp;Une montre de tr\u00e8s grand luxe n\u2019est pas un produit qui r\u00e9pond simplement \u00e0 la pulsion de poss\u00e9der, c\u2019est un objet que l\u2019on pourra transmettre en h\u00e9ritage. Dans le m\u00eame esprit, un sac Gucci sur le march\u00e9 de seconde main sera accessible \u00e0 une adolescente lasse de la&nbsp;<em>fast fashion,&nbsp;<\/em>qui est l\u2019antith\u00e8se du luxe&nbsp;\u00bb, r\u00e9sume la professeure.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Une exp\u00e9rience divine<\/h5>\n\n\n\n<p>Car nous parlons d\u2019une industrie qui ne vise pas le plus grand nombre, au contraire: \u00ab C&rsquo;est le secteur m\u00eame de la distinction et de la stratification sociale \u00bb, souligne la professeure. Il peut inclure des \u00e9l\u00e9ments de durabilit\u00e9, par exemple \u00e0 travers des mati\u00e8res qui r\u00e9sistent au lavage et \u00e0 l\u2019usage, ou des objets exigeant un apprentissage, comme on le voit dans certains h\u00f4tels qui proposent des lieux feutr\u00e9s aux allures de biblioth\u00e8que o\u00f9 l\u2019on apprend \u00e0 choisir un cigare ou \u00e0 mieux conna\u00eetre les vins. Felicitas Morhart cite un \u00e9tablissement \u00e0 Andermatt\u2026 et un petit voyage virtuel sur place nous plonge dans les superlatifs, quand m\u00eame la simple boue de tourbe utilis\u00e9e en massage prend des allures de mati\u00e8re pr\u00e9cieuse&nbsp;; les mots choisis pour d\u00e9crire ce lieu sur Internet flirtent tous avec l\u2019exceptionnel, le fantastique, l\u2019unique, l\u2019inoubliable, voire carr\u00e9ment le secret, accessible aux plus fins connaisseurs et initi\u00e9s. Ce voyage au c\u0153ur du luxe extr\u00eame sugg\u00e8re l\u2019effacement de la mort elle-m\u00eame, expuls\u00e9e de la pens\u00e9e dans un cadre paradisiaque qui suspend toute id\u00e9e de souffrance, voire toute limite humaine dans la promesse d\u2019une accessibilit\u00e9 24 heures sur 24 aux services fournis \u00e0 une client\u00e8le d\u00e9ifi\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Le luxe ultime<\/h5>\n\n\n\n<p>Mais le luxe ultime, dans nos soci\u00e9t\u00e9s survolt\u00e9es, n\u2019est-il pas pr\u00e9cis\u00e9ment li\u00e9 au temps&nbsp;? Celui de produire un bel objet, celui qu\u2019il faudra pour l\u2019acheter si l\u2019on ne dispose pas d\u2019un compte en banque illimit\u00e9 et celui que l\u2019on prendra pour le contempler et le savourer ici-bas en songeant, peut-\u00eatre, aux enfants qui en profiteront plus tard. Et m\u00eame de plus en plus tard, si l\u2019on en croit cette nouvelle industrie qui s\u2019affirme dans le cr\u00e9neau&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les pharmas s\u2019emparent du luxe, non seulement avec des cr\u00e8mes sophistiqu\u00e9es, mais aussi le botox et la chirurgie, toute une technologie visant \u00e0 booster la beaut\u00e9, \u00e0 freiner le vieillissement et accro\u00eetre la performance&nbsp;\u00bb, d\u00e9crit Felicitas Morhart.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Le silence et le temps<\/h5>\n\n\n\n<p>Encore une affaire de contexte&nbsp;: le temps dilat\u00e9 et le silence sont des valeurs inestimables dans un monde bruyant et press\u00e9. Le luxe se pare alors de spiritualit\u00e9, de z\u00e9nitude d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9e, il devient une sorte de qu\u00eate de soi loin de la foule d\u00e9cha\u00een\u00e9e. En ce sens, ce secteur si particulier peut \u00ab&nbsp;inspirer d\u2019autres industries et les aider \u00e0 mettre en avant des valeurs plus authentiques et durables&nbsp;\u00bb, conclut la professeure.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A la Facult\u00e9 des HEC, Felicitas Morhart poursuit une r\u00e9flexion sur l&rsquo;avenir et la r\u00e9alit\u00e9 du luxe dans notre soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"author":1002082,"featured_media":2002,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_uag_custom_page_level_css":"","footnotes":""},"categories":[101,103,113,9,110],"tags":[],"class_list":{"0":"post-1952","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-culture","8":"category-economie","9":"category-enseignement","10":"category-recherche","11":"category-societe"},"uagb_featured_image_src":{"full":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/03\/felicitas_morhart-6096.jpg",1200,798,false],"thumbnail":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/03\/felicitas_morhart-6096-150x150.jpg",150,150,true],"medium":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/03\/felicitas_morhart-6096-300x200.jpg",300,200,true],"medium_large":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/03\/felicitas_morhart-6096-768x511.jpg",580,386,true],"large":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/03\/felicitas_morhart-6096-1024x681.jpg",580,386,true],"1536x1536":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/03\/felicitas_morhart-6096.jpg",1200,798,false],"2048x2048":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/03\/felicitas_morhart-6096.jpg",1200,798,false],"post-thumbnail":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/03\/felicitas_morhart-6096.jpg",1200,798,false],"chaplin_preview_image_low_resolution":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/03\/felicitas_morhart-6096-540x359.jpg",540,359,true],"chaplin_preview_image_high_resolution":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/03\/felicitas_morhart-6096-1080x718.jpg",1080,718,true],"chaplin_fullscreen":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/03\/felicitas_morhart-6096.jpg",1200,798,false],"gform-image-choice-sm":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/03\/felicitas_morhart-6096.jpg",300,200,false],"gform-image-choice-md":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/03\/felicitas_morhart-6096.jpg",400,266,false],"gform-image-choice-lg":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/03\/felicitas_morhart-6096.jpg",600,399,false],"mailpoet_newsletter_max":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2021\/03\/felicitas_morhart-6096.jpg",1200,798,false]},"uagb_author_info":{"display_name":"Nadine Richon Salzmann","author_link":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/author\/nrichon\/"},"uagb_comment_info":0,"uagb_excerpt":"A la Facult\u00e9 des HEC, Felicitas Morhart poursuit une r\u00e9flexion sur l'avenir et la r\u00e9alit\u00e9 du luxe dans notre soci\u00e9t\u00e9.","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1952","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002082"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1952"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1952\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9665,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1952\/revisions\/9665"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2002"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1952"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1952"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1952"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}