{"id":14539,"date":"2026-05-13T10:00:26","date_gmt":"2026-05-13T08:00:26","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/?p=14539"},"modified":"2026-05-18T14:03:01","modified_gmt":"2026-05-18T12:03:01","slug":"un-projet-national-pour-optimiser-la-prise-en-charge-des-enfants-atteints-dun-cancer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/un-projet-national-pour-optimiser-la-prise-en-charge-des-enfants-atteints-dun-cancer\/","title":{"rendered":"Un projet national pour optimiser la prise en charge des enfants atteints d\u2019un cancer\u00a0"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Pour la premi\u00e8re fois, une initiative d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la sant\u00e9 des enfants acc\u00e8de au statut de P\u00f4le de recherche national. Un levier n\u00e9cessaire pour r\u00e9pondre \u00e0 une urgence dont les enjeux d\u00e9passent le cadre hospitalier, estime Raffaele Renella, codirecteur du projet Children &amp; Cancer et professeur associ\u00e9 \u00e0 la Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine de l\u2019Unil.&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Quand un enfant est malade, toute une famille est impact\u00e9e\u00a0: ce sont des parents, des fr\u00e8res et des s\u0153urs qui ne vont plus au travail ou \u00e0 l\u2019\u00e9cole pendant un certain temps. Ce sont aussi des classes dans lesquelles il y a un copain qui est touch\u00e9. Donc s\u2019occuper de cet enfant-l\u00e0 revient \u00e0 s\u2019occuper de nous toutes et tous \u00bb, souligne Raffaele Renella,\u00a0responsable de l&rsquo;unit\u00e9 d&rsquo;h\u00e9matologie-oncologie p\u00e9diatrique du CHUV\u00a0et professeur associ\u00e9 \u00e0 la Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine de l\u2019Unil. Cette mission est au c\u0153ur du projet Children &amp; Cancer, d\u00e9sign\u00e9 en janvier comme <a href=\"https:\/\/www.sbfi.admin.ch\/fr\/poles-de-recherche-nationaux-prn\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.sbfi.admin.ch\/fr\/poles-de-recherche-nationaux-prn\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">l&rsquo;un des six nouveaux P\u00f4les de recherche nationaux<\/a> par la Conf\u00e9d\u00e9ration suisse.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Pour la premi\u00e8re fois de son histoire, ce statut est attribu\u00e9 \u00e0 un projet consacr\u00e9 \u00e0 la sant\u00e9 des enfants, garantissant ainsi son financement pour les 12 prochaines ann\u00e9es. R\u00e9unissant 32 groupes de recherche et d\u00e9velopp\u00e9 en partenariat avec l\u2019Universit\u00e9 de Zurich, ce programme a pour objectif d\u2019optimiser le diagnostic, le traitement et le suivi du cancer p\u00e9diatrique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>R\u00e9pondre \u00e0 une urgence&nbsp;<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Pour Raffaele Renella, qui codirige le projet aux c\u00f4t\u00e9s de Jean-Pierre Bourquin, chef du service d\u2019oncologie \u00e0 l\u2019H\u00f4pital p\u00e9diatrique de Zurich, ce mandat offre la possibilit\u00e9 de r\u00e9pondre \u00e0 un besoin urgent. \u00ab Il nous permet d\u2019organiser et de f\u00e9d\u00e9rer la recherche sur le sujet, afin de maintenir notre position au niveau international et de garder nos liens avec les pays qui d\u00e9veloppent les diff\u00e9rents traitements. Sans cela, les enfants suisses n\u2019auraient plus acc\u00e8s \u00e0 ces innovations \u00e0 terme.&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>&nbsp;\u00abOn n\u2019imagine pas qu\u2019un enfant puisse avoir un cancer. Quand les parents remarquent que leur enfant va mal, ce n\u2019est pas la premi\u00e8re chose qui leur vient \u00e0 l\u2019esprit. \u00bb<\/p>\n<cite><strong>Raffaele Renella, codirecteur du projet Children &amp; Cancer <\/strong><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Selon le&nbsp;<a href=\"https:\/\/spog.ch\/fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Groupe d\u2019oncologie p\u00e9diatrique suisse<\/a>, environ 350 nouveaux cas de cancer sont recens\u00e9s chaque ann\u00e9e chez les enfants et adolescents en Suisse, avec un taux de survie sup\u00e9rieur \u00e0 80%. Cependant, m\u00eame gu\u00e9rie, la maladie peut laisser des traces. \u00ab&nbsp;Apr\u00e8s leur traitement, plus de la moiti\u00e9 des patients ont des effets secondaires importants, pour lesquels il y aura besoin de suivi \u00e0 vie.&nbsp;\u00bb&nbsp;Les personnes gu\u00e9ries peuvent notamment \u00eatre confront\u00e9es \u00e0 l\u2019infertilit\u00e9, \u00e0 des troubles de la croissance et de l\u2019apprentissage, \u00e0 des s\u00e9quelles psychologiques ou encore d\u00e9velopper des maladies cardiaques ou pulmonaires, voire un second cancer \u00e0 la suite des traitements.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019enfant, un patient pas comme les autres<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Pour contrer ce ph\u00e9nom\u00e8ne, l\u2019\u00e9quipe de Children &amp; Cancer&nbsp;souhaite, en plus de la mise en \u0153uvre de projets de recherche fondamentale sp\u00e9cifiques \u00e0 ces maladies, faciliter l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des diagnostics ultrapr\u00e9cis, et ceci tr\u00e8s t\u00f4t dans le parcours m\u00e9dical. Une \u00e9tape cl\u00e9, qui est notamment frein\u00e9e par la perception des maladies infantiles dans l\u2019imaginaire collectif. \u00ab&nbsp;On n\u2019imagine pas qu\u2019un enfant puisse avoir un cancer. Quand les parents remarquent que leur enfant va mal, ce n\u2019est pas la premi\u00e8re chose qui leur vient \u00e0 l\u2019esprit. Ils pensent d\u2019abord \u00e0 des maladies banales et certes fr\u00e9quentes, comme un rhume ou une grippe. \u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-background-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Cancers de l\u2019adulte et de l\u2019enfant&nbsp;: des causes distinctes<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Bien qu\u2019ils portent le m\u00eame nom, les cancers de l\u2019adulte et de l\u2019enfant sont en r\u00e9alit\u00e9 deux maladies biologiquement tr\u00e8s diff\u00e9rentes. \u00ab&nbsp;Chez l\u2019adulte, ils sont principalement caus\u00e9s par l\u2019exposition \u00e0 l\u2019environnement et \u00e0 des&nbsp;agents toxiques, tels que la fum\u00e9e, l\u2019alcool ou les rayons UV. Il y a aussi les hormones ou le vieillissement, ce dernier constituant la cause principale \u00bb, explique le sp\u00e9cialiste. Chez l\u2019enfant, les origines sont tout autres&nbsp;: les cancers sont le plus souvent li\u00e9s \u00e0 des perturbations du d\u00e9veloppement normal. \u00ab&nbsp;D\u00e9j\u00e0 dans l\u2019embryon, nos tissus grandissent \u00e9norm\u00e9ment. Certaines de leurs parties peuvent continuer de grandir et conserver des propri\u00e9t\u00e9s qui ressemblent au cancer : elles sont aptes \u00e0 se diviser, se transformer dans des tissues divers et rester immortelles. Si \u00e0 cela se rajoutent des propri\u00e9t\u00e9s anormales, cela va nuire \u00e0 l\u2019individu.&nbsp;\u00bb Les cancers p\u00e9diatriques les plus fr\u00e9quents sont les leuc\u00e9mies, les lymphomes et les tumeurs c\u00e9r\u00e9brales et de la moelle \u00e9pini\u00e8re.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les m\u00e9canismes \u00e9tant diff\u00e9rents de ceux observ\u00e9s chez l\u2019adulte, la recherche ne peut pas \u00eatre identique et les traitements doivent eux aussi \u00eatre adapt\u00e9s. \u00ab&nbsp;Il faut \u00e9galement tenir compte de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 sp\u00e9cifique de l\u2019enfant. Les traitements, parfois incisifs, utilis\u00e9s avec les adultes peuvent \u00eatre extr\u00eamement d\u00e9l\u00e9t\u00e8res sur un individu en pleine croissance et lui laisser des s\u00e9quelles \u00e0 vie.&nbsp;\u00c0 un enfant trait\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 4 ans nous devons pouvoir offrir au moins 70 ans de qualit\u00e9 de vie. \u00bb<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>La taille et la fragilit\u00e9 des jeunes patients, en pleine croissance, compliquent \u00e9galement ce processus. \u00ab&nbsp;Pour faire un diagnostic mol\u00e9culaire, il faut prendre un bout<em>&nbsp;<\/em>de<em>&nbsp;l\u2019ennemi<\/em>, en pr\u00e9levant du tissu atteint. Chez un petit enfant, ces proc\u00e9dures sont compliqu\u00e9es et peuvent \u00eatre risqu\u00e9es.&nbsp;Imaginez prendre une partie d\u2019une tumeur situ\u00e9e dans le cerveau d\u2019un nourrisson. \u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Des traitements mieux adapt\u00e9s<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Autre ambition du programme : d\u00e9velopper des traitements plus personnalis\u00e9s et moins toxiques, surtout \u00e0 long terme. \u00ab&nbsp;La radioth\u00e9rapie ou la chimioth\u00e9rapie d\u00e9truisent toutes les cellules qui prolif\u00e8rent, qu\u2019elles soient saines ou malades, d\u00e9taille le m\u00e9decin. En tuant les cellules saines d\u2019un enfant en d\u00e9veloppement, on alt\u00e8re sa croissance et on le change \u00e0 tout jamais, parfois de mani\u00e8re irr\u00e9versible. Nous souhaitons proposer de nouvelles approches, plus pr\u00e9cises et qui ciblent les m\u00e9canismes sp\u00e9cifiques qui sont les causes de ces cancers.&nbsp;\u00bb Les recherches s\u2019orientent notamment vers des traitements consistant \u00e0 mobiliser et orienter les cellules du syst\u00e8me immunitaire, soit les d\u00e9fenses naturelles du corps, pour combattre la maladie.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exp\u00e9rience des patients et de leur famille d\u00e9pend toutefois d\u2019un autre facteur d\u00e9terminant : les ressources disponibles. \u00ab&nbsp;Actuellement, il y a des in\u00e9galit\u00e9s d\u2019acc\u00e8s aux traitements les plus sophistiqu\u00e9s en fonction des r\u00e9gions. Avec ce projet, il y aura la possibilit\u00e9 pour les familles, o\u00f9 qu\u2019elles soient en Suisse, d\u2019acc\u00e9der \u00e0 des diagnostics et potentiellement \u00e0 des traitements pr\u00e9cis.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un mandat citoyen&nbsp;<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Pour atteindre ces objectifs, le projet rassemble des expertes et experts issus de l\u2019oncologie p\u00e9diatrique, de la biologie du d\u00e9veloppement, de la recherche contre le cancer, mais aussi de l\u2019intelligence artificielle, des soins, de la science des donn\u00e9es ou encore de la communication. \u00ab&nbsp;Chacun apporte une pi\u00e8ce essentielle au puzzle, r\u00e9sume Raffaele Renella. Nous travaillerons aussi avec des patients-partenaires, qui partageront leur exp\u00e9rience et nous aideront \u00e0 mieux comprendre la r\u00e9alit\u00e9 du cancer de l\u2019enfant. Car si on fait ce projet, c\u2019est avant tout pour les enfants et leur famille.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-background-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>La cellule comme objet de recherche<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0En Suisse, environ 80% des enfants atteints d\u2019un cancer gu\u00e9rissent. Les 20% restants sont la raison pour laquelle je me l\u00e8ve tous les matins \u00bb, confie Raffaele Renella. Cette motivation guide depuis de nombreuses ann\u00e9es les travaux du sp\u00e9cialiste, qui a d\u00e9but\u00e9 en 2001 comme m\u00e9decin-assistant en p\u00e9diatrie au CHUV, et qui est parti dix ans \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pour se former. \u00ab\u00a0J\u2019ai entrepris des \u00e9tudes en m\u00e9decine car la complexit\u00e9 de l\u2019\u00eatre humain m\u2019int\u00e9ressait. Lorsque j\u2019ai fait mes premiers stages en p\u00e9diatrie, je me suis tout de suite senti \u00e0 ma place.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat scientifique principal du responsable du site UNIL-CHUV porte sur la biologie du d\u00e9veloppement. \u00ab&nbsp;La machine qui me fascine, c\u2019est la cellule. Je m\u2019int\u00e9resse \u00e0 la mani\u00e8re dont la plus petite unit\u00e9 fonctionnelle du corps humain \u00e9volue et comment, lorsque \u00e7a va mal, elle cr\u00e9e des maladies.&nbsp;\u00bb Ses recherches se concentrent notamment sur l\u2019am\u00e9lioration des diagnostics mol\u00e9culaires, ainsi que sur le fonctionnement des cellules qui pr\u00e9disposent aux cancers, comme dans le cas de la my\u00e9lodysplasie, une anomalie de la moelle osseuse pouvant \u00e9voluer en leuc\u00e9mie.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Une approche collective et pluriprofessionnelle qui s\u2019accompagne d\u2019une ambition \u00e0 long terme. \u00ab&nbsp;Nous voulons vraiment cr\u00e9er une communaut\u00e9 d\u00e9di\u00e9e \u00e0 cette cause et former la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de chercheurs et chercheuses. C\u2019est l\u2019un des grands d\u00e9fis de ce projet.&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Children &amp; Cancer&nbsp;a officiellement \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 le 1<sup>er<\/sup>&nbsp;mai dernier. Parall\u00e8lement, l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne collabore avec l\u2019ETH Zurich sur le projet&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/origines-de-la-vie-quand-les-geosciences-la-physique-la-biologie-et-la-chimie-convergent\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Genesis<\/a>, lui aussi reconnu comme P\u00f4le de recherche national.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une initiative d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la sant\u00e9 des enfants acc\u00e8de au statut de P\u00f4le de recherche national. 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