{"id":14166,"date":"2026-03-25T10:22:50","date_gmt":"2026-03-25T09:22:50","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/?p=14166"},"modified":"2026-04-07T11:06:25","modified_gmt":"2026-04-07T09:06:25","slug":"origines-de-la-vie-quand-les-geosciences-la-physique-la-biologie-et-la-chimie-convergent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/origines-de-la-vie-quand-les-geosciences-la-physique-la-biologie-et-la-chimie-convergent\/","title":{"rendered":"Origines de la vie\u00a0: quand les g\u00e9osciences, la physique, la biologie et la chimie convergent\u00a0"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Le projet Genesis, fruit d\u2019une collaboration entre l\u2019Unil et l\u2019ETH Zurich et r\u00e9cemment reconnu comme un P\u00f4le de recherche national, lance une importante \u00e9tude pluridisciplinaire sur l\u2019\u00e9mergence de la vie. Une premi\u00e8re en Suisse. Rencontre avec Johanna Marin Carbonne, professeure \u00e0 l\u2019Institut des sciences de la Terre de l\u2019Unil et codirectrice de ce projet d\u2019envergure.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Les philosophes grecs s\u2019interrogeaient d\u00e9j\u00e0 sur les origines de la vie et on est encore loin d\u2019avoir la moindre r\u00e9ponse. C\u2019est l\u2019une des plus grandes questions que l\u2019on puisse se poser&nbsp;\u00bb, estime Johanna Marin Carbonne, professeure \u00e0 l\u2019Institut des sciences de la Terre de l\u2019Unil. Un myst\u00e8re mill\u00e9naire auquel le projet Genesis entend apporter des \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse. Son nom, issu du grec ancien et signifiant \u00ab&nbsp;naissance&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;commencement&nbsp;\u00bb, refl\u00e8te ainsi pleinement l\u2019objet de ces recherches.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Un terme qui r\u00e9sonne depuis plusieurs mois dans les couloirs de la Facult\u00e9 des g\u00e9osciences et de l\u2019environnement de l\u2019Unil, dans ceux de l\u2019ETH Zurich, et bien au-del\u00e0. Pilot\u00e9 par ces deux institutions, le projet fait d\u00e9sormais partie des six nouveaux P\u00f4les de recherche nationaux, d\u00e9sign\u00e9s en janvier dernier par le Conseil f\u00e9d\u00e9ral. Son financement est ainsi assur\u00e9 pour les 12 prochaines ann\u00e9es.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00c0 la crois\u00e9e de plusieurs sciences<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Sans ce soutien, Genesis, qui compte 23 projets de recherche et r\u00e9unit une centaine de personnes, n\u2019aurait pas pu voir le jour. \u00ab&nbsp;Il est impossible de financer un tel projet autrement, car il est beaucoup trop exploratoire, explique la g\u00e9ologue, qui codirige l\u2019\u00e9tude aux c\u00f4t\u00e9s de Didier Queloz, physicien \u00e0 l\u2019ETH Zurich et laur\u00e9at du Prix Nobel. Il regroupe des personnes d\u2019institutions diff\u00e9rentes, de disciplines diff\u00e9rentes, qui parfois ne sont pas sp\u00e9cialistes des origines de la vie, mais sont toutes des experts et expertes reconnus dans leur domaine.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-background-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>P\u00f4le de recherche national<\/strong> : un outil d&rsquo;encouragement <\/h5>\n\n\n\n<p>Un soutien financier de plusieurs millions de francs et une visibilit\u00e9 internationale&nbsp;: les P\u00f4les de recherche nationaux (PRN), d\u00e9crits <a href=\"https:\/\/www.sbfi.admin.ch\/fr\/poles-de-recherche-nationaux-prn\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.sbfi.admin.ch\/fr\/poles-de-recherche-nationaux-prn\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">par la Conf\u00e9d\u00e9ration suisse<\/a> comme des instruments d\u2019encouragement, pr\u00e9sentent de nombreux atouts.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour y acc\u00e9der, les chercheurs et chercheuses doivent r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019appel \u00e0 propositions lanc\u00e9 environ tous les cinq ans par le Fonds national suisse (FNS), sous mandat du Sefri. Les projets s\u00e9lectionn\u00e9s sont financ\u00e9s par la Conf\u00e9d\u00e9ration, qui alloue \u00e0 chaque PRN un soutien maximal de cinq millions de francs par an, ainsi que par les institutions participantes, par les contributions de l\u2019\u00e9conomie et par les fonds de tiers des groupes de recherche.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette ann\u00e9e, six projets ont \u00e9t\u00e9 retenus, dont deux auxquels participe l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne. Outre Genesis, l\u2019Unil collabore avec l\u2019Universit\u00e9 de Zurich sur <a href=\"https:\/\/www.unil.ch\/news\/fr\/1769761083503\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.unil.ch\/news\/fr\/1769761083503\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">le projet&nbsp;\u00ab&nbsp;Children &amp; Cancer&nbsp;\u00bb<\/a>, portant sur l\u2019optimisation du traitement des enfants atteints d\u2019un cancer.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Cette pluridisciplinarit\u00e9, associ\u00e9e \u00e0 une importante dimension collaborative, constitue l\u2019aspect novateur du projet. \u00ab&nbsp;Dans certains pays, il existe des centres d\u2019astrobiologie, de g\u00e9obiologie ou encore des institutions comme la NASA, dot\u00e9s de structures et d\u2019une communaut\u00e9 d\u00e9j\u00e0 organis\u00e9e autour de ces th\u00e9matiques. Nous avons l\u2019\u00e9norme chance de pouvoir d\u00e9velopper une nouvelle science en Suisse.&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Un partage de comp\u00e9tences <\/h5>\n\n\n\n<p>Parmi la centaine de participants et participantes figurent des chimistes, des physiciens et physiciennes, des astronomes, des biologistes et des g\u00e9ologues. Johanna Marin Carbonne collabore notamment avec Allison Daley (\u00e0 gauche de la photo), pal\u00e9ontologue et professeure \u00e0 l\u2019Institut des sciences de la Terre de l\u2019Unil. \u00ab\u00a0Nous avons \u00e9galement r\u00e9ussi \u00e0 int\u00e9grer des personnes qui n\u2019ont jamais travaill\u00e9 sur ces questions, comme des sp\u00e9cialistes de la mod\u00e9lisation du climat ou de la physique des plasmas. Gr\u00e2ce au partage de toutes ces comp\u00e9tences, nous tentons d\u2019apporter un regard nouveau sur les origines de la vie.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab On ne peut jamais \u00eatre persuad\u00e9 de trouver les r\u00e9ponses que l\u2019on cherche. Mais ce que nous construisons aujourd\u2019hui sera peut-\u00eatre utile dans 30 ou 50 ans. \u00bb<\/p>\n<cite>Johanna Marin Carbonne, codirectrice de Genesis<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Autre aspect innovant&nbsp;: une partie des travaux sera men\u00e9e dans des lacs de montagne suisses, afin de mieux comprendre certains processus qui se produisent notamment dans les oc\u00e9ans. \u00ab&nbsp;Ce sont des milieux relativement confin\u00e9s, que nous pouvons utiliser comme des analogues, d\u00e9veloppe la chercheuse. Ces lacs constituent des \u00e9chelles interm\u00e9diaires entre celle de la plan\u00e8te et celle du laboratoire.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Pour les scientifiques de demain&nbsp;<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 des avanc\u00e9es scientifiques, le projet entend \u00e9galement contribuer \u00e0 la formation de la rel\u00e8ve acad\u00e9mique. Pr\u00e8s de 30 doctorants et doctorantes prendront part aux recherches. \u00c0 plus long terme, l\u2019\u00e9quipe de Genesis ambitionne de cr\u00e9er un nouveau programme de master enti\u00e8rement d\u00e9di\u00e9 \u00e0 cette th\u00e9matique, afin de former les \u00e9tudiants et \u00e9tudiantes aux sciences de la Terre, \u00e0 la chimie, \u00e0 la biologie et \u00e0 la physique, de mani\u00e8re int\u00e9gr\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-background-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Lorsque les roches racontent l\u2019Histoire<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Les roches ont plein de choses \u00e0 nous dire, mais il faut savoir les lire, les \u00e9couter et les comprendre&nbsp;\u00bb, explique Johanna Marin Carbonne. Un savoir que poss\u00e8de la g\u00e9ologue, dont les travaux actuels portent sur les stromatolithes, des roches form\u00e9es par des micro-organismes. \u00ab&nbsp;Ces recherches ne concernent pas directement l\u2019origine de la vie,&nbsp;mais consistent tout de m\u00eame \u00e0 trouver des biosignatures&nbsp;\u00bb, soit des preuves scientifiques sugg\u00e9rant une vie pass\u00e9e ou pr\u00e9sente.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans en \u00eatre l\u2019objet direct, l\u2019\u00e9mergence de la vie traverse les travaux de la professeure depuis sa th\u00e8se, consacr\u00e9e aux conditions environnementales du Pr\u00e9cambrien, soit les temps les plus anciens de l\u2019histoire de la Terre. \u00ab&nbsp;S\u2019int\u00e9resser \u00e0 cette th\u00e9matique nous permet de r\u00eaver, t\u00e9moigne la chercheuse. Lorsqu\u2019on travaille sur la Terre primitive, on \u00e9tudie une plan\u00e8te qui n\u2019est plus celle que l\u2019on conna\u00eet, avec beaucoup moins de g\u00e9odynamique, moins de continents, beaucoup d\u2019eau et une autre composition de l\u2019atmosph\u00e8re.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, les roches sont les pr\u00e9cieux t\u00e9moins d\u2019un temps r\u00e9volu. \u00ab&nbsp;Elles nous permettent de remonter \u00e0 leurs environnements initiaux et de reconstituer leur histoire.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Avec la construction d\u2019un centre consacr\u00e9 \u00e0 la question, le projet se veut p\u00e9renne. \u00ab&nbsp;On ne peut jamais \u00eatre persuad\u00e9 de trouver les r\u00e9ponses que l\u2019on cherche. Mais ce que nous construisons aujourd\u2019hui sera peut-\u00eatre utile dans 30 ou 50 ans, ajoute Johanna Marin Carbonne. Nous travaillons aussi en pensant aux g\u00e9n\u00e9rations futures&nbsp;: c\u2019est ainsi que la science \u00e9volue.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le projet Genesis sera officiellement lanc\u00e9 le 1<sup>er<\/sup>&nbsp;mai, et son inauguration se tiendra les 22 et 23 juin \u00e0 Zurich.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le projet Genesis, r\u00e9cemment reconnu comme un P\u00f4le de recherche national, \u00e9tudie l\u2019\u00e9mergence de la vie. 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