{"id":13457,"date":"2025-09-24T11:43:09","date_gmt":"2025-09-24T09:43:09","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/?p=13457"},"modified":"2025-11-19T10:20:14","modified_gmt":"2025-11-19T09:20:14","slug":"lorigine-dune-revolution-quand-ladn-a-change-lhistoire-du-crime","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/lorigine-dune-revolution-quand-ladn-a-change-lhistoire-du-crime\/","title":{"rendered":"L\u2019origine d\u2019une r\u00e9volution\u00a0: quand l\u2019ADN a chang\u00e9 l\u2019histoire du crime"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Pionnier de la g\u00e9n\u00e9tique forensique, Peter Gill a r\u00e9alis\u00e9 dans les ann\u00e9es 1980 la premi\u00e8re d\u00e9monstration du profilage ADN appliqu\u00e9 \u00e0 la justice. Une avanc\u00e9e qui a depuis permis de r\u00e9soudre des milliers d\u2019affaires criminelles. Aujourd\u2019hui professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Oslo, il a longtemps travaill\u00e9 au Forensic Science Service au Royaume-Uni. Le 18 septembre, il \u00e9tait \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne pour une conf\u00e9rence. Rencontre.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Qu\u2019est-ce que la g\u00e9n\u00e9tique forensique&nbsp;?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Peter Gill\u00a0:<\/strong> La g\u00e9n\u00e9tique forensique est l\u2019\u00e9tude de l\u2019ADN en relation avec les sciences forensiques. Une grande partie de notre travail consiste \u00e0 retrouver l\u2019ADN sur les sc\u00e8nes de crime, \u00e0 d\u00e9terminer les meilleures m\u00e9thodes pour le collecter et aussi \u00e0 savoir interpr\u00e9ter les preuves. Elle inclut aussi le travail autour de la base nationale de donn\u00e9es ADN.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Vous avez particip\u00e9 en 1985 \u00e0 la premi\u00e8re d\u00e9monstration qu\u2019il \u00e9tait possible d\u2019obtenir de l\u2019ADN \u00e0 partir de traces r\u00e9colt\u00e9es sur divers lieux. Pouvez-vous expliquer un peu comment cela s\u2019est pass\u00e9&nbsp;?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ticien Alec Jeffreys a publi\u00e9 <a href=\"https:\/\/www.nature.com\/articles\/316076a0\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">son premier article<\/a> en 1985, montrant que certaines s\u00e9quences r\u00e9p\u00e9t\u00e9es de l\u2019ADN humain, appel\u00e9es minisatellites, peuvent \u00eatre utilis\u00e9es comme des \u00ab&nbsp;empreintes g\u00e9n\u00e9tiques&nbsp;\u00bb uniques pour chaque individu. C\u2019\u00e9tait encore th\u00e9orique et tous ses travaux portaient sur de l\u2019ADN frais. Nous n\u2019avions aucune id\u00e9e si cela fonctionnerait sur des \u00e9chantillons anciens. J\u2019ai alors commenc\u00e9 une collaboration, car je travaillais \u00e0 l\u2019\u00e9poque au Forensic Science Service. J\u2019ai mis au point des m\u00e9thodes d\u2019extraction de l\u2019ADN sur d\u2019anciennes traces de sang, de sperme ou encore sur des racines de cheveux. Nous avons utilis\u00e9 la technique d\u2019Alec Jeffreys et constat\u00e9 que cela fonctionnait.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons aussi d\u00e9velopp\u00e9 une m\u00e9thode permettant de s\u00e9parer l&rsquo;ADN masculin (spermatozo\u00efdes) de l&rsquo;ADN f\u00e9minin (s\u00e9cr\u00e9tions vaginales), comme on en trouve dans les affaires de viol lorsqu&rsquo;on proc\u00e8de \u00e0 un frottis vaginal. <em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Un an plus tard, en 1986, a eu lieu la premi\u00e8re affaire utilisant cette technique pour contribuer \u00e0 d\u00e9masquer un assassin et violeur&nbsp;: Colin Pitchfork.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-accent-background-color has-background is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p class=\"has-buttons-text-color has-text-color has-link-color wp-elements-9cfa2715afece9ae5360796b310e6e3f\"><strong>L\u2019affaire Colin Pitchfork<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-buttons-text-color has-text-color has-link-color wp-elements-9c043d3f5ff5e6d8206206712b7d1a46\">Au milieu des ann\u00e9es 1980, deux adolescentes de 15 ans, Lynda Mann et Dawn Ashworth, furent retrouv\u00e9es assassin\u00e9es dans le Leicestershire, en Angleterre, \u00e0 quelques ann\u00e9es d\u2019intervalle. Les deux crimes pr\u00e9sentaient des similitudes troublantes, notamment la nature sexuelle des agressions et la violence inflig\u00e9e aux victimes. Les enqu\u00eateurs ne disposaient que de deux indices majeurs&nbsp;: des traces de sperme retrouv\u00e9es sur le corps des victimes, et l\u2019hypoth\u00e8se que, puisque le crime avait \u00e9t\u00e9 commis sur un petit sentier isol\u00e9, le meurtrier connaissait probablement bien les environs. Cette hypoth\u00e8se conduisit la police \u00e0 penser que l\u2019auteur appartenait \u00e0 l\u2019un des trois villages voisins, ce qui r\u00e9duisait le champ des recherches \u00e0 approximativement 5000 hommes.<strong><\/strong><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<p><strong><em>Pouvez-vous raconter comment s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e cette affaire&nbsp;?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le suspect que la police soup\u00e7onnait a \u00e9t\u00e9 innocent\u00e9, car son profil ADN ne correspondait pas aux traces retrouv\u00e9es sur les deux jeunes filles assassin\u00e9es. \u00c0 partir de l\u00e0, une enqu\u00eate de grande envergure a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e aupr\u00e8s des 5000 individus. Tous ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 fournir un \u00e9chantillon de sang. Mais aucune correspondance n\u2019a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e avec les traces de la sc\u00e8ne de crime. La raison \u00e9tait que le v\u00e9ritable auteur, Colin Pitchfork, avait convaincu un coll\u00e8gue de donner son sang \u00e0 sa place, muni de faux papiers. Un an plus tard, la supercherie a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte, car le coll\u00e8gue en question se vantait dans un bar d\u2019avoir donn\u00e9 son sang \u00e0 sa place. En 1987, Colin Pitchfork a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9, et l\u2019analyse ADN de son \u00e9chantillon de r\u00e9f\u00e9rence a montr\u00e9 une correspondance parfaite. Ce fut la toute premi\u00e8re affaire r\u00e9solue gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019ADN.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Comment les choses ont-elles \u00e9volu\u00e9 depuis&nbsp;?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, c\u2019est une m\u00e9thode standard dans le monde entier. Des millions d\u2019affaires ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9es, non pas avec la technique initiale, mais avec son \u00e9volution. Nous disposons aussi de bases nationales de donn\u00e9es ADN, ce qui facilite beaucoup les enqu\u00eates.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est aussi beaucoup plus rapide. En 1985, il fallait environ deux semaines pour obtenir un r\u00e9sultat, alors qu\u2019aujourd\u2019hui cela prend seulement quelques heures.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>C\u2019est effectivement une grande diff\u00e9rence. Pourquoi cela prenait-il autant de temps&nbsp;?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Parce que nous devions tout fabriquer nous-m\u00eames, y compris certains \u00e9quipements. La technique \u00e9tait tr\u00e8s lente&nbsp;: il fallait s\u00e9parer l\u2019ADN sur un gel, puis le transf\u00e9rer sur une membrane. Ensuite, cette membrane \u00e9tait mise en contact avec un autoradiogramme, une sorte de plaque radiographique. Comme nous utilisions de la radioactivit\u00e9, il fallait parfois attendre une semaine ou plus pour que le signal se transf\u00e8re \u00e0 la plaque. On d\u00e9veloppait ensuite l\u2019image en chambre noire afin d\u2019obtenir les profils ADN.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui il n\u2019y a plus de radioactivit\u00e9. Les fragments d\u2019ADN portent un colorant fluorescent et on utilise des lasers pour d\u00e9tecter ce colorant, ce qui rend le processus beaucoup plus rapide et direct.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Quels sont les d\u00e9fis d\u2019aujourd\u2019hui&nbsp;?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le principal d\u00e9fi est que nous travaillons d\u00e9sormais avec des quantit\u00e9s extr\u00eamement petites d\u2019ADN. Dans les ann\u00e9es 1980, il fallait une tache de sang de deux centim\u00e8tres de diam\u00e8tre pour obtenir un r\u00e9sultat. Aujourd\u2019hui, quelques mol\u00e9cules suffisent \u2013 parfois m\u00eame une seule. Mais cela entra\u00eene des difficult\u00e9s. Ces \u00e9chantillons \u00e0 tr\u00e8s faible teneur sont fragiles&nbsp;: le profil ADN peut \u00eatre incomplet, certaines parties manquantes. Souvent, ce sont aussi des m\u00e9langes d\u2019ADN de plusieurs personnes. Il devient alors difficile de distinguer les contributeurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9fi actuel est ce que nous appelons le \u00ab&nbsp;niveau d\u2019activit\u00e9&nbsp;\u00bb. Puisqu\u2019on travaille avec de tr\u00e8s petites quantit\u00e9s, la question devient&nbsp;: c<em>omment, pourquoi et quand cet ADN s\u2019est-il retrouv\u00e9 l\u00e0<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>?<\/em><em> <\/em>Par exemple, si je touche cette table, mon ADN pourrait encore s\u2019y trouver l\u2019an prochain si personne ne la nettoie. Si un crime est commis dans cette pi\u00e8ce et qu\u2019on y pr\u00e9l\u00e8ve un \u00e9chantillon, on trouvera mon ADN. Mais cela ne signifie pas que j\u2019ai commis le crime. L\u2019un des grands d\u00e9fis est donc de fournir aux tribunaux des informations utiles sur ce niveau d\u2019activit\u00e9. <strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Alors comment faites-vous cela&nbsp;? Croisez-vous les informations&nbsp;?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La question se pose souvent en termes de transfert direct ou secondaire de l\u2019ADN. Si je saisis votre bras, par exemple, on peut se demander&nbsp;: quelle est la probabilit\u00e9 que je transf\u00e8re mon ADN sur votre peau en vous touchant directement&nbsp;? Et quelle est la probabilit\u00e9 que mon ADN arrive sur votre bras si j\u2019ai simplement pos\u00e9 ma main au m\u00eame endroit que votre bras&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>On compare ensuite les r\u00e9sultats de ces deux types de transfert et on \u00e9tablit ce qu\u2019on appelle un rapport de vraisemblance. Nous essayons donc de tout convertir en chiffres pour donner une id\u00e9e de la force des r\u00e9sultats.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-group has-light-background-background-color has-background is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Nous devons apprendre \u00e0 g\u00e9rer l\u2019incertitude&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne, les questions de l\u2019interpr\u00e9tation des r\u00e9sultats forensiques sont \u00e9tudi\u00e9es en profondeur \u00e0 l\u2019\u00c9cole des sciences criminelles. <strong>Tacha Hicks<\/strong>, en charge des programmes de formation en interpr\u00e9tation forensique \u00e0 la Formation continue Unil-EPFL (FCUE) et responsable interpr\u00e9tation \u00e0 l\u2019<a href=\"https:\/\/applicationspub.unil.ch\/interpub\/noauth\/php\/Un\/UnUnite.php?UnId=151&amp;GrpId=432&amp;LanCode=37&amp;menu=equi\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Unit\u00e9 de g\u00e9n\u00e9tique forensique,<\/a> se consacre notamment \u00e0 la valeur des r\u00e9sultats lorsqu&rsquo;il y a des possibilit\u00e9s de transferts l\u00e9gitimes d&rsquo;ADN sur les sc\u00e8nes de crime ou les victimes. \u00ab&nbsp;Des traces d\u2019ADN donnent une impression de certitude dans la r\u00e9solution des cas. On a tendance \u00e0 lui accorder trop de confiance, comme si c\u2019\u00e9tait une v\u00e9rit\u00e9 absolue. Mais il y a toujours de l\u2019incertitude, et nous devons apprendre \u00e0 la g\u00e9rer&nbsp;\u00bb, explique-t-elle.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:35px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer wp-container-content-8af585c5\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00cates-vous d\u2019accord avec Tacha Hicks concernant l\u2019id\u00e9e que la certitude n\u2019existe pas sur une sc\u00e8ne de crime&nbsp;?<\/em><\/strong><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Oui, absolument. C\u2019est pourquoi nous donnons des chiffres&nbsp;: ils indiquent la force des preuves. C\u2019est alors au tribunal de d\u00e9cider, pas aux scientifiques. Notre r\u00f4le est seulement de repr\u00e9senter loyalement la force des r\u00e9sultats forensiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Dans votre livre <\/em>Misleading DNA Evidence<em>, vous montrez \u00e0 quel point les preuves peuvent \u00eatre facilement mal interpr\u00e9t\u00e9es.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Oui. Ce livre a surtout \u00e9t\u00e9 motiv\u00e9 par l\u2019affaire Amanda Knox, dans laquelle j\u2019ai eu une certaine implication.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-buttons-text-color has-accent-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-9a8e6036de80e492641355a678aec7c0 is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p><strong>L\u2019affaire Amanda Knox<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En novembre 2007, \u00e0 P\u00e9rouse, en Italie, Meredith Kercher, une \u00e9tudiante britannique de 21 ans, est retrouv\u00e9e morte dans l\u2019appartement qu\u2019elle partage avec d\u2019autres colocataires. La jeune femme pr\u00e9sente de nombreuses blessures, et les enqu\u00eateurs concluent rapidement \u00e0 un meurtre particuli\u00e8rement violent. L\u2019affaire prend une tournure internationale lorsqu&rsquo;un ADN compatible avec celui d&rsquo;Amanda Knox, une \u00e9tudiante de 20 ans qui vivait dans le m\u00eame appartement, est trouv\u00e9 sur la sc\u00e8ne de crime. Elle devient, avec son petit ami Raffaele Sollecito, rapidement suspecte.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Le probl\u00e8me de cette affaire est que si Amanda vivait l\u00e0, il est logique que son ADN y soit pr\u00e9sent. Trouver son profil ADN ne dit rien sur le <em>comment, pourquoi ou quand<\/em> il s\u2019y est retrouv\u00e9. Dans ce cas, Amanda Knox avait peut-\u00eatre simplement utilis\u00e9 la salle de bain et laiss\u00e9 son ADN sur les surfaces. Quand le sang de la victime s\u2019est ajout\u00e9 par-dessus, les deux ADN se sont retrouv\u00e9s m\u00e9lang\u00e9s. Mais cela ne signifie pas qu\u2019Amanda ait saign\u00e9 ni m\u00eame qu\u2019elle ait \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9e. Le vrai probl\u00e8me de cette affaire est que les enqu\u00eateurs ont cherch\u00e9 \u00e0 faire coller les preuves au crime&nbsp;: c\u2019est ce qu\u2019on appelle le biais de confirmation. C\u2019est pour discuter de ce genre de d\u00e9rives que j\u2019ai \u00e9crit ce livre. <strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Comment l\u2019affaire s\u2019est-elle termin\u00e9e&nbsp;?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Amanda Knox et Raffaele Sollecito ont finalement \u00e9t\u00e9 innocent\u00e9s, ce qui \u00e9tait, selon moi, le bon verdict.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Comment votre carri\u00e8re a-t-elle \u00e9volu\u00e9 depuis vos d\u00e9buts&nbsp;?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Depuis plus de 15, voire 20 ans, je ne travaille plus au laboratoire. Je me consacre enti\u00e8rement au d\u00e9veloppement th\u00e9orique. Aujourd\u2019hui, le plus gros probl\u00e8me, ce n\u2019est pas tant de d\u00e9velopper de nouvelles m\u00e9thodes, car il en appara\u00eet constamment, mais d\u2019apprendre \u00e0 interpr\u00e9ter correctement les r\u00e9sultats, quelle que soit la m\u00e9thode employ\u00e9e. Or l\u2019interpr\u00e9tation reste sous-\u00e9tudi\u00e9e et sous-financ\u00e9e.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Quel est votre lien avec l\u2019\u00c9cole des sciences criminelles de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne&nbsp;?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En ce moment, nous collaborons sur un projet appel\u00e9 <em>React Project,<\/em> qui regroupe 23 laboratoires. Nous y r\u00e9alisons des simulations de transfert d\u2019ADN, puis nous collectons les donn\u00e9es et nous les utilisons pour nourrir nos mod\u00e8les. Li\u00e9 \u00e0 mon implication dans l&rsquo;affaire Amanda Knox, j\u2019ai aussi particip\u00e9 au <a href=\"https:\/\/www.coursera.org\/learn\/challenging-forensic-science\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">MOOC Challenging Forensic Science<\/a> pr\u00e9par\u00e9 par l&rsquo;Unil.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons travaill\u00e9 avec Tacha <em>[Hicks]<\/em> au <em>Forensic Science Service<\/em>, donc cela fait longtemps que nous nous connaissons. Elle m\u2019a invit\u00e9 \u00e0 venir donner une conf\u00e9rence, et je suis tr\u00e8s heureux d\u2019\u00eatre ici \u2013 et de profiter aussi de tr\u00e8s bonnes vacances en Suisse&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-background-background-color has-background is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-group has-light-background-background-color has-background is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p><strong>Pour voir la conf\u00e9rence compl\u00e8te de Peter Gill le 18 septembre \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne&nbsp;:<\/strong><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed aligncenter is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Origins of modern forensic genetics - Conf\u00e9rence publique de l&#039;Ecole des sciences criminelles\" width=\"580\" height=\"326\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/TWwGCF73Lyg?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00ab&nbsp;L\u2019objectif de cette conf\u00e9rence est de donner une id\u00e9e de l\u2019\u00e9volution du profilage ADN depuis ses d\u00e9buts. Ce d\u00e9veloppement a pris beaucoup de temps (pr\u00e8s de 40 ans) et il est toujours en cours. Aujourd\u2019hui, les questions les plus importantes concernent l\u2019interpr\u00e9tation.&nbsp;\u00bb <br><br><em><strong>Peter Gill, professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Oslo et pionnier de la g\u00e9n\u00e9tique forensique<\/strong><\/em><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le pionnier de la g\u00e9n\u00e9tique forensique Peter Gill a parl\u00e9 de profilage ADN appliqu\u00e9 aux sciences criminelles lors de son passage \u00e0 l\u2019Unil.<\/p>\n","protected":false},"author":1002382,"featured_media":13475,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_uag_custom_page_level_css":"","footnotes":""},"categories":[128,23,126],"tags":[241,183,191,144,365],"class_list":{"0":"post-13457","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-criminologie","8":"category-evenements","9":"category-grand-invite","10":"tag-conferences","11":"tag-criminalistique","12":"tag-genetique","13":"tag-histoire","14":"tag-sciences-criminelles"},"uagb_featured_image_src":{"full":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/09\/peter-gill1200.jpg",1200,700,false],"thumbnail":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/09\/peter-gill1200-150x150.jpg",150,150,true],"medium":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/09\/peter-gill1200-300x175.jpg",300,175,true],"medium_large":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/09\/peter-gill1200-768x448.jpg",580,338,true],"large":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/09\/peter-gill1200-1024x597.jpg",580,338,true],"1536x1536":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/09\/peter-gill1200.jpg",1200,700,false],"2048x2048":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/09\/peter-gill1200.jpg",1200,700,false],"post-thumbnail":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/09\/peter-gill1200.jpg",1200,700,false],"chaplin_preview_image_low_resolution":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/09\/peter-gill1200-540x315.jpg",540,315,true],"chaplin_preview_image_high_resolution":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/09\/peter-gill1200-1080x630.jpg",1080,630,true],"chaplin_fullscreen":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/09\/peter-gill1200.jpg",1200,700,false],"gform-image-choice-sm":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/09\/peter-gill1200.jpg",300,175,false],"gform-image-choice-md":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/09\/peter-gill1200.jpg",400,233,false],"gform-image-choice-lg":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/09\/peter-gill1200.jpg",600,350,false],"mailpoet_newsletter_max":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/09\/peter-gill1200.jpg",1200,700,false]},"uagb_author_info":{"display_name":"Marion de Vevey","author_link":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/author\/mdeveve1\/"},"uagb_comment_info":0,"uagb_excerpt":"Le pionnier de la g\u00e9n\u00e9tique forensique Peter Gill a parl\u00e9 de profilage ADN appliqu\u00e9 aux sciences criminelles lors de son passage \u00e0 l\u2019Unil.","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13457","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002382"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13457"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13457\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13517,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13457\/revisions\/13517"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/media\/13475"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13457"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13457"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13457"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}