{"id":12461,"date":"2025-04-28T12:03:45","date_gmt":"2025-04-28T10:03:45","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/?p=12461"},"modified":"2025-06-11T10:21:20","modified_gmt":"2025-06-11T08:21:20","slug":"la-ou-la-robotique-rencontre-lethique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/la-ou-la-robotique-rencontre-lethique\/","title":{"rendered":"L\u00e0 o\u00f9 la robotique rencontre l\u2019\u00e9thique"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Les chercheuses de l\u2019UNIL St\u00e9phanie Perruchoud et Nadja Eggert s\u2019int\u00e9ressent aux robots au sein d\u2019\u00e9tablissements m\u00e9dico-sociaux romands, au croisement de la morale et de la technologie.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un phoque qui s\u2019agite et glousse sur les genoux d\u2019une dame \u00e2g\u00e9e. Des mains qui caressent sa fourrure immacul\u00e9e, des paroles chuchot\u00e9es, des sourires attendris. Paro pla\u00eet. Robot dot\u00e9 d\u2019une intelligence artificielle, il est propos\u00e9 \u00e0 des r\u00e9sidentes et r\u00e9sidents d\u2019EMS. Si les vrais animaux ne sont pas rares au sein des \u00e9tablissements m\u00e9dico-sociaux romands, la robotique s\u2019invite de plus en plus entre leurs murs. Non sans susciter des craintes et des interrogations.<\/p>\n\n\n\n<p>St\u00e9phanie Perruchoud, chercheuse FNS s\u00e9niore et assistante au <a href=\"https:\/\/www.unil.ch\/cire\/fr\/home.html\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.unil.ch\/cire\/home\/menuinst\/formations.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Centre interdisciplinaire de recherche en \u00e9thique (CIRE<\/a><a href=\"https:\/\/www.unil.ch\/cire\/home\/menuinst\/formations.html\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.unil.ch\/cire\/home\/menuinst\/formations.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">)<\/a> de l\u2019UNIL, \u00e9tudie la question depuis quatre ans. \u00ab&nbsp;Qu\u2019implique cette technologie au niveau de la relation de soin&nbsp;? Si la robotique prend davantage de place, va-t-elle se substituer \u00e0 l\u2019humain&nbsp;? Va-t-on y perdre ou, au contraire, y gagner&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Pour sa part, Nadja Eggert, ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche en \u00e9thique \u00e0 la Facult\u00e9 de th\u00e9ologie et de sciences des religions de l\u2019UNIL, directrice du CIRE, a commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019int\u00e9resser au sujet il y a une dizaine d\u2019ann\u00e9es. \u00ab&nbsp;\u00c0 l\u2019\u00e9poque, toute une s\u00e9rie d\u2019objets technologiques apparaissaient dans les institutions.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-background-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>D\u00e9finition<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>La robotique sociale, c\u2019est quoi&nbsp;? \u00ab&nbsp;Elle permet d\u2019entrer en contact avec des personnes ayant des troubles cognitifs, afin de favoriser leurs comp\u00e9tences sociales \u00e0 diff\u00e9rents niveaux, soit au travers de la conversation, soit au travers d&rsquo;une interaction sensible si on pense aux animaux robots comme Paro&nbsp;\u00bb, d\u00e9veloppe St\u00e9phanie Perruchoud, assistante au Centre interdisciplinaire de recherche en \u00e9thique (CIRE) de l\u2019UNIL. La <a href=\"https:\/\/www.leenaards.ch\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.leenaards.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Fondation Leenaards<\/a> et le <a href=\"https:\/\/www.snf.ch\/fr\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.snf.ch\/fr\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Fonds national suisse<\/a> soutiennent l\u2019\u00e9quipe compos\u00e9e de Nadja Eggert, Ralf Jox, St\u00e9phanie Perruchoud et Nicola Banwell dans leurs recherches.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Plus neutre qu\u2019un chat<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Le ressenti des personnes concern\u00e9es et leurs r\u00e9actions envers ces animaux machines sont manifestes. \u00ab&nbsp;Paro peut m\u00eame permettre de r\u00e9tablir un contact qui avait \u00e9t\u00e9 perdu&nbsp;\u00bb, fait remarquer St\u00e9phanie Perruchoud. Des pensionnaires se remettent ainsi \u00e0 parler distinctement, d\u2019autres \u00e0 se lever et \u00e0 vouloir marcher sans d\u00e9ambulateur.<\/p>\n\n\n\n<p>Nadja Eggert ajoute que \u00ab&nbsp;Paro a un effet positif sur les personnes atteintes de troubles cognitifs ou de d\u00e9mence. Il est apaisant. Tous les sens sont mobilis\u00e9s.&nbsp;\u00bb Pour sa part, St\u00e9phanie Perruchoud tient \u00e0 rappeler que \u00ab&nbsp;l\u2019humain a toujours utilis\u00e9 des outils, comme la canne pour le malvoyant. De plus, le robot est un outil neutre qui ne va pas repousser la personne, comme pourrait le faire un vrai chat.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"597\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/nadja_eggert-0654-1024x597.jpg\" alt=\"Pour Nadja Eggert, le robot ne se suffit pas \u00e0 lui-m\u00eame. \u00a9 F\u00e9lix Imhof \/ UNIL\" class=\"wp-image-12465\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/nadja_eggert-0654-1024x597.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/nadja_eggert-0654-300x175.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/nadja_eggert-0654-768x448.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/nadja_eggert-0654-540x315.jpg 540w, https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/nadja_eggert-0654-1080x630.jpg 1080w, https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/nadja_eggert-0654.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Pour Nadja Eggert, le robot ne se suffit pas \u00e0 lui-m\u00eame. \u00a9 F\u00e9lix Imhof \/ UNIL<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-background-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Des risques et des b\u00e9n\u00e9fices<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9thicienne St\u00e9phanie Perruchoud a list\u00e9 les dangers de la robotique sociale&nbsp;: d\u00e9shumanisation de la personne \u00e2g\u00e9e, infantilisation, substitution du personnel soignant par le robot, privation du droit fondamental qu\u2019est le contact humain, atteinte \u00e0 la dignit\u00e9 et \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour autant, ces robots sociaux, th\u00e9rapeutiques, agissent sur la d\u00e9pression, l\u2019anxi\u00e9t\u00e9, l\u2019agitation et l\u2019agressivit\u00e9, mais aussi sur la maladie d\u2019Alzheimer. Ils permettent par cons\u00e9quent de limiter la m\u00e9dication.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00ab&nbsp;Une triade&nbsp;\u00bb<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>En EMS, les diverses th\u00e9rapies se superposent les unes aux autres, la robotique ne rempla\u00e7ant pas la zooth\u00e9rapie, par exemple. Et encore moins le personnel. \u00ab&nbsp;C\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 une triade. Il y a un \u00e9l\u00e9ment en plus dans la relation, estime Nadja Eggert. L\u2019erreur serait de penser qu\u2019il se suffit en soi. En r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est un outil relationnel que l\u2019on ne peut utiliser seul. Il n\u00e9cessite un accompagnement.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Et St\u00e9phanie Perruchoud souligne que \u00ab&nbsp;la vraie relation th\u00e9rapeutique se situe entre soignant et soign\u00e9. Il ne faut jamais l\u2019oublier. Le robot n\u2019entre pas, \u00e0 proprement parler, dans cette relation de soin. Il doit rester \u00e0 sa place d\u2019outil.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les deux \u00e9thiciennes ne sont pas les seules \u00e0 se questionner. Le personnel aussi est confront\u00e9 \u00e0 de nombreuses interrogations. L\u2019accompagner est une n\u00e9cessit\u00e9 pour une application optimale de la robotique sociale. \u00ab&nbsp;Dans l\u2019un des EMS visit\u00e9s, une responsable de l&rsquo;animation a pr\u00e9cis\u00e9 aux membres du personnel qu\u2019il faut croire en Paro, en son b\u00e9n\u00e9fice. Que si on n\u2019y croit pas, cela ne fonctionne pas&nbsp;\u00bb, explique St\u00e9phanie Perruchoud. Pour elle, il y a de nombreuses actions r\u00e9alis\u00e9es par les membres du personnel que le robot ne fera jamais. Mais aucun d\u2019entre eux ne peut s\u2019asseoir sur les genoux d\u2019une r\u00e9sidente ou d\u2019un r\u00e9sident pour se laisser caresser. J\u2019ai trouv\u00e9 cette approche pertinente&nbsp;\u00bb, sourit-elle.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" data-id=\"12476\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/img_0734-1-768x1024.jpg\" alt=\"St\u00e9phanie Perruchoud avec un chat robot. \u00a9 St\u00e9phanie Perruchoud\" class=\"wp-image-12476\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/img_0734-1-768x1024.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/img_0734-1-225x300.jpg 225w, https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/img_0734-1-540x720.jpg 540w, https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/img_0734-1.jpg 900w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">St\u00e9phanie Perruchoud avec un chat robot. \u00a9 St\u00e9phanie Perruchoud<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"St\u00e9phanie Perruchoud avec un phoque robot. \u00a9 St\u00e9phanie Perruchoud\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" data-id=\"12469\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/img_0567-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12469\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/img_0567-768x1024.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/img_0567-225x300.jpg 225w, https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/img_0567-540x720.jpg 540w, https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/img_0567.jpg 900w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">St\u00e9phanie Perruchoud avec un phoque robot. \u00a9 St\u00e9phanie Perruchoud<\/figcaption><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un c\u00f4t\u00e9 maternant<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Fait \u00e9tonnant, le genre pourrait jouer un r\u00f4le dans l\u2019int\u00e9r\u00eat plus ou moins marqu\u00e9 port\u00e9 \u00e0 ces robots. \u00ab&nbsp;Cela semble mieux fonctionner aupr\u00e8s des femmes que des hommes, rel\u00e8ve Nadja Eggert. D\u2019une part, elles vivent plus longtemps et se retrouvent donc plus souvent en EMS. D\u2019autre part, elles se sont souvent occup\u00e9es des enfants et \u00e9taient davantage dans le soin, l\u2019attention, le <em>care<\/em>. Cela peut raviver un c\u00f4t\u00e9 maternant. Il y a cette id\u00e9e de se sentir utile. Mais il faut prendre cela avec des pincettes, car nous n\u2019avons pas travaill\u00e9 exactement sur cette probl\u00e9matique.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-background-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Valeur de la relation<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9thique du <em>care<\/em>, appel\u00e9e \u00e9galement \u00e9thique de la sollicitude, d\u00e9coule de la philosophie morale. Il s\u2019agit de donner de l\u2019attention, d\u2019avoir comme souci prioritaire le rapport \u00e0 autrui. En 1982, une \u00e9tude de la philosophe et psychologue am\u00e9ricaine Carol Gilligan a montr\u00e9 que les crit\u00e8res de d\u00e9cision morale ne sont pas les m\u00eames chez les hommes et les femmes. \u00ab&nbsp;L\u00e0 o\u00f9 les premiers privil\u00e9gient une logique de calcul et la r\u00e9f\u00e9rence aux droits, les femmes pr\u00e9f\u00e8rent la valeur de la relation, s\u2019orientant d\u2019apr\u00e8s ce qui peut conforter les relations interpersonnelles, d\u00e9velopper les interactions sociales&nbsp;\u00bb, r\u00e9sume un article.<\/p>\n\n\n\n<p>Nadja Eggert, ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche \u00e0 la Facult\u00e9 de th\u00e9ologie et de sciences des religions de l\u2019UNIL et directrice du CIRE, pr\u00e9cise que \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9thique du <em>care<\/em> part du principe que l\u2019on a toutes et tous besoin de soin, que l\u2019on est d\u2019abord vuln\u00e9rable, avant d\u2019\u00eatre autonome&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Maintenance et d\u00e9pendance<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>Pourtant, ces robots ne vont pas sans dysfonctionnements. \u00ab&nbsp;Il faut prendre soin d\u2019eux, rel\u00e8ve Nadja Eggert. Effectuer des mises \u00e0 jour, les r\u00e9parer. Il a fallu former des personnes pour les utiliser. C\u2019est une charge. Les institutions rencontr\u00e9es ne l\u2019avaient pas anticip\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les EMS \u00e9tudi\u00e9s ont \u00e9galement r\u00e9dig\u00e9 des r\u00e8gles internes concernant leur usage, notamment des limites de temps. Comme avec les \u00e9crans. Car on peut devenir accro aux robots. Sans compter le co\u00fbt de ces technologies&nbsp;: fabrication, utilisation, r\u00e9paration, recyclage sont autant d\u2019\u00e9tapes gourmandes en \u00e9nergie. \u00ab&nbsp;Une solution pourrait \u00eatre de penser en r\u00e9seau et de se partager les ressources, en se les pr\u00eatant&nbsp;\u00bb, lance Nadja Eggert.<strong><em><\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Robot or not robot?<\/h5>\n\n\n\n<p>Mais pr\u00e9cise-t-on aux pensionnaires qu\u2019il s\u2019agit de robots&nbsp;? Ici, deux \u00e9coles s\u2019opposent&nbsp;: dire clairement ou\u2026 diff\u00e9remment. \u00ab&nbsp;C\u2019est une question fondamentale, souligne St\u00e9phanie Perruchoud. Pour certaines et certains, il est important de le signaler pour ne pas prendre le risque de leurrer. D\u2019autres, consid\u00e9rant que ces r\u00e9sidentes et r\u00e9sidents ont un niveau de perception diff\u00e9rent, estiment que cela peut susciter des angoisses. Certains soignants ou soignantes qui emploient le phoque disent l\u2019utiliser pour ne pas leurrer, parce qu\u2019aucune de ces personnes n&rsquo;a d&rsquo;exp\u00e9rience d\u2019un tel animal et qu\u2019on ne les trompe pas ainsi. Et certains autres qui utilisent des chats robots avancent le m\u00eame type d\u2019arguments, en pr\u00e9cisant que ces personnes ont toutes l\u2019exp\u00e9rience d\u2019un chat&#8230;&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 savoir si la robotique sociale repr\u00e9sente une bonne solution ou non, les deux \u00e9thiciennes h\u00e9sitent. Nadja Eggert r\u00e9fl\u00e9chit et reprend une question que lui a adress\u00e9e une personne \u00e2g\u00e9e. \u00ab&nbsp;A-t-on envie de se faire soigner par un robot&nbsp;? On pr\u00e9f\u00e8re sans doute qu\u2019une personne nous am\u00e8ne notre repas.&nbsp;\u00bb Et St\u00e9phanie Perruchoud d\u2019acquiescer&nbsp;: \u00ab&nbsp;On reste finalement dans quelque chose d&rsquo;humain quand la premi\u00e8re place est occup\u00e9e par l\u2019individu, pas par la technologie.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-background-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une suite<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p>De prime abord, St\u00e9phanie Perruchoud, chercheuse FNS s\u00e9niore et assistante au Centre interdisciplinaire de recherche en \u00e9thique (CIRE), n\u2019\u00e9tait pas destin\u00e9e \u00e0 s\u2019int\u00e9resser \u00e0 la robotique sociale, elle qui a r\u00e9alis\u00e9 une th\u00e8se sur la nature chez le philosophe fran\u00e7ais Maurice Merleau-Ponty. \u00ab&nbsp;La robotique ne coulait pas de source&nbsp;\u00bb, sourit-elle. Apr\u00e8s quatre ans de travail, sa recherche arrive \u00e0 son terme en avril 2025. L\u2019\u00e9thicienne devrait poursuivre dans le domaine.<\/p>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les chercheuses de l\u2019UNIL St\u00e9phanie Perruchoud et Nadja Eggert s\u2019int\u00e9ressent aux robots au sein des EMS, au croisement de la morale et de la technologie.<\/p>\n","protected":false},"author":1002758,"featured_media":12463,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_uag_custom_page_level_css":"","footnotes":""},"categories":[9,110,112],"tags":[155,343,411,257],"class_list":{"0":"post-12461","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-recherche","8":"category-societe","9":"category-technologie","10":"tag-ethique","11":"tag-sante","12":"tag-sante-mentale","13":"tag-technologies"},"uagb_featured_image_src":{"full":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/stephanie_perruchoud-9906.jpg",1200,700,false],"thumbnail":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/stephanie_perruchoud-9906-150x150.jpg",150,150,true],"medium":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/stephanie_perruchoud-9906-300x175.jpg",300,175,true],"medium_large":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/stephanie_perruchoud-9906-768x448.jpg",580,338,true],"large":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/stephanie_perruchoud-9906-1024x597.jpg",580,338,true],"1536x1536":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/stephanie_perruchoud-9906.jpg",1200,700,false],"2048x2048":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/stephanie_perruchoud-9906.jpg",1200,700,false],"post-thumbnail":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/stephanie_perruchoud-9906.jpg",1200,700,false],"chaplin_preview_image_low_resolution":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/stephanie_perruchoud-9906-540x315.jpg",540,315,true],"chaplin_preview_image_high_resolution":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/stephanie_perruchoud-9906-1080x630.jpg",1080,630,true],"chaplin_fullscreen":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/stephanie_perruchoud-9906.jpg",1200,700,false],"gform-image-choice-sm":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/stephanie_perruchoud-9906.jpg",300,175,false],"gform-image-choice-md":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/stephanie_perruchoud-9906.jpg",400,233,false],"gform-image-choice-lg":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/stephanie_perruchoud-9906.jpg",600,350,false],"mailpoet_newsletter_max":["https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/04\/stephanie_perruchoud-9906.jpg",1200,700,false]},"uagb_author_info":{"display_name":"Catherine Bex Bourqui","author_link":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/author\/cbexbour\/"},"uagb_comment_info":0,"uagb_excerpt":"Les chercheuses de l\u2019UNIL St\u00e9phanie Perruchoud et Nadja Eggert s\u2019int\u00e9ressent aux robots au sein des EMS, au croisement de la morale et de la technologie.","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12461","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002758"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12461"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12461\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12506,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12461\/revisions\/12506"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12463"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12461"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12461"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12461"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}