{"id":12007,"date":"2025-02-24T10:53:26","date_gmt":"2025-02-24T09:53:26","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/?p=12007"},"modified":"2025-04-28T12:02:01","modified_gmt":"2025-04-28T10:02:01","slug":"la-nuit-se-la-joue-piano","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/la-nuit-se-la-joue-piano\/","title":{"rendered":"La nuit se la joue piano"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Professeure en lettres, Constance Frei \u00e9dite un ouvrage collectif consacr\u00e9 au nocturne. <strong>Comment les artistes nous restituent-ils les \u00e9motions li\u00e9es \u00e0 l\u2019obscurit\u00e9, de la r\u00eaverie \u00e0 l\u2019inqui\u00e9tude&nbsp;? Cette question est trait\u00e9e \u00e0 la lueur de la musicologie et de l\u2019histoire de l\u2019art.<\/strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-background-background-color has-background is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p><em>Accompagnez la lecture de cet article avec une playlist faite sur mesure!<\/em><\/p>\n\n\n\n<!-- iframe plugin v.6.0 wordpress.org\/plugins\/iframe\/ -->\n<iframe data-format=\"extended\" allow=\"autoplay\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed\/playlist\/79cunBDLznd7OzsWWnsBko?utm_source=generator\" height=\"200\" width=\"100%\" 0=\"style=&quot;border:\" 1=\"none;\" 2=\"border-radius:\" 3=\"10px;&quot;&gt;&lt;\/iframe\" scrolling=\"yes\" class=\"iframe-class\" frameborder=\"0\"><\/iframe>\n\n<\/div>\n\n\n\n<p>\u00abC\u2019est [Fr\u00e9d\u00e9ric Chopin] qui fixa, de si \u00e9trange fa\u00e7on, le sentiment et la sensation myst\u00e9rieuse de la nuit. Personne avant lui n&rsquo;avait su exprimer la p\u00e9nombre des soirs ou l&rsquo;obscure clart\u00e9 qui tombe des \u00e9toiles.\u00bb En 1919, le compositeur Jean Roger-Ducasse d\u00e9crivait ainsi le \u00abnocturne\u00bb pianistique, n\u00e9 un si\u00e8cle plus t\u00f4t. \u00c0 grands traits, il s\u2019agit souvent de pi\u00e8ces br\u00e8ves et expressives, \u00e0 l\u2019atmosph\u00e8re changeante, survol\u00e9es par une m\u00e9lodie (un \u00abchant\u00bb), lui-m\u00eame soutenu par un accompagnement.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019id\u00e9e de \u00abfixer\u00bb les \u00e9motions li\u00e9es \u00e0 la nuit dans une pi\u00e8ce musicale fait \u00e9cho \u00e0 une recherche publi\u00e9e par Constance Frei, professeure associ\u00e9e en section d\u2019histoire de l\u2019art. Elle est en effet l\u2019une des auteures et l\u2019\u00e9ditrice d\u2019un ouvrage collectif qui traite du nocturne, sous l\u2019angle de plusieurs disciplines. Dans l\u2019une de ses propres contributions, centr\u00e9e sur le piano, elle s\u2019attache \u00e0 la question de la forme.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abJe suis partie de l\u2019id\u00e9e banale que nous ne distinguons plus ce qui nous entoure dans la nuit noire. Nous compensons avec d\u2019autres sens, dont l\u2019ou\u00efe, pour nous orienter. Par analogie, les compositrices et les compositeurs ont-ils voulu structurer leurs \u0153uvres \u00e0 l\u2019aide d\u2019une forme fixe pour nous aider \u00e0 nous y retrouver ou, au contraire, ont-ils laiss\u00e9 tomber toute forme oblig\u00e9e pour nous plonger dans l\u2019incertitude que nous procure l\u2019obscurit\u00e9?\u00bb Constance Frei a analys\u00e9 un corpus de documents, sous la plume de critiques musicaux ou m\u00eame de Franz Liszt, par exemple, afin de d\u00e9terminer comment la question de la forme du nocturne a \u00e9t\u00e9 pens\u00e9e au fil du temps.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Histoire d\u2019ombres<\/h5>\n\n\n\n<p>Le nocturne pianistique n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00abinvent\u00e9\u00bb par Fr\u00e9d\u00e9ric Chopin (1810-1849). Pr\u00e9curseur, l\u2019Irlandais John Field (1782-1837) en a compos\u00e9 18. \u00abLa r\u00e9partition du mat\u00e9riau musical entre la main gauche, qui a un r\u00f4le d\u2019accompagnement, et la main droite, qui joue une m\u00e9lodie lyrique, se retrouve d\u00e9j\u00e0 chez lui, note Constance Frei. Mais il n\u2019a pas choisi de forme v\u00e9ritablement fixe pour ses nocturnes.\u00bb Son homologue franco-polonais a \u00e9t\u00e9 un peu plus syst\u00e9matique, en adoptant souvent, mais pas toujours, la structure A-B-A. Dans cette derni\u00e8re, la premi\u00e8re et la troisi\u00e8me partie, presque identiques, entourent un \u00e9l\u00e9ment central diff\u00e9rent.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi? \u00abLe fait que la partie initiale (A) fasse son retour en conclusion de la pi\u00e8ce permet \u00e0 l\u2019auditrice et \u00e0 l\u2019auditeur de revenir sur un terrain connu, remarque Constance Frei. Mais, entre deux, les artistes cherchent \u00e0 nous \u00e9garer sur des chemins inattendus.\u00bb Cela peut passer par un moment d\u2019agitation lors duquel la musique prend un tempo plus rapide (pour \u00e9voquer l\u2019inqui\u00e9tude, voire le cauchemar). Une augmentation de la densit\u00e9 des notes, des passages plus sonores, des changements de tonalit\u00e9 ou un louvoiement entre les modes majeur et mineur constituent autant de moyens employ\u00e9s par les compositeurs et compositrices. Et bien entendu, il ne faut pas oublier \u00able silence, un moment de respiration, qui demeure un outil puissant dans la musique\u00bb. La cr\u00e9ation d\u2019ambiances diff\u00e9rentes, de contrastes, de pertes de rep\u00e8res renvoie naturellement au jeu des ombres d\u2019intensit\u00e9 variable fa\u00e7onn\u00e9es par la lumi\u00e8re de la Lune ou des \u00e9toiles.<\/p>\n\n\n\n<p>Revenons au clavier. Dans les partitions de nocturnes, \u00abla main gauche propose souvent des motifs r\u00e9p\u00e9t\u00e9s, \u00e0 l\u2019image de petites vagues, qui nous aident \u00e0 comprendre la pi\u00e8ce. C\u2019est sur ce socle que va se d\u00e9ployer la m\u00e9lodie \u2013 et donc le lyrisme \u2013 port\u00e9e par la main droite\u00bb, ajoute Constance Frei. Il ne faut toutefois pas n\u00e9gliger cet accompagnement r\u00e9p\u00e9titif, ce balancement cyclique qui \u00abrenvoie \u00e0 la berceuse, un autre \u00e9l\u00e9ment li\u00e9 \u00e0 la nuit\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">La nuit inqui\u00e8te<\/h5>\n\n\n\n<p>\u00abLe Nocturne ne sera plus pour Chopin qu&rsquo;un po\u00e8me musical o\u00f9 s&rsquo;exprimeront ses d\u00e9sirs, ses plaintes ou ses r\u00eaves. Plus rien d&rsquo;ext\u00e9rieur ou de purement visuel&nbsp;; rien que la nuit assombrie, inqui\u00e8te, parfois lumineuse de son \u00e2me.\u00bb Cette autre citation de Jean Roger-Ducasse touche \u00e0 l\u2019id\u00e9e de l\u2019introspection. \u00abNous sommes proches d\u2019une musique int\u00e9rieure qui ne r\u00e9pond pas \u00e0 la commande d\u2019un m\u00e9c\u00e8ne, mais traduit en toute libert\u00e9 les \u00e9motions ressenties par les artistes\u00bb, indique Constance Frei. Cette intimit\u00e9 concerne aussi l\u2019audience. Certes, Liszt remplissait des salles de concert. Mais \u00able nocturne se pr\u00eate particuli\u00e8rement bien \u00e0 la tenue de r\u00e9citals en petit comit\u00e9, autour du piano, un instrument souvent qualifi\u00e9 de solitaire\u00bb, ajoute la chercheuse.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00abNous sommes proches d\u2019une musique int\u00e9rieure qui ne r\u00e9pond pas \u00e0 la commande d\u2019un m\u00e9c\u00e8ne, mais traduit en toute libert\u00e9 les \u00e9motions ressenties par les artistes\u00bb <br><em>Constance Frei<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Sur le plan technique, les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s au d\u00e9but du XIX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle ont servi ce type de compositions, en proposant des claviers comptant davantage d\u2019octaves ou le \u00abdouble \u00e9chappement\u00bb, mis au point par la marque \u00c9rard en 1821. Ce syst\u00e8me permet \u00e0 l\u2019interpr\u00e8te de rejouer rapidement une note sans quitter la touche, ajoutant ainsi de la sensibilit\u00e9 au jeu.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Du clavier \u00e0 l\u2019orchestre<\/h5>\n\n\n\n<p>M\u00eame si les pi\u00e8ces concern\u00e9es ne portent pas toujours le nom de \u00abnocturne\u00bb, l\u2019\u00e9vocation de l\u2019obscurit\u00e9 ne se limite pas au clavier <em>(voir la playlist ci-dessous).<\/em> L\u2019emploi d\u2019instruments \u00e0 cordes, comme pour <em>La Nuit transfigur\u00e9e<\/em> d\u2019Arnold Sch\u00f6nberg (1899), offre par exemple le moyen \u00ab&nbsp;de cr\u00e9er des ambiances glac\u00e9es, gr\u00e2ce \u00e0 la technique d\u00e9ploy\u00e9e par le compositeur\u00bb, ajoute Constance Frei, \u00e9galement violoniste. \u00c0 la m\u00eame \u00e9poque, mais dans un tout autre registre \u00e9motionnel, Claude Debussy composa trois <em>Nocturnes<\/em> pour orchestre qui font surgir nombre d\u2019images dans l\u2019esprit des auditrices et des auditeurs. Le compositeur fran\u00e7ais s\u2019est d\u2019ailleurs inspir\u00e9 du peintre James Abbott McNeill Whistler, dont un tableau orne la couverture de l\u2019ouvrage \u00e9dit\u00e9 par Constance Frei.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"905\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/02\/livre_nocturne.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-12011\" style=\"width:232px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/02\/livre_nocturne.webp 600w, https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/02\/livre_nocturne-199x300.webp 199w, https:\/\/wp.unil.ch\/uniscope\/files\/2025\/02\/livre_nocturne-540x815.webp 540w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00ab Le nocturne. La nuit \u00e9clair\u00e9e par la musicologie et l\u2019histoire de l\u2019art \u00bb. \u00c9dition par Constance Frei. \u00c9tudes de lettres N\u00b0 325 (2024), 201 p.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Par d\u2019autres chemins<\/h5>\n\n\n\n<p>La publication de la professeure, \u00e0 laquelle Catherine Ch\u00e8ne, r\u00e9dactrice de la revue <em>\u00c9tudes de Lettres,<\/em> a apport\u00e9 son expertise, offre d\u2019autres approches que celle du piano. \u00abLa grande mosa\u00efque du nocturne est tr\u00e8s incompl\u00e8te. Nous y apportons nos petites pierres.&nbsp; Ainsi, Brenno Boccadoro (Unige) a examin\u00e9 la repr\u00e9sentation du sommeil dans l\u2019op\u00e9ra baroque italien (XVII<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle). Doctorant \u00e0 l\u2019UNIL, Federico Terzi s\u2019est int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 <em>Turandot,<\/em> un op\u00e9ra de Giacomo Puccini \u00abdans lequel tout est question de nuit\u00bb. Le musicologue genevois Jacques Tchamkerten nous parle d\u2019Olivier Messiaen, chez qui le nocturne est \u00abassoci\u00e9 \u00e0 la mort, mais constitue \u00e9galement l\u2019antichambre de la R\u00e9surrection\u00bb. Doctorante \u00e0 l\u2019UNIL, C\u00e9line Eliseev traite de la nuit artificielle cr\u00e9\u00e9e dans les salles de concert, qui participe \u00e0 notre mise en condition pour la r\u00e9ception des \u0153uvres. Les diff\u00e9rentes nuances de l\u2019ombre dans la gravure anglaise sont l\u2019objet d\u2019une contribution de Camilla Murgia (Unige). Cette derni\u00e8re et Constance Frei r\u00e9\u00e9ditent enfin l\u2019<em>Essai sur les transparents <\/em>d\u2019Edward Orme (1807).<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Le nocturne supporte la lumi\u00e8re<\/h5>\n\n\n\n<p>\u00abLe silence de la nuit qui bannit toute distraction fait mieux valoir la musique et la rend plus d\u00e9licieuse\u00bb, \u00e9crit Jean-Jacques Rousseau dans son <em>Dictionnaire de musique.<\/em> \u00c0 son \u00e9poque, il n\u2019\u00e9tait pas question de \u00abnocturnes\u00bb, mais de s\u00e9r\u00e9nades. Il s\u2019agissait de concerts ou de chants a cappella, qui avaient pour particularit\u00e9 d\u2019\u00eatre ex\u00e9cut\u00e9s uniquement au cr\u00e9puscule ou de nuit. En revanche, il n\u2019est pas n\u00e9cessaire d\u2019attendre le coucher du soleil pour \u00e9couter un nocturne pianistique. Mais \u00abla mise en condition de l\u2019auditrice ou de l\u2019auditeur compte. Cette musique ne peut pas \u00eatre employ\u00e9e comme bruit de fond, alors que l\u2019on vaque \u00e0 d\u2019autres t\u00e2ches, note Constance Frei. Elle requiert un peu d\u2019implication de notre part!\u00bb<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-background-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h5 class=\"wp-block-heading\">La musicologie r\u00e9sonne \u00e0 l\u2019UNIL<\/h5>\n\n\n\n<p>\u00abLa place de la musicologie \u00e0 l&rsquo;UNIL est un peu singuli\u00e8re, parce qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas de cursus de bachelor ou de master pour les \u00e9tudiantes et les \u00e9tudiants, mais qu\u2019un doctorat dans ce domaine est possible\u00bb, informe Constance Frei. Son enseignement est toujours en dialogue avec d\u2019autres disciplines, comme l\u2019histoire de l\u2019art, la litt\u00e9rature ou le cin\u00e9ma, par l\u2019interm\u00e9diaire des bandes-son. \u00abNous avons une approche litt\u00e9ralement polyphonique de la musique.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Violoniste et pianiste, elle enseigne \u00e9galement aupr\u00e8s du public de l\u2019EPFL dans le cadre du Coll\u00e8ge des humanit\u00e9s. \u00abLa musique rencontre les math\u00e9matiques, l\u2019acoustique, l\u2019architecture ou les mat\u00e9riaux, ce qui nous sort des sentiers battus.\u00bb<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:34px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-background-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Une playlist pour d\u00e9couvrir les nocturnes (s\u00e9lection)<\/h5>\n\n\n\n<!-- iframe plugin v.6.0 wordpress.org\/plugins\/iframe\/ -->\n<iframe loading=\"lazy\" style=\"border-radius:12px\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed\/playlist\/79cunBDLznd7OzsWWnsBko?utm_source=generator\" width=\"100%\" height=\"750\" frameborder=\"0\" allowfullscreen allow=\"autoplay; clipboard-write; encrypted-media; fullscreen; picture-in-picture\" 0=\"loading=&quot;lazy&quot;&gt;&lt;\/iframe\" scrolling=\"yes\" class=\"iframe-class\"><\/iframe>\n\n\n\n\n<div style=\"height:40px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Le <em>Nocturne 2<\/em> de John Field, pour son chant et sa m\u00e9lancolie (1812).<\/p>\n\n\n\n<p>Le <em>Nocturne 13<\/em> de Fr\u00e9d\u00e9ric Chopin, plus troublant avec ses trois parties qui naviguent entre mineur et majeur, ainsi que ses chromatismes nerveux de la partie centrale (1841).<\/p>\n\n\n\n<p>Les <em>Nachtst\u00fccke<\/em> de Robert Schumann (1843).<\/p>\n\n\n\n<p><em>Pr\u00e9lude et Nocturne pour la main gauche, opus 9<\/em> d\u2019Alexandre Scriabine (ce compositeur s\u2019\u00e9tait bless\u00e9 \u00e0 la main droite auparavant). Un plaisir aussi bien \u00e0 jouer qu\u2019\u00e0 entendre (1894).<\/p>\n\n\n\n<p>Les trois <em>Nocturnes<\/em> pour orchestre de Claude Debussy (1897-1899) intitul\u00e9s <em>Nuages<\/em>, <em>F\u00eates<\/em> et <em>Sir\u00e8nes<\/em>. Ces pi\u00e8ces ont un lien avec les tableaux de Whistler, que le compositeur appr\u00e9ciait.<em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>La Nuit transfigur\u00e9e<\/em> d\u2019Arnold Sch\u00f6nberg pour sextuor \u00e0 cordes (1899). \u00abCet hymne \u00e0 la nuit, tr\u00e8s angoiss\u00e9 car n\u00e9 dans un contexte sombre, propose des ambiances compl\u00e8tement folles sur six instruments \u00e0 cordes (deux violons, deux altos et deux violoncelles).\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le <em>Nocturne symphonique, opus 43<\/em> de Ferrucio Busoni (1911-1913). \u00abUne exp\u00e9rience habit\u00e9e par l&rsquo;angoisse, avec ses couleurs orchestrales sombres, ses registres extr\u00eames et ses suspensions de la tonalit\u00e9.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><em>Nocturne et Tarentelle, opus 28<\/em> de Karol Szymanowski (1915). \u00abLe contraste est fort entre le nocturne et la tarentelle. Cette derni\u00e8re, tr\u00e8s agit\u00e9e, est une danse du sud de l\u2019Italie.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le <em>1<sup>er<\/sup> Nocturne<\/em> d\u2019Erik Satie, avec son chromatisme descendant d\u00e8s le d\u00e9but et ses changements d\u2019ambiance (1919).<\/p>\n\n\n\n<p>Le <em>IV<sup>e<\/sup> Nocturne<\/em> de Francis Poulenc, dit <em>Bal fant\u00f4me,<\/em> contient de nombreux \u00e9l\u00e9ments de jazz (1934).<a id=\"_msocom_1\"><\/a><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment les artistes restituent-ils les \u00e9motions li\u00e9es \u00e0 l\u2019obscurit\u00e9? 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