Parution: Loin des yeux… le cinéma.

Le volume « Loin des yeux… le cinéma. De la téléphonie à Internet : imaginaires médiatiques des télécommunications et de la surveillance » est récemment paru aux éditions de l’Âge d’homme. Dirigé par les historiens du cinéma Alain Boillat et Laurent Guido, l’ouvrage interrogent les liens complexes entre le 7e art et les technologies de la communication.

Présentation:

L’ouvrage se présente comme une somme d’études consacrées à la représentation (audio)visuelle des télécommunications dans l’histoire du cinéma, des premiers temps aux séries télévisuelles contemporaines, c’est-à-dire à la manière dont le médium cinématographique exploite (sur le plan narratif et esthétique) et réfléchit (sur) des usages a priori différents d’autres médias (avec lesquels il noue toutefois certaines parentés). Téléphonie (fixe et mobile), radiophonie, télévision, télésurveillance et Internet (skype) sont examinés à travers l’image qu’en donnent les productions filmiques américaines, européennes ou japonaises, dans des genres divers (romance, thriller, horreur, science-fiction, etc.). L’approche diachronique et le vaste corps considéré permet d’inscrire les discours actuels sur le numérique dans une histoire longue, et de réhabiliter l’importance de la dimension sonore dans les études cinématographiques.

Ces femmes qui ont fait la TSR

En 2016, le documentaire Et la femme créa Hollywood sélectionné au Festival de Cannes dévoile au grand public l’existence de figures emblématiques du cinéma américain passées sous silence. Les réalisatrices Julia et Clara Kuperberg, qui ont collaboré avec l’historienne Ally Acker, racontent le travail des femmes cinéastes aux débuts d’Hollywood puis leur rejet brutal du système de production à partir des années 1920.

La RTS s’inscrit dans la même veine et rend à son tour hommage à quelques figures féminines du petit écran entre les années 1950 et l’an 2000. Les archives de la RTS consacrent en effet un grand format à « Ces femmes qui ont fait la TSR ». Quatre chapitres dressent les portraits de 14 femmes ayant travaillé pour la Télévision Suisse Romande en tant que journalistes, productrices ou animatrices. Pionnières, frondeuses, expertes ou novatrices, elles ont su imposer leur ton, leur style et leurs idées dans un bastion traditionnellement masculin.

Cet hommage, illustré par des photos d’archives et extraits d’émissions, se veut non exhaustif. « Des autres, nombreuses, on a presque perdu la trace ». Une affirmation qu’une collaboration avec des historien.ne.s pourrait peut-être contredire.

 

 

 

Podcast: Les débuts du petit écran au Comptoir suisse

Le média en ligne de la fonction publique, La Gazette, propose depuis mars 2019 une chronique audio mensuelle « Arrêt sur images : dans les archives du Comptoir suisse ». Dans cette série de mini-podcasts, des spécialistes décrivent une image de leur choix tirée des Archives Cantonales Vaudoises (ACV). Pour ce troisième épisode diffusé dans La Gazette du 28 mai 2019, notre collègue Anne-Katrin Weber, historienne de la télévision, fait la lumière sur les débuts fulgurants du petit écran et sa promotion au Comptoir.

Le siècle d’histoire du Comptoir suisse est au coeur du projet de recherche « Le Syndic, la vache et le verre de blanc. Un siècle de Comptoir suisse à Lausanne » mené à l’Université de Lausanne par Claire-Lise Debuë, Anne-Katrin Weber et le Professeur Olivier Lugon. Dans le cadre de ce projet participatif et multimédia, une série d’ateliers de médiation scientifique a été donnée pour le Secondaire II d’avril à juin 2019 et une exposition aura lieu à Lausanne du 14 au 29 septembre 2019 sur la Place de l’Europe.

 

Photo : Groupement officiel des photographes du Comptoir suisse (Droits réservés), 1951. Fonds de la Coopérative du Comptoir suisse, Archives cantonales vaudoises.

 

Ecouter les épisodes 1 et 2 de la chronique « Arrêt sur image: dans les archives du Comptoir suisse ».

Visiter les pages Facebook et Instagram du projet « Le Syndic, la vache et le verre de blanc. Un siècle de Comptoir suisse à Lausanne ».

Histoire des médias: une sélection de podcasts

Nous relayons régulièrement sur notre blog des épisodes d’émissions radiophoniques d’histoire telles que la romande Histoire vivante et la française La Fabrique de l’histoire, bien connues du public.

Il existe bien d’autres radios, notamment web, qui s’intéressent aux sciences historiques. On peut citer Paroles d’histoire, Storia Voce, La Marche de l’histoire, Passions médiévistes ou encore l’émission québécoise Aujourd’hui l’histoire.

Français et Françaises écoutant à la radio une allocution de l’amiral Darlan, vice-Premier ministre de Vichy, en mai 1941. Cf. Radio Vichy vous parle.

Dans ce billet, nous proposons un florilège de podcasts ayant trait à l’histoire des médias et de la communication. En désordre et sans exhaustivité :

Pour aller plus loin, écouter Les émissions d’histoire à la radio, par La Marche de l’histoire du 28 juin dernier. On peut notamment y entendre Céline Loriou qui prépare une thèse sur les émissions d’histoire diffusées à la radio depuis 1945 et qui a publié plusieurs textes à ce sujet.

Bonne écoute!

Appel à communications: Métiers et professions des médias

La troisième édition du congrès de la Société pour l’histoire des médias (SPHM) aura lieu à l’Université de Lausanne du 4 au 6 juin 2020 autour de la thématique « Métiers et professions des médias (XVIIIe – XXIe siècles). Tant les représentations des métiers des médias, leurs pratiques professionnelles, leurs rapports au public et à l’opinion ainsi que les mécanismes de constitution et de légitimation des professions médiatiques pourront être abordés dans le cadre de ce colloque international. Les propositions livrant une réflexion sur la manière dont s’écrit aujourd’hui l’histoire des professions et des professionnel.le.s des médias seront également valorisées.

Les ingénieurs dans le studio de télévision. Préparation de la transmission d’un film cinématographique. Source iconographique valorisée par Anne-Katrin Weber dans son chapitre d’ouvrage publié en janvier 2011 sur La télévision à l’Exposition nationale suisse de 1939. Nation, science et genre dans la présentation d’une nouvelle technologie.

 

Les propositions de communications, individuelles ou collectives, sont à envoyer avant le 20 septembre 2019 à l’adresse suivante: SPHM2020lausanne@unil.ch.

Lire l’intégralité de l’appel à communications.

 

Histoire de la culture cinématographique en Suisse

Un nouveau projet de recherche financé par le Fonds national suisse débute prochainement à l’Université de Lausanne. Dirigé par Laurent le Forestier, de la Section d’histoire et esthétique du cinéma, il s’intitule « Contribution à une histoire de la culture cinématographique en Suisse: étude des activités de la Cinémathèque suisse entre 1951 et 1981 ».

 

Le projet « entend étudier la manière dont la Cinémathèque suisse s’est progressivement construit une légitimité, tant nationale qu’internationale, entre 1951 (son inauguration à Lausanne a lieu fin 1950) et 1981 (date de son installation au Casino de Montbenon), alors même qu’elle était dépourvue de toute salle de programmation, ce qui réduisait ses activités. » (…)

« Par l’étude du cas de la Cinémathèque suisse, ce projet vise donc à contribuer, plus largement, à une histoire culturelle de la Suisse au XXe siècle, laquelle a jusqu’ici un peu laissé de côté le cinéma, hormis dans ses liens avec la politique. »

 

 

Les femmes à la SSR: l’histoire d’une inégalité

Trop longtemps oubliées dans la mémoire collective et négligées dans les récits de l’histoire de la télévision ou du cinéma, les femmes ont pourtant toujours collaboré à la production audiovisuelle. Quelques initiatives tendent aujourd’hui à leur redonner la place qui leur est destinée dans l’histoire des médias.

A l’occasion de la grève des femmes de Suisse qui s’est déroulée le 14 juin dernier, la SSR a porté son attention sur l’histoire de ses collaboratrices. Les deux archivistes de la SSR, Irène Benz et Heidi Lüdi, ont déniché dans leurs fonds quelques contrats et documents iconographiques témoignant du statut particulier des premières professionnelles de radio et de télévision en Suisse et des inégalités qu’elles ont subies depuis la création de la SSR en 1931.

Présentation du texte rédigé par deux collaboratrices de la SSR, Irène Benz et Anna Sterchi :

« Licenciement en cas de mariage? Interdiction de prendre le volant? Un salaire maximal au moins deux fois plus bas que celui des hommes? Aujourd’hui, c’est inimaginable. Mais il n’y a pas si longtemps, c’était une réalité pour les collaboratrices de la SSR. A l’occasion de la grève des femmes nationale, le diffuseur national jette un œil dans ses archives. »

« Un salaire annuel de 6000 francs [représentait] une bonne rémunération pour une femme », estimait le directeur de la SSR dans les années 40. (SRG)

 

Lire le texte « Egalité à la SSR. Les femmes aux fourneaux plutôt qu’au bureau » sur Swissinfo.ch.

 

Cinéastes et féministes: Delphine et Carole, insoumuses

Callisto McNulty, petite-fille de la vidéaste Carole Roussopoulos, décédée en 2009, raconte dans son film Delphine et Carole, insoumuses l’amitié et l’engagement féministe de la réalisatrice et de l’actrice Delphine Seyrig, toutes deux Suissesses d’origine.

Callisto McNulty ainsi que les enfants de la réalisatrice, co-scénaristes du film, ont souhaité poursuivre le projet de documentaire sur la carrière et le féminisme de Delphine Seyrig initié par Carole Roussopoulos en 2007 et y intégrer la vision et la parole de la réalisatrice elle-même.

Ce documentaire produit par l’émission Histoire vivante de la RTS a obtenu le Grand Prix de Genève, Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH) en mars 2019 ainsi que le Prix du Public, Festival International du Film de Femmes – Créteil (France) 2019.

 

 

« Delphine et Carole, insoumuses. Le film qui donne envie d’être féministe », RTS Culture, 14 juin 2019.

Voir le Grand Format de la RTS sur la carrière de la cinéaste « Carole Roussopoulos, militer, rire et partir trop vite ».

La réalisatrice a déposé en 2007 ses archives vidéo et la documentation qui les accompagne à la Médiathèque Valais-Martigny. En 2018, une exposition « Carole Roussopoulos. La vidéo pour changer le monde » lui avait été consacrée.

L’AlbOum: histoire du portrait photo à la Médiathèque Valais-Martigny

« L’AlbOum. Du portrait photo à la manie du «selfie» »: la Médiathèque Valais – Martigny met en perspective ses collections avec une exposition sur l’histoire du portrait photo, de 1850 à nos jours. A découvrir jusqu’au 31 août 2019.

Présentation:

Portraits de personnes isolées ou en groupe, ces documents, mis en perspective avec les phénomènes audiovisuels contemporains, font surgir des questions: un visage bien cadré suffit-il à faire portrait ? Depuis quand fait-on des autoportraits – selfies – ? Jusqu’où ira le contrôle social induit par la photographie ?

Dans L’AlbOum, on croise des regards anciens pris aux rets de sels d’argent, on retrouve des silhouettes immortalisées dans des studios valaisans ou en extérieur, on observe l’évolution des poses, des tendances vestimentaires et des conventions sociales régissant les instants de vie dignes d’être saisis ou mis en scène.

En revisitant le passé de la technique photo jusqu’à nos jours, où les visages n’ont plus besoin d’un autre pour être photographiés, où les photos s’impriment sur des supports toujours plus improbables, une réflexion sur le visage infuse le parcours de l’exposition.

 

Pour s’imprégner de l’ambiance de l’exposition, plusieurs vidéos sont disponibles sur le web:

« #Le portrait photo »: où l’on apprend que le premier autoportrait a exigé plus de dix minutes de pose.

« # Le selfie »: où l’on apprend que plus de 1000 selfies sont réalisés chaque seconde…

« Portrait de famille, pratique du film amateur »: où l’on apprend que les frères Lumière faisaient des portraits filmés de leur famille.

 

Parution: Ecologie de l’attention et archéologie des médias

Yves Citton, professeur de littérature et médias à l’Université Paris 8, et Estelle Doudet, professeure ordinaire en littérature aux Universités de Lausanne et de Grenoble-Alpes, ont co-dirigé l’ouvrage Ecologie de l’attention et archéologie des médias publié en 2019 aux UGA Editions. Ce volume collectif est issu du colloque éponyme organisé en 2016 au centre culturel international de Cerisy. Cet ouvrage propose des pistes inédites pour aider à nous situer dans les nouveaux environnements de médialité instaurés par des technologies numériques devenues ubiquitaires.

 

« L’attention que nous portons aux divers objets constituant notre monde conditionne la façon dont nous nous comportons envers eux. Si les problèmes d’économie de l’attention sont aujourd’hui à la mode, il reste à comprendre les multiples écologies attentionnelles développées par les sociétés humaines.

Or un nouveau champ de recherche émerge depuis une vingtaine d’années sous le titre d’ « archéologie des media » : son ambition est d’apporter une lumière nouvelle sur les transformations les plus récentes (entraînées par la numérisation) de nos formes de médialités et de nos régimes attentionnels, en les éclairant par ce que nous apprennent des couches oubliées des pratiques matérielles, des appareillages et des imaginaires médiatiques du passé plus ou moins lointain ».

 

Consulter la table des matières de l’ouvrage.