La transition écologique est désormais incontournable. Face à l’urgence climatique, à l’effondrement de la biodiversité et à la pression croissante sur les ressources, les sociétés doivent changer en profondeur. Mais une question centrale demeure : comment transformer nos modes de vie, d’organisation et d’économie sans laisser personne de côté ?
C’est à cette question que répond le concept de transition juste (TJ), qui prend une importance croissante en Suisse, en Europe et au niveau international. Il souligne que la transition écologique ne peut réussir que si elle est inclusive, équitable et socialement soutenable.
En 2023, le Centre de compétences en durabilité (CCD) de l’Université de Lausanne a réuni chercheur·euses et expert·es autour de ces enjeux dans le cadre du symposium STRIVE. Les discussions ont mis en lumière un point fondamental : justice sociale et durabilité sont indissociables. Pourtant, la transition juste reste encore peu étudiée dans le contexte suisse.
C’est pour combler ce manque que le CCD lance un cycle de conférences ouvert à la communauté universitaire et au grand public.
Qu’est-ce qu’une transition juste ?
Nous définissons la transition juste comme un processus de changement structurel et transformateur qui vise à :
- ramener nos sociétés à l’intérieur des limites écologiques ;
- garantir l’amélioration de la qualité de vie et l’épanouissement de toutes et tous ;
- éliminer les injustices structurelles existantes ;
- éviter que les politiques de transition ne créent de nouvelles inégalités.
Autrement dit, une transition est juste lorsqu’elle tient compte à la fois des impacts sociaux, des responsabilités différenciées et des conséquences des politiques de transformation. Elle implique un dialogue ouvert, la participation des populations concernées et une réflexion sur la répartition des efforts comme des bénéfices.
Trois dimensions indissociables de l’injustice
La transition juste repose sur trois dimensions interdépendantes, qui s’inscrivent toutes dans un contexte social où existent déjà des inégalités.
- Les injustices dans les causes : les responsabilités différenciées
Tous les groupes sociaux ne contribuent pas de la même manière à la crise environnementale. Certains consomment et émettent beaucoup plus que d’autres. Reconnaître ces responsabilités historiques et actuelles est essentiel pour définir des politiques équitables.
- Les injustices face aux risques environnementaux
Les dommages liés au dérèglement climatique, à la pollution ou à la dégradation des milieux touchent davantage les personnes déjà vulnérables ou marginalisées. Elles sont plus exposées, moins protégées et disposent de moins de moyens pour s’adapter.
- Les injustices créées par les politiques de transition
Certaines initiatives censées être durables peuvent aggraver des inégalités ou en générer de nouvelles : augmentation des coûts de l’énergie, projets d’infrastructures imposés sans consultation, répartition inégale des bénéfices de la transition. Une transition juste vise à prévenir ces effets et à inclure les communautés concernées dans les processus de décision.
Une récente publication du Centre de compétences en durabilité donne un aperçu du concept de transition juste en synthétisant la littérature universitaire et grise, dans le but d’offrir une base théorique pour les futures recherches sur la TJ.