{"id":357,"date":"2023-02-10T13:48:00","date_gmt":"2023-02-10T12:48:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/?page_id=357"},"modified":"2023-04-04T10:40:27","modified_gmt":"2023-04-04T08:40:27","slug":"regards-sur-la-science","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/leutenegger\/regards-sur-la-science\/","title":{"rendered":"Regard(s) sur la science : les photographies de Catherine Leutenegger"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-buttons-text-color has-accent-background-color has-text-color has-background\"><em><strong>Par Chlo\u00e9 Luthier, Master en humanit\u00e9s num\u00e9riques et fran\u00e7ais moderne, UNIL<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Durant l\u2019exposition <em>Techno-mondes<\/em> qui a lieu du 27 avril au 1<sup>er<\/sup> octobre 2023 sur la Plaine de l\u2019Unith\u00e8que \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne, la photographe lausannoise Catherine Leutenegger pr\u00e9sente une nouvelle s\u00e9rie r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 l\u2019invitation de l\u2019UNIL. La s\u00e9rie <em>Centre d\u2019imagerie Dubochet <\/em>(2022) a \u00e9t\u00e9 prise au Centre d\u2019Imagerie Dubochet (Dubochet Center for Imaging, DCI UNIL-EPFL), dans les laboratoires de cryo-microscopie \u00e9lectronique.<\/p>\n\n\n\n<p>La s\u00e9rie s\u2019inscrit dans la lign\u00e9e des projets de l\u2019artiste, qui s\u2019int\u00e9resse au tournant num\u00e9rique et aux nouveaux outils photographiques qui en d\u00e9coulent, explorant les nouvelles technologies, afin d\u2019apporter un nouveau regard sur le monde. Ses photographies, prises au plus pr\u00e8s de la recherche scientifique, pr\u00e9sentent un monde froid, o\u00f9 l\u2019absence d\u2019individus met en exergue un univers oscillant entre utopie et dystopie&nbsp;: un techno-monde. De quelle mani\u00e8re Catherine Leutenegger utilise-t-elle diff\u00e9rents outils technologiques pour d\u00e9velopper son propre regard sur le monde, permettant de questionner le rapport entre science et art&nbsp;? Comment, en jouant notamment avec les \u00e9chelles, cr\u00e9ant un myst\u00e8re autour de l\u2019objet photographi\u00e9, l\u2019artiste induit-elle un questionnement sur l\u2019ambivalence du progr\u00e8s scientifique&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>Il convient en premier lieu de parcourir bri\u00e8vement son \u0153uvre, afin de souligner son int\u00e9r\u00eat pour les transformations technologiques. La s\u00e9rie <em>Kodak City<\/em> (2007-2012) porte sur la transition entre argentique et num\u00e9rique. Catherine Leutenegger documente la fin de l\u2019empire Kodak, embl\u00e8me d\u2019un changement de paradigme dans la photographie (BOULOUCH, 2015). Elle s\u2019int\u00e9resse ensuite \u00e0 l\u2019impression 3D, en grand format d\u2019abord, par le biais de l\u2019architecture (s\u00e9re <em>New Artificiality<\/em>, 2016), puis en r\u00e9alisant une nano-sculpture 3D d\u2019elle-m\u00eame, gr\u00e2ce \u00e0 un microscope \u00e9lectronique, d\u00e9couvrant les confins de la science et de l\u2019infiniment petit. En 2018, sur mandat de l\u2019EPFL, \u00e0 l\u2019occasion des cinquante ans de l\u2019\u00e9cole polytechnique, elle s\u2019immerge dans le monde de la recherche scientifique. Ayant l\u2019opportunit\u00e9 de visiter le campus et les laboratoires, elle fait la rencontre de chercheuses et de chercheurs qui lui montrent de nouveaux moyens de visualisation qui permettent d\u2019aller au-del\u00e0 du visible pour l\u2019\u0153il humain. Une forme de partage s\u2019instaure au travers de cette collaboration, permettant \u00e0 Catherine Leutenegger d\u2019apprendre \u00e0 manipuler de nouveaux outils, et peut-\u00eatre aux scientifiques d\u2019avoir un autre regard sur leurs objets d\u2019\u00e9tude (LEUTENEGGER, KONOPKA, CHRISTINAT 2019). C\u2019est l\u00e0 un point que souligne le physicien Jean-Marc L\u00e9vy-Leblond dans une interview men\u00e9e par le sociologue Jean-Paul Fourmentraux, en parlant de la rencontre entre diff\u00e9rentes approches&nbsp;: \u00ab&nbsp;cette diff\u00e9rence m\u2019oblige [\u2026] \u00e0 faire retour sur moi-m\u00eame et \u00e0 me rendre compte qu\u2019au fond, ma d\u00e9marche de physicien peut \u00eatre \u00e9clair\u00e9e d\u2019une fa\u00e7on inattendue&nbsp;\u00bb (LEVY-LEBLOND 2012). Cette fonction heuristique du dialogue s\u2019av\u00e8re alors b\u00e9n\u00e9fique pour les deux domaines qui s\u2019\u00e9clairent de leur regard (ROGER 2022).<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"683\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/03\/3.DCI_108-683x1024.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-718\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/03\/3.DCI_108-683x1024.png 683w, https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/03\/3.DCI_108-200x300.png 200w, https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/03\/3.DCI_108-768x1152.png 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/03\/3.DCI_108-540x810.png 540w, https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/03\/3.DCI_108.png 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Fig.&nbsp;1. Catherine Leutenegger, <em>Titan Krios I, enceinte externe, <\/em>s\u00e9rie<em> Centre d\u2019imagerie Dubochet<\/em>, 2022<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"667\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/03\/10.molecule_10000x6511_sans_coutours_2molecule_10000x6511_sans_coutours_2-1024x667.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-720\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/03\/10.molecule_10000x6511_sans_coutours_2molecule_10000x6511_sans_coutours_2-1024x667.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/03\/10.molecule_10000x6511_sans_coutours_2molecule_10000x6511_sans_coutours_2-300x195.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/03\/10.molecule_10000x6511_sans_coutours_2molecule_10000x6511_sans_coutours_2-768x500.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/03\/10.molecule_10000x6511_sans_coutours_2molecule_10000x6511_sans_coutours_2-1536x1000.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/03\/10.molecule_10000x6511_sans_coutours_2molecule_10000x6511_sans_coutours_2-540x352.jpg 540w, https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/03\/10.molecule_10000x6511_sans_coutours_2molecule_10000x6511_sans_coutours_2-1080x703.jpg 1080w, https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/03\/10.molecule_10000x6511_sans_coutours_2molecule_10000x6511_sans_coutours_2.jpg 1843w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Fig. 2. Catherine Leutenegger, <em>Complexe prot\u00e9ique d\u2019ADN, <\/em>s\u00e9rie<em> Centre d\u2019imagerie Dubochet<\/em>, 2022<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>La d\u00e9marche collective est aussi adopt\u00e9e dans le projet pour l\u2019exposition <em>Techno-mondes<\/em>, pour lequel elle collabore avec les chercheuses et chercheurs, afin d\u2019appr\u00e9hender pleinement la technologie de cryo-microscopie \u00e9lectronique. Celle-ci permet d\u2019observer des \u00e9chantillons biologiques dans leur \u00e9tat naturel en les vitrifiant, plut\u00f4t que de les congeler, ce qui ab\u00eemerait leur structure (LEVY, DI CICCO, BERTIN, DEZI 2021). Les images de Catherine Leutenegger capturent les microscopes (fig.&nbsp;1), les laboratoires, mais montrent aussi un mod\u00e8le mol\u00e9culaire d\u2019un prot\u00e9ique obtenu par cryo-microscopie (fig.&nbsp;2). A propos de la photomicroscopie, Lelio Orci et Michael S. Pepper s\u2019interrogent sur la potentielle qualit\u00e9 artistique du microscope, objet <em>a priori <\/em>scientifique, lorsqu\u2019il est utilis\u00e9 \u00e0 but cr\u00e9atif (ORCI, PEPPER 2002, p.&nbsp;133). En posant le probl\u00e8me du regard objectif scientifique oppos\u00e9 \u00e0 celui de l\u2019artiste, subjectif, ils mettent cependant l\u2019accent sur l\u2019int\u00e9r\u00eat du regard et du contexte. <\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>De m\u00eame que l\u2019urinoir (<em>Fontaine<\/em>, 1917) de Marcel Duchamp ne serait pas une \u0153uvre d\u2019art dans une salle de bain, une photographie faite par un scientifique pour observer un \u00e9chantillon ne pourrait avoir le statut d\u2019\u0153uvre d\u2019art que si elle se trouve d\u00e9tourn\u00e9e et int\u00e9gr\u00e9e dans un contexte mus\u00e9al. Monique Sicard explique ce ph\u00e9nom\u00e8ne de transfert&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Le dispositif technico-culturel de la r\u00e9ception conditionne l\u2019ad\u00e9quation du contenu avec l\u2019attente du spectateur. Le passage d\u2019un dispositif \u00e0 un autre, d\u2019une l\u00e9gitimit\u00e9 scientifique \u00e0 une l\u00e9gitimit\u00e9 artistique, ne peut qu\u2019entra\u00eener une modification de la lecture. (SICARD, 2012, \u00a7 26)<\/p>\n\n\n\n<p>Un m\u00eame objet peut se voir alors dot\u00e9 de diff\u00e9rents statuts en fonction de son contexte, qui calibre les attentes des spectateurs. Cette ambivalence du statut de l\u2019objet est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante, car cela permet de remettre en perspective le regard port\u00e9 sur lui. Le ph\u00e9nom\u00e8ne de transfert se fait ici par le regard de Catherine Leutenegger, qui manipule la machine et choisit la prise de vue en fonction de sa sensibilit\u00e9 esth\u00e9tique. Dans son article sur la photomicroscopie, Anastasia Tyurina souligne l\u2019importance de consid\u00e9rer la pratique artistique comme une approche alternative aux objets scientifiques, valorisant de fait le regard en biais de l\u2019artiste (TYURINA 2020, p.&nbsp;103). Ainsi, par son regard de photographe, Catherine Leutenegger offre au public sa vision du monde scientifique et l\u2019\u00e9claire de sa propre subjectivit\u00e9, permettant de nourrir les liens toujours changeants entre art et science (LEVY-LEBLOND 2012, p.&nbsp;3).<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>Toutefois, le seul enjeu n\u2019est pas d\u2019offrir son propre regard sur le monde scientifique, mais de proposer une image incertaine pour le regard du public, en jouant avec les \u00e9chelles. Plusieurs \u0153uvres de Catherine Leutenegger proposent une prise de vue qui provoque une certaine confusion, \u00e0 l\u2019instar de <em>Titan Krios II, vue interne, <\/em>(qui a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e pour l\u2019affiche de l\u2019exposition <em>Techno-mondes<\/em>,fig. 3)&nbsp;: s\u2019agit-il d\u2019une machine plus petite que l\u2019homme, ou un monde aux accents de science-fiction, dans lequel on croirait reconna\u00eetre un balcon en hauteur&nbsp;? Le public se trouve alors happ\u00e9 par l\u2019image, essayant de d\u00e9m\u00ealer sa confusion. Comme Catherine Leutenegger nous l\u2019a expliqu\u00e9 lors de l\u2019interview que nous avons r\u00e9alis\u00e9e avec Furaha Mujynya \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019exposition (MUJYANA, LUTHIER 2023), ce trouble provoqu\u00e9 est intentionnel. La photographe vise \u00e0 cr\u00e9er des images desquelles on pourrait d\u00e9gager une multitude de sens et qui permettent de questionner la dualit\u00e9 de la science&nbsp;: \u00ab&nbsp;la science, selon moi, est ambivalente, parce que nous sommes toujours dans une recherche de progr\u00e8s, mais nous savons que la notion de progr\u00e8s est aussi \u00e0 double tranchant&nbsp;\u00bb (MUJYANA, LUTHIER 2023). L\u2019univers qu\u2019elle propose n\u2019inclut pas les humains (seul un gant de laboratoire rappelle la pr\u00e9sence humaine au sein de sa s\u00e9rie, fig. 4)&nbsp;; c\u2019est un monde domin\u00e9 par la technique. L\u2019absence de fen\u00eatre, ne permettant pas \u00e0 la lumi\u00e8re du jour de filtrer, donne \u00e9galement une impression atemporelle&nbsp;: quelle heure, quel jour, quelle \u00e9poque, quel monde&nbsp;? Il ne s\u2019agit alors que d\u2019essayer de deviner, de se situer, en observant la lumi\u00e8re bleue, tenace, irr\u00e9elle, et les fum\u00e9es d\u2019azote qui se d\u00e9gagent d\u2019un r\u00e9cipient semblant se fondre avec celles-ci.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"683\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/02\/3.DCI_147_2DCI_147_2-683x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-403\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/02\/3.DCI_147_2DCI_147_2-683x1024.jpg 683w, https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/02\/3.DCI_147_2DCI_147_2-200x300.jpg 200w, https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/02\/3.DCI_147_2DCI_147_2-768x1152.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/02\/3.DCI_147_2DCI_147_2-540x810.jpg 540w, https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/02\/3.DCI_147_2DCI_147_2.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Fig. 3. Catherine Leutenegger, <em>Titan Krios II, vue interne, <\/em>s\u00e9rie<em> Centre d\u2019imagerie Dubochet<\/em>, 2022<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"683\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/04\/6.DCI_286_rec-683x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-839\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/04\/6.DCI_286_rec-683x1024.jpg 683w, https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/04\/6.DCI_286_rec-200x300.jpg 200w, https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/04\/6.DCI_286_rec-768x1152.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/04\/6.DCI_286_rec-540x810.jpg 540w, https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/files\/2023\/04\/6.DCI_286_rec.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Fig. 4. Catherine Leutenegger, <em>Gant de protection, <\/em>s\u00e9rie<em> Centre d\u2019imagerie Dubochet<\/em>, 2022<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>Tout univers futuriste de science-fiction pr\u00e9sentant un monde tr\u00e8s avanc\u00e9 d\u2019un point de vue technologique peut \u00eatre le lieu d\u2019une dystopie, car l\u2019abondance des technologies offre la potentielle prise de pouvoir de celle-ci sur les humains. Mais la dystopie est le versant d\u2019une utopie&nbsp;: un monde si technologiquement avanc\u00e9 qu\u2019il permettrait d\u2019\u00e9radiquer des maladies, sur lequel on pourrait s\u2019appuyer, et progresser encore (ATALLAH, 2011). C\u2019est cet aspect abyssal de la science que Catherine Leutenegger essaie d\u2019appr\u00e9hender au sein de sa s\u00e9rie photographique pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l\u2019UNIL. Cette question du progr\u00e8s continuel est aussi pos\u00e9e par Jean-Marc L\u00e9vy-Leblond, qui s\u2019inqui\u00e8te de l\u2019avenir de la science&nbsp;: \u00ab&nbsp;Derri\u00e8re l\u2019immense effectivit\u00e9 de la science depuis un si\u00e8cle et demi, ne risque-t-elle pas de s\u2019\u00e9tioler elle-m\u00eame, victime de sa propre efficacit\u00e9&nbsp;?&nbsp;\u00bb (LEVY-LEBLOND 2012, p.&nbsp;8). A l\u2019inverse de Catherine Leutenegger, qui montre une volont\u00e9 de s\u2019immerger dans le monde scientifique, la r\u00e9action de Jean-Marc L\u00e9vy-Leblond est de favoriser un art d\u00e9nu\u00e9 de toute technologie tel que le proposaient les artistes de l\u2019arte povera, dont le dessein artistique \u00e9tait \u00ab&nbsp;la recherche d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e de moyens rudimentaires, pauvres, pour s\u2019exprimer&nbsp;\u00bb (<em>Ibid<\/em>.). Les r\u00e9actions face au progr\u00e8s de la science sont diverses, mais celle de Catherine Leutenegger permet d\u2019appr\u00e9hender un monde scientifique qui demeure souvent peu connu du grand public. En nous immergeant dans ce monde qui semble aussi r\u00e9el qu\u2019imaginaire, elle permet un questionnement sur l\u2019image vue, ce qu\u2019elle repr\u00e9sente, ce qu\u2019elle veut dire ou dit pour nous. Au travers de sa s\u00e9rie photographique, elle remod\u00e8le nos imaginaires tout en \u00e9voquant des mondes aux contours incertains, afin d\u2019emp\u00eacher notre pens\u00e9e de se fixer.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading has-small-font-size\">Bibliographie<\/h5>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<div class=\"wp-block-group biblio\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-small-font-size\">ATALLAH Marc, \u00ab&nbsp;Utopie et dystopie. Les deux s\u0153urs siamoises&nbsp;\u00bb, dans<em> Le Bulletin de l\u2019Association F. Gonseth, Institut de la m\u00e9thode<\/em>, 2011, pp. 17-27, consult\u00e9 le 25.08.2021. URL&nbsp;: <a href=\"https:\/\/www.fabula.org\/atelier.php?Utopie_et_dystopie_deux_soeurs_siamoise\">https:\/\/www.fabula.org\/atelier.php?Utopie_et_dystopie_deux_soeurs_siamoise<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">BOULOUCH Nathalie, \u00ab&nbsp;Catherine Leutenegger&nbsp;: <em>Kodak city&nbsp;<\/em>\u00bb, <em>Critique d\u2019art<\/em> [En ligne], mis en ligne le 15 novembre 2015, consult\u00e9 le 08 d\u00e9cembre 2022, URL&nbsp;: <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/critiquedart\/17646\">https:\/\/journals.openedition.org\/critiquedart\/17646<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">LEUTENEGGER Catherine, KONOPKA Bogdan, CHRISTINAT Olivier, <em>Regards sur l\u2019EPFL<\/em>, Lausanne, EPFL Press, 2019.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">MUJYNYA Furaha et LUTHIER Chlo\u00e9, \u00ab&nbsp;Interview de Catherine Leutenegger&nbsp;\u00bb, Lausanne, 13 f\u00e9vrier 2023.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">LEVY Daniel, DI CICCO Aur\u00e9lie, BERTIN Aur\u00e9lie, DEZI Manuela, \u00ab&nbsp;La cryo-microscopie \u00e9lectronique r\u00e9v\u00e8le une nouvelle vision de la cellule et de ses composants&nbsp;\u00bb, <em>m\u00e9decine\/sciences<\/em>, 37, 2021, pp. 379-385.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">LEVY-LEBLOND Jean-Marc, \u00ab&nbsp;La science n\u2019est pas l\u2019art&nbsp;: Entretien avec Jean-Paul Fourmentraux&nbsp;\u00bb, dans FOURMENTREAUX, Jean-Marc (dir.), <em>Art et science<\/em>, Nouvelle \u00e9dition [en ligne], Paris, CNRS \u00c9ditions, 2012, consult\u00e9 le 23.02.2023. URL&nbsp;: <a href=\"https:\/\/books.openedition.org\/editionscnrs\/19089\">https:\/\/books.openedition.org\/editionscnrs\/19089<\/a><\/p>\n<\/div><\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<div class=\"wp-block-group biblio\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-small-font-size\">ORCI Lelio, PEPPER Michael, \u00ab&nbsp;Microscopy&nbsp;: an art ?&nbsp;\u00bb, dans <em>Nat Rev Mol Cell Biol<\/em>, 3, 2002, pp. 133-137. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1038\/nrm726\">https:\/\/doi.org\/10.1038\/nrm726<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">ROGER Hannah Star, <em>Art, Science, and the Politics of Knowledge<\/em>, Cambridge: MA, The MIT Press, 2022.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">SICARD Monique, \u00ab&nbsp;Entre art et science, la photographie&nbsp;\u00bb, dans FOURMENTREAUX Jean-Marc (dir.), <em>Art et science<\/em>. Nouvelle \u00e9dition [en ligne], Paris, CNRS \u00c9ditions, 2012, consult\u00e9 le 23 f\u00e9vrier 2023, URL&nbsp;: <a href=\"https:\/\/books.openedition.org\/editionscnrs\/19089\">https:\/\/books.openedition.org\/editionscnrs\/19089<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">TYURINA Anastasia, \u00ab&nbsp;Searching for New Aesthetics&nbsp;: Unfolding the Artistic Potential of Images Made by Scanning Electron Microscopy&nbsp;\u00bb, dans EARNSHAW Rae, LIGGETT Susan, EXCELL Peter, THALMANN Daniel (dir.), <em>Technology, Design and the Arts \u2013 Opportunities and Challenges<\/em>, New York, Springer, 2020, pp. 103-120.<\/p>\n<\/div><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Chlo\u00e9 Luthier<\/p>\n","protected":false},"author":108,"featured_media":721,"parent":310,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"template-full-width.php","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"class_list":["post-357","page","type-page","status-publish","has-post-thumbnail"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/357","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/wp-json\/wp\/v2\/users\/108"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=357"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/357\/revisions"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/310"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/wp-json\/wp\/v2\/media\/721"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/techno-mondes\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=357"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}