{"id":12,"date":"2017-09-27T11:41:48","date_gmt":"2017-09-27T09:41:48","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/?page_id=12"},"modified":"2024-09-25T17:31:47","modified_gmt":"2024-09-25T15:31:47","slug":"analyses-pedologiques","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/analyses-pedologiques\/","title":{"rendered":"Analyses p\u00e9dologiques"},"content":{"rendered":"\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;Liens vers les r\u00e9sultats des analyses laboratoires :<\/h4>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/files\/2024\/09\/Donnees_Swissoil_SGLV.xlsx\">Fiche de donn\u00e9es (Excel)<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/files\/2024\/09\/Donnees_Swissoil_Lexique.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Lexique de labo (PDF)<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.unil.ch\/idyst\/home\/menuinst\/lab-facilities\/analytical-platform\/water-1.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>Protocoles des analyses (plateforme analytique IDYST-UNIL)<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">A quoi servent les analyses de laboratoire ?<\/h4>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Valider et compl\u00e9menter les observations faites directement sur le terrain<\/li>\n\n\n\n<li>Comprendre la composition biog\u00e9ochimique d\u2019un sol ainsi que l\u2019arrangement, l\u2019organisation et l&rsquo;interaction des composants du sol<\/li>\n\n\n\n<li>R\u00e9pondre \u00e0 une question de recherche cibl\u00e9e<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><strong>Principe et utilit\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une analyse laboratoire va fournir un r\u00e9sultat isol\u00e9 et r\u00e9ductionniste, sur une propri\u00e9t\u00e9 ou composante sp\u00e9cifique du sol. Mais comme on l\u2019a vu \u00e0 travers l\u2019exploration de ce site, le fonctionnement d\u2019un sol est le r\u00e9sultat d\u2019interactions complexes entre une multitude de facteurs qui interagissent \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9chelles de temps et d\u2019espace. Souvent, les analyses de laboratoire sont compl\u00e9mentaires entre elles et il est donc n\u00e9cessaire, lorsque l\u2019on veut comprendre le fonctionnement d\u2019un sol, de combiner les diff\u00e9rents r\u00e9sultats obtenus dans une approche holistique ou le sol, objet d\u2019\u00e9tude, est remis dans son environnement global. La bonne compr\u00e9hension d\u2019un sol d\u00e9coule donc d\u2019une succession de zoom avant et zoom arri\u00e8re qui consiste \u00e0 appr\u00e9hender un \u00e9l\u00e9ment isol\u00e9 et pr\u00e9cis puis de le remettre dans son contexte au sein des autres facteurs qui interagissent avec lui directement ou indirectement au sein du sol.<\/p>\n\n\n\n<p>Les analyses laboratoires sont g\u00e9n\u00e9ralement couteuses; il convient donc de bien r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 quelles analyses faire. Ce choix va d\u00e9pendre de la question que l\u2019on se pose. Chaque m\u00e9thode analytique permet de d\u00e9voiler une facette du sol. Une fois que les questions de recherche sont pos\u00e9es et que les analyses permettant d\u2019y r\u00e9pondre ont \u00e9t\u00e9 choisies, il s\u2019agira de bien comprendre le principe de l\u2019analyse et surtout de pouvoir interpr\u00e9ter les r\u00e9sultats.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p><em>Vid\u00e9o de pr\u00e9sentation du type d&rsquo;analyses de laboratoire qui sont effectu\u00e9es sur des \u00e9chantillons de sols. Pr\u00e9sent\u00e9 par Fabienne Dietrich, doctorante 2017, Institut des dynamiques de la surface terrestre, Universit\u00e9 de Lausanne<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-video\"><video controls poster=\"https:\/\/av.unil.ch\/hva\/3301\/05-fabienne-analyses-2017-11-21.png\" preload=\"true\" src=\"https:\/\/av.unil.ch\/hva\/3301\/05-fabienne-analyses-2017-11-21.mp4\"><\/video><\/figure>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">But des diff\u00e9rentes analyses laboratoires<\/h5>\n\n\n\n<p><strong>Pr\u00e9paration d\u2019un \u00e9chantillon de sol<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tout \u00e9chantillon de sol pr\u00e9lev\u00e9 sera marqu\u00e9 de mani\u00e8re \u00e0 pouvoir \u00eatre facilement identifiable une fois au laboratoire (lieu, sol, horizon\/profondeur, date du pr\u00e9l\u00e8vement). Il sera d\u2019abord s\u00e9ch\u00e9 \u00e0 l\u2019air dans une \u00e9tuve \u00e0 45\u00b0C pendant environ une semaine (selon l\u2019humidit\u00e9 qu\u2019il contient). Puis il sera tamis\u00e9 \u00e0 2mm afin de s\u00e9parer la fraction grossi\u00e8re de la <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/glossaire-definition\/#T\" data-type=\"page\" data-id=\"22\">terre fine<\/a>. C\u2019est principalement sur la terre fine que les analyses sont faites. Certaines analyses requi\u00e8rent un \u00e9chantillon broy\u00e9 \u00e0 la taille des <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/glossaire-definition\/#L\">limons<\/a> (farine), d\u2019autres sont faites directement sur la terre fine tamis\u00e9e \u00e0 2mm. En effet, le broyage du sol implique une modification de la surface sp\u00e9cifique des particules le constituant, qui voient leur granulom\u00e9trie diminuer. Le broyage se fait \u00e0 l\u2019aide d\u2019un mortier en agate (\u00e0 cause de sa duret\u00e9 et composition chimique simple \u2013 SiO<sub>2<\/sub> \u2013 ne risquant pas de contaminer l\u2019\u00e9chantillon broy\u00e9 avec d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments), soit \u00e0 la main ou avec un mortier automatique en fonction de la quantit\u00e9 d\u2019\u00e9chantillon et du volume de terre \u00e0 broyer.<\/p>\n\n\n\n<p><strong id=\"Humiditeresiduelle\">Humidit\u00e9 <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L&rsquo;humidit\u00e9 environnementale<\/strong> (HE) repr\u00e9sente la teneur en eau \u00e0 un instant T d&rsquo;un \u00e9chantillon frais. Elle se quantifie par la diff\u00e9rence entre la masse de l&rsquo;\u00e9chantillon frais et sa masse apr\u00e8s s\u00e9chage \u00e0 105\u00b0C. Tout \u00e9chantillon s\u00e9ch\u00e9 \u00e0 l\u2019air contiendra toujours une part d\u2019<strong>humidit\u00e9 r\u00e9siduelle<\/strong> (HR), soit pi\u00e9g\u00e9e principalement dans la fraction argileuse et la mati\u00e8re organique par capillarit\u00e9, soit d\u00fb \u00e0 l\u2019humidit\u00e9 relative de l\u2019air environnant. Cette HR n\u2019est donc pas fixe et varie selon l\u2019humidit\u00e9 de l\u2019air et la composition de l\u2019\u00e9chantillon. De mani\u00e8re \u00e0 \u00eatre reproductibles et comparables entres elles, les analyses laboratoires doivent donner une mesure caract\u00e9risant la phase solide. Il convient donc de mesurer l\u2019HR (s\u00e9chage \u00e0 105\u00b0C pendant minimum 48 heures, puis pes\u00e9e de la diff\u00e9rence de poids avant et apr\u00e8s le passage au four) d\u2019un \u00e9chantillon afin de pouvoir ensuite corriger certains r\u00e9sultats en leur soustrayant la proportion pond\u00e9rale que repr\u00e9sente l\u2019HR. De cette mani\u00e8re, diff\u00e9rents r\u00e9sultats exprim\u00e9s peuvent \u00eatre compar\u00e9s entre eux de mani\u00e8re plus robuste. De plus, l\u2019HR ne sert pas uniquement \u00e0 corriger les r\u00e9sultats d\u2019autres analyses mais elle est aussi informative en soi. En effet, elle d\u00e9livre d\u00e9j\u00e0 une bonne indication du contenu en <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/glossaire-definition\/#A\" data-type=\"page\" data-id=\"22\">argiles<\/a> et mati\u00e8re organique d\u2019un \u00e9chantillon.<\/p>\n\n\n\n<p><strong id=\"Pertefeu\">Perte au feu, mati\u00e8re organique et carbone organique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La perte au feu (PAF) consiste \u00e0 calciner un \u00e9chantillon \u00e0 450\u00b0C et \u00e0 mesurer la diff\u00e9rence de masse avant et apr\u00e8s calcination. Cette mesure regroupe la perte de la mati\u00e8re organique, de l\u2019humidit\u00e9 r\u00e9siduelle ainsi que de l\u2019eau de constitution des min\u00e9raux argileux. Elle est commun\u00e9ment utilis\u00e9e en science du sol pour d\u00e9terminer de mani\u00e8re approximative et rapide la quantit\u00e9 de mati\u00e8re organique et de carbone organique pr\u00e9sent dans un \u00e9chantillon. Pour mesurer la mati\u00e8re organique, un facteur de correction sera appliqu\u00e9 sur les r\u00e9sultats de la PAF afin de tenir compte de l\u2019eau de constitution pi\u00e9g\u00e9e dans les min\u00e9raux argileux et rel\u00e2ch\u00e9e durant la PAF. De m\u00eame, la communaut\u00e9 scientifique s&rsquo;accorde sur le fait que le carbone organique repr\u00e9sente environ 58% de la mati\u00e8re organique. Une mesure de la mati\u00e8re organique permet donc d\u2019estimer la quantit\u00e9 de carbone organique. La perte au feu peut aussi \u00eatre appliqu\u00e9e \u00e0 1050\u00b0C. A cette temp\u00e9rature, tous les carbonates, s\u2019il y en a, sont d\u00e9truits et une part de leur masse est rel\u00e2ch\u00e9e sous forme de CO<sub>2<\/sub>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong id=\"CN\">Analyseur \u00e9l\u00e9mentaire carbone et azote<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p>Cette analyse, faite sur sol broy\u00e9, permet de mesurer la quantit\u00e9 totale de carbone (C) et d\u2019azote (N) dans un \u00e9chantillon (ces \u00e9l\u00e9ments \u00e9tant trop l\u00e9gers pour \u00eatre mesur\u00e9s \u00e0 la XRF, <em>cf.<\/em> description ci-dessous). Si les \u00e9chantillons ne contiennent pas de carbonate, la mesure de carbone correspond au carbone organique (Corg), et permet donc de connaitre la quantit\u00e9 de mati\u00e8re organique dans l\u2019\u00e9chantillon. Cette mesure permet aussi de calculer le rapport C\/N, pour autant que la mesure de carbone corresponde au carbone organique (et non pas au carbone des carbonates). Le rapport C\/N est un indicateur de fertilit\u00e9 et de fonctionnement du sol commun\u00e9ment utilis\u00e9 depuis longtemps par les agronomes, les agriculteurs et les forestiers. Il est utilis\u00e9 principalement pour les horizons de surface qui sont organo-min\u00e9raux et donne une indication du degr\u00e9 d\u2019\u00e9volution de la mati\u00e8re organique, c\u2019est-\u00e0-dire de sa tendance \u00e0 se d\u00e9composer et \u00e0 se min\u00e9raliser (selon les conditions environnementales). Un C\/N \u00e9lev\u00e9 indiquera une mauvaise d\u00e9composition de la mati\u00e8re organique par manque d\u2019azote alors qu\u2019un rapport faible sera le signe d\u2019une d\u00e9composition rapide de la mati\u00e8re organique et d\u2019une abondance d\u2019azote.<\/p>\n\n\n\n<p><strong id=\"pH\">pH<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le pH est une mesure de la concentration en protons (H<sup>+<\/sup>), ions H<sub>3<\/sub>O<sup>+<\/sup> dissoci\u00e9s. Elle se fait dans une solution liquide, par exemple de l\u2019eau distill\u00e9e ou dans un sel (CaCl<sub>2<\/sub> ou KCl). Une certaine quantit\u00e9 de sol tamis\u00e9 est m\u00e9lang\u00e9 \u00e0 la solution choisie et la concentration en ions dissoci\u00e9s est mesur\u00e9e. Dans une solution d\u2019eau, une part des protons (sous forme non dissoci\u00e9e) vont rester attach\u00e9s \u00e0 la phase solide du sol, sp\u00e9cifiquement aux argiles et \u00e0 la mati\u00e8re organique, et ne seront pas lib\u00e9r\u00e9s dans la solution. Ce pH<sub>eau<\/sub> mesure donc l\u2019acidit\u00e9 actuelle du sol. Alors que dans une solution saline, les ions Ca<sup>2+<\/sup> ou K<sup>+<\/sup>, vont prendre la place des protons fix\u00e9s sur le complexe et les lib\u00e9rer dans la solution. Dans les sols de nos r\u00e9gions, dont l&rsquo;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/glossaire-definition\/#A\" data-type=\"page\" data-id=\"22\">alt\u00e9ration<\/a> est peu avanc\u00e9e, une mesure de pH dans une solution saline donnera normalement des valeurs de pH plus basses,&nbsp;donc indiquant un pH plus acide. La diff\u00e9rence entre le pH mesur\u00e9 dans l\u2019eau ou dans une solution saline donne une indication de l\u2019acidit\u00e9 potentielle d\u2019un sol. Cette diff\u00e9rence peut aussi \u00eatre mesur\u00e9e entre le pH d\u2019une solution saline peu concentr\u00e9e (par exemple CaCl<sub>2<\/sub> \u00e0 0.01M) et le pH d\u2019une solution saline tr\u00e8s concentr\u00e9e (par exemple KCl \u00e0 1M). La mesure de pH dans une solution saline concentr\u00e9e est une meilleure indication de l\u2019acidit\u00e9 d\u2019un sol dans le temps.<\/p>\n\n\n\n<p><strong id=\"CEC\">Capacit\u00e9 d\u2019\u00e9change cationique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La capacit\u00e9 d\u2019\u00e9change cationique (CEC) permet de mesurer la quantit\u00e9 de cations fix\u00e9s sur les <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/glossaire-definition\/#S\" data-type=\"page\" data-id=\"22\">sites d&rsquo;\u00e9changes<\/a> d\u2019un sol \u00e0 pH donn\u00e9. C\u2019est une mesure qui n\u2019est pas constante dans le temps: elle varie en fonction des sites d&rsquo;\u00e9changes, des cations disponibles ainsi que du pH. Elle donne une bonne indication de la fertilit\u00e9 d\u2019un sol et permet de mesurer le taux de saturation (<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/glossaire-definition\/#R\">rapport S\/T<\/a>). En fonction des sites d&rsquo;\u00e9changes, il y aura une plus ou moins grande quantit\u00e9 de sites disponibles pour l\u2019adsorption de cations pr\u00e9sents dans la solution du sol. \u00c9tant donn\u00e9 que les sites d&rsquo;\u00e9changes sont principalement compos\u00e9s d\u2019argiles, diff\u00e9rents types de min\u00e9raux argileux auront des CEC variables en fonction de leur structure.<\/p>\n\n\n\n<p><strong id=\"Calcaire\">Calcaire total et calcaire actif<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La mesure du calcaire ou carbonates de calcium (CaCO<sub>3<\/sub>) total permet d\u2019\u00e9valuer l\u2019avancement de la <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/glossaire-definition\/#D\">d\u00e9carbonatation<\/a> d\u2019un sol calcaire. En g\u00e9n\u00e9ral, on observe un gradient avec une accumulation de calcaire en profondeur, signe de l&rsquo;avanc\u00e9e de la d\u00e9carbonatation. Le calcaire actif, quant \u00e0 lui, est une bonne indication de la fertilit\u00e9 d\u2019un sol. En effet, le calcaire total ne donne aucune indication quant \u00e0 la taille des carbonates; or l\u2019on sait que ce sont les particules les plus fines (et non les <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/glossaire-definition\/#S\" data-type=\"page\" data-id=\"22\">sables<\/a>) qui sont r\u00e9actives. Pour la nutrition des plantes, c\u2019est le calcaire sous forme r\u00e9active qui est importante car c&rsquo;est sous cette forme qu\u2019il peut \u00eatre absorb\u00e9 par la v\u00e9g\u00e9tation.<\/p>\n\n\n\n<p><strong id=\"Granulometrie\">Granulom\u00e9trie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La granulom\u00e9trie fournit la r\u00e9partition (sous forme de proportion pond\u00e9rale) des particules min\u00e9rales inf\u00e9rieures \u00e0 2mm. La r\u00e9partition classique en p\u00e9dologie comprend trois ou cinq classes (argiles \u2013 limons fins ou grossiers \u2013 sables fins ou grossiers), selon des limites de taille commun\u00e9ment accept\u00e9es par les p\u00e9dologues (voir la figure 1 ci-dessous). Mais il est tout \u00e0 fait possible de subdiviser le continuum granulom\u00e9trique de mani\u00e8re plus d\u00e9taill\u00e9e selon la question de recherche.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image wp-image-403\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"423\" height=\"203\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/files\/2018\/05\/Granulo_echelle.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-403\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/files\/2018\/05\/Granulo_echelle.png 423w, https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/files\/2018\/05\/Granulo_echelle-300x144.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 423px) 100vw, 423px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Figure 1. Classes granulom\u00e9triques utilis\u00e9es en p\u00e9dologie<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Afin de pouvoir mesurer la taille de ces particules min\u00e9rales, il est n\u00e9cessaire de d\u00e9structurer l\u2019\u00e9chantillon afin d\u2019obtenir la juste proportion des particules min\u00e9rales. Pour ce faire, les agr\u00e9gats ainsi que la mati\u00e8re organique doivent \u00eatre compl\u00e8tement d\u00e9truits. Les agr\u00e9gats seront d\u00e9truits m\u00e9caniquement sur une table de mixage ou \u00e0 l\u2019ultrason si les ciments du sol sont tr\u00e8s consolid\u00e9s (par exemple dans les sols tropicaux riches en fer et en aluminium) et maintenus dispers\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019ajout d\u2019un dispersant chimique. Cette \u00e9tape n&rsquo;est g\u00e9n\u00e9ralement pas n\u00e9cessaire pour les sols temp\u00e9r\u00e9s. Puis la mati\u00e8re organique sera dig\u00e9r\u00e9e \u00e0 l\u2019aide d&rsquo;un r\u00e9actif chimique (par exemple par le peroxyde d\u2019oxyg\u00e8ne (H<sub>2<\/sub>O<sub>2<\/sub>), connu sous le nom d\u2019eau oxyg\u00e9n\u00e9e). Si l\u2019\u00e9chantillon contient des carbonates, il peut \u00eatre \u00e9galement d\u00e9carbonat\u00e9 (\u00e9tape \u00e0 questionner selon la question de recherche, par exemple pas recommand\u00e9e pour une analyse agronomique). Une fois l\u2019\u00e9chantillon r\u00e9duit sous forme de particules min\u00e9rales \u00e9l\u00e9mentaires, la mesure de la taille des particules peut \u00eatre faite. Il existe diff\u00e9rentes techniques, mentionn\u00e9es dans la figure 2 ci-dessous.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image wp-image-406\">\n<figure class=\"aligncenter\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"604\" height=\"536\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/files\/2018\/05\/Granulo_technique.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-406\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/files\/2018\/05\/Granulo_technique.png 604w, https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/files\/2018\/05\/Granulo_technique-300x266.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 604px) 100vw, 604px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Figure 2. M\u00e9thodes pour la d\u00e9termination de la granulom\u00e9trie<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong id=\"XRD\">Diffraction aux rayons-X (XRD)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La diffraction aux rayons-X est une m\u00e9thode qui permet de fournir la min\u00e9ralogie d\u2019un \u00e9chantillon. Comme son nom l\u2019indique, cette m\u00e9thode est bas\u00e9e sur la diffraction de rayons-X bombard\u00e9s sur les plans atomiques des r\u00e9seaux cristallins. Elle donne une mesure de la proportion relative des min\u00e9raux bien cristallis\u00e9s pr\u00e9sents dans un \u00e9chantillon. Les min\u00e9raux cryptocristallins (mal cristallis\u00e9s) ne seront pas mesur\u00e9s car leur cristallisation irr\u00e9guli\u00e8re ne rendent pas d&rsquo;angle de diffraction sp\u00e9cifique. De m\u00eame, les mat\u00e9riaux amorphes (tel que les oxydes d\u2019aluminium) ne diffractent peu ou pas les rayons-X. L&rsquo;ensemble de ces min\u00e9raux et oxydes mal cristallis\u00e9s seront regroup\u00e9s dans une classe sp\u00e9cifique nomm\u00e9e \u00ab\u00a0indos\u00e9s\u00a0\u00bb dans la fiche de donn\u00e9es ci-dessus. Il conviendra donc, si n\u00e9cessaire, de faire d\u2019autres analyses permettant d&rsquo;identifier cette fraction peu cristalline mais \u00e9tant la plus r\u00e9active dans un sol. De m\u00eame, la m\u00e9thode classique appliqu\u00e9e sur les \u00e9chantillons broy\u00e9s et press\u00e9s dans une pastille ne permettra pas de donner pr\u00e9cis\u00e9ment la min\u00e9ralogie des argiles. Celles-ci seront regroup\u00e9es sous une m\u00eame classe, les phyllosilicates (les <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/glossaire-definition\/#A\">argiles min\u00e9ralogiques<\/a>). Il est cependant possible d\u2019obtenir la min\u00e9ralogie individuelle des argiles via l&rsquo;analyse XRD, mais ceci implique un protocole de pr\u00e9paration de l\u2019\u00e9chantillon sp\u00e9cifique, diff\u00e9rent de la m\u00e9thode des pastilles press\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><strong id=\"XRF\">Fluorescence aux rayons-X (XRF)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019analyse XRF en science du sol est principalement faite sur les \u00e9l\u00e9ments majeurs, c\u2019est-\u00e0-dire les \u00e9l\u00e9ments qui constituent le 95 % de la croute terrestre (Si, Al, Ca, Mg, Na, K, Ti, Fe, Mn et P). Les r\u00e9sultats sont pr\u00e9sent\u00e9s sous forme de proportions poids relatives. Ils repr\u00e9sentent la quantit\u00e9 totale de l\u2019\u00e9l\u00e9ment donn\u00e9 indiff\u00e9remment de son \u00e9tat ou phase chimique (libre, amorphe, pi\u00e9g\u00e9 dans un r\u00e9seau cristallin, etc). Un telle analyse \u00e9l\u00e9mentaire donne une indication de l&rsquo;ambiance g\u00e9ochimique du sol et de son mat\u00e9riel parental, mais elle peut \u00e9galement renseigner sur le degr\u00e9 d&rsquo;alt\u00e9ration (rapport entre \u00e9l\u00e9ment facilement lixivi\u00e9, comme le Ca \/ \u00e9l\u00e9ment immobile, comme le Ti). Ces donn\u00e9es peuvent \u00e9galement \u00eatre pr\u00e9cieuses lorsqu&rsquo;on souhaite connaitre les proportions d&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment sous une forme qui nous int\u00e9resse (par ex. P <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/glossaire-definition\/#B\">biodisponible<\/a> \/ P total). Il est \u00e9galement possible de d\u00e9terminer la quantit\u00e9 (donn\u00e9e g\u00e9n\u00e9ralement en ppm) des \u00e9l\u00e9ments traces (par ex. Ba, Cu, Mn, Pb, Sr, Zn). Ces derniers peuvent \u00eatre int\u00e9ressants pour des questions relatives \u00e0 la pollution des sols ou pour retracer le type de mat\u00e9riel parental par exemple.<\/p>\n\n\n\n<p><strong id=\"AmOxCBD\">Extractions s\u00e9lectives \u00e0 l\u2019ammonium-oxalate (AmOx) et au citrate-bicarbonate-dithionite (CBD)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ces deux extractions chimiques permettent de quantifier des phases<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/glossaire-definition\/#M\"> min\u00e9rales secondaires<\/a> lib\u00e9r\u00e9es lors de processus <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/glossaire-definition\/#P\" data-type=\"page\" data-id=\"22\">p\u00e9dog\u00e9n\u00e9tiques<\/a> (dissolution et (re-)pr\u00e9cipitation). Elles visent respectivement les phases min\u00e9rales cryptocristallines (ex. mat\u00e9riel de type immogolite, ferrihydrite,&#8230;) pour l&rsquo;extraction AmOx et les oxydes d&rsquo;Al (ex. gibbsite) et de Fe (ex. goethite, h\u00e9matite) pour l&rsquo;extraction CBD. Les deux r\u00e9actifs utilis\u00e9s solubilisent les phases souhait\u00e9es lors d&rsquo;une digestion contr\u00f4l\u00e9e, puis les \u00e9l\u00e9ments sont dos\u00e9s par spectrom\u00e9trie (ICP). En g\u00e9n\u00e9ral, des m\u00e9taux tels que l\u2019aluminium, le fer et le silicium sont analys\u00e9s. Selon la question de recherche, le phosphore peut \u00e9galement \u00eatre quantifi\u00e9. Ces analyses donnent de bons indicateurs sur l&rsquo;avanc\u00e9e de la p\u00e9dogen\u00e8se, \u00e9tant donn\u00e9 qu&rsquo;elles renseignent sur la nature et la quantit\u00e9s de phases min\u00e9rales secondaires. Il est important de garder en t\u00eate que ces extractions dissolvent \u00e9galement d&rsquo;autres phases min\u00e9rales ou organiques du sol, comme la silice amorphe ou les m\u00e9taux associ\u00e9s \u00e0 des <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/glossaire-definition\/#C\">complexes organo-min\u00e9raux<\/a>. Afin d&rsquo;interpr\u00e9ter correctement les r\u00e9sultats de ces analyses, il est imp\u00e9ratif de lire de la litt\u00e9rature \u00e0 ce sujet. Par ailleurs, il existe d&rsquo;autres extractions ciblant des phases diff\u00e9rentes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Densit\u00e9 <\/strong><strong>et porosit\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p>En p\u00e9dologie, la mesure de la densit\u00e9 d\u2019un sol fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 sa masse volumique. Elle est simplement calcul\u00e9e en divisant la masse s\u00e8che d\u2019un \u00e9chantillon par son volume. Il existe une distinction entre<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>la <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/glossaire-definition\/#D\" data-type=\"page\" data-id=\"22\">densit\u00e9 r\u00e9elle<\/a> (particule density en anglais), qui repr\u00e9sente la masse volumique des particules de sol (fraction solide). Elle est d\u00e9finie comme la masse de l\u2019\u00e9chantillon de sol divis\u00e9 par le volume des solides uniquement. Cette mesure exclut donc les volumes habituellement occup\u00e9s par l\u2019air et l\u2019eau (les pores). La densit\u00e9 r\u00e9elle varie peu et se situe entre 2.6g\/cm\u00b3 et 2.7g\/cm\u00b3 pour des sols silicat\u00e9s pauvres en mati\u00e8re organique. La valeur moyenne de 2.65g\/cm\u00b3 est souvent utilis\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>la <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/glossaire-definition\/#D\" data-type=\"page\" data-id=\"22\">densit\u00e9 apparente<\/a> (bulk density en anglais) qui repr\u00e9sente la masse volumique d\u2019un \u00e9chantillon de sol non remani\u00e9. La densit\u00e9 apparente est donc n\u00e9cessairement inf\u00e9rieure \u00e0 la densit\u00e9 r\u00e9elle. C\u2019est un bon indicateur de compactage du sol. Elle est utile \u00e9galement dans les calculs de conversion entre \u00e9l\u00e9ments (ex: teneur en carbone organique du sol [gC\/100g]) et stocks (ex: stock de carbone organique du sol [tonneC\/hectare])<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Pour les sols contenant une proportion importante d\u2019\u00e9l\u00e9ments grossiers (graviers, cailloux, pierres, blocs), le calcul de la densit\u00e9 apparente de la <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/glossaire-definition\/#T\" data-type=\"page\" data-id=\"22\">terre fine<\/a> (\u00e9l\u00e9ments de \u00d8 &lt; 2mm) apr\u00e8s avoir retir\u00e9 les \u00e9l\u00e9ments grossiers peut s\u2019av\u00e9rer utile pour pouvoir comparer des \u00e9chantillons pr\u00e9sentant des diff\u00e9rences dans leurs \u00e9l\u00e9ments grossiers.<\/p>\n\n\n\n<p>La densit\u00e9 apparente et la densit\u00e9 r\u00e9elle sont utilis\u00e9es pour calculer la <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/swissoil\/glossaire-definition\/#P\" data-type=\"page\" data-id=\"22\">porosit\u00e9<\/a> (volume des pores). La porosit\u00e9 regroupe les volumes d\u2019un \u00e9chantillon de sol disponibles pour l\u2019air ou les fluides, c\u2019est \u00e0 dire non occup\u00e9s par la phase solide. Elle se compose de porosit\u00e9 fine qui retient l\u2019eau et de porosit\u00e9 grossi\u00e8re qui est g\u00e9n\u00e9ralement occup\u00e9e par l\u2019air.<\/p>\n\n\n\n<p>La porosit\u00e9 totale = (densit\u00e9 r\u00e9elle \u2013 densit\u00e9 apparente) \/ densit\u00e9 r\u00e9elle<\/p>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;Liens vers les r\u00e9sultats des analyses laboratoires : Fiche de donn\u00e9es (Excel) Lexique de labo (PDF) Protocoles des analyses (plateforme analytique IDYST-UNIL) A quoi servent les analyses de laboratoire ? 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