{"id":11670,"date":"2025-10-21T15:51:03","date_gmt":"2025-10-21T13:51:03","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/?page_id=11670"},"modified":"2025-10-30T08:33:38","modified_gmt":"2025-10-30T07:33:38","slug":"ronces-primeveres-et-botanique-du-futur","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/ronces-primeveres-et-botanique-du-futur\/","title":{"rendered":"Ronces, primev\u00e8res et botanique du futur"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Comment la flore foresti\u00e8re \u00e9volue-t-elle sur le long terme&nbsp;? Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question, la flore pr\u00e9sente dans le Parc naturel du Jorat va \u00eatre \u00e9tudi\u00e9e sur plusieurs d\u00e9cennies. Le premier inventaire s\u2019est fait de 2022 \u00e0 2024. Il a permis de documenter la situation initiale, juste apr\u00e8s la mise en r\u00e9serve int\u00e9grale d\u2019une partie de la for\u00eat.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On y trouve des an\u00e9mones, des foug\u00e8res, des violettes, des primev\u00e8res, des orchid\u00e9es, ou encore des g\u00e9raniums des bois. Et puis, omnipr\u00e9sentes, des ronces, qui poussent parfois en fourr\u00e9s imp\u00e9n\u00e9trables. Durant trois \u00e9t\u00e9s, une \u00e9quipe de botanistes a inventori\u00e9 la flore foresti\u00e8re dans tout le Parc naturel du Jorat. Une flore vari\u00e9e, \u00e0 l\u2019image des divers milieux plus ou moins influenc\u00e9s par les activit\u00e9s humaines que l\u2019on y trouve.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 certains endroits, les h\u00eatres dominent. Ailleurs, c\u2019est une fr\u00eanaie mar\u00e9cageuse que l\u2019on observe. Deux milieux qui donnent une bonne id\u00e9e de ce qu\u2019\u00e9taient les bois du Jorat \u00e0 l\u2019origine, des for\u00eats domin\u00e9es par les feuillus, certaines mar\u00e9cageuses. De nombreux endroits sont en revanche fortement marqu\u00e9s par la sylviculture intensive du pass\u00e9, qui s\u2019est traduite par la plantation massive de sapins blancs et d\u2019\u00e9pic\u00e9as. \u00c0 tel point que les conif\u00e8res sont devenus pr\u00e9dominants dans les for\u00eats du Jorat, loin de leur \u00e9tat naturel d\u2019origine.<br><br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/pessiere-plantee_jorat.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/pessiere-plantee_jorat-768x1024.jpg\" alt=\"pessi\u00e8re plant\u00e9e jorat\" class=\"wp-image-11673\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/pessiere-plantee_jorat-768x1024.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/pessiere-plantee_jorat-225x300.jpg 225w, https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/pessiere-plantee_jorat.jpg 900w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Vieille for\u00eat d\u2019\u00e9pic\u00e9as plant\u00e9s il y a environ 80 ans. La mort de certains arbres a cr\u00e9\u00e9 des trou\u00e9es dans le sous-bois, favorables \u00e0 la diversification de la flore \u00a9 Pascal Vittoz<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Quand la nature reprend ses droits<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mais d\u00e9sormais, les deux moiti\u00e9s du Parc naturel du Jorat devraient \u00e9voluer de mani\u00e8re de plus en plus diff\u00e9renci\u00e9e au fil des d\u00e9cennies. Depuis 2021, la moiti\u00e9 nord du Parc se trouve en effet en r\u00e9serve int\u00e9grale, ce qui veut dire qu\u2019on y laisse la for\u00eat \u00e9voluer librement, sans aucune intervention humaine. Dans la moiti\u00e9 sud du Parc en revanche, l\u2019exploitation foresti\u00e8re se poursuit.<\/p>\n\n\n\n<p>La protection int\u00e9grale des for\u00eats profite avant tout aux esp\u00e8ces d\u00e9pendantes du bois mort, le plus souvent des champignons et des col\u00e9opt\u00e8res, car ce type de r\u00e9serve foresti\u00e8re implique entre autres de laisser vieillir les arbres sans ramasser le bois mort, les petites branches comme les plus gros troncs.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019absence d\u2019intervention humaine est potentiellement moins favorable \u00e0 la flore des sous-bois. Celle-ci risque de souffrir de la densification de la canop\u00e9e, en tout cas dans un premier temps. De nombreuses esp\u00e8ces sont en effet h\u00e9liophiles, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elles ont besoin de beaucoup de lumi\u00e8re. Cela dit, l\u2019\u00e9volution de cette flore dans les r\u00e9serves foresti\u00e8res a encore \u00e9t\u00e9 peu \u00e9tudi\u00e9e en Europe centrale.<br><br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/myxomycete_rel-89_2produisent-spores-comme-les-champignons-mais-forment-un-regne-a-part.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/myxomycete_rel-89_2produisent-spores-comme-les-champignons-mais-forment-un-regne-a-part-1024x768.jpg\" alt=\"myxomyc\u00e8te rel 89 2=produisent spores comme les champignons mais forment un r\u00e8gne \u00e0 part\" class=\"wp-image-11672\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/myxomycete_rel-89_2produisent-spores-comme-les-champignons-mais-forment-un-regne-a-part-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/myxomycete_rel-89_2produisent-spores-comme-les-champignons-mais-forment-un-regne-a-part-300x225.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/myxomycete_rel-89_2produisent-spores-comme-les-champignons-mais-forment-un-regne-a-part-768x576.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/myxomycete_rel-89_2produisent-spores-comme-les-champignons-mais-forment-un-regne-a-part-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/myxomycete_rel-89_2produisent-spores-comme-les-champignons-mais-forment-un-regne-a-part-1320x990.jpg 1320w, https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/myxomycete_rel-89_2produisent-spores-comme-les-champignons-mais-forment-un-regne-a-part.jpg 1600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Myxomyc\u00e8tes install\u00e9s sur des herbes. Quand ils sont en train de produire des spores, comme ici, ces organismes \u00e9tranges ressemblent \u00e0 des champignons mais il s\u2019agit en fait d\u2019un r\u00e8gne \u00e0 part. \u00a9 Pascal Vittoz<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Les bases du futur<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le premier inventaire de la flore foresti\u00e8re dans le Parc naturel du Jorat s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 sur trois \u00e9t\u00e9s, de 2022 \u00e0 2024, de d\u00e9but juin \u00e0 mi-juillet, quand les esp\u00e8ces printani\u00e8res sont encore pr\u00e9sentes. Cet \u00e9tat des lieux a permis de documenter la situation initiale, avant que la mise sous protection de la moiti\u00e9 nord du Parc puisse avoir une influence.<\/p>\n\n\n\n<p>Concr\u00e8tement, cet inventaire initial s\u2019est fait sur 129 placettes r\u00e9parties sur l\u2019ensemble du Parc naturel du Jorat, soit plusieurs dizaines de sites dans chaque zone. Ces 129 placettes sont localis\u00e9es de mani\u00e8re tr\u00e8s pr\u00e9cise&nbsp;et seront toutes r\u00e9utilis\u00e9es pour les \u00e9tudes \u00e0 venir. Autrement dit, les inventaires botaniques du futur se feront exactement aux m\u00eames endroits que le premier inventaire. Il sera ainsi possible d\u2019observer l\u2019\u00e9volution de la flore foresti\u00e8re au fil des d\u00e9cennies, de mani\u00e8re pr\u00e9cise et fiable.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jungles de ronces<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019inventaire initial montre l\u2019existence d\u2019une diversit\u00e9 botanique \u00e9lev\u00e9e pour le milieu forestier, avec en moyenne 32 esp\u00e8ces par placette, ce qui s\u2019explique par un environnement encore tr\u00e8s marqu\u00e9 par l\u2019exploitation foresti\u00e8re. Un autre fait marquant est l\u2019abondance des ronces, qui forment des sous-bois parfois tr\u00e8s hauts et difficiles \u00e0 traverser.<\/p>\n\n\n\n<p>Les for\u00eats du Jorat ne sont pas sp\u00e9cialement riches en esp\u00e8ces rares, mais on en a trouv\u00e9 quelques-unes qui sont dignes d&rsquo;int\u00e9r\u00eat. \u00ab\u00a0Les Zones les plus int\u00e9ressantes se trouvent pr\u00e8s des sources et des ruisseaux, qui sont domin\u00e9es par les fr\u00eanes\u00a0\u00bb, explique Pascal Vittoz, un des botanistes ayant r\u00e9alis\u00e9 l&rsquo;inventaire initial. Cette essence repr\u00e9sente environ 5% de la surface des for\u00eats dans le Parc naturel, c&rsquo;est-\u00e0-dire de petites surfaces, mais qui ont une grande valeur \u00e9cologique.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/platanthera-bifolia_region-57-orchidee-aire-protegee-un-emplacement.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/platanthera-bifolia_region-57-orchidee-aire-protegee-un-emplacement-768x1024.jpg\" alt=\"platanthera bifolia r\u00e9gion 57 orchid\u00e9e aire prot\u00e9g\u00e9e un emplacement\" class=\"wp-image-11674\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/platanthera-bifolia_region-57-orchidee-aire-protegee-un-emplacement-768x1024.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/platanthera-bifolia_region-57-orchidee-aire-protegee-un-emplacement-225x300.jpg 225w, https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/platanthera-bifolia_region-57-orchidee-aire-protegee-un-emplacement.jpg 900w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le platanth\u00e8re \u00e0 deux feuilles (<em>Platanthera bifolia<\/em>) est une orchid\u00e9e devenue relativement rare sur le Plateau suisse. Elle a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e \u00e0 un endroit du Parc naturel du Jorat, dans la zone prot\u00e9g\u00e9e. \u00c0 l\u2019inverse, on retrouve des ronces partout. \u00a9 Pascal Vittoz<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Les ronces prosp\u00e8rent en raison des apports excessifs d\u2019azote par les vents. L\u2019agriculture est \u00e0 l\u2019origine d\u2019environ deux tiers de ces apports, avec notamment l\u2019\u00e9pandage de lisier. L\u2019industrie, les transports et le chauffage \u00e9mettent aussi des quantit\u00e9s importantes d\u2019azote. En Suisse, en plaine, on est en fait toujours proche d\u2019une ville, d\u2019une zone agricole ou de routes, quand ce n\u2019est pas les trois \u00e0 la fois. R\u00e9sultat, tout le Plateau suisse est impact\u00e9 par les activit\u00e9s humaines et on y trouve au minimum dix fois plus d\u2019azote par hectare qu\u2019en conditions naturelles.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une \u00e9volution incertaine<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019inventaire s\u2019est concentr\u00e9 sur les herbes et les arbustes. Les arbres sont moins int\u00e9ressants pour le biologiste, car la composition foresti\u00e8re est tr\u00e8s influenc\u00e9e par les interventions humaines du pass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tude des arbustes a mis en \u00e9vidence une r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de la for\u00eat, dont celle des trois essences les plus courantes dans le Parc naturel du Jorat, les \u00e9pic\u00e9as, sapins et h\u00eatres. Y compris dans la moiti\u00e9 sud du Parc, dans la zone dite de transition o\u00f9 l\u2019exploitation se poursuit, mais en privil\u00e9giant le rajeunissement naturel des for\u00eats, selon les principes actuels de la sylviculture.<\/p>\n\n\n\n<p>Il existe peu d\u2019\u00e9tudes sur l\u2019\u00e9volution de la flore foresti\u00e8re quand cesse l\u2019exploitation sylvicole et on ne sait pas encore trop comment la situation va \u00e9voluer dans le Jorat. \u00ab&nbsp;Les rares \u00e9tudes sur ce sujet sont contradictoires. Certaines disent que les for\u00eats non exploit\u00e9es sont plus pauvres en flore, d\u2019autres qu\u2019elles comptent davantage d\u2019esp\u00e8ces&nbsp;\u00bb r\u00e9sume Pascal Vittoz.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sous-bois s\u2019assombrit en effet peu \u00e0 peu dans les for\u00eats non exploit\u00e9es, du fait de la croissance des arbres. Ce qui am\u00e8ne \u00e0 une diminution de la flore, en tout cas dans un premier temps. &nbsp;Mais dans un deuxi\u00e8me temps, on voit se multiplier le nombre de vieux arbres qui meurent et tombent, ce qui cr\u00e9\u00e9 des trou\u00e9es favorables aux esp\u00e8ces h\u00e9liophiles. \u00c0 long terme, on peut m\u00eame avoir une augmentation de la flore, gr\u00e2ce une for\u00eat parsem\u00e9e de nombreuses clairi\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un sous-bois plus sombre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019existence d\u2019une r\u00e9serve foresti\u00e8re int\u00e9grale dans le nord du Parc naturel du Jorat offre ainsi une occasion rare d\u2019en apprendre plus sur l\u2019\u00e9volution de la flore dans une for\u00eat non exploit\u00e9e, en la comparant avec l\u2019\u00e9volution dans la moiti\u00e9 sud, o\u00f9 l\u2019exploitation foresti\u00e8re se poursuit. Les deux zones sont en effet tr\u00e8s comparables du fait de leur situation g\u00e9ographique commune, avec entre autres le m\u00eame climat, la m\u00eame altitude moyenne et la m\u00eame sylviculture dans le pass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Concr\u00e8tement, l\u2019\u00e9volution naturelle attendue&nbsp;dans la zone prot\u00e9g\u00e9e du Jorat est celle d\u2019un sous-bois qui va peu \u00e0 peu devenir plus sombre dans les d\u00e9cennies \u00e0 venir. La majorit\u00e9 des grands arbres a en effet moins d\u2019un si\u00e8cle et ils vont continuer \u00e0 cro\u00eetre, sauf \u00e9v\u00e8nement exceptionnel, par exemple un ouragan qui en d\u00e9racinerait certains. A priori, les arbres actuels seront donc toujours l\u00e0 dans 50 ans, en ayant simplement pris du volume.<br><br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/82_s_2022-foret-dominee-par-hetres-ombre-importante-mais-floreriche-que-sous-coniferes.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/82_s_2022-foret-dominee-par-hetres-ombre-importante-mais-floreriche-que-sous-coniferes-1024x768.jpg\" alt=\"82 s 2022 for\u00eat domin\u00e9e par h\u00eatres ombre importante mais flore+riche que sous conif\u00e8res\" class=\"wp-image-11671\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/82_s_2022-foret-dominee-par-hetres-ombre-importante-mais-floreriche-que-sous-coniferes-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/82_s_2022-foret-dominee-par-hetres-ombre-importante-mais-floreriche-que-sous-coniferes-300x225.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/82_s_2022-foret-dominee-par-hetres-ombre-importante-mais-floreriche-que-sous-coniferes-768x576.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/82_s_2022-foret-dominee-par-hetres-ombre-importante-mais-floreriche-que-sous-coniferes-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/82_s_2022-foret-dominee-par-hetres-ombre-importante-mais-floreriche-que-sous-coniferes-1320x990.jpg 1320w, https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/10\/82_s_2022-foret-dominee-par-hetres-ombre-importante-mais-floreriche-que-sous-coniferes.jpg 1600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">For\u00eat domin\u00e9e par les h\u00eatres. Leur ombre est importante, d\u2019o\u00f9 un sous-bois relativement pauvre en esp\u00e8ces, mais plus riche que sous des plantations denses de conif\u00e8res. \u00a9 Lo\u00efc Liberati<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Sc\u00e9nario alternatif<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un autre sc\u00e9nario est cependant possible&nbsp;au vu des changements climatiques. Les sapins sont en effet tr\u00e8s sensibles \u00e0 la s\u00e9cheresse et les \u00e9pic\u00e9as encore davantage, \u00e0 cause de leur enracinement superficiel. De plus, les r\u00e9sineux subissent des attaques massives de bostryches, un ph\u00e9nom\u00e8ne qui s\u2019intensifie dans les for\u00eats d\u00e9j\u00e0 affaiblies. Les s\u00e9cheresses toujours plus fr\u00e9quentes pourraient ainsi provoquer la mort simultan\u00e9e de nombreux arbres, avec \u00e0 la cl\u00e9 un \u00e9claircissement du sous-bois. Et donc une augmentation du nombre d\u2019esp\u00e8ces, \u00e0 la fois pour la flore foresti\u00e8re et pour les esp\u00e8ces xylophages, celles qui se nourrissent du bois des arbres.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Premi\u00e8res r\u00e9ponses dans dix ans<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9volution devrait en revanche favoriser les h\u00eatres, bien qu\u2019ils aient \u00e9galement besoin de beaucoup d\u2019eau. Le massif forestier du Jorat est en effet parsem\u00e9 de nombreuses sources permanentes. Enfin, les jeunes h\u00eatres s\u2019adaptent aux nouvelles conditions climatiques, en ayant moins de feuilles et des racines plus d\u00e9velopp\u00e9es. Ils sont donc mieux arm\u00e9s contre la s\u00e9cheresse que les arbres ayant grandi dans un climat plus favorable. Mais est-ce que cela suffira pour r\u00e9sister au climat de 2050 ou 2100&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Au final, l\u2019\u00e9volution de la flore foresti\u00e8re est donc incertaine, avec plusieurs sc\u00e9narios possibles. Mais quoi qu\u2019il arrive, les inventaires des prochaines d\u00e9cennies permettront d\u2019en apprendre plus. Rendez-vous dans dix ans, quand les premi\u00e8res tendances seront disponibles.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-background has-fixed-layout\" style=\"background-color:#00d18412\"><tbody><tr><td><strong>Les n\u00e9ophytes c\u2019est quoi\u00a0?<br><br><\/strong>On parle de plantes n\u00e9ophytes pour toutes les esp\u00e8ces introduites par l\u2019homme apr\u00e8s 1500 dans une r\u00e9gion o\u00f9 elles n\u2019existaient pas auparavant. \u00a0Bon nombre de ces esp\u00e8ces sont donc pr\u00e9sentes en Suisse depuis des d\u00e9cennies, ou m\u00eame des si\u00e8cles.<br><br>Certaines ont \u00e9t\u00e9 introduites volontairement. D\u2019autres sont arriv\u00e9es comme passag\u00e8res clandestines via le transport international de marchandises. Le cas le plus fr\u00e9quent est cependant celui de plantes exotiques \u00e9chapp\u00e9es d\u2019un milieu confin\u00e9, notamment les serres et les jardins.<br><br>Le nombre d\u2019esp\u00e8ces exotiques a fortement augment\u00e9 ces derni\u00e8res d\u00e9cennies. Il y a actuellement plus de 700 n\u00e9ophytes qui vivent \u00e0 l\u2019\u00e9tat sauvage en Suisse, dont une minorit\u00e9 significative d\u2019esp\u00e8ces probl\u00e9matiques. Plusieurs dizaines d\u2019esp\u00e8ces sont consid\u00e9r\u00e9es comme envahissantes.<br><br>Et dans le Parc naturel du Jorat\u00a0? Les n\u00e9ophytes y sont peu pr\u00e9sentes. Seules neuf esp\u00e8ces ont \u00e9t\u00e9 recens\u00e9es lors de l\u2019inventaire de la flore foresti\u00e8re men\u00e9 entre 2022 et 2024. Il y en a tr\u00e8s peu dans les sous-bois,\u00a0car ces plantes exotiques poussent surtout le long des chemins et \u00e9ventuellement dans des clairi\u00e8res. C\u2019est en particulier le cas de la renou\u00e9e du Japon et du solidage g\u00e9ant, deux esp\u00e8ces qui ont besoin de beaucoup de lumi\u00e8re.<br><br>Mais que se passe-t-il si des plantes exotiques envahissantes s\u2019installent dans l\u2019aire prot\u00e9g\u00e9e du Parc, o\u00f9 toute intervention humaine est normalement bannie\u00a0? Dans les faits, une exception est pr\u00e9vue et les campagnes d\u2019arrachage se font aussi dans la zone prot\u00e9g\u00e9e quand on y d\u00e9tecte un foyer de ces esp\u00e8ces.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Cet article est une version vulgaris\u00e9e d\u2019un article paru dans le bulletin 2024 de la Soci\u00e9t\u00e9 Vaudoise des Sciences Naturelles&nbsp;: Monitoring de la flore foresti\u00e8re du Parc naturel du Jorat; Pascal Vittoz, Patrice Descombes &amp; Lo\u00efc Liberati.<\/strong><br><br>Auteurs: Pascal Vittoz, Patrices Descombes &amp; Lo\u00efc Liberati<br>Bulletin 103<br>Ann\u00e9e: 2024<br>Pages: 129-136<br>DOI: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.5169\/seals-1061950\">https:\/\/doi.org\/10.5169\/seals-1061950<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment la flore foresti\u00e8re \u00e9volue-t-elle sur le long terme&nbsp;? Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question, la flore pr\u00e9sente dans le Parc naturel du Jorat va \u00eatre \u00e9tudi\u00e9e sur plusieurs d\u00e9cennies. Le premier inventaire s\u2019est fait de 2022 \u00e0 2024. 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