{"id":11547,"date":"2025-09-02T10:47:06","date_gmt":"2025-09-02T08:47:06","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/?page_id=11547"},"modified":"2025-09-25T15:23:47","modified_gmt":"2025-09-25T13:23:47","slug":"le-gasteropode-venu-dailleurs","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/le-gasteropode-venu-dailleurs\/","title":{"rendered":"Le gast\u00e9ropode venu d\u2019ailleurs"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Menetus dilatatus<\/em> est originaire de l\u2019Est des&nbsp;\u00c9tats-Unis. Ce petit mollusque a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en Suisse dans le lac de Morat et cette d\u00e9couverte confirme que la r\u00e9gion des Trois Lacs est un lieu d\u2019arriv\u00e9e pour les esp\u00e8ces aquatiques exotiques.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La population de <em>Menetus<\/em> d\u00e9couverte dans le lac de Morat est assez importante pour qu\u2019on s\u2019y int\u00e9resse. Il est d\u2019ailleurs possible que ce petit gast\u00e9ropode soit d\u00e9j\u00e0 \u00e9tabli dans les lacs de Neuch\u00e2tel et de Bienne, ainsi que dans l\u2019Aar et la partie suisse du Rhin. <em>M. dilatatus<\/em> se nourrit en broutant le film biologique qui recouvre les feuilles. Ce film biologique est compos\u00e9 d\u2019organismes unicellulaires de type planctonique, bact\u00e9riologique ou myc\u00e9lien (champignons) et on le retrouve aussi sur les cailloux et le bois. Cependant, c\u2019est bien ce film biologique sur les feuilles dont se nourrit <em>M. dilatatus<\/em>, ce qui r\u00e9gule son abondance. Les colonies les plus denses ont \u00e9t\u00e9 relev\u00e9es dans la zone littorale du lac, dans des eaux de moins d\u2019un m\u00e8tre de profondeur.<br><br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/09\/menetus-dilatatus-allege-1.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"985\" height=\"990\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/09\/menetus-dilatatus-allege-1.png\" alt=\"menetus dilatatus all\u00e9g\u00e9\" class=\"wp-image-11554\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/09\/menetus-dilatatus-allege-1.png 985w, https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/09\/menetus-dilatatus-allege-1-298x300.png 298w, https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/09\/menetus-dilatatus-allege-1-150x150.png 150w, https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/09\/menetus-dilatatus-allege-1-768x772.png 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/svsn\/files\/2025\/09\/menetus-dilatatus-allege-1-230x230.png 230w\" sizes=\"auto, (max-width: 985px) 100vw, 985px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>Sp\u00e9cimen adulte de <em>Menetus dilatatus<\/em> avec image d\u00e9taill\u00e9e des lignes de croissance de la coquille \u00a9 Pierre Marle<\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>Une esp\u00e8ce \u00e0 surveiller<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>M. dilatatus<\/em> peut \u00eatre class\u00e9 comme une esp\u00e8ce eurythermique, c\u2019est-\u00e0-dire que ce petit escargot peut supporter des variations de temp\u00e9rature importantes et donc vivre aussi bien dans des eaux \u00e0 10\u00b0C qu\u2018\u00e0 25\u00b0C, \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de la truite par exemple, qui a besoin d\u2019eaux fra\u00eeches. <em>M. dilatatus <\/em>est aussi eurytopique, ce qui signifie qu\u2019il peut s\u2019adapter \u00e0 diff\u00e9rents types de milieux, concr\u00e8tement aussi bien dans les lacs que dans les rivi\u00e8res. \u00ab&nbsp;Les esp\u00e8ces exotiques invasives sont souvent eurythermiques et eurytopiques&nbsp;\u00bb, note Pierre Marle, hydrobiologiste et chercheur associ\u00e9 au Natur\u00e9um.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre probl\u00e8me possible avec les esp\u00e8ces venues d\u2019ailleurs est qu\u2019elles peuvent \u00eatre porteuses de maladies auxquelles elles sont elles-m\u00eames peu sensibles, mais qui font des ravages chez les esp\u00e8ces indig\u00e8nes. Il est \u00e9galement bien connu que de nombreux gast\u00e9ropodes h\u00e9bergent des parasites. Ces gast\u00e9ropodes servent souvent d\u2019h\u00f4te interm\u00e9diaire (on dit alors qu\u2019ils sont infect\u00e9s), avant de passer chez les poissons qui les mangent les mollusques infest\u00e9s, puis chez les oiseaux qui mangent le poisson. Qu\u2019en est-il par rapport aux maladies ou aux parasites du <em>Menetus&nbsp;<\/em>? \u00ab On n\u2019a pour l\u2019instant rien observ\u00e9 par rapport \u00e0 \u00e7a mais il y a tr\u00e8s peu de recherches l\u00e0-dessus&nbsp;actuellement \u00bb, explique Pierre Marle.<\/p>\n\n\n\n<p>On a rep\u00e9r\u00e9 <em>Menetus dilatatus<\/em> un peu par chance, au d\u00e9tour d\u2019un relev\u00e9. Aucun relev\u00e9 n\u2019avait \u00e9t\u00e9 fait depuis 2009 dans le lac de Morat. De plus ce gast\u00e9ropode est de petite taille et ressemble \u00e0 une esp\u00e8ce indig\u00e8ne, <em>Gyraulus crista<\/em>, Sa pr\u00e9sence aurait donc pu passer encore longtemps inaper\u00e7ue.<\/p>\n\n\n\n<p>De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, la r\u00e9gion des Trois Lacs semble \u00eatre un foyer d\u2019implantation d\u2019esp\u00e8ces exotiques.<\/p>\n\n\n\n<p>La Sa\u00f4ne n\u2019est pas tr\u00e8s loin et un bateau qui naviguait dans une de ces rivi\u00e8res a pu par exemple se retrouver le jour suivant dans le lac de Neuch\u00e2tel. Et de l\u00e0, passer dans le lac de Bienne o\u00f9 de Morat, via les canaux et les rivi\u00e8res qui les relient. \u00ab&nbsp;Les eaux de ballast des bateaux repr\u00e9sentent un vecteur majeur de propagation d\u2019esp\u00e8ces exotiques et expliquent fr\u00e9quemment l\u2019apparition de nouvelles esp\u00e8ces&nbsp;\u00bb, insiste Pierre Marle.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant <em>M. dilatatus<\/em>, plusieurs mollusques exotiques ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s dans le lac de Morat, dont la moule z\u00e9br\u00e9e et la moule quagga, les deux esp\u00e8ces de mollusques les plus invasives en Europe. \u00c0 noter aussi que certaines esp\u00e8ces sont peu invasives dans leur pays d\u2019origine, o\u00f9 elles forment m\u00eame parfois des populations \u00e9parses et stables. Mais quand elles s\u2019implantent dans un autre pays, elles prolif\u00e8rent parfois de fa\u00e7on explosive si les conditions qu\u2019elles rencontrent leur plaisent et si elles n\u2019ont aucun pr\u00e9dateur.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour l\u2019instant, on ne note aucun impact notable de <em>M. dilatatus<\/em> sur les esp\u00e8ces indig\u00e8nes, mais sa d\u00e9couverte montre que la r\u00e9gion des Trois Lacs n\u00e9cessite un suivi plus important. Un monitoring plus fr\u00e9quent des Trois Lacs a d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 propos\u00e9. Cela dit, ce monitoring d\u00e9pend des cantons et s\u2019ils ne le d\u00e9veloppent pas, personne ne va les contraindre \u00e0 le faire.<\/p>\n\n\n\n<p>H\u00e9l\u00e8ne Koch<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Cet article est une version vulgaris\u00e9e d\u2019un article paru dans le bulletin 2024 de la Soci\u00e9t\u00e9 Vaudoise des Sciences Naturelles&nbsp;: First report of the exotic gastropod Menetus dilatatus (Gould 1841) in Switzerland (Gastropoda&nbsp;: Planorbidea), Pierre Marle, hydrobiologiste et chercheur associ\u00e9 au Natur\u00e9um.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Auteur: Marle Pierre et Men\u00e9trey Nathalie<br>Bulletin 103<br>Ann\u00e9e: 2024<br>Pages: 73 -77<br>DOI : <a href=\"https:\/\/www.e-periodica.ch\/digbib\/view?pid=bsv-002%3A2024%3A103%3A%3A78\">lien<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Menetus dilatatus est originaire de l\u2019Est des&nbsp;\u00c9tats-Unis. 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