La première édition de l’école d’été en esthétique et en philosophie de l’art veut interroger la spécificité du temps de la culture. Comment s’articulent les différentes temporalités culturelles ? Y a-t-il une spécificité de l’art et de son histoire par rapport aux autres formes de devenir ? Un temps propre aux œuvres, aux techniques, aux médias ? Autant de questions qui ont une portée théorique et aussi pratique pour les jeunes chercheurs et qui seront explorées par le biais de l’actualité de la recherche, d’ateliers de lecture, de traductions, de discussions thématiques appuyées sur des activités culturelles.

DescriptionIntervenant·esPublic cibleThématiqueObjectifsFormat du coursProgrammePrixS'inscrireNos partenaires
Quand ?
27 juin au 1e juillet 2022
Où ?
Campus de Dorigny, Université de Lausanne
Pour qui ?
Doctorant·e·s et étudiant·s Master
Combien ?
CHF 50.-
Crédits ECTS ?
Cours sans crédit, attestation de participation délivrée
Langue ?
Français

Carole Maigné, Université de Lausanne

Carole Maigné est professeure ordinaire de philosophie générale et systématique à l’Université de Lausanne. Ses recherches portent sur les philosophies allemande et autrichienne des 19e et 20e siècles. Elle s’intéresse tout particulièrement à la philosophie de la culture (Warburg, Kracauer, Cassirer), à l’esthétique de la photographie et à la philosophie de l’art (formalisme esthétique, école viennoise d’histoire de l’art, Wölfflin, Klein). Elle a publié récemment : Philosophie de la cultureTextes clés (avec Matthieu Amat, Vrin, 2022)dirigé les dossiers « Austrian Herbartism », Meinong Studien / Studies (2021) et « Philosophie de la photographie », Archives de Philosophie (2022) et co-dirigé (avec Enno Rudolph et Magnus Schlette) le dossier « Logos », Zeitschrift für Kulturphilosophie (2020).

Audrey Rieber, École normale supérieure de Lyon

Audrey Rieber est Maîtresse de Conférences en philosophie à l’ENS de Lyon et membre du laboratoire de recherche IHRIM UMR 5317. Ses recherches portent sur l’esthétique et la philosophie de l’art, notamment sur les questions de forme, d’image, de symbole et d’historicité. Cette réflexion philosophique se nourrit des apports théoriques et méthodologiques d’autres champs qui ont connu un développement original dans le domaine germanophone : histoire de l’art, science de l’art (Kunstwissenschaft), science de l’image (Bildwissenschaft), science de la culture (Kulturwissenschaft), science des médias (Medienwissenschaft). Liste des publications disponible sur : http://ihrim.ens-lyon.fr/auteur/rieber-audrey

Maud Hagelstein (FNRS, Université de Liège)

Chercheuse FNRS en philosophie et enseignante à l’Université de Liège, Maud Hagelstein travaille dans le champ de l’esthétique contemporaine et de la théorie de l’image. Elle a publié un ouvrage monographique (« Origine et survivances des symboles. Warburg, Cassirer, Panofsky », OLMS 2014), édité plusieurs ouvrages collectifs, et une trentaine d’articles. Elle est également membre du comité scientifique et artistique du musée TrinkHall.

Giovanna Targia (Kunsthistoriches Institut in Florenz / Universität Zürich).

Giovanna Targia est membre du projet d’édition des œuvres complètes de Heinrich Wölfflin à l’Université de Zurich et chercheuse associée au Kunsthistorisches Institut de Florence – Max-Planck-Institut. Ses recherches portent sur l’esthétique et l’historiographie artistique des 19e et 20esiècles – avec un intérêt particulier pour le langage de l’histoire de l’art allemand et des auteurs tels que Aby Warburg, Heinrich Wölfflin, Edgar Wind – ainsi que sur les théories et pratiques de la traduction. Elle est membre du comité éditorial du journal Art in Translation.

Cette école s’adresse principalement à des doctorant·es et quelques masterant·es qui visent les métiers de la recherche, issu·es des domaines d’études suivants : philosophie, histoire de l’art, anthropologie, musicologie, études théâtrales, études cinématographiques, études germaniques, lettres.

L’école d’été explore cette année un problème méthodologique et philosophique qui se pose à tout chercheur qui travaille sur l’art et plus généralement sur les phénomènes culturels, à savoir leur historicité : quelle est leur temporalité propre ? Comment s’articulent leurs temporalités différentes ? Y a-t-il une spécificité de l’art et de l’histoire de l’art par rapport aux autres temporalités culturelles ? Quels « régimes d’historicité » (F. Hartog) sont-ils impliqués ou disqualifiés ?

Il n’est pas sûr que la logique de l’histoire telle qu’elle est pensée par la philosophie de l’histoire (depuis Kant et Herder jusqu’à Koselleck en passant par Hegel ou Marx) soit opératoire pour penser les productions d’art, leur création et réception. Et, lorsqu’on cherche à dégager la logique du cours de l’art, reste à savoir si l’on parle de l’histoire des formes, du style, de la vision, de l’histoire des artistes, de l’évolution des contenus ou de celle des techniques. Ou encore : « les formes du temps » propres à l’art sont-elles celles des choses (George Kubler dans The Shape of Time. Remarks on the History of Things, 1962) ?

L’enjeu est épistémologique, puisqu’il s’agit de penser une cohérence des artefacts en un tout historique (par exemple sous forme de « périodes », voir E. Panofsky) ou au contraire leur structurel désordre anachronique (C. Einstein, A. Warburg, W. Benjamin). L’enjeu est esthétique en engageant une définition de l’art (son essence est-elle historique ? ou plutôt inactuelle comme le suggère F. Nietzsche ?) et une détermination de ses fonctions. De telles questions ne concernent pas le seul théoricien : la question de savoir si le devenir de l’art peut être pensé sur un modèle biologique (croissance, floraison, mort) a par exemple intéressé aussi bien les penseurs de l’art (de Vasari à Focillon) que des artistes (Robert Smithson lisant G. Kubler). L’enjeu de la réflexion, enfin, est aussi politique, car l’historisation des objets culturels engage la façon dont nous construisons un passé, avec la dimension idéologique que cela entraîne, comme le suggèrent les concepts de primitivisme, d’archaïsme et d’enfance de l’humanité.

Sont attendues des propositions issues de différents horizons philosophiques ou à l’intersection entre philosophie, Kunstwissenschaft, Bildwissenschaft, anthropologie, théorie des médias, théorie des arts et de la littérature. Le corpus est large : du XVIIIe siècle, moment de naissance de l’esthétique (avec Baumgarten, Kant) et d’une certaine histoire de l’art (avec Winckelmann) jusqu’à la contemporanéité. Dans les propositions soumises, l’accent peut être mis sur l’analyse conceptuelle dans des traditions variées (idéalisme, formalisme, structuralisme) ou encore sur la façon dont des artistes pensent et pratiquent une certaine conception de l’historicité dans leurs œuvres plastiques ou dans leurs écrits (manifestes d’avant-garde, etc.). Aucune sphère géographique n’est a priori exclue, les problèmes traités pouvant aussi bien être déclinés dans un contexte européen qu’extra-européen, la prise en compte des arts asiatiques, africains, océaniens ou américains ayant précisément conduit à déplacer la conception de l’art en pénétrant le musée imaginaire occidental (Malraux).

L’école d’été en esthétique et philosophie de l’art se fixe comme but d’offrir aux étudiants les possibilités suivantes :

  • travailler de manière intensive au thème de l’école
  • bénéficier d’une méthodologie plurielle portée par les habitudes d’enseignement et de recherche différentes selon les enseignant·es-chercheur·euses qui interviendront
  • travailler de manière interdisciplinaire en développant des outils pour rendre cette démarche féconde, la pratique de l’interdisciplinarité devant en effet être apprise
  • commencer à constituer eux-mêmes leur propre réseau, entre étudiants de la même génération.
  • s’ouvrir à la recherche au niveau international
  • briser la situation passive d’acquisition du savoir pour apprendre par la recherche

Travailler de manière interdisciplinaire, déployer une approche théorique qui fasse sa place aux objets et aux singularités de l’historicité, élever son travail de recherche au niveau international sont autant d’impératifs qui doivent être acquis et appris par les étudiant·es afin de ne pas rester lettre-morte.  L’école d’été doit les accompagner dans ce processus.

Trois niveaux d’activités sont pour cela envisagés car, pour obtenir des effets de synergie entre l’équipe pédagogique et les participant·es et aussi entre les participant·es entre eux·elles, il est nécessaire de varier les activités.

1° Organisation de mini-séminaires, de conférences, d’ateliers

Il s’agit de multiplier les formats afin de permettre aux étudiant·es d’être actif·ves au long de la semaine :

  • une conférence inaugurale des organisatrices suivie d’une discussion longue qui aura été préparée en amont par l’envoi de textes
  • une conférence plénière suivie d’une discussion préparée en amont par l’envoi de textes. Le/La conférencier(e) propose des recraches très actuelles sur le thème de la session
  • la discussion de textes fondamentaux en groupes avec un moment de synthèse où chaque groupe résumera ses résultats à l’attention des autres
  • présentation de quelques travaux de master ou de doctorat avec discussion (en groupes et /ou en plénière)
  • un·e étudiant·e ou un petit groupe d’étudiant·es prendra en charge la présentation d’un article ou d’une monographie récents sur le thème annuel, éventuellement en langue étrangère afin que les étudiant·es envisagent leur travail en dehors d’un cadre strictement national et en dehors de leur langue maternelle le cas échéant.
  • réflexion sur les problèmes de méthode. De ce point de vue, l’école pourra aussi s’adosser utilement au travail de formation doctorale de la faculté des Lettres à l’UNIL (https://www.unil.ch/fdi/fr/home.html).

2° Visite de terrain et exploration de l’offre culturelle lausannoise et plus généralement suisse.

A l’occasion des visites, des rencontres avec les curateurs d’exposition ou professionnels de la médiation sont organisées, également dans une visée professionalisante.

3° Initiation aux problèmes de traduction, « les intraduisibles en esthétique » dans la ligne de recherche ouverte notamment par Barbara Cassin qui montre la fécondité philosophique du travail de traduction.

Vous trouvez le programme final de l’école d’été.

CHF 50.-

Le prix comprend :

  • Les frais d’enseignement
  • Les repas de midi
  • Les pauses-café
  • Un apéro d’accueil
  • Activités culturelles

L’hébergement peut être pris en charge, sous réserve de places disponibles. Veuillez nous indiquer si vous avez besoin d’un hébergement lors du dépôt de votre candidature, dans la section « Remarques ».

L’inscription à l’école d’été se fait directement sur le site en cliquant sur le bouton bleu ci-dessous.

Documents et informations à fournir:

  1. Un curriculum vitae
  2. Une brève lettre de motivation d’une page expliquant la manière dont la participation à l’école d’été s’insère dans votre parcours
  3. Deux propositions concrètes de participation parmi les activités suivantes : a) présentation du travail de thèse en 30 min ; b) présentation du travail de thèse en format court (7 minutes) ; c) animation d’un atelier de lecture autour d’un texte précis (indiquer lequel) ; d) exposé de problèmes méthodologiques rencontrés qui sont d’intérêt général (indiquer lesquels) ; e) exposé de problèmes de traduction (allemand/français/anglais/italien) qui pourraient être discutés dans un atelier (en mentionner quelques-uns)
  4. un texte central pour la problématique (entre 5 et 15 pages) qui peut être un texte de philosophie ou un texte théorique d’une autre discipline et qui servira à la constitution d’une base de textes commune.

Lorsque votre dossier est complet, merci de sélectionner l’option “soumis” qui se trouve dans la colonne “Statut dossier”. Votre candidature sera alors examinée par les responsables académiques de l’école d’été. Les candidat·es sélectionné·es seront invité·es à payer les frais d’inscription à la suite de l’approbation de leur candidature. L’inscription sera confirmée après réception du paiement. 

Le délai d’inscription est fixé au 15 mai 2022. 

Les inscriptions sont fermées


J.-Ph. Girault de Prangey, Vase, Santa Cecilia in Trastevere, Rome, daguerréotype, The Horace W. Goldsmith Foundation Fund, The Met.