{"id":2567,"date":"2026-01-13T16:58:44","date_gmt":"2026-01-13T15:58:44","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/?p=2567"},"modified":"2026-01-15T13:23:00","modified_gmt":"2026-01-15T12:23:00","slug":"recit-conversationnel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2026\/01\/recit-conversationnel\/","title":{"rendered":"R\u00e9cit conversationnel"},"content":{"rendered":"\n<p>Par Gilles Merminod<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tude du r\u00e9cit dans l\u2019interaction verbale est d\u2019abord associ\u00e9e aux travaux fondateurs de William Labov dans le contexte de la sociolinguistique variationniste (Labov &amp; Waletzky 1967 ; Labov 1972 ; Labov &amp; Fanshell 1977), de Dell Hymes en ethnographie de la communication (Hymes 1981) et de Richard Bauman en anthropologie linguistique (Bauman 1986). Ce sont n\u00e9anmoins principalement les travaux en analyse conversationnelle (Sacks 1974&nbsp;; 1992ab&nbsp;; Jefferson 1978&nbsp;; Goodwin 1984&nbsp;; 1986) qui, depuis les ann\u00e9es 1970, en ont d\u00e9crit et expliqu\u00e9 les dynamiques interactionnelles, c\u2019est-\u00e0-dire les processus qui font qu\u2019un r\u00e9cit dans la conversation est le r\u00e9sultat d\u2019une co-construction entre les personnes prenant part au m\u00eame \u00e9v\u00e9nement de communication.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Dans la conversation, la r\u00e9alisation d\u2019un r\u00e9cit \u2013 contrairement \u00e0 d\u2019autres activit\u00e9s verbales (les salutations ou les s\u00e9quences question\/r\u00e9ponse, par exemple) \u2013 n\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement pas r\u00e9ductible au seul agencement, m\u00eame complexe, d\u2019une action initiative et d\u2019une action r\u00e9active (Stivers 2013&nbsp;: 200-204). Autrement dit, la production du r\u00e9cit n\u2019est pas contrainte par une r\u00e8gle de d\u00e9pendance conditionnelle selon laquelle la r\u00e9alisation d\u2019une premi\u00e8re action rend pr\u00e9visible l\u2019accomplissement d\u2019une seconde (Schegloff 2007). Cette complexit\u00e9 a conduit l\u2019analyse conversationnelle \u00e0 d\u00e9crire les activit\u00e9s dans lesquelles on raconte une histoire comme \u00e9tant de&nbsp;<em>longues s\u00e9quences<\/em>&nbsp;(Traverso 2012), aussi d\u00e9sign\u00e9es dans la tradition anglophone par les termes (<em>big<\/em>)<em>&nbsp;packages<\/em>&nbsp;(Sacks 1992b),&nbsp;<em>extended (multi-unit) turns (at talk)<\/em>&nbsp;(Selting 2000),&nbsp;<em>extended turns(-at-talk<\/em>) (Mandelbaum 2003, 2013) ou <em>(extended) tellings<\/em>&nbsp;(Schegloff 2007). La recherche sur les&nbsp;<em>small stories<\/em>&nbsp;(voir, dans ce glossaire, la <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2020\/02\/small-stories-small-stories\/\">notice<\/a> consacr\u00e9e \u00e0 cette th\u00e9matique) a montr\u00e9 que les activit\u00e9s narratives ne consistaient pas uniquement en de longues s\u00e9quences et qu\u2019elles pouvaient \u00eatre extr\u00eamement br\u00e8ves, de simples \u00e9vocations d\u2019un \u00e9v\u00e8nement, par exemple (Georgakopoulou 2007&nbsp;; 2023&nbsp;; Patron 2020). Il reste que les activit\u00e9s narratives, dans la conversation, sont l\u2019occasion de d\u00e9veloppements qu\u2019il s\u2019agit alors de n\u00e9gocier avec les personnes participant \u00e0 l\u2019interaction.<\/p>\n\n\n\n<p>Les travaux en analyse conversationnelle ont mis en \u00e9vidence certaines routines interactionnelles permettant aux participants de signaler que l\u2019accomplissement en cours est un r\u00e9cit&nbsp;: qu\u2019il s\u2019agisse de pr\u00e9facer l\u2019activit\u00e9 pr\u00e9alablement \u00e0 sa r\u00e9alisation, de l\u2019\u00e9valuer pendant son d\u00e9roulement ou encore d\u2019en signaler la cl\u00f4ture. On s\u2019est aussi int\u00e9ress\u00e9 aux ressources syntaxiques, prosodiques, lexico-s\u00e9mantiques et multimodales participant \u00e0 l\u2019accomplissement collaboratif de l\u2019activit\u00e9 narrative (voir notamment Goodwin 1986&nbsp;; 2015&nbsp;; Selting 1992&nbsp;; 2000&nbsp;; 2010&nbsp;; Couper-Kuhlen 2012&nbsp;; Stivers 2008&nbsp;; Mandelbaum 2013&nbsp;; Greco 2024). La prise en compte de ces dimensions a permis de d\u00e9passer les conceptions traditionnelles du r\u00e9cit, qui en font avant tout une activit\u00e9 monologale, monog\u00e9r\u00e9e et structur\u00e9e hors de l\u2019interaction (G\u00fclich &amp; Mondada 2008&nbsp;: 101-114&nbsp;; voir \u00e9galement De Fornel 1988, Laforest &amp; Vincent 1996 et Georgakopoulou 2007). Pour l\u2019analyse conversationnelle, le r\u00e9cit est une activit\u00e9 situ\u00e9e, c\u2019est-\u00e0-dire int\u00e9gr\u00e9e dans un environnement s\u00e9quentiel, social et mat\u00e9riel.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une telle perspective a conduit une partie des analystes de la conversation \u00e0 mettre en question l\u2019existence m\u00eame des r\u00e9cits en tant qu\u2019activit\u00e9s \u2018autonomes\u2019 dans l\u2019interaction.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Raconter une histoire n&rsquo;est g\u00e9n\u00e9ralement pas (ou peut-\u00eatre jamais) une activit\u00e9 en soi. En d&rsquo;autres termes, le fait de raconter une histoire, au sens d&rsquo;un tour de parole \u00e9tendu dans lequel un \u00e9v\u00e9nement est r\u00e9capitul\u00e9, est presque toujours consid\u00e9r\u00e9 comme un moyen d&rsquo;entreprendre un certain type d&rsquo;activit\u00e9 sociale, comme se plaindre, bl\u00e2mer, rendre des comptes, raconter ses probl\u00e8mes, mener des activit\u00e9s d\u00e9licates, etc.<br>(Mandelbaum 2003&nbsp;: 599, traduit de l\u2019anglais)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p><strong><em>D\u00e9clencher et clore un r\u00e9cit en interaction<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Parce que&nbsp;\u201cl\u2019un des aspects les plus importants des r\u00e9cits est qu&rsquo;ils ne se limitent pas \u00e0 un seul tour de parole ou \u00e0 un seul \u00e9nonc\u00e9\u201d&nbsp;(Sacks 1992b&nbsp;: 18, traduit de l\u2019anglais), la r\u00e9alisation d\u2019un r\u00e9cit implique g\u00e9n\u00e9ralement de suspendre pour un temps l\u2019habituelle alternance de la parole entre les participants. Cette suspension est n\u00e9goci\u00e9e par le biais d\u2019une pr\u00e9face qui permet d\u2019assurer la disponibilit\u00e9 de la sc\u00e8ne interactionnelle pour la r\u00e9alisation de l\u2019activit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9face est l\u2019occasion, pour la personne qui s\u2019appr\u00eate \u00e0 raconter, de&nbsp;projeter&nbsp;l\u2019activit\u00e9 \u00e0 venir (Sacks 1974&nbsp;; 1992ab). Ceci peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 travers une \u00e9vocation de ce qui va \u00eatre racont\u00e9 ou par le moyen d\u2019un commentaire m\u00e9tadiscursif th\u00e9matisant l\u2019activit\u00e9 narrative elle-m\u00eame. \u00c0 la suite de la pr\u00e9face, les autres participants peuvent marquer leur int\u00e9r\u00eat ou non \u00e0 prendre part \u00e0 l\u2019activit\u00e9 et notamment signaler au&nbsp;<em>raconteur<\/em><a href=\"\/\/A103A120-DB6C-4A90-83F8-D3C24BD1975C#_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>&nbsp;s\u2019ils connaissent ou non l\u2019histoire projet\u00e9e (Georgakopoulou 2010&nbsp;; Berger 2017).<em>&nbsp;<\/em>Dans une \u00e9tude devenue classique, Jefferson (1978&nbsp;: 220-228) rel\u00e8ve un certain nombre de ressources servant \u00e0 entamer l\u2019activit\u00e9 narrative (<em>story opening<\/em>), parmi lesquelles&nbsp;: l\u2019emploi d\u2019expressions conventionnelles attach\u00e9es \u00e0 l\u2019activit\u00e9 narrative (<em>story-prefixed phrase<\/em>) ou l\u2019emploi de marqueurs de disjonction topicale, qui peuvent \u00eatre associ\u00e9s \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition d\u2019un \u00e9l\u00e9ment apparu auparavant dans la conversation ou motiv\u00e9s par l\u2019environnement dans lequel se d\u00e9roule l\u2019interaction (Jefferson donne l\u2019exemple d\u2019une photographie).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Une activit\u00e9 narrative peut \u00eatre d\u00e9clench\u00e9e par la personne qui prendra en charge le r\u00e9cit (<em>activit\u00e9 narrative auto-d\u00e9clench\u00e9e<\/em>) ou par un autre participant (<em>activit\u00e9 narrative h\u00e9t\u00e9ro-d\u00e9clench\u00e9e<\/em>) (Bres 1995).<em>&nbsp;<\/em>Lerner (1992) d\u00e9taille les divers moyens par lesquels un participant peut aider un autre participant \u00e0 initier une activit\u00e9 narrative.&nbsp;Il d\u00e9gage trois types de pr\u00e9face&nbsp;: le&nbsp;<em>story prompt<\/em>&nbsp;dans lequel&nbsp;\u201cun participant sollicite un autre participant \u00e0 raconter tout en positionnant les autres [participants] comme destinataires de l\u2019activit\u00e9\u201d (Lerner 1992&nbsp;: 251, traduit de l&rsquo;anglais)&nbsp;; la&nbsp;<em>story provocation<\/em>&nbsp;dans lequel un participant incite un autre participant \u00e0 raconter, par exemple, en parodiant ses dires ou ses faits pass\u00e9s ; la&nbsp;<em>reminiscence recognition solicit<\/em>, une s\u00e9quence dans laquelle un participant<em>&nbsp;<\/em>sollicite tout d\u2019abord le souvenir d\u2019un autre participant \u00e0 propos d\u2019un \u00e9v\u00e9nement pass\u00e9 (<em>sollicitation<\/em>) puis dans laquelle le participant sollicit\u00e9 signale qu\u2019il se souvient de l\u2019\u00e9v\u00e9nement (<em>recognition<\/em>), tout ceci \u00e0 l\u2019intention d\u2019un tiers.<\/p>\n\n\n\n<p>Outre le d\u00e9clenchement du r\u00e9cit, Jefferson (1978&nbsp;: 228-237) d\u00e9crit \u00e9galement les moyens par lesquels les participants closent l\u2019activit\u00e9 narrative et signalent son rapport avec les tours de parole qui la suivent. Parmi ces moyens, les participants,&nbsp;raconteur(s) inclus, peuvent revenir au point de d\u00e9part de l\u2019activit\u00e9 narrative (<em>return home<\/em>), la commenter ou la&nbsp;\u2018recycler\u2019 dans les tours de parole subs\u00e9quents. Au nombre des ph\u00e9nom\u00e8nes de recyclage, on peut relever les cas de mise en s\u00e9rie rep\u00e9r\u00e9s par Sacks (1992a&nbsp;: 764-772) sous le terme de&nbsp;<em>second stories<\/em>, des activit\u00e9s narratives produites en r\u00e9ponse \u00e0 une premi\u00e8re activit\u00e9 narratives qui non seulement mettent en \u00e9vidence un aspect de la premi\u00e8re activit\u00e9 mais en offrent \u00e9galement une interpr\u00e9tation.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le corps du r\u00e9cit conversationnel<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019analyse du corps du r\u00e9cit a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement investie par les recherches d\u2019inspiration labovienne qui ont cherch\u00e9 \u00e0 d\u00e9gager la structure du r\u00e9cit dans l\u2019interaction verbale. On le rappelle,&nbsp;dans le mod\u00e8le labovien, un r\u00e9cit complet se compose de six parties (Labov 1972&nbsp;: 363&nbsp;; pour une analyse compar\u00e9e des diff\u00e9rentes versions de ce mod\u00e8le, voir Bres&nbsp;1994&nbsp;: 77-78)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><strong>1. R\u00e9sum\u00e9 (<em>Abstract<\/em>)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Plac\u00e9 au d\u00e9but, le&nbsp;<em>r\u00e9sum\u00e9<\/em>&nbsp;signale quelle est la&nbsp;<em>raison d\u2019\u00eatre<\/em>&nbsp;du r\u00e9cit (Bres 1994). Labov insiste sur le fait que le r\u00e9sum\u00e9 ne fait ni la publicit\u00e9 du r\u00e9cit, ni ne sert \u00e0 mettre en garde ceux \u00e0 qui on va le raconter&nbsp;(Labov 1972&nbsp;: 364).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>2. Orientation (<em>Orientation<\/em>)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019<em>orientation<\/em>&nbsp;permet de donner \u00e0 conna\u00eetre les coordonn\u00e9es spatio-temporelles et actantielles des \u00e9v\u00e9nements repr\u00e9sent\u00e9s dans le r\u00e9cit. Ces informations, quand elles sont plac\u00e9es au d\u00e9but du r\u00e9cit, servent g\u00e9n\u00e9ralement un&nbsp;<em>cadrage g\u00e9n\u00e9ral<\/em>&nbsp;(Norrick 2000)&nbsp;; elles peuvent \u00eatre \u00e9galement distill\u00e9es en d\u2019autres points du r\u00e9cit pour des raisons strat\u00e9giques (Labov 1972&nbsp;: 365).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>3. Complication (<em>Complicating action<\/em>)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La&nbsp;<em>complication<\/em>&nbsp;est compos\u00e9e d\u2019une s\u00e9rie de propositions qui repr\u00e9sentent le d\u00e9roulement d\u2019\u00e9v\u00e9nements pass\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>4. Evaluation (<em>Evaluation<\/em>)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Similairement au&nbsp;<em>r\u00e9sum\u00e9<\/em>&nbsp;mais plac\u00e9e entre la&nbsp;<em>complication<\/em>&nbsp;et la&nbsp;<em>r\u00e9solution<\/em>, l\u2019<em>\u00e9valuation<\/em>&nbsp;donne la&nbsp;<em>raison d\u2019\u00eatre<\/em>&nbsp;du r\u00e9cit,&nbsp;\u201cpourquoi il est racont\u00e9 et o\u00f9 le raconteur veut en venir (<em>what the narrator is getting at<\/em>)\u201d&nbsp;(Labov 1972&nbsp;: 366, traduit de l&rsquo;anglais). Chez Labov, l\u2019\u00e9valuation est non seulement une partie de la structure d\u2019ensemble du r\u00e9cit mais aussi un ph\u00e9nom\u00e8ne qui infuse tout au long du r\u00e9cit, comme une structure secondaire se surajoutant \u00e0 la structure narrative primaire (Labov 1972&nbsp;: 369). Labov &amp; Waletzky (1967) insistent sur le fait que l\u2019\u00e9valuation signale le point de vue (<em>attitude<\/em>) du raconteur sur ce qu\u2019il repr\u00e9sente dans son r\u00e9cit.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>5. R\u00e9sultat ou R\u00e9solution (<em>Result or resolution<\/em>)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La&nbsp;<em>r\u00e9solution<\/em>&nbsp;comprend le point final du d\u00e9roulement \u00e9v\u00e9nementiel repr\u00e9sent\u00e9 dans le r\u00e9cit (Labov 1972&nbsp;: 363). Labov pr\u00e9cise, dans des travaux ult\u00e9rieurs, que la r\u00e9solution est l\u2019ensemble des actions&nbsp;\u201cqui suivent l\u2019\u00e9v\u00e9nement le plus racontable\u201d&nbsp;(Labov 1997&nbsp;: 412, traduit de l&rsquo;anglais). On peut consid\u00e9rer la relation entre&nbsp;<em>complication<\/em>&nbsp;et&nbsp;<em>r\u00e9solution<\/em>&nbsp;\u00e0 l\u2019aune de la notion de&nbsp;<em>culmination<\/em>&nbsp;(<em>climacto-telic patterning<\/em>, Georgakopoulou&nbsp;1997&nbsp;;&nbsp;<em>cha\u00eene \u00e9v\u00e9nementielle culminative<\/em>, Filliettaz&nbsp;1999)&nbsp;produite par l\u2019articulation&nbsp;\u201cdans une progression temporelle des \u00e9v\u00e9nements reli\u00e9s causalement qui conduisent \u00e0 une opposition entre un \u00e9tat initial et un \u00e9tat final\u201d&nbsp;(Filliettaz 1999&nbsp;: 275).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>6. Coda (<em>Coda<\/em>)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La&nbsp;<em>coda<\/em>&nbsp;marque la fin du r\u00e9cit. Elle&nbsp;\u201cpeu[t] contenir des observations g\u00e9n\u00e9rales ou montrer les effets des \u00e9v\u00e9nements sur le&nbsp;raconteur\u201d&nbsp;et peut avoir&nbsp;\u201cla propri\u00e9t\u00e9 de r\u00e9duire l\u2019\u00e9cart (<em>bridging the gap<\/em>) entre le moment \u00e0 la fin du r\u00e9cit en tant que tel et le pr\u00e9sent [\u2026] ramen[ant] le&nbsp;raconteur&nbsp;et son auditeur au point auquel ils sont entr\u00e9s dans le r\u00e9cit\u201d&nbsp;(Labov 1972&nbsp;: 365, traduit de l&rsquo;anglais).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour nombre de sp\u00e9cialistes de l\u2019interaction verbale, le r\u00e9cit est une routine parmi d\u2019autres pour repr\u00e9senter des \u00e9v\u00e9nements. Zimmerman (1992\u00a0: 435-441) d\u00e9crit trois routines diff\u00e9rentes pour verbaliser des \u00e9v\u00e9nements : le\u00a0<em>report<\/em>, o\u00f9 l&rsquo;on mentionne un \u00e9v\u00e9nement\u00a0; la\u00a0<em>description<\/em>, o\u00f9 l&rsquo;on mentionne et caract\u00e9rise un \u00e9v\u00e9nement\u00a0; et le\u00a0<em>narrative<\/em>, o\u00f9 l&rsquo;on rend compte chronologiquement d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement, notamment pour en manifester le caract\u00e8re inhabituel ou probl\u00e9matique. Filliettaz (1999\u00a0: 125-134), s\u2019appuyant sur une typologie pr\u00e9c\u00e9demment \u00e9labor\u00e9e par G\u00fclich &amp; Quasthoff (1986), trace un continuum \u00e0 trois gradients\u00a0: la\u00a0<em>mention\u00a0<\/em>(par laquelle est \u00e9voqu\u00e9 un \u00e9v\u00e9nement pass\u00e9)\u00a0; le\u00a0<em>compte-rendu<\/em>\u00a0(lors duquel les \u00e9v\u00e9nements sont r\u00e9capitul\u00e9s sans \u00eatre mis sous tension)\u00a0; le\u00a0<em>r\u00e9cit<\/em>\u00a0(dans lequel l&rsquo;op\u00e9ration de r\u00e9capitulation est mise sous tension). G\u00fclich &amp; Quasthoff (1986\u00a0: 223-227) identifient trois routines communicatives diff\u00e9rentes capables de repr\u00e9senter le m\u00eame type d\u2019\u00e9v\u00e9nement\u00a0: le\u00a0<em>statement,\u00a0<\/em>le<em>\u00a0report\u00a0<\/em>et le<em>\u00a0narrative<\/em>. Cette distinction repose non seulement le contenu \u00e9v\u00e9nementiel rapport\u00e9 (respectivement la mention d\u2019un \u00e9v\u00e9nement, le compte-rendu d\u2019une suite d\u2019\u00e9v\u00e9nements et la mise sous tension d\u2019une suite d\u2019\u00e9v\u00e9nements) mais \u00e9galement sur la fa\u00e7on dont ce qui s\u2019est pass\u00e9 est envisag\u00e9. Ainsi, un\u00a0<em>narrative<\/em>\u00a0s\u2019attache \u00e0 construire une pr\u00e9sence aux \u00e9v\u00e9nements (<em>replaying<\/em>, Goffman 1974) et t\u00e9moigne d\u2019un investissement subjectif important, alors que le\u00a0<em>report<\/em>\u00a0privil\u00e9gie une forme de neutralit\u00e9 dans la r\u00e9capitulation des \u00e9v\u00e9nements.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Ochs &amp; Capps (2001&nbsp;; voir aussi Ochs 2004) proposent, quant \u00e0 elles, de distinguer deux grands types de pratiques narratives en jeu dans la vie quotidienne&nbsp;: produites en g\u00e9n\u00e9ral principalement par un seul raconteur, les premi\u00e8res se caract\u00e9risent par le d\u00e9veloppement d\u2019une intrigue coh\u00e9rente et lin\u00e9aire, l\u2019activit\u00e9 est souvent d\u00e9tach\u00e9e de la situation de communication et t\u00e9moigne d\u2019une posture morale certaine et constante de la part du raconteur&nbsp;; les secondes, \u00e0 l\u2019inverse, sont le produit d\u2019un processus de co-narration et pr\u00e9sentent souvent une intrigue aux contours flous ou soumise \u00e0 des sc\u00e9narios concurrents, elles sont fr\u00e9quemment \u00e9troitement int\u00e9gr\u00e9es aux activit\u00e9s sociales en cours et sont r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019occasion de l\u2019expression de l\u2019incertitude et d\u2019une vari\u00e9t\u00e9 de postures morales.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019un point de vue interactionnel, on peut retenir que&nbsp;le r\u00e9cit \u2013 au sens de r\u00e9capitulation d\u2019une suite d\u2019\u00e9v\u00e9nements mis en tension \u2013&nbsp;se rapporte \u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019une activit\u00e9 orient\u00e9e vers la pr\u00e9paration d\u2019un&nbsp;<em>point<\/em>&nbsp;<em>culminant<\/em>&nbsp;(Goodwin&nbsp;1984), quel que soit la nature de celui-ci (la chute d\u2019une blague, la r\u00e9v\u00e9lation dans le cas d\u2019une confidence, la survenue ou la r\u00e9solution d\u2019un probl\u00e8me dans le contexte de la narration d\u2019une m\u00e9saventure).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La part de l\u2019auditoire dans la construction du r\u00e9cit<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019analyse conversationnelle a pu montrer par quels moyens les participants fa\u00e7onnent collaborativement le r\u00e9cit. Le travail interactionnel de l\u2019auditoire a souvent \u00e9t\u00e9 mod\u00e9lis\u00e9 selon un continuum passif\/actif (Mandelbaum 1987, 1989, 1993, 2013&nbsp;; \u00e9galement Goodwin 1986)&nbsp;: certaines r\u00e9actions de l\u2019auditoire peuvent \u00eatre qualifi\u00e9es de relativement&nbsp;<em>passives<\/em>,&nbsp;parce qu\u2019elles ne contraignent pas le&nbsp;raconteur&nbsp;\u00e0 un r\u00e9ajustement important de l\u2019activit\u00e9 en cours (autrement dit, elles valident la production du&nbsp;raconteur)&nbsp;; en revanche, d\u2019autres r\u00e9actions, que l\u2019on peut juger plus&nbsp;<em>actives<\/em>, engagent le&nbsp;raconteur&nbsp;\u00e0 r\u00e9ajuster ou \u00e0 modifier l\u2019activit\u00e9 en cours en fournissant des indications utiles \u00e0 la compr\u00e9hension ou \u00e0 la construction du rapport du ou des participant(s) \u00e0 ce qui est en train de se d\u00e9rouler dans le r\u00e9cit.<\/p>\n\n\n\n<p>Karatsu (2012&nbsp;: 20-21) pr\u00e9sente le continuum propos\u00e9 par Mandelbaum de la mani\u00e8re suivante&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><em>continueurs,&nbsp;<\/em>p. ex.<em>&nbsp;<\/em>\u201cmhm\u201d&nbsp;(passif)&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li><em>\u00e9valuations<\/em>&nbsp;(au sens d\u2019<em>assessement<\/em>),&nbsp;p. ex.&nbsp;\u201cincroyable&nbsp;!\u201d&nbsp;(passif-actif)&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li><em>marques de changement d\u2019\u00e9tat<\/em>&nbsp;(<em>change-of-state tokens<\/em>),&nbsp;p. ex.<em>&nbsp;<\/em>\u201coh&nbsp;!\u201d&nbsp;(actif)&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li><em>marques d\u2019informations nouvelles<\/em>&nbsp;(<em>newsmark<\/em>),&nbsp;p. ex.<em>&nbsp;<\/em>\u201cvraiment&nbsp;?\u201d&nbsp;(actif)&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li><em>r\u00e9paration initi\u00e9e par un autre participant que le&nbsp;raconteur<\/em>&nbsp;(actif).<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Adoptant \u00e9galement le continuum passif\/actif, R\u00fchlemann (2013&nbsp;: 10-11) distingue en outre deux types de contributions actives&nbsp;: d\u2019une part les contributions orient\u00e9es vers la r\u00e9alisation de l\u2019activit\u00e9 (<em>telling)<\/em>&nbsp;et les personnes qui en ont la charge (<em>tellers<\/em>)&nbsp;; d\u2019autre part les contributions orient\u00e9es vers ce qui est racont\u00e9 (<em>tale<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>La mise en \u00e9vidence de ce continuum&nbsp;passif\/actif&nbsp;permet de d\u00e9gager diff\u00e9rentes fa\u00e7ons qu\u2019\u00e0 l\u2019auditoire de participer \u00e0 la r\u00e9alisation du r\u00e9cit. Blum-Kulka (1993&nbsp;: 385-386) distingue trois modes de collaboration entre raconteurs et auditoire selon l\u2019intensit\u00e9 (faible \u00e0 haute) de la participation de ce dernier. Le mode monologique voit un seul&nbsp;raconteur, appel\u00e9 le&nbsp;<em>raconteur principal<\/em>&nbsp;(<em>primary narrator<\/em>), qui contr\u00f4le la sc\u00e8ne interactionnelle durant l\u2019entier de l\u2019activit\u00e9. Le mode dialogique voit la collaboration d\u2019un praticipant dans le r\u00f4le de&nbsp;raconteur&nbsp;principal, avec un ou plusieurs participant(s) dans le r\u00f4le de&nbsp;<em>raconteur secondaire<\/em>&nbsp;(<em>secondary narrator<\/em>), l\u2019activit\u00e9 narrative qui en d\u00e9coule prend alors souvent le format d\u2019une succession de questions\/r\u00e9ponses. Le mode polyphonique voit les r\u00f4les de&nbsp;raconteurs&nbsp;principaux et secondaires se confondre, l\u2019activit\u00e9 narrative \u00e9tant r\u00e9alis\u00e9e de concert par des participants qui partagent une connaissance comparable de ce qui est racont\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00fchlemann (2013&nbsp;: 7-14), \u00e0 des fins de codage et d\u2019analyse statistique, propose de syst\u00e9matiser la description de la collaboration dans les r\u00e9cits conversationnels. Il distingue les r\u00f4les du ou des&nbsp;raconteur(s)<em>&nbsp;<\/em>selon deux cas de figure&nbsp;: celui des activit\u00e9s narratives non partag\u00e9es, d\u2019une part, et celui des activit\u00e9s narratives partag\u00e9es, d\u2019autre part. Dans le premier cas, R\u00fchlemann propose une cat\u00e9gorie, celle de&nbsp;<em>raconteur non soutenu<\/em>&nbsp;(<em>Unsupported Narrator<\/em>) o\u00f9 il s\u2019agit de&nbsp;\u201craconter une histoire seul, sans aucun soutien (<em>backchannelling<\/em>) ou aucune autre contribution plus orient\u00e9e vers le contenu de la part du public\u201d&nbsp;(R\u00fchlemann 2013&nbsp;: 9, traduit de l\u2019anglais). Dans le second cas, R\u00fchlemann distingue trois cat\u00e9gories diff\u00e9rentes (R\u00fchlemann 2013&nbsp;: 11)&nbsp;: celle de&nbsp;<em>raconteur soutenu<\/em>&nbsp;(<em>Supported Narrator<\/em>), celle de&nbsp;<em>raconteur principal<\/em>&nbsp;(<em>Primary Narrator<\/em>) et celle de&nbsp;<em>co-raconteur ratifi\u00e9<\/em> (<em>Ratified Co-Narrator<\/em>). Ces trois derni\u00e8res cat\u00e9gories s\u2019opposent selon que l\u2019apport des autres participants est plus ou moins passif ou actif.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Place des savoirs dans le r\u00e9cit en interaction<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Goodwin (1984, 1986) observe des modes de participation diff\u00e9renci\u00e9s suivant que les personnes en pr\u00e9sence ont \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9es dans les \u00e9v\u00e9nements racont\u00e9s, qu\u2019elles en ont \u00e9t\u00e9 les t\u00e9moins, qu\u2019elles les connaissent \u00e0 travers ce qu\u2019elles en ont entendu dire ou qu\u2019elles ne les connaissent pas. Traitant de la connaissance qu\u2019ont les participants des \u00e9v\u00e9nements qu\u2019ils repr\u00e9sentent au cours d\u2019activit\u00e9s verbales, Labov &amp; Fanshell proposent cinq cat\u00e9gories d\u2019\u00e9v\u00e9nements (Labov &amp; Fanshel 1977 : 100&nbsp;; voir \u00e9galement 62-63)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>\u00c9v\u00e9nements A : connus de A, mais pas de B&nbsp;<\/li>\n\n\n\n<li>\u00c9v\u00e9nements B : connus de B, mais pas de A<\/li>\n\n\n\n<li>\u00c9v\u00e9nements AB : connus \u00e0 la fois de A et de B<\/li>\n\n\n\n<li>\u00c9v\u00e9nements O : connus de toutes les personnes pr\u00e9sentes<\/li>\n\n\n\n<li>\u00c9v\u00e9nements D : connus pour \u00eatre sujets \u00e0 controverse (discutables)&nbsp;<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Ces distinctions sont d\u2019importance, car de nombreux travaux ont fait \u00e9tat de la centralit\u00e9 des savoirs dans l\u2019\u00e9tablissement de la l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 raconter une histoire. Norrick, par exemple, observe qu\u2019un&nbsp;\u201craconteur ayant une exp\u00e9rience de premi\u00e8re main d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement aura g\u00e9n\u00e9ralement plus de l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 revendiquer le droit \u00e0 raconter l\u2019\u00e9v\u00e9nement qu&rsquo;un autre participant qui n&rsquo;a appris l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement qu&rsquo;\u00e0 travers les r\u00e9cits d&rsquo;autres personnes\u201d&nbsp;(2000&nbsp;: 97, traduit de l\u2019anglais). La l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 raconter une histoire peut s\u2019\u00e9tablir graduellement&nbsp;: au fil d\u2019une interaction ou \u00e0 l\u2019issue d\u2019une chaine d\u2019\u00e9v\u00e9nements de communication, une personne peut passer du statut d\u2019auditeur \u00e0 celui de raconteur de plein droit (Merminod &amp; Burger 2020).<\/p>\n\n\n\n<p>Des participants ayant connaissance des \u00e9v\u00e9nements sans toutefois \u00eatre en charge de les raconter peuvent se comporter comme des assistants du&nbsp;raconteur, r\u00f4le que Lerner (1992) d\u00e9signe par le terme d\u2019<em>associ\u00e9&nbsp;<\/em>(<em>consociate<\/em>). Ces&nbsp;associ\u00e9s&nbsp;\u201cne sont ni le raconteur (actuel), ni le destinataire de l&rsquo;histoire, mais peuvent participer \u00e0 la fois \u00e0 la narration et \u00e0 sa r\u00e9ception\u201d&nbsp;(Lerner 1992 : 258, traduit de l\u2019anglais).&nbsp; Les&nbsp;associ\u00e9s&nbsp;peuvent soutenir le&nbsp;raconteur&nbsp;tant lors de la pr\u00e9face et de la cl\u00f4ture que lors de l\u2019accomplissement du r\u00e9cit (par exemple en riant de mani\u00e8re anticip\u00e9e ou en corr\u00e9lant des faits). Ochs &amp; Capps (2001) observent par ailleurs que les \u00e9v\u00e9nements qui font pol\u00e9mique (\u00e9v\u00e9nements-D) favorisent un partage du r\u00f4le de&nbsp;raconteur&nbsp;entre plusieurs participants, alors co-raconteurs.<\/p>\n\n\n\n<p>La connaissance des \u00e9v\u00e9nements n\u2019est n\u00e9anmoins pas le seul param\u00e8tre influant sur l\u2019acc\u00e8s au statut de&nbsp;raconteur&nbsp;(Shuman 1986&nbsp;; 2015&nbsp;; Blum-Kulka 1993&nbsp;; Norrick 2000) et, plus largement, autorisant&nbsp;la participation \u00e0 l\u2019activit\u00e9 narrative, qui est un processus dynamique et situ\u00e9 (Goodwin &amp; Goodwin 2004). En outre, il existe des moyens permettant d\u2019acc\u00e9der au statut de&nbsp;raconteur&nbsp;sans avoir connaissance des \u00e9v\u00e9nements racont\u00e9s, R\u00fchlemann cite, par exemple, les cas de participants qui, conjointement \u00e0 l\u2019activit\u00e9 en cours,&nbsp;\u201cco-construisent [\u2026] un sc\u00e9nario imaginaire, o\u00f9 des \u00e9v\u00e9nements futurs ou hypoth\u00e9tiques sont invent\u00e9s \u2018\u00e0 la vol\u00e9e\u2019\u201d&nbsp;(R\u00fchlemann 2013&nbsp;:&nbsp;11, traduit de l\u2019anglais).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les r\u00e9cits conversationnels au-del\u00e0 du face \u00e0 face de la communication ordinaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La plupart des recherches \u00e9voqu\u00e9es dans cette notice prennent appui sur l\u2019analyse de r\u00e9cits oraux dans des situations de communication en face \u00e0 face, dans lesquelles aucune m\u00e9diation technologique sp\u00e9cifique n\u2019intervient. Il est \u00e9vident que ces situations ne sont pas les seules o\u00f9 les r\u00e9cits sont produits en interaction. Pour ne prendre que l\u2019exemple de la communication en ligne, elle offre de multiples occasions de r\u00e9cits en interaction (De Fina &amp; Perrino 2019), que ce soit dans le contexte des messageries instantan\u00e9es (Verdier 2020) ou dans celui des r\u00e9seaux sociaux (Giaxoglou 2020). Dans ces situations, les affordances sp\u00e9cifiques des technologies utilis\u00e9es affectent les dynamiques interactionnelles en jeu dans la r\u00e9alisation des r\u00e9cits (Georgakopoulou 2023). Conditionn\u00e9es par les technologies utilis\u00e9es, les dynamiques interactionnelles en jeu dans la production des r\u00e9cits sont \u00e9galement sensibles aux logiques institutionnelles et aux id\u00e9ologies langagi\u00e8res en pr\u00e9sences dans les situations de communication (Merminod 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour aller plus loin, on consultera avec profit l\u2019ouvrage&nbsp;<em>Analyzing Narrative&nbsp;<\/em>(De Fina &amp; Georgakopoulou 2012), qui propose un \u00e9tat des lieux extr\u00eamement complet des travaux sur le r\u00e9cit dans la recherche de langue anglaise en analyse du discours et en sociolinguistique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences en langue \u00e9trang\u00e8re<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Bauman, Richard (1986),&nbsp;<em>Story, performance and event<\/em>, Cambridge, Cambridge University Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Berger, Evelyne (2017), \u00ab&nbsp;The interactional achievement of tellability: a study of story-openings Berger&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Revue fran\u00e7aise de linguistique appliqu\u00e9e<\/em>, n\u00b0&nbsp;22&nbsp;(2), p. 89-107.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Blum-Kulka, Shoshana (1993), \u00ab&nbsp;\u2018You Gotta Know How to Tell a Story\u2019: Telling, Tales, and Tellers in American and Israeli Narrative Events at Dinner&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Language in Society<\/em>, n\u00b0&nbsp;22&nbsp;(3), p.&nbsp;361-402.<\/p>\n\n\n\n<p>Couper-Kuhlen, Elisabeth (2012), \u00ab&nbsp;Exploring affiliation in the reception of conversational complaint stories&nbsp;\u00bb, in&nbsp;<em>Emotion in Interaction<\/em>, A.&nbsp;Per\u00e4kyl\u00e4 &amp; M.-L. Sorjonen (dir.),&nbsp;Oxford, Oxford University Press, p. 113-146.<\/p>\n\n\n\n<p>De Fina, Anna &amp; Georgakopoulou, Alexandra (2012),&nbsp;<em>Analysing Narrative. Discourse and Sociolinguistic Perspectives<\/em>, Cambridge, Cambridge University Press.<\/p>\n\n\n\n<p>De Fina, Anna &amp; Perrino, Sabina M. (2019),&nbsp;<em>Storytelling in the Digital World<\/em>, Amsterdam, John Benjamins.<\/p>\n\n\n\n<p>Georgakopoulou, Alexandra (1997),&nbsp;<em>Narrative Performances. A study of Modern Greek storytelling<\/em>, Amsterdam, John Benjamins.<\/p>\n\n\n\n<p>Georgakopoulou, Alexandra (2007),&nbsp;<em>Small Stories, Interaction and Identities,&nbsp;<\/em>Amsterdam, John Benjamins.<\/p>\n\n\n\n<p>Georgakopoulou, Alexandra (2010),&nbsp;\u00ab&nbsp;Closing in on Story Openings and Closings&nbsp;: Evidence from Conversational Stories in Greek&nbsp;\u00bb,&nbsp;&nbsp;<em>Journal of Greek Linguistics<\/em>, n\u00b0 10, p. 345-361.<\/p>\n\n\n\n<p>Georgakopoulou, Alexandra (2023), \u00ab&nbsp;(Small) Stories online. The intersection of affordances and practices&nbsp;\u00bb, in&nbsp;<em>The Routledge Handbook of Discourse Analysis<\/em>&nbsp;(2\u00e8me \u00e9dition), M. Handford &amp; J. P. Gee (dir.), Londres, Routledge, p. 441-453<\/p>\n\n\n\n<p>Giaxoglou, Korina (2020),&nbsp;<em>A Narrative Approach to Social Media Mourning: Small Stories and Affective Positioning<\/em>, New York, Routledge.<\/p>\n\n\n\n<p>Goffman, Erving (1974),&nbsp;<em>Frame Analysis. An Essay on the Organization of Experience<\/em>, Middlesex, Penguin Books<\/p>\n\n\n\n<p>Goodwin, Charles (1984),&nbsp;\u00ab&nbsp;Notes on story structure and the organization of participation&nbsp;\u00bb,&nbsp;&nbsp;in&nbsp;<em>Structures of Social Action&nbsp;: Studies in Conversation Analysis<\/em>, J. M. Atkinson &amp; J. Heritage&nbsp;(dir.),&nbsp;Cambridge, Cambridge University Press, (pp. 225-246.<\/p>\n\n\n\n<p>Goodwin, Charles (1986), \u00ab&nbsp;Audience Diversity, Participation and Interpretation&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Text<\/em>, n\u00b0 6 (3), p. 283-316.<\/p>\n\n\n\n<p>Goodwin, Charles (2015), \u00ab&nbsp;Narrative as talk-in-interaction&nbsp;\u00bb, in&nbsp;<em>The Handbook of Narrative Analysis<\/em>,&nbsp;A. De Fina&nbsp;&amp; A. Georgakopoulou&nbsp;(dir.), Oxford, Wiley-Blackwell&nbsp;: p. 197-218.<\/p>\n\n\n\n<p>Goodwin, Charles &amp; Goodwin, Marjorie H. (2004), \u00ab&nbsp;Participation&nbsp;\u00bb, in&nbsp;<em>A Companion to Linguistic Anthropology<\/em>,&nbsp;A. Duranti&nbsp;Alessandro (dir.), Oxford, Blackwell, p. 222-244.<\/p>\n\n\n\n<p>G\u00fclich, Elisabeth &amp; Mondada, Lorenza (2008),&nbsp;<em>Konversationsanalyse&nbsp;: Eine Einf\u00fchrung am Beispiel des Franz\u00f6sischen<\/em>, T\u00fcbingen, Niemeyer.<\/p>\n\n\n\n<p>G\u00fclich, Elisabeth &amp; Quasthoff, Uta M. (1986), \u00ab&nbsp;Story-telling in conversation. Cognitive and interactive aspects&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Poetics<\/em>, n\u00b0 15, p. 217-241.<\/p>\n\n\n\n<p>Hymes, Dell H. (1981), \u00ab\u00a0<em>In vain I tried to tell you\u00a0\u00bb: Essays in native American ethnopoetics<\/em>, Philadelphie, University of Pennsylvania Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Jefferson, Gail (1978), \u00ab&nbsp;Sequential aspects of storytelling in conversation&nbsp;\u00bb, in&nbsp;<em>Studies in the organization of conversational interaction<\/em>, J. Schenkein (dir.), New York, Academic Press, p. 219-248.<\/p>\n\n\n\n<p>Karatsu, Mariko (2012),&nbsp;<em>Conversational Storytelling Among Japanese Women<\/em>, Amsterdam, John Benjamins.<\/p>\n\n\n\n<p>Labov, William (1972), \u00ab&nbsp;The Transformation of Experience in Narrative Syntax&nbsp;\u00bb, in&nbsp;<em>Language in the Inner City<\/em>, W. Labov, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, p. 354-396.<\/p>\n\n\n\n<p>Labov, William (1997), \u00ab&nbsp;Some further steps in narrative analysis&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Journal of Narrative and Life History<\/em>, n\u00b0 7, p. 395-415.<\/p>\n\n\n\n<p>Labov, William &amp; Fanshel, David (1977),&nbsp;<em>Therapeutic Discourse&nbsp;: Psychotherapy as Conversation<\/em>, New York, Academic Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Labov, William &amp; Waletzky, Joshua (1967), \u00ab&nbsp;Narrative analysis&nbsp;: Oral versions of personal experience&nbsp;\u00bb, in&nbsp;<em>Essays on the Verbal and Visual Arts<\/em>,&nbsp;J. Helm (dir.), Seattle, University of Washington Press, p.12-44.<\/p>\n\n\n\n<p>Lerner, Gene H. (1992), \u00ab&nbsp;Assisted storytelling&nbsp;: deploying shared knowledge as a practical matter&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Qualitative sociology,&nbsp;<\/em>n\u00b0&nbsp;15, p. 247-271.<\/p>\n\n\n\n<p>Mandelbaum, Jenny (1987), \u00ab&nbsp;Couples sharing stories&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Communication Quarterly<\/em>, n\u00b0 35, p. 144-170.<\/p>\n\n\n\n<p>Mandelbaum, Jenny (1989), \u00ab&nbsp;Interpersonal activities in conversational storytelling&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Western Journal of Speech Communication<\/em>, n\u00b0 53, p. 114-126.<\/p>\n\n\n\n<p>Mandelbaum, Jenny (1993), \u00ab&nbsp;Assigning responsibility in conversational storytelling&nbsp;: the interactional construction of reality&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Text<\/em>, n\u00b0 13, p. 247-266.<\/p>\n\n\n\n<p>Mandelbaum, Jenny (2003), \u00ab&nbsp;How to \u2018do things\u2019 with narrative&nbsp;: a communication perspective on narrative skills&nbsp;\u00bb, in&nbsp;<em>Handbook of Communication and Social Interaction Skills,<\/em>&nbsp;J. O. Green &amp; B. R. Burleson (dir.), London, Lawrence Erlbaum Associates, p. 595-633.<\/p>\n\n\n\n<p>Mandelbaum, Jenny (2013),&nbsp;\u00ab&nbsp;Storytelling in conversation&nbsp;\u00bb, in&nbsp;<em>The Handbook of conversation analysis<\/em>,&nbsp;J. Sidnell&nbsp;&amp; T. Stivers&nbsp;(dir.), Oxford, Wiley-Blackwell, p. 492-507.<\/p>\n\n\n\n<p>Merminod, Gilles (2023),&nbsp;\u00ab&nbsp;Preparing for the deployment of ready-made stories in social interaction: reflexivity and narrative practices in professional communication&nbsp;\u00bb,&nbsp;&nbsp;<em>Multilingua,&nbsp;<\/em>n\u00b0<em>&nbsp;<\/em>42 (6), p. 855\u2013874.<\/p>\n\n\n\n<p>Merminod, Gilles &amp; Burger, Marcel (2020),&nbsp;\u00ab&nbsp;Narrative of Vicarious Experience in Broadcast News. A Linguistic Ethnographic Approach to Semiotic Mediations in the Newsroom&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Journal of<\/em>&nbsp;Pragmatics, n\u00b0 155, p. 240-260.<\/p>\n\n\n\n<p>Norrick, Neal R. (2000),&nbsp;<em>Conversational narrative&nbsp;: Storytelling in everyday talk<\/em>, Amsterdam, John Benjamins.<\/p>\n\n\n\n<p>Ochs, Elinor (2004),&nbsp;\u00ab&nbsp;Narrative Lessons&nbsp;\u00bb, in&nbsp;<em>A Companion to Linguistic Anthropology<\/em>, A. Duranti&nbsp;(dir.), Oxford, Blackwell, p 269-289.<\/p>\n\n\n\n<p>Ochs, Elinor &amp; Capps, Lisa (2001),&nbsp;<em>Living Narrative&nbsp;: Creating Lives in Everyday Storytelling<\/em>, Cambridge, Harvard University Press.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00fchlemann, Christoph (2013),&nbsp;<em>Narrative in English conversation. A corpus analysis<\/em>, Cambridge, Cambridge University Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Sacks, Harvey (1974), \u00ab&nbsp;An analysis of the course of a joke\u2019s telling&nbsp;\u00bb, in&nbsp;<em>Explorations in the ethnography of speaking<\/em>, R. Bauman&nbsp;&amp; J. Sherzer&nbsp;(dir.), Cambridge, Cambridge University Press, p. 337-353.<\/p>\n\n\n\n<p>Sacks, Harvey (1992a),&nbsp;<em>Lectures on Conversation, 1<\/em>, Oxford, Blackwell.<\/p>\n\n\n\n<p>Sacks, Harvey (1992b),&nbsp;<em>Lectures on Conversation, 2<\/em>, Oxford, Blackwell.<\/p>\n\n\n\n<p>Schegloff, Emmanuel A. (2007),&nbsp;<em>Sequence Organisation in Interaction<\/em>, Cambridge, Cambridge University Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Schiffrin, Deborah (1984),&nbsp;\u00ab&nbsp;How a story says what it means and does&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Text<\/em>,<em>&nbsp;<\/em>n\u00b0 4 (4), p. 313-346.<\/p>\n\n\n\n<p>Selting, Margret (1992), \u00ab&nbsp;Intonation as a Contextualization Device&nbsp;: Case studies on the role of prosody, especially intonation, in contextualizing story telling in conversation&nbsp;\u00bb, in&nbsp;<em>The Contextualization of Language<\/em>, P. Auer &amp; A. di Luzio (dir.), Amsterdam, John Benjamins, p. 233-258.<\/p>\n\n\n\n<p>Selting, Margret (2000), \u00ab&nbsp;The construction of units in conversational talk&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Language in Society<\/em>, N\u00b0 29, p. 477-517.<\/p>\n\n\n\n<p>Selting, Margret (2010), \u00ab&nbsp;Affectivity in Conversational Storytelling&nbsp;: An Analysis of Displays of Anger or Indignation in Complaint Stories&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Pragmatics<\/em>, n\u00b0 20 (2), p. 229-277.<\/p>\n\n\n\n<p>Shuman, Amy (1986),&nbsp;<em>Storytelling Rights&nbsp;: The Uses of Oral and Written Texts among Urban Adolescents<\/em>, Cambridge, Cambridge University Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Shuman, Amy (2015), \u00ab&nbsp;Story ownership and entitlement&nbsp;\u00bb, in&nbsp;<em>The Handbook of Narrative Analysis<\/em>,&nbsp;A. De Fina&nbsp;&amp; A. Georgakopoulou&nbsp;(dir.),&nbsp;Londres,&nbsp;John Wiley &amp; Sons, p. 38-56.<\/p>\n\n\n\n<p>Stivers, Tanya (2008), \u00ab&nbsp;Stance, alignment and affiliation during story telling&nbsp;: When nodding is a token of preliminary affiliation&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Research on Language in Social Interaction<\/em>, n\u00b0 41, p. 29-55.<\/p>\n\n\n\n<p>Stivers, Tanya (2013), \u00ab&nbsp;Sequence Organization&nbsp;\u00bb, in&nbsp;<em>The Handbook of Conversation Analysis<\/em>, J. Sidnell&nbsp;&amp; T. Stivers (dir.),&nbsp;Oxford, Wiley-Blackwell, p.&nbsp;191-209.<\/p>\n\n\n\n<p>Zimmerman, Don H. (1992), \u00ab&nbsp;The interactional organization of calls for emergency assistance&nbsp;\u00bb, in&nbsp;<em>Talk at work&nbsp;: Interaction in institutional settings<\/em>, P. Drew&nbsp;&amp; J. Heritage&nbsp;(dir.), Cambridge, Cambridge University Press, p. 418-469.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences en fran\u00e7ais<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Bres, Jacques (1994),&nbsp;<em>La narrativit\u00e9<\/em>, Louvain-La-Neuve, Duculot.<\/p>\n\n\n\n<p>Bres, Jacques (1995), \u00ab&nbsp;Alors raconte&nbsp;! La n\u00e9gociation du r\u00e9cit dans l\u2019interaction de l\u2019interview&nbsp;\u00bb in&nbsp;<em>Des savoir-faire communicationnels<\/em>, D. V\u00e9ronique &amp; R. Vion&nbsp;(dir.),&nbsp;Aix-en-Provence, Publications de l\u2019Universit\u00e9 de Provence,&nbsp;p.&nbsp;287-301.<\/p>\n\n\n\n<p>De Fornel, Michel (1988),&nbsp;\u00ab&nbsp;Sociopragmatique de la conversation&nbsp;: Production, r\u00e9ception et s\u00e9quentialisation des r\u00e9cits de plainte&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Cahiers du fran\u00e7ais des ann\u00e9es quatre-vingts,&nbsp;<\/em>n\u00b0<em>&nbsp;<\/em>3, p. 165-187.<\/p>\n\n\n\n<p>Filliettaz, Laurent (1999), \u00ab&nbsp;Une approche modulaire de l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 compositionnelle des discours&nbsp;: le cas des r\u00e9cits oraux&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Cahiers de Linguistique<\/em>&nbsp;<em>Fran\u00e7aise<\/em>, n\u00b0&nbsp;21, p. 261-327.<\/p>\n\n\n\n<p>Greco, Luca (dir.) (2024),&nbsp;<em>La narration : du discours \u00e0 la multimodalit\u00e9<\/em>, Limoges, Lambert-Lucas.<\/p>\n\n\n\n<p>G\u00fclich, Elisabeth &amp; Mondada, Lorenza (2001), \u00ab&nbsp;Konversationsanalyse\/Analyse conversationnelle&nbsp;\u00bb, in&nbsp;<em>Lexikon der Romanistischen Linguistik, 2,&nbsp;<\/em>G. Holtus, M. Metzeltin &amp; C. Schmitt (dir.), T\u00fcbingen, Max Niemeyer Verlag, p.196-250.<\/p>\n\n\n\n<p>Labov, W. (1978), \u00ab&nbsp;La transformation du v\u00e9cu \u00e0 travers la syntaxe narrative&nbsp;\u00bb, in&nbsp;<em>Le Parler ordinaire<\/em>, (dir.), Paris, Gallimard, p. 457-503.<\/p>\n\n\n\n<p>Laforest, Marty &amp; Vincent, Diane (1996), \u00ab&nbsp;Du r\u00e9cit litt\u00e9raire \u00e0 la narration quot\u00eddienne&nbsp;\u00bb, in&nbsp;<em>Autour de la narration<\/em>,&nbsp;M. Laforest (dir.), Qu\u00e9bec, Nuit Blanche, p. 13-28.<\/p>\n\n\n\n<p>Patron, Sylvie (dir.) (2020),&nbsp;<em>Small stories.<\/em>&nbsp;<em>Un nouveau paradigme pour les recherches sur le r\u00e9cit<\/em>, Paris, Hermann.<\/p>\n\n\n\n<p>Traverso, V\u00e9ronique (2012),&nbsp;\u00ab&nbsp;Longues s\u00e9quences dans l\u2019interaction&nbsp;: Ordre de l\u2019activit\u00e9, cadres participatifs et temporalit\u00e9s&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Langue fran\u00e7aise<\/em>, n\u00b0 175, p. 53-73.<\/p>\n\n\n\n<p>Verdier, Maud (2020),&nbsp;\u00ab&nbsp;Narrer sa souffrance&nbsp;\u00bb,&nbsp;in&nbsp;<em>Small stories : un nouveau paradigme pour les recherches sur le r\u00e9cit<\/em>, S. Patron (dir.), Paris, Herman, p. 139-164.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour citer cet article<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Gilles Merminod, \u00ab&nbsp;R\u00e9cit conversationnel&nbsp;\u00bb, <em>Glossaire du R\u00e9NaF,<\/em> mis en ligne le 13 janvier 2026, URL&nbsp;:&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2026\/01\/recit-conversationnel\/\">https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2026\/01\/recit-conversationnel\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"\/\/A103A120-DB6C-4A90-83F8-D3C24BD1975C#_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>&nbsp;Pour \u00e9viter le risque de confusion terminologique, nous pr\u00e9f\u00e9rons l\u2019\u00e9tiquette de&nbsp;<em>raconteur<\/em>&nbsp;\u00e0&nbsp;<em>narrateur<\/em>, cette derni\u00e8re notion ayant \u00e9t\u00e9 largement investie par la tradition narratologique (voir la <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2025\/05\/narrateur\/\">notice<\/a> de Sylvie Patron dans ce glossaire).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Gilles Merminod L\u2019\u00e9tude du r\u00e9cit dans l\u2019interaction verbale est d\u2019abord associ\u00e9e aux travaux fondateurs de William Labov dans le contexte de la sociolinguistique variationniste (Labov &amp; Waletzky 1967 ; Labov 1972 ; Labov &amp; Fanshell 1977), de Dell Hymes<\/p>\n","protected":false},"author":1001512,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[1,4,3],"tags":[105,102,16,100,101,103,104],"class_list":{"0":"post-2567","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","6":"category-uncategorized","7":"category-actualites-du-natrans","8":"category-glossaire","9":"tag-analyse-conversationnelle","10":"tag-interaction-verbale","11":"tag-narration","12":"tag-recit-conversationnel","13":"tag-recit-oral","14":"tag-small-stories","15":"tag-sociolinguistique"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2567","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001512"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2567"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2567\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2585,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2567\/revisions\/2585"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2567"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2567"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2567"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}