{"id":2415,"date":"2025-03-15T16:37:02","date_gmt":"2025-03-15T15:37:02","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/?p=2415"},"modified":"2025-03-31T17:16:50","modified_gmt":"2025-03-31T15:16:50","slug":"perspective","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2025\/03\/perspective\/","title":{"rendered":"Perspective (focalisation et point de vue)"},"content":{"rendered":"\n<p>Rapha\u00ebl Baroni<\/p>\n\n\n\n<p>La focalisation, notamment dans sa version d\u00e9riv\u00e9e des travaux de Genette, apparait comme l\u2019une des notions les plus discut\u00e9es dans le champ de la th\u00e9orie du r\u00e9cit. L\u2019objectif principal de Genette, lorsqu\u2019il introduit cette notion, \u00e9tait de distinguer la \u00ab\u00a0voix\u00a0\u00bb (<em>qui parle\u00a0?<\/em>) du \u00ab\u00a0mode\u00a0\u00bb (<em>qui voit\u00a0?<\/em> qui <em>per\u00e7oit\u00a0?<\/em> ou <em>qui pense\u00a0?<\/em>). Pour fonder sa typologie, il s\u2019appuie explicitement sur les analyses ant\u00e9rieures de Blin, Lubbock, Pouillon et, surtout, de Todorov (1966\u00a0: 141-142). Cette conception concerne en premier lieu le r\u00e9glage de l\u2019information narrative, en dehors des questions relatives \u00e0 l\u2019identit\u00e9 de l\u2019instance narrative. Genette distingue trois r\u00e9gimes principaux de focalisation\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>focalisation interne&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Narrateur<\/em> = <em>Personnage<\/em> (le narrateur ne dit que ce que sait tel personnage)&nbsp;; c\u2019est le r\u00e9cit \u00ab\u00a0\u00e0 point de vue\u00a0\u00bb selon Lubbock ou \u00e0 \u00ab\u00a0champ restreint\u00a0\u00bb selon Blin, la \u00ab\u00a0vision avec\u00a0\u00bb selon Pouillon&nbsp;\u00bb ([1972] 2007&nbsp;: 193)&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li>focalisation externe&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Narrateur<\/em> &lt; <em>Personnage<\/em> (le narrateur en dit moins que n\u2019en sait le personnage)&nbsp;; c\u2019est le r\u00e9cit \u00ab\u00a0objectif\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0behavioriste\u00a0\u00bb, que Pouillon nomme \u00ab\u00a0vision du dehors\u00a0\u00bb. [\u2026] [L]e h\u00e9ros agit devant nous sans que nous soyons jamais admis \u00e0 conna\u00eetre ses pens\u00e9es ou sentiment&nbsp;\u00bb ([1972] 2007&nbsp;: 194-195)&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li>focalisation z\u00e9ro&nbsp;: \u00ab&nbsp;ce que la critique anglo-saxonne nomme le r\u00e9cit \u00e0 narrateur omniscient et Pouillon \u00ab\u00a0vision par derri\u00e8re\u00a0\u00bb, et que Todorov symbolise par la formule <em>Narrateur<\/em> &gt; <em>Personnage<\/em> (o\u00f9 le narrateur en sait plus que le personnage, ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment en <em>dit <\/em>plus que n\u2019en sait aucun des personnages)&nbsp;\u00bb ([1972] 2007&nbsp;: 193)<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Bien que la focalisation au sens de Genette concerne surtout la quantit\u00e9 des \u00ab&nbsp;d\u00e9tails&nbsp;\u00bb fournis par le narrateur, la distinction entre cette approche et l\u2019orientation d\u2019une \u00ab&nbsp;vision&nbsp;\u00bb reste assez vague, ce qui a ouvert la voie \u00e0 des interpr\u00e9tations tr\u00e8s diff\u00e9rentes du ph\u00e9nom\u00e8ne. Pour Mieke Bal (1977&nbsp;; 1988) \u2013 mais aussi pour Shlommith Rimmon-Kennan (1988), pour Manfred Jahn (1996) ou pour Alain Rabatel (1998&nbsp;; 2008) \u2013 un r\u00e9cit ne saurait adopter que deux points de vue&nbsp;: soit il est ancr\u00e9 dans la perspective du narrateur (ou de l&rsquo;auteur), soit il adopte le point de vue subjectif d\u2019un personnage (ou groupe de personnages) situ\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du monde de l\u2019histoire. Mieke Bal affirme que lorsque la narration op\u00e8re un d\u00e9brayage de la perspective du narrateur pour la r\u00e9ancrer dans celle du personnage, ce dernier passe du statut d\u2019objet <em>focalis\u00e9<\/em> par le r\u00e9cit, \u00e0 celui de personnage <em>focalisateur<\/em>, les \u00e9v\u00e9nements \u00e9tant en quelque sorte filtr\u00e9s par ses sens, ses \u00e9motions ou le flux de ses pens\u00e9es. Adoptant la m\u00eame approche, Shlomith Rimmon-Kenan (1988) red\u00e9finit la focalisation sur des bases compl\u00e8tement diff\u00e9rentes de celles sur lesquelles reposaient les d\u00e9finitions de Todorov ou de Genette&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>la focalisation externe est ressentie comme \u00e9tant proche de l\u2019agent qui raconte, et son v\u00e9hicule peut donc \u00eatre appel\u00e9 le \u00ab&nbsp;narrateur-focalisateur&nbsp;\u00bb (Bal 1977&nbsp;: 33). [\u2026] Comme le terme le sugg\u00e8re, le lieu de la focalisation interne se trouve \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des \u00e9v\u00e8nements. Ce type prend g\u00e9n\u00e9ralement la forme d\u2019un personnage focalisateur. (Rimmon-Kenan 2002&nbsp;: 75-76)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Dans <em>Nouveau Discours du r\u00e9cit<\/em>, G\u00e9rard Genette r\u00e9fute la notion de \u00ab&nbsp;personnage focalisateur&nbsp;\u00bb, qui lui semble incompatible avec sa conception de la focalisation&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Pour moi, il n\u2019y a pas de personnage focalisant ou focalis\u00e9&nbsp;: <em>focalis\u00e9 <\/em>ne peut s\u2019appliquer qu\u2019au r\u00e9cit lui-m\u00eame, et <em>focalisateur<\/em>, s\u2019il s\u2019appliquait \u00e0 quelqu\u2019un, ce ne pourrait \u00eatre qu\u2019\u00e0 celui qui <em>focalise le r\u00e9cit<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire le narrateur \u2013 ou, si l\u2019on veut sortir des conventions de la fiction, l\u2019<em>auteur <\/em>lui-m\u00eame, qui d\u00e9l\u00e8gue (ou non) au narrateur son pouvoir de focaliser, ou non. (Genette 2007 [1983]&nbsp;: 347)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Pour mieux comprendre la diff\u00e9rence (et l&rsquo;\u00e9ventuelle compl\u00e9mentarit\u00e9) entre ces deux conceptions de la perspective narrative, la comparaison interm\u00e9diale peut s&rsquo;av\u00e9rer tr\u00e8s utile. En effet, au milieu des ann\u00e9es 1980, Fran\u00e7ois Jost s\u2019est \u00e9tonn\u00e9 du fait que Genette ait pu affirmer que le film de Kurosawa <em>Rash\u00f4mon<\/em> \u00e9tait enti\u00e8rement racont\u00e9 en focalisation interne, ce qui aurait d\u00fb entra\u00eener que le personnage n\u2019y soit \u00ab&nbsp;jamais d\u00e9crit, ni m\u00eame d\u00e9sign\u00e9 de l\u2019ext\u00e9rieur&nbsp;\u00bb (Genette 2007&nbsp;: 197). Ainsi qu\u2019il l\u2019explique&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Il faut avouer qu&rsquo;un sp\u00e9cialiste du film avait de quoi \u00eatre \u00e9tonn\u00e9. Si le concept de point de vue est forc\u00e9ment m\u00e9taphorique en litt\u00e9rature, on pourrait attendre du cin\u00e9ma qu&rsquo;il offre, en quelque sorte, une v\u00e9rification \u00e0 ses th\u00e9ories, et \u00e0 ses principes. Quoi de plus simple, en effet, que d&rsquo;\u00e9pouser, au moyen de la cam\u00e9ra, le regard d&rsquo;un personnage et, ce faisant, de le fondre au n\u00f4tre&nbsp;? Que le cin\u00e9ma n&rsquo;adopte qu&rsquo;exceptionnellement la rigueur de ce principe de la focalisation interne m\u2019est apparu comme un paradoxe digne d\u2019int\u00e9r\u00eat. (Jost 1994&nbsp;: 122)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Dans <em>L\u2019\u0153il cam\u00e9ra<\/em>, Jost propose de consid\u00e9rer que la subjectivit\u00e9 de la repr\u00e9sentation audiovisuelle, qu\u2019il associe aux concepts <em>d\u2019ocularisation et d\u2019auricularisation internes,<\/em> est distincte de la <em>focalisation<\/em> telle que l\u2019entendait Genette, qui se fonde sur une comparaison entre les informations d\u00e9tenues par un personnage et celles d\u00e9voil\u00e9es au public. Le point crucial consiste \u00e0 affirmer que ce correctif de la th\u00e9orie genettienne ne repr\u00e9sente pas n\u00e9cessairement une alternative \u00e0 cette derni\u00e8re, mais un compl\u00e9ment, car pour Jost, la \u00ab&nbsp;focalisation \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire le probl\u00e8me du savoir narratif \u2013 est en droit diff\u00e9rente de la question du point de vue&nbsp;\u00bb (1989&nbsp;: 103). Les travaux ult\u00e9rieurs mettent d&rsquo;ailleurs souvent en \u00e9vidence un amalgame conceptuel dans l\u2019approche genettienne, qui explique l\u2019incompatibilit\u00e9 entre les typologies ternaires de la focalisation et les approches g\u00e9n\u00e9ralement binaires portant sur la repr\u00e9sentation du point de vue (Rabatel 1998). Ainsi que le sugg\u00e8rent Tatjana Jesch et Malte Stein&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Le concept de focalisation de Genette est en fait un amalgame de deux \u00e9l\u00e9ments totalement ind\u00e9pendants pour lesquels \u2013 comme l\u2019auteur lui-m\u00eame aurait pu le pr\u00e9voir \u2013 on a besoin de deux termes. Le premier \u00e9l\u00e9ment est la perception du monde invent\u00e9 par l\u2019auteur \u00e0 travers des narrateurs et d\u2019autres agents \u00e9galement invent\u00e9s par l\u2019auteur&nbsp;; le second \u00e9l\u00e9ment est la r\u00e9gulation de l\u2019information narrative dans la communication entre l\u2019auteur et le lecteur. C&rsquo;est dans ce dernier \u00e9l\u00e9ment que r\u00e9side, selon nous, le potentiel novateur du discours sur la focalisation. Ce potentiel est toutefois n\u00e9glig\u00e9 par les narratologues, qui ont adopt\u00e9 sans h\u00e9siter le nouveau terme comme une simple substitution de l&rsquo;ancien.&nbsp; (Jesch &amp; Stein 2009 : 59)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Sur cette base, on peut donc affirmer que Bal (2009), Rimmon-Kenan (2002), Rabatel (1998; 2008) ou Jost (1989; 1992) sont concern\u00e9s par les questions relatives \u00e0 la \u00ab\u00a0perception du monde\u00a0\u00bb, alors que Todorov (1966) ou Genette (2007) d\u00e9crivent la \u00ab\u00a0r\u00e9gulation de l\u2019information narrative\u00a0\u00bb sur la base de l\u2019\u00e9talon fourni par le savoir que l\u2019on pr\u00eate au personnage. Genette est plus clair sur ce point dans <em>Nouveau discours du r\u00e9cit<\/em>, o\u00f9 il pr\u00e9cise\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Par focalisation, j\u2019entends donc bien une restriction de \u00ab&nbsp;champ&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire en fait une s\u00e9lection de l\u2019information narrative par rapport \u00e0 ce que la tradition nommait l\u2019omniscience. (Genette [1983] 2007&nbsp;: 348)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Genette \u00e9voque par ailleurs, dans une note de bas de page, la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019<em>affiner<\/em> la notion de mani\u00e8re \u00e0 distinguer entre \u00ab&nbsp;information et perception&nbsp;\u00bb, renvoyant pour cela aux travaux de Jost&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Sur la diff\u00e9rence entre focalisation et \u00ab&nbsp;ocularisation&nbsp;\u00bb (information et perception), et sur l\u2019int\u00e9r\u00eat de cette distinction pour la technique du film et celle du Nouveau Roman, voir Jost, 1983a et 1983b chap. iii (\u00ab&nbsp;La mobilit\u00e9 narrative&nbsp;\u00bb). Remontant de ces cas limites vers le r\u00e9gime ordinaire du r\u00e9cit, le travail de Jost me semble la contribution la plus pertinente au d\u00e9bat sur la focalisation, et \u00e0 l\u2019affinement n\u00e9cessaire de cette notion. (Genette [1983] 2007&nbsp;: 348)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Burkhardt Niederhoff estime pour sa part n\u00e9cessaire d\u2019adopter une terminologie distinguant clairement les notions de <em>focalisation<\/em> et <em>point de vue<\/em>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>parce que chacun met en \u00e9vidence un aspect diff\u00e9rent d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne complexe et difficile \u00e0 saisir. Le point de vue semble \u00eatre la m\u00e9taphore la plus efficace pour les r\u00e9cits qui tentent de rendre l\u2019exp\u00e9rience subjective d\u2019un personnage. Affirmer qu\u2019une histoire est racont\u00e9e du point de vue d\u2019un personnage a plus de sens que d\u2019affirmer qu\u2019il y a une focalisation interne sur ce personnage. La focalisation est un terme plus appropri\u00e9 lorsqu\u2019on analyse la s\u00e9lection des informations narratives qui ne servent pas \u00e0 restituer l\u2019exp\u00e9rience subjective d\u2019un personnage mais \u00e0 cr\u00e9er d\u2019autres effets, tels que le suspense, le myst\u00e8re, la perplexit\u00e9, etc. Pour que la th\u00e9orie de la focalisation puisse progresser, la conscience des diff\u00e9rences entre les deux termes, mais aussi la conscience de leurs forces et de leurs faiblesses respectives, est indispensable. (Niederhoff 2011&nbsp;: \u00a718, m.t.)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Si l\u2019on s\u2019en tient \u00e0 cette distinction terminologique et conceptuelle, les approches de Bal, Rimmon-Kennan et Rabatel ne sont pas n\u00e9cessairement incompatibles avec celles de Todorov ou de Genette, car les uns comme les autres apportent des \u00e9clairages compl\u00e9mentaires sur un ph\u00e9nom\u00e8ne complexe. En distinguant clairement ces diff\u00e9rentes approches et en croisant leurs r\u00e9sultats, la perspective narrative devient plus facile \u00e0 d\u00e9crire, tant sur le plan formel que sur celui de sa fonction dans le d\u00e9veloppement de l\u2019intrigue.<\/p>\n\n\n\n<p>Manfred Jahn (1996) a propos\u00e9 de r\u00e9articuler ces diff\u00e9rentes mani\u00e8res de d\u00e9finir la perspective du r\u00e9cit en distinguant, sur la base d\u2019une m\u00e9taphore visuelle, le <em>foyer interne<\/em> \u00e0 l\u2019origine de la vision (F1), qui peut \u00eatre li\u00e9 ou non \u00e0 l\u2019\u0153il (E) d\u2019un personnage, le <em>champ visuel <\/em>(V) port\u00e9 sur le monde (W), qui peut \u00eatre plus ou moins large ou restreint, et le <em>foyer <\/em>sur lequel la vision est focalis\u00e9e, aussi d\u00e9sign\u00e9 comme \u00ab&nbsp;<em>focus of interest<\/em>&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;<em>focus of attention<\/em>&nbsp;\u00bb (F2). Ce mod\u00e8le a la vertu de montrer que trois param\u00e8tres diff\u00e9rents concourent \u00e0 d\u00e9finir la perspective narrative, qui est autant li\u00e9e au point de vue sur le monde racont\u00e9 (interne ou externe), qu\u2019\u00e0 l\u2019orientation ou l\u2019extension d\u2019un savoir concernant ce monde.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"540\" height=\"428\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/files\/2025\/03\/figure-3-jahn.png\" alt=\"figure 3 jahn\" class=\"wp-image-2416\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/files\/2025\/03\/figure-3-jahn.png 540w, https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/files\/2025\/03\/figure-3-jahn-300x238.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Sch\u00e9ma de la focalisation par Manfred Jahn (1996&nbsp;: 242)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Le premier param\u00e8tre (li\u00e9 \u00e0 la d\u00e9termination du foyer interne) renvoie \u00e0 la possibilit\u00e9 d\u2019une subjectivation de la repr\u00e9sentation. Pour d\u00e9signer ce ph\u00e9nom\u00e8ne, \u00e0 l\u2019instar de Nierderhoff, Jan-No\u00ebl Thon, comme Nierderhoff, estime pr\u00e9f\u00e9rable d\u2019\u00e9viter l\u2019usage du terme de focalisation&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>[Pour] les strat\u00e9gies transm\u00e9diales visant \u00e0 produire une repr\u00e9sentation subjective, je propose d&rsquo;utiliser une expression plus neutre (et, sans doute, plus pr\u00e9cise) telle que la <em>repr\u00e9sentation de la subjectivit\u00e9<\/em> ou, de mani\u00e8re plus sp\u00e9cifique, la <em>repr\u00e9sentation subjective de la conscience ou de l&rsquo;esprit d&rsquo;un personnage<\/em>. (Thon 2016&nbsp;: 238)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>La d\u00e9termination d\u2019un point de vue interne repose, dans ce cas, sur le rep\u00e9rage local d\u2019indices formels renvoyant \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience subjective d\u2019un personnage, que ce soit par l\u2019exposition de ses \u00e9tats mentaux (cognitifs ou affectifs) ou que cela engage le filtrage des \u00e9v\u00e9nements \u00e0 travers ses perceptions (notamment visuelles et auditives, mais \u00e9galement olfactives, proprioceptives, etc.). Sur ce plan, les approches transm\u00e9diales soulignent la grande diversit\u00e9 des proc\u00e9d\u00e9s de subjectivation du point de vue en fonction des caract\u00e9ristiques du support de la repr\u00e9sentation. Des proc\u00e9d\u00e9s verbaux \u00e9tudi\u00e9s par Rabatel (1998&nbsp;; 2008), jusqu\u2019aux battement de c\u0153ur qu\u2019un joueur peut ressentir \u00e0 travers les vibrations de sa manette de jeu, en passant par l&rsquo;ocularisation filmique ou le discours en <em>apart\u00e9<\/em> du th\u00e9\u00e2tre, le diff\u00e9rentiel m\u00e9diatique appara\u00eet pr\u00e9dominant pour d\u00e9terminer le codage de la subjectivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La seconde distinction porte sur le fait que le personnage au sujet duquel le r\u00e9cit dispense, localement ou globalement, le plus d\u2019informations, finit par constituer un <em>foyer<\/em>, une sorte de point de rep\u00e8re di\u00e9g\u00e9tique, qui peut rester stable ou qui peut changer au fil du temps, ce qui permet d\u2019opposer les r\u00e9cits \u00e0 focalisation unique aux r\u00e9cits \u00e0 focalisation multiple ou variable. La focalisation prise dans ce sens particulier consiste ainsi \u00e0 \u00e9riger certains personnages en pivots du r\u00e9cit, ou d\u2019une s\u00e9quence de celui-ci, en recourant \u00e0 une accumulation lin\u00e9aire d\u2019informations qui finit par les distinguer quantitativement des autres personnages du monde de l\u2019histoire. Rabatel rattache ce ph\u00e9nom\u00e8ne au concept linguistique de \u00ab&nbsp;mise en focus&nbsp;\u00bb, ce qui d\u00e9bouche, dans les formes narratives, \u00e0 la construction d\u2019un \u00ab&nbsp;point de vue embryonnaire&nbsp;\u00bb (2008&nbsp;: 47). Mais ainsi qu\u2019il le reconna\u00eet lui-m\u00eame, le rep\u00e9rage de ce foyer ne repose pas sur un marquage linguistique de la subjectivit\u00e9&nbsp;: il \u00e9merge plut\u00f4t de l\u2019orientation th\u00e9matique du discours, qui suit le d\u00e9roulement des actions dans lesquelles un personnage sp\u00e9cifique est impliqu\u00e9 (2014&nbsp;: 43). Comme le rel\u00e8ve \u00e9galement Rabatel, l\u2019orientation durable du r\u00e9cit sur un m\u00eame personnage-focal constitue un socle pour l\u2019immersion et d\u00e9termine les effets d\u2019empathie. Pour \u00e9viter le recourt \u00e0 l\u2019adjectif \u00ab&nbsp;interne&nbsp;\u00bb, qui devrait \u00eatre strictement r\u00e9serv\u00e9 aux ph\u00e9nom\u00e8nes li\u00e9s \u00e0 la repr\u00e9sentation de la subjectivit\u00e9, on parlera alors simplement, de \u00ab&nbsp;<em>focalisation<\/em> <em>sur<\/em> X&nbsp;\u00bb, ou de \u00ab&nbsp;X constituant le <em>foyer <\/em>du r\u00e9cit&nbsp;\u00bb ou encore de \u00ab&nbsp;X \u00e9tant le <em>personnage-focal<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le troisi\u00e8me param\u00e8tre est fond\u00e9 quant \u00e0 lui sur la comparaison entre les informations mises \u00e0 disposition du public et celles dont dispose tel ou tel personnage faisant office de point de r\u00e9f\u00e9rence dans le monde racont\u00e9, ce qui d\u00e9bouche sur trois possibilit\u00e9s&nbsp;: sup\u00e9riorit\u00e9, inf\u00e9riorit\u00e9 ou \u00e9galit\u00e9 des savoirs. On retrouve ici la triple focalisation au sens de Genette ou de Todorov. La restriction ou l\u2019\u00e9largissement de la focalisation marquent alors une variation locale, qui appara\u00eet d\u2019autant plus saillante lorsqu\u2019elle tranche avec un r\u00e9gime ordinaire fond\u00e9 sur une \u00e9quivalence des savoirs. Cette approche met \u00e9galement en \u00e9vidence les fonctions de ces restrictions ou de ces \u00e9largissements strat\u00e9giques de la perspective narrative vis-\u00e0-vis de la dynamique de l\u2019intrigue, les effets de curiosit\u00e9 et de suspense \u00e9tant souvent corr\u00e9l\u00e9s aux intentions cach\u00e9es des personnages ou aux dangers ignor\u00e9s par ces derniers, mais anticip\u00e9s par le public.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, quand on saisit la question de la subjectivit\u00e9 \u00e0 une plus large \u00e9chelle, on peut distinguer les narrations int\u00e9grant diff\u00e9rents points de vue (qui sont parfois qualifi\u00e9es d&rsquo;\u00ab&nbsp;omniscientes&nbsp;\u00bb, m\u00eame si cette psychologisation de l&rsquo;instance narrative est jug\u00e9e trompeuse par la plupart des narratologues), aux narrations marqu\u00e9es par un r\u00e9gime narratif tendant vers l\u2019objectivit\u00e9 (r\u00e9cits dit \u00ab&nbsp;b\u00e9havioriste&nbsp;\u00bb, car ils n&rsquo;entrent jamais dans le point de vue interne des personnages) ou la subjectivit\u00e9 (\u00ab&nbsp;psycho-r\u00e9cit&nbsp;\u00bb ou r\u00e9cit \u00ab&nbsp;en flux de conscience&nbsp;\u00bb). Ces trois \u00ab&nbsp;modes&nbsp;\u00bb \u2013 multiperspectivisme, r\u00e9cit b\u00e9havioriste ou r\u00e9cit subjectif \u2013 sont li\u00e9s \u00e0 la perspective en tant que syst\u00e8me global r\u00e9glant l\u2019accessibilit\u00e9 \u00e0 la subjectivit\u00e9 des personnages selon certains modes. C\u2019est \u00e0 ce niveau d\u2019analyse que les questions relatives \u00e0 une stylistique historique commencent g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 se poser. Les diff\u00e9rences m\u00e9diatiques \u00e0 ce niveau sont aussi particuli\u00e8rement saillantes, par exemple une narration <em>enti\u00e8rement<\/em> subjective est plus fr\u00e9quente en litt\u00e9rature ou dans le jeu vid\u00e9o (cf. le <em>first-person shooter<\/em>) que dans les repr\u00e9sentation audio-visuelles ou dramatiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur des recherches sur la perspective narrative devraient apporter une meilleure compr\u00e9hension de la sp\u00e9cificit\u00e9 des proc\u00e9d\u00e9s m\u00e9diatiques dans le codage de la subjectivit\u00e9, qui font l&rsquo;objet de nombreuses \u00e9tudes r\u00e9centes (Reinerth &amp; Thon 1997; Horstkotte &amp; Pedri 2011; Mikkonen 2012; Alber 2017; Baroni 2023). La question de l\u2019influence de l\u2019\u00e9chelle de l\u2019analyse devrait aussi \u00eatre mieux prise en compte, en particulier pour les approches qui visent \u00e0 contextualiser les formes narratives (approches historiques, f\u00e9ministes, queer, postcoloniales, \u00e9cologiques, etc.). Il s\u2019agirait enfin de mieux articuler l\u2019analyse formelle de la perspective avec celle ses fonctions discursives ou esth\u00e9tiques en sortant de l\u2019amalgame entre th\u00e9ories du point de vue (comme repr\u00e9sentation de la subjectivit\u00e9) et th\u00e9ories de la focalisation (comme extension du savoir). On pourrait ainsi montrer que les effets de la perspective et l&rsquo;exp\u00e9rientialit\u00e9 qui en d\u00e9coule, diff\u00e8rent sensiblement suivant qu\u2019on les rattache aux enjeux li\u00e9s \u00e0 la quantit\u00e9 des informations fournies au public ou celle de l\u2019orientation du point de vue sur les \u00e9v\u00e9nements (Baroni 2017).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences en anglais<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Alber, Jan (2017), \u00ab&nbsp;The Representation of Character Interiority in Film: Cinematic Versions of Psychonarration, Free Indirect Discourse and Direct Thought&nbsp;\u00bb, in <em>Emerging Vectors of Narratology<\/em>, P. K. Hansen, J. Pier, P. Roussin &amp; W. Schmid (dir.), Berlin &amp; Boston, De Gruyter, p. 265-283.<\/p>\n\n\n\n<p>Bal, Mieke (2009 [1985]), <em>Narratology. Introduction to the Theory of Narrative<\/em>, Toronto, Buffalo &amp; London, University of Toronto Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Horstkotte, Silke &amp; Nancy Pedri (2011), \u00ab&nbsp;Focalization in Graphic Narrative&nbsp;\u00bb, <em>Narrative<\/em>, n\u00b0 19 (3), p. 330-357.<\/p>\n\n\n\n<p>Jahn, Manfred (1996), \u00ab&nbsp;Windows of Focalization: Deconstructing and Reconstructing a Narratological Concept&nbsp;\u00bb, <em>Style<\/em>, n\u00b0 30, p. 241-267.<\/p>\n\n\n\n<p>Jesch, Tatjana &amp; Malte Stein (2009), \u00abPerspectivization and Focalization: Two Concepts\u2014One Meaning? An Attempt at Conceptual Differentiation\u00bb, in <em>Point of View, Perspective, and Focalization<\/em>, P. H\u00fchn, W. Schmid &amp; J. Sch\u00f6nert (dir.), Berlin &amp; New York, De Gruyter, p. 59-78.<\/p>\n\n\n\n<p>Lubbock, Percy (1954 [1922]), <em>The Craft of Fiction<\/em>, Londres, J. Cape.<\/p>\n\n\n\n<p>Mikkonen, Kai (2012), \u00ab Focalization in Comics. From the Specificities of the Medium to Conceptual Reformulation \u00bb, <em>Scandinavian Journal of Comic Art (SJoCA)<\/em>, n\u00b0 1 (1), p. 71-95.<\/p>\n\n\n\n<p>Niederhoff, Burkhard (2011), \u00ab&nbsp;Focalization&nbsp;\u00bb, The Living Handbook of Narratology. Consult\u00e9 le 15 janvier 2018. URL&nbsp;: <a href=\"https:\/\/www.lhn.uni-hamburg.de\/article\/focalization\">https:\/\/www.lhn.uni-hamburg.de\/article\/focalization<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Reinerth, Maike Sarah &amp; Jan-No\u00ebl Thon (2017), <em>Subjectivity across Media: Interdisciplinary and Transmedial Perspectives<\/em>, Londres, Routledge.<\/p>\n\n\n\n<p>Rimmon-Kenan, Shlomith (2002 [1983]), <em>Narrative Fiction<\/em>, Londres &amp; New York, Routledge.<\/p>\n\n\n\n<p>Stanzel, Franz Karl (1981), \u00ab&nbsp;Teller-Characters and Reflector-Characters in Narrative Theory&nbsp;\u00bb, <em>Poetics Today<\/em>, n\u00b0 2 (2), p. 5-15.<\/p>\n\n\n\n<p>Thon, Jan-No\u00ebl (2016), <em>Transmedial Narratology and Contemporary Media Culture<\/em>, Lincoln and London, University of Nebraska Press.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences en fran\u00e7ais<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Baroni, Rapha\u00ebl (2023) \u00ab&nbsp;Une perspective transm\u00e9diale sur la focalisation&nbsp;\u00bb, <em>Recherches. Revue de didactique et de p\u00e9dagogie du fran\u00e7ais<\/em>, n\u00b0 78, p. 9-44.&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br>URL&nbsp;: <a href=\"https:\/\/serval.unil.ch\/resource\/serval:BIB_E5B0EF1995A3.P001\/REF\">https:\/\/serval.unil.ch\/resource\/serval:BIB_E5B0EF1995A3.P001\/REF<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Baroni, Rapha\u00ebl (2021) \u00ab&nbsp;Perspective narrative, focalisation et point de vue&nbsp;: pour une synth\u00e8se&nbsp;\u00bb, <em>Fabula Lht<\/em>, n\u00b0 25. DOI&nbsp;: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.58282\/lht.2647\">https:\/\/doi.org\/10.58282\/lht.2647<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Baroni, Rapha\u00ebl (2020) \u00ab&nbsp;Comment r\u00e9concilier la focalisation genettienne avec l\u2019\u00e9tude de la subjectivit\u00e9 dans le r\u00e9cit&nbsp;?&nbsp;\u00bb, <em>Nouvelle revue d\u2019esth\u00e9tique<\/em>, n\u00b0 26, p. 31-42. URL&nbsp;: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/nre.026.0031\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/nre.026.0031<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Baroni, Rapha\u00ebl (2017), <em>Les Rouages de l\u2019intrigue<\/em>, Gen\u00e8ve, Slatkine. URL&nbsp;: <a href=\"https:\/\/serval.unil.ch\/resource\/serval:BIB_91F2FABBCF53.P001\/REF\">https:\/\/serval.unil.ch\/resource\/serval:BIB_91F2FABBCF53.P001\/REF<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Bal, Mieke (1977), <em>Narratologie. Essais sur la signification narrative dans quatre romans modernes<\/em>, Paris, Klincksieck.<\/p>\n\n\n\n<p>Blin, Georges (1953), <em>Stendhal et les probl\u00e8mes du roman<\/em>, Paris, Corti.<\/p>\n\n\n\n<p>Genette, G\u00e9rard (2007 [1972&nbsp;; 1983]), <em>Discours du r\u00e9cit<\/em>, Paris Seuil.<\/p>\n\n\n\n<p>Jost, Fran\u00e7ois (1994), \u00ab\u00a0Le spectateur qui en savait trop\u00a0\u00bb, <em>Cin\u00e9mas, <\/em>n\u00b0 4 (3), p. 121-133. DOI\u00a0: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.7202\/1001041ar\">https:\/\/doi.org\/10.7202\/1001041ar<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Jost, Fran\u00e7ois (1992), Un monde \u00e0 notre image. Enonciation, cin\u00e9ma, t\u00e9l\u00e9vision, Paris, M\u00e9ridiens Klincksieck. URL: <a href=\"https:\/\/www.academia.edu\/32596807\/Un_monde_a_notre_image_%C3%89nonciation_Cin%C3%A9ma_T%C3%A9l%C3%A9vision_pdf\">https:\/\/www.academia.edu\/32596807\/Un_monde_a_notre_image_%C3%89nonciation_Cin%C3%A9ma_T%C3%A9l%C3%A9vision_pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Jost, Fran\u00e7ois (1989 [1987]), <em>L&rsquo;\u0152il-cam\u00e9ra. Entre film et roman<\/em>, Lyon, PUL.<\/p>\n\n\n\n<p>Pouillon, Jean (1946), <em>Temps et roman<\/em>, Paris, Gallimard.<\/p>\n\n\n\n<p>Rabatel, Alain (2008), <em>Homo Narrans<\/em>, Limoges, Editions Lambert-Lucas, deux volumes.<\/p>\n\n\n\n<p>Rabatel, Alain (1998), <em>La Construction textuelle du point de vue<\/em>, Lausanne et Paris, Delachaux et Niestl\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Todorov, Tzvetan (1966), \u00ab&nbsp;Les cat\u00e9gories du r\u00e9cit litt\u00e9raire&nbsp;\u00bb, <em>Communication<\/em>, n\u00b0 8, p. 125-151.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour citer cet article<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Rapha\u00ebl Baroni, \u00ab&nbsp;Perspective (focalisation et point de vue)&nbsp;\u00bb, <em>Glossaire du R\u00e9NaF, <\/em>mis en ligne le 15 mars 2025, URL&nbsp;: <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2025\/03\/perspective\/\">https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2025\/03\/perspective\/<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rapha\u00ebl Baroni La focalisation, notamment dans sa version d\u00e9riv\u00e9e des travaux de Genette, apparait comme l\u2019une des notions les plus discut\u00e9es dans le champ de la th\u00e9orie du r\u00e9cit. 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