{"id":2232,"date":"2023-10-11T10:26:30","date_gmt":"2023-10-11T08:26:30","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/?p=2232"},"modified":"2024-03-07T17:17:25","modified_gmt":"2024-03-07T16:17:25","slug":"narrateur-auctorial-authorial-narrator","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2023\/10\/narrateur-auctorial-authorial-narrator\/","title":{"rendered":"Narrateur auctorial \/ Authorial Narrator"},"content":{"rendered":"\n<p>Par Sylvie Patron<\/p>\n\n\n\n<p>Le terme et le concept de narrateur auctorial (<em>auktoriale Erz\u00e4hler<\/em>) sont dus \u00e0 Franz K. Stanzel (voir 1955 et 1971 [1955]). \u00abLes interpr\u00e8tes du roman n\u00e9gligent souvent le fait que la figure du narrateur auctorial n\u2019est pas simplement identique \u00e0 la personnalit\u00e9 de l\u2019auteur\u00bb (Stanzel 1971 [1955]: 24<a id=\"_ftnref1\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>). Issu de l\u2019aire germanophone, le narrateur auctorial est aussi essentiellement utilis\u00e9 dans cette aire. G\u00e9rard Genette et Seymour Chatman, par exemple, n\u2019y ont pas recours; les repr\u00e9sentants de la narratologie rh\u00e9torique contemporaine non plus, qui rattachent \u00abauctorial\u00bb \u00e0 \u00abauteur\u00bb (plus exactement, \u00abauteur implicite\u00bb). On trouve \u00abvoix auctoriale\u00bb et \u00abnarrateur auctorial\u00bb chez Susan Sniader Lanser, mais ces termes prennent sens dans un autre syst\u00e8me th\u00e9orique. Chez Stanzel, le narrateur auctorial fait syst\u00e8me avec le je-narrateur (<em>Ich-Erz\u00e4hler<\/em>, traduit en anglais par <em>first-person narrator<\/em>, litt\u00e9ralement \u00abnarrateur \u00e0 la premi\u00e8re personne\u00bb) et le r\u00e9flecteur du r\u00e9cit figural (voir 1971 [1955] et 1984 [1979]); chez Lanser, la voix auctoriale fait syst\u00e8me avec la voix personnelle et la voix communautaire (voir 1992). La traduction fran\u00e7aise de l\u2019ouvrage de K\u00e4te Hamburger (1968 et 1986 [1968]) gomme la pr\u00e9sence du terme \u00abnarrateur auctorial\u00bb, repris par Hamburger dans un rapport pol\u00e9mique avec Stanzel.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p><strong>Le statut ontologique du narrateur auctorial chez Stanzel<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour Stanzel, le narrateur auctorial et le je-narrateur sont \u00abdeux narrateurs dans des r\u00f4les diff\u00e9rents, se faisant face de part et d\u2019autre de la fronti\u00e8re entre les romans \u00e0 la premi\u00e8re et \u00e0 la troisi\u00e8me personne\u00bb (1984 [1979]: 88). Il oppose cette conception \u00e0 celle de Hamburger, pour laquelle il n\u2019y a pas de narrateur dans le r\u00e9cit de fiction \u00e0 la troisi\u00e8me personne, \u00abmais une fonction narrative impersonnelle qui, en g\u00e9n\u00e9ral, ne peut pas \u00eatre associ\u00e9e avec la notion d\u2019un personnage de raconteur personnalis\u00e9\u00bb (Stanzel 1984 [1979]: 88). Stanzel reconna\u00eet ponctuellement l\u2019existence de \u00abvariantes impersonnelles\u00bb du r\u00e9cit auctorial. Cependant, tout se passe comme si ces cas \u00e9taient trop rares ou trop peu repr\u00e9sentatifs pour entra\u00eener une modification de son syst\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p>Le narrateur auctorial et le je-narrateur sont deux narrateurs personnalis\u00e9s, c\u2019est-\u00e0-dire affect\u00e9s de caract\u00e9ristiques personnelles. Stanzel donne tr\u00e8s peu de pr\u00e9cisions sur ces caract\u00e9ristiques: \u00e9l\u00e9ments d\u2019\u00abhistoire personnelle\u00bb, \u00e9l\u00e9ments d\u2019un portrait mental: \u00abexp\u00e9riences, id\u00e9es, jugements\u00bb (curieusement, il ne mentionne pas le genre, f\u00e9minin ou masculin). Il signale en revanche que la personnalit\u00e9 du narrateur auctorial (et il faut comprendre implicitement: comme celle du je-narrateur) \u00abpeut \u00eatre le sujet d\u2019une interpr\u00e9tation\u00bb (1984 [1979]: 14). Le narrateur auctorial se manifeste par des r\u00e9flexions, jugements, g\u00e9n\u00e9ralisations, interpellations du lecteur, etc. (pr\u00e9sence en tant qu\u2019interm\u00e9diaire, ou \u00abm\u00e9diatet\u00e9\u00bb [<em>mediacy<\/em>], manifeste). Il peut se d\u00e9signer lui-m\u00eame en utilisant le pronom \u00abje\u00bb (autor\u00e9f\u00e9rence potentielle). Le prototype du narrateur auctorial est celui de <em>Tom Jones<\/em> de Fielding (voir Stanzel 1971 [1955]: 38-58; dans Stanzel 1984 [1979], il cite aussi fr\u00e9quemment <em>La Foire aux vanit\u00e9s<\/em> de Thackeray). Le narrateur auctorial et le je-narrateur ne se distinguent pas par l\u2019autor\u00e9f\u00e9rence, mais par \u00abla localisation de la personne ainsi d\u00e9sign\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur ou \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du monde fictionnel des personnages [\u2026]\u00bb (1984 [1979]: 48).<\/p>\n\n\n\n<p>Le narrateur auctorial et le je-narrateur sont deux narrateurs fictionnels. Stanzel \u00e9crit \u00e0 ce propos:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>La reconnaissance de la fictionnalit\u00e9 du narrateur \u00e0 la premi\u00e8re personne [<em>first-person narrator<\/em>] a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 celle de la fictionnalit\u00e9 du narrateur \u00e0 la troisi\u00e8me personne [<em>third-person narrator<\/em>]. La fictionnalit\u00e9 du narrateur \u00e0 la troisi\u00e8me personne auctorial n\u2019a commenc\u00e9e \u00e0 \u00eatre largement reconnue qu\u2019au milieu des ann\u00e9es 1950. La prise de conscience que le narrateur \u00e0 la premi\u00e8re personne et le narrateur \u00e0 la troisi\u00e8me personne auctorial \u00e9taient tous deux des personnages de raconteurs fictionnels et qu\u2019ils \u00e9taient par cons\u00e9quent identiques sur un point tout \u00e0 fait essentiel a conduit les critiques \u00e0 minimiser les diff\u00e9rences [\u2026]. (Stanzel 1984 [1979]: 81)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>La paternit\u00e9 de la reconnaissance de la fictionnalit\u00e9 du narrateur auctorial est attribu\u00e9e \u00e0 Wolfgang Kayser (voir 1977 [1958], cit\u00e9 par Stanzel dans la r\u00e9\u00e9dition allemande de 1965). Les formulations utilis\u00e9es masquent cependant le fait que cette reconnaissance n\u2019est pas une d\u00e9couverte mais une stipulation. La fictionnalit\u00e9 en question s\u2019interpr\u00e8te comme le fait que le narrateur auctorial a une personnalit\u00e9 construite, distincte de celle de l\u2019auteur r\u00e9el. Stanzel reconna\u00eet lui-m\u00eame que, dans ses premiers travaux, le concept de narrateur auctorial n\u2019\u00e9tait pas enti\u00e8rement stabilis\u00e9: \u00ab[D]ans [\u2026] <em>Narrative Situations<\/em> [\u2026], les termes \u201cauteur\u201d et \u201cnarrateur\u201d apparaissent occasionnellement \u00e0 la place de \u201cnarrateur auctorial\u201d [\u2026] et il est question de \u201cla pr\u00e9sence de l\u2019auteur dans la figure du narrateur auctorial\u201d [\u2026]\u00bb. Il signale cependant que \u00ab[c]e manque de pr\u00e9cision terminologique est [\u2026] clarifi\u00e9 au d\u00e9but par l\u2019observation que \u201cla figure du narrateur auctorial n\u2019est pas simplement identique \u00e0 la personnalit\u00e9 de l\u2019auteur\u201d [\u2026]\u00bb&nbsp;(Stanzel 1984 [1979]&nbsp;: 242, n. 31).<\/p>\n\n\n\n<p>Selon Stanzel,&nbsp;\u00ab[l]a principale diff\u00e9rence entre le narrateur \u00e0 la premi\u00e8re personne personnalis\u00e9 et le narrateur \u00e0 la troisi\u00e8me personne auctorial r\u00e9side dans le fait que le premier fait partie de la r\u00e9alit\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9e, du monde fictionnel o\u00f9 vivent les personnages, alors que le second n\u2019en fait pas partie\u00bb (1984 [1979]: 90). Stanzel d\u00e9signe fr\u00e9quemment l\u2019univers des personnages comme un&nbsp;\u00abmonde\u00bb (ou un \u00abdomaine d\u2019existence\u00bb [<em>realm of existence<\/em>]). Cependant, on ne trouve aucune sp\u00e9cification de cette notion dans son ouvrage. Stanzel poursuit:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Le narrateur \u00e0 la premi\u00e8re personne se distingue du narrateur \u00e0 la troisi\u00e8me personne auctorial par sa pr\u00e9sence physique et existentielle dans le monde fictionnel. Autrement dit, le narrateur \u00e0 la premi\u00e8re personne est \u00abincarn\u00e9\u00bb <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-admin\/post.php?post=2232&amp;action=edit#_ftn2\">[2]<\/a> dans le monde des personnages. Le narrateur \u00e0 la troisi\u00e8me personne auctorial peut \u00e9galement se d\u00e9signer par \u00abje\u00bb, mais il n\u2019est incarn\u00e9 nulle part, ni \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur ni \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du monde fictionnel. (Stanzel 1984 [1979]: 90)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p><strong>La critique du narrateur auctorial chez Hamburger<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour Hamburger,<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Il n\u2019y a pas de narrateur fictif [\u2026] qu\u2019il faudrait interpr\u00e9ter comme une projection de l\u2019auteur, une \u00abfigure cr\u00e9\u00e9e par l\u2019auteur\u00bb (F. Stanzel), pas m\u00eame dans le cas o\u00f9 cette impression est suscit\u00e9e par des expressions de premi\u00e8re personne, comme \u00abje\u00bb, \u00abnous\u00bb, \u00abnotre h\u00e9ros\u00bb, etc. [\u2026].Ce n\u2019est que lorsque le po\u00e8te narrant \u00abcr\u00e9e\u00bb r\u00e9ellement un narrateur, \u00e0 savoir le je-narrateur [<em>Ich-Erz\u00e4hler<\/em>]du r\u00e9cit \u00e0 la premi\u00e8re personne [<em>Ich-Erz\u00e4hlung<\/em>], qu\u2019on peut parler de ce dernier comme d\u2019un narrateur (fictif). (Hamburger 1986 [1968]: 128<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-admin\/post.php?post=2232&amp;action=edit#_ftn3\">[3]<\/a>)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Pour Stanzel, le narrateur auctorial et le je-narrateur sont fonctionnellement diff\u00e9rents mais co\u00efncident du point de vue de leur statut ontologique&nbsp;: comme on l\u2019a vu, ils sont pr\u00e9sent\u00e9s l\u2019un et l\u2019autre comme \u00abdeux narrateurs dans des r\u00f4les diff\u00e9rents\u00bb, \u00abdes personnages de raconteurs fictionnels\u00bb (Stanzel 1984 [1979]: resp. 88 et 81). Pour Hamburger, seul le je-narrateur peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un personnage, c\u2019est-\u00e0-dire un \u00eatre fictionnel, situ\u00e9 dans le m\u00eame monde, ou chez Hamburger dans le m\u00eame \u00abici et maintenant\u00bb que les autres personnages.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Stanzel, le narrateur auctorial et l\u2019auteur sont ontologiquement diff\u00e9rents mais le narrateur auctorial reproduit la condition structurelle et fonctionnelle de l\u2019auctorialit\u00e9. Sa motivation pour raconter n\u2019est pas \u00abexistentielle\u00bb, comme dans le cas du je-narrateur, mais \u00ablitt\u00e9raire-esth\u00e9tique\u201d (1984 [1979]: 93). Pour Hamburger, en revanche, il n\u2019y a que l\u2019auteur et ses jeux, qu\u2019elle voit \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans des romans qu\u2019elle appelle \u00abhumoristiques\u00bb, au sens d\u2019un \u00abhumour esth\u00e9tique\u00bb, notamment ceux de Jean-Paul (elle mentionne aussi Fielding):<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Lorsque la fonction narrative d\u2019un roman se transforme en un narrateur, c\u2019est-\u00e0-dire en un auteur qui dit <em>je<\/em> [<em>Verfasser-Ich<\/em>], ce dernier feint d\u2019\u00eatre un v\u00e9ritable sujet d\u2019\u00e9nonc\u00e9, sans que cette feinte n\u2019affecte la structure m\u00eame de la fiction narr\u00e9e. Le narrateur pr\u00e9sente pour ainsi dire un petit r\u00e9cit \u00e0 la premi\u00e8re personne dont il est le h\u00e9ros et qui reste en dehors du roman. Il se s\u00e9pare du lui comme l\u2019huile se s\u00e9pare de l\u2019eau, et ce qui cr\u00e9e le roman n\u2019est pas ce je-narrateur mais toujours la fonction narrative. L\u2019auteur qui dit <em>je<\/em>, qui joue ici avec lui-m\u00eame, ne fait en aucun cas partie des personnages de son \u0153uvre. (Hamburger 1986 [1968]: 296<a id=\"_ftnref4\" href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p><strong>Narrateur auctorial ou <em>persona<\/em> d\u2019auteur&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans le monde anglophone, cette r\u00e9flexion de Suzanne Ferguson, contemporaine de l\u2019\u00e9dition originale de l\u2019ouvrage de Stanzel, est int\u00e9ressante:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>[\u2026] dans leurs ouvrages critiques, les auteurs parlent habituellement des narrateurs de leurs romans en utilisant le terme \u00abauteur\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire pour renvoyer \u00e0 eux-m\u00eames. Il n\u2019est pas besoin d\u2019aller chercher Fielding, Thackeray ou Trollope, il suffit de citer Flaubert, James et Ford. Ce dernier en particulier, le plus ardent et le plus \u00e9loquent promoteur de l\u2019impressionnisme fictionnel, pose constamment la question de la pr\u00e9sence et de l\u2019absence auctoriales (et non narratoriales) dans ses \u00e9crits critiques. [\u2026] Que les critiques aient besoin de se handicaper eux-m\u00eames avec une taxinomie aussi lourde [Ferguson fait r\u00e9f\u00e9rence aussi \u00e0 l\u2019auteur et au lecteur implicites] quand les auteurs, depuis le XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, ont si peu de scrupules \u00e0 se concevoir et \u00e0 se pr\u00e9senter eux-m\u00eames comme les narrateurs de leurs r\u00e9cits de fiction, c\u2019est l\u00e0 une \u00e9trange anomalie de l\u2019herm\u00e9neutique moderne. Si, en r\u00e9alit\u00e9, les narrateurs fiables de Fielding, Thackeray, Dickens, Eliot, James, Flaubert et Woolf \u00e9taient distincts de leurs auteurs, nous pourrions nous attendre \u00e0 ce que les styles des narrateurs diff\u00e8rent ostensiblement du point de vue de la syntaxe, du lexique et de la morphologie de ceux des lettres et des \u00e9crits de non-fiction de leurs auteurs; et nous pourrions nous attendre \u00e0 ce qu\u2019ils affichent des attitudes et des id\u00e9es distinguables de celles de l\u2019auteur. Aucune de ces stipulations n\u2019ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e, il est raisonnable d\u2019identifier le narrateur et \u00abl\u2019auteur implicite\u00bb ou simplement \u00abl\u2019auteur\u00bb, en comprenant tacitement qu\u2019il est une <em>persona<\/em> fictionnelle, non une personne r\u00e9elle, une t\u00e2che critique ais\u00e9e pour la plupart des lecteurs. (Ferguson 1979: 232-233)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>C\u2019est aussi la position beaucoup plus r\u00e9cente, \u00e9tay\u00e9e par les m\u00eames arguments et d\u2019autres, expos\u00e9e dans Hersant (2020) et Patron (2024). Marc Hersant distingue \u00ab[d]eux faits \u00e9nonciatifs fondamentaux, \u00e0 la fois voisins dans leurs fonctionnements et profond\u00e9ment diff\u00e9rents\u00bb (2020: 147): premi\u00e8rement, ce qu\u2019il appelle la \u00abfiction d\u2019\u00eatre\u00bb, qui est \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans les discours des orateurs, mais aussi dans tous les textes o\u00f9 l\u2019auteur s\u2019exprime en son propre nom, essai, r\u00e9cit historique, autobiographie, M\u00e9moires; deuxi\u00e8mement, la \u00abcr\u00e9ation d\u2019une identit\u00e9 purement fictionnelle\u00bb (2020: 150), dont l\u2019arch\u00e9type est le narrateur du r\u00e9cit de fiction \u00e0 la premi\u00e8re personne: \u00abCette fois, l\u2019\u00e9cart constitutif de la cr\u00e9ation litt\u00e9raire se trouve, non entre deux images de l\u2019auteur du discours, mais entre la personne r\u00e9elle de l\u2019auteur et le personnage invent\u00e9 du narrateur [\u2026]\u00bb (Hersant 2020: 150). J\u2019estime \u00e9galement pr\u00e9f\u00e9rable de distinguer la cr\u00e9ation d\u2019un personnage, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019une personne fictionnelle, faisant partie du m\u00eame monde fictionnel que les autres personnages, et la construction d\u2019une <em>persona<\/em> ou d\u2019une image d\u2019auteur, qui sollicite plut\u00f4t la notion rh\u00e9torique d\u2019<em>ethos<\/em> (voir Patron 2024). J\u2019avance plusieurs arguments, \u00e0 commencer par <em>l\u2019argument de l\u2019histoire ou de la g\u00e9n\u00e9alogie des concepts<\/em>, d\u00e9j\u00e0 d\u00e9velopp\u00e9 dans de nombreux travaux (voir Patron, 2016 et 2023, 2021 et 2022).<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre argument peut \u00eatre appel\u00e9 <em>argument des m\u00e9ta-messages auctoriaux<\/em>. Lorsque Hugo, dans <em>Les Mis\u00e9rables<\/em>, \u00e9voque \u00ables \u0153uvres th\u00e9ologiques de Hugo, \u00e9v\u00eaque de Ptol\u00e9ma\u00efs, arri\u00e8re-grand oncle de celui qui \u00e9crit ce livre\u00bb, \u00abl\u2019h\u00e9ro\u00efque capitaine Louis Hugo, oncle de l\u2019auteur de ce livre\u00bb, ou souligne que \u00abc\u2019est la seconde fois que, dans ses \u00e9tudes sur la question p\u00e9nale et sur la damnation par la loi, l\u2019auteur de ce livre rencontre le vol d\u2019un pain, comme point de d\u00e9part du d\u00e9sastre d\u2019une destin\u00e9e\u00bb (allusion \u00e0 <em>Claude Gueux<\/em>), non seulement il multiplie les occurrences de son nom propre, mais il se pose en auteur, entre biographie et mythographie, et propose des r\u00e9flexions m\u00e9talitt\u00e9raires tout en brouillant les fronti\u00e8res entre v\u00e9rit\u00e9 et fiction.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre argument est <em>l\u2019argument de la supprimabilit\u00e9<\/em>. Henri Coulet \u00e9voque ainsi la traduction, ou plut\u00f4t l\u2019adaptation, de <em>Tom Jones<\/em> par Pierre Antoine de La Place au milieu du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, qui \u00abd\u00e9figure compl\u00e8tement l\u2019original en supprimant les discours et les digressions de l\u2019auteur\u00bb, afin de se conformer au go\u00fbt du public fran\u00e7ais (Coulet 2000: 392). L\u2019int\u00e9ressant ici n\u2019est pas que <em>Tom Jones<\/em><em> <\/em>soit d\u00e9figur\u00e9, ce qui semble incontestable, mais que cette suppression soit techniquement possible. Comme l\u2019\u00e9crit aussi Hamburger,&nbsp;\u00ab[l]es intrusions en <em>je<\/em> [<em>Ich-Einbr\u00fcche<\/em>] dans le roman \u00e0 la troisi\u00e8me personne, c\u2019est-\u00e0-dire dans la pure fiction, ne le transforment pas plus en un roman \u00e0 la premi\u00e8re personne que [\u2026] des insertions de po\u00e8mes dans un roman n\u2019en font un roman \u00ab\u00a0lyrique\u00a0\u00bb\u00bb (1986 [1968]: 140<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\">[5]<\/a>).<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a enfin des arguments critiques, mais il est difficile ici de tenir des propos g\u00e9n\u00e9raux, l\u2019\u00e9valuation doit se faire au cas par cas. Dans le cas des <em>Mis\u00e9rables<\/em> par exemple, consid\u00e9rer le <em>je<\/em> (ou, plus exactement, le <em>nous<\/em>) intrusif comme un personnage de raconteur fictionnel aboutirait \u00e0 faire des <em>Mis\u00e9rables<\/em> un roman relativiste. Comme le formule Claude Millet, \u00abil serait inexact de dire que l\u2019auteur \u00e9tant un des personnages de la fiction, une de ses cr\u00e9ations, son discours n\u2019a pas plus de v\u00e9rit\u00e9 que ceux de ses personnages \u2013 ce qui ferait des <em>Mis\u00e9rables<\/em> un roman relativiste. Il y a des v\u00e9rit\u00e9s relatives, et la V\u00e9rit\u00e9 absolue. Les opinions qu\u2019enregistre la fiction, et la philosophie qu\u2019elle construit\u00bb (Millet 1994: 124-125).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Questions de genre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Lanser (1992) a analys\u00e9 en termes de voix auctoriale le lien entre les marques (ou l\u2019absence de marques) de genre et l\u2019autorit\u00e9, con\u00e7ue comme fondamentalement m\u00e2le et patriarcale. Ses analyses ne pr\u00e9jugent pas du choix pr\u00e9sent\u00e9 plus haut entre narrateur (ou narratrice) auctorial(e) et <em>persona<\/em> ou image d\u2019auteur ou d\u2019autrice:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>[M]on propre travail sur la voix narrative a \u00e9tabli que le genre d\u2019un narrateur d\u00e9pourvu de marques par ailleurs, h\u00e9t\u00e9rodi\u00e9g\u00e9tique (<em>i.e.<\/em> \u00ab\u00e0 la troisi\u00e8me personne\u00bb), est d\u00e9riv\u00e9 du genre de l\u2019auteur impliqu\u00e9 dans le texte. Je me sentais tellement oblig\u00e9e d\u2019attribuer un genre aux narrateurs que, dans certains milieux, ce lien de correspondance a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 \u00abla r\u00e8gle de Lanser\u00bb. J\u2019envisageais cependant la possibilit\u00e9 que l\u2019autorit\u00e9 traditionnellement accord\u00e9e aux voix masculines prime sur ce lien de correspondance dans le cas des femmes \u00e9crivains, ce qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 une fa\u00e7on d\u2019\u00e9trang\u00e9ifier, de rendre <em>queer<\/em> ma propre proposition. (Lanser 2018: 29)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Quant \u00e0 l\u2019id\u00e9e expos\u00e9e subs\u00e9quemment, \u00e0 savoir que \u00ablorsque le genre d\u2019un narrateur h\u00e9t\u00e9rodi\u00e9g\u00e9tique n\u2019est pas indiqu\u00e9 par des marques grammaticales, l\u2019h\u00e9t\u00e9rodi\u00e9g\u00e8se devient l\u2019embl\u00e8me m\u00eame de l\u2019ind\u00e9termination des genres\u00bb et que \u00abl\u2019h\u00e9t\u00e9rodi\u00e9g\u00e8se [pourrait \u00eatre] intrins\u00e8quement <em>queer<\/em> du point de vue du genre et du sexe\u00bb (Lanser 2018: 29, 30), si elle est d\u00e9j\u00e0 sujette \u00e0 caution dans le cas des r\u00e9cits de fiction \u00e0 la troisi\u00e8me personne consid\u00e9r\u00e9s par Lanser (par exemple, <em>Adam Bede<\/em> de George Eliot), cette id\u00e9e devient irrecevable si l\u2019on tient compte du fait que \u00abl\u2019h\u00e9t\u00e9rodi\u00e9g\u00e8se\u00bb, terme que Lanser emprunte \u00e0 Genette, inclut aussi de nombreux r\u00e9cits de fiction \u00e0 la troisi\u00e8me personne impersonnels pour lesquels la question du genre est simplement non pertinente. Pour dire vite, <em>L\u2019\u00c9ducation sentimentale<\/em> ne peut pas \u00eatre qualifi\u00e9 de roman <em>queer<\/em> comme <em>Written on the Body<\/em> de Jeanette Winterson, un des exemples pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s de Lanser, qui est un roman \u00e0 la premi\u00e8re personne, peut l\u2019\u00eatre de fa\u00e7on convaincante.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences en allemand<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Friedemann, K\u00e4te (1910), <em>Die Rolle des Erz\u00e4hlers in der Epik<\/em>, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft.<\/p>\n\n\n\n<p>Hamburger, K\u00e4te (1968), <em>Die Logik der Dichtung<\/em>, Stuttgart, Ernst Klett, 1<sup>re<\/sup> \u00e9d. 1957.<\/p>\n\n\n\n<p>Kayser, Wolfgang (1965), \u00abWer erz\u00e4hlt den Roman?\u00bb, in <em>Zur Poetik des Romans<\/em>, V. Klotz (dir.), Darmstadt, Wibenschaftliche Buchgesellschaft, p. 197-216, 1<sup>re<\/sup> \u00e9d. 1958.<\/p>\n\n\n\n<p>Stanzel, Franz K. (1955), <em>Die typischen Erz\u00e4hlsituationen im Roman. Dargestellt an \u201cTom Jones\u201d, \u201cMoby-Dick\u201d, \u201cThe Ambassadors\u201d, \u201cUlysses<\/em>\u201d, Stuttgart, Braum\u00fcller.<\/p>\n\n\n\n<p>Stanzel, Franz K.&nbsp; (1979), <em>Theorie des Erz\u00e4hlens<\/em>, G\u00f6ttingen, Vandenhoeck und Ruprecht.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences en anglais<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ferguson, Suzanne (1979), \u00ab\u00a0The Face in the Mirror: Authorial Presence in the Multiple Vision of Third-Person Impressionist Narrative\u201d, <em>Criticism<\/em>, n\u00b0 21 (3), p. 230-250.<\/p>\n\n\n\n<p>Hamburger, K\u00e4te (1993 [1968]), <em>The Logic of Literature<\/em>, trad. M. J. Rose, Bloomington, Indiana University Press, 1<sup>re<\/sup> \u00e9d. 1973.<\/p>\n\n\n\n<p>Lanser, Susan Sniader (1992), <em>Fictions of Authority: Women Writers and Narrative Voice<\/em>, Ithaca, Cornell University Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Patron, Sylvie (2021), \u201cThe Narrator: A Historical and Epistemological Approach to Narrative Theory\u201d, trad. Melissa McMahon, in <em>Optional Narrator Theories: Principles, Perspectives, Proposals<\/em>, S. Patron (dir.), Lincoln, University of Nebraska Press, p. 107-130.<\/p>\n\n\n\n<p>Patron, Sylvie (2023), <em>The Narrator: A Problem in Narrative Theory<\/em>, trad. C. Porter, Lincoln, University of Nebraska Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Stanzel, Franz K. (1971 [1955]), <em>Narrative Situations in the Novel:<\/em> \u201c<em>Tom Jones\u201d, \u201cMoby-Dick\u201d, \u201cThe Ambassadors\u201d, \u201cUlysses\u201d<\/em>, trad. J. Pusack, Bloomington, Indiana University Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Stanzel, Franz K. (1984 [1979]), <em>A Theory of Narrative<\/em>, trad. C. Goedsche, Cambridge, Cambridge University Press.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences en fran\u00e7ais<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Coulet, Henri (2000), <em>Le Roman jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution<\/em>, Paris, Armand Colin, 1<sup>re<\/sup> \u00e9d. 1967.<\/p>\n\n\n\n<p>Hamburger, K\u00e4te (1986 [1968]), <em>La logique des genres litt\u00e9raires<\/em>, trad. P. Cadiot, Paris, Seuil.<\/p>\n\n\n\n<p>Hersant, Marc (2020), \u00abIdentit\u00e9s fictives, fictions d\u2019identit\u00e9\u00bb, in <em>L&rsquo;identit\u00e9, dictionnaire encyclop\u00e9dique<\/em>, J. Gayon (dir.), Paris, Gallimard, p. 147-159.<\/p>\n\n\n\n<p>Kayser, Wolfgang (1977 [1958]), \u00abQui raconte le roman?\u00bb, trad. Anne-Marie Buguet, in <em>Po\u00e9tique du r\u00e9cit<\/em>, G. Genette et T. Todorov (dir.), Paris, Seuil, p. 59-84.<\/p>\n\n\n\n<p>Lanser, Susan S. (2018 [2015]), \u00abPour plus de narratologie (plus <em>queer<\/em> et plus f\u00e9ministe)\u00bb, trad. S. Patron, in <em>Introduction \u00e0 la narratologie postclassique. Les nouvelles directions de la recherche sur le r\u00e9cit<\/em>, S. Patron (dir.), Villeneuve d\u2019Ascq, Presses universitaires du Septentrion, p. 21-45.<\/p>\n\n\n\n<p>Millet, Claude (1994), \u00abAmphibologie: le g\u00e9nie, le passant, la philosophie, l\u2019opinion\u00bb, in Les Mis\u00e9rables<em>. Nommer l&rsquo;innommable<\/em>, Gabrielle Chamarat (dir.), Orl\u00e9ans, Paradigme, p. 123-149.<\/p>\n\n\n\n<p>Patron, Sylvie (2016), <em>Le Narrateur. Un probl\u00e8me de th\u00e9orie narrative<\/em>, Limoges, Lambert-Lucas, 1<sup>re<\/sup> \u00e9d. 2009.<\/p>\n\n\n\n<p>Patron, Sylvie (2022), \u00abLe narrateur: une approche historique et \u00e9pist\u00e9mologique\u00bb, in <em>La Th\u00e9orie du narrateur optionnel. Principes, perspectives, propositions<\/em>, S. Patron (dir.), Villeneuve d\u2019Ascq, Presses universitaires du Septentrion, p. 111-130.<\/p>\n\n\n\n<p>Patron, Sylvie (2024), \u00abLe narrateur: une approche historique et \u00e9pist\u00e9mologique ou: Qui disserte dans le r\u00e9cit de fiction \u00e0 la troisi\u00e8me personne?\u00bb, in <em>R\u00e9cit et v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque classique V: digressions, dissertations, r\u00e9flexions dans les r\u00e9cits factuels et dans les r\u00e9cits fictionnels de l\u2019\u00e9poque classique (XVII<sup>e<\/sup> et XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cles)<\/em>, C. Ramond et al. (dir.), Louvain, Peeters, p. 365-385.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Notes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Je traduis toutes les citations.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> En anglais \u00abis embodied\u00bb, traduction de l\u2019allemand \u00abverf\u00fcgt \u00fcber ein \u00ab\u00a0Ich mit Leib\u00a0\u00bb\u00bb, litt\u00e9ralement le narrateur \u00e0 la premi\u00e8re personne \u00abdispose d\u2019un \u00ab\u00a0je avec corps\u00a0\u00bb\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> Je modifie sensiblement la traduction.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> Je modifie sensiblement la traduction.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> Je modifie l\u00e9g\u00e8rement la traduction.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour citer cet article<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sylvie Patron, \u00ab&nbsp;Narrateur auctorial&nbsp;\u00bb, <em>Glossaire du R\u00e9NaF<\/em>, mis en ligne le 11 octobre 2023, URL: <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2023\/10\/narrateur-auctorial-authorial-narrator\/\">https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2023\/10\/narrateur-auctorial-authorial-narrator\/<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Sylvie Patron Le terme et le concept de narrateur auctorial (auktoriale Erz\u00e4hler) sont dus \u00e0 Franz K. Stanzel (voir 1955 et 1971 [1955]). \u00abLes interpr\u00e8tes du roman n\u00e9gligent souvent le fait que la figure du narrateur auctorial n\u2019est pas<\/p>\n","protected":false},"author":1001512,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[1,4,3],"tags":[48,49,46,47,21,50,45],"class_list":{"0":"post-2232","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","6":"category-uncategorized","7":"category-actualites-du-natrans","8":"category-glossaire","9":"tag-auteur","10":"tag-hamburger","11":"tag-narrateur","12":"tag-narrateur-auctorial","13":"tag-narratologie","14":"tag-patron","15":"tag-stanzel"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2232","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001512"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2232"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2232\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2248,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2232\/revisions\/2248"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2232"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2232"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2232"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}