{"id":2114,"date":"2023-01-13T18:17:27","date_gmt":"2023-01-13T17:17:27","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/?p=2114"},"modified":"2024-04-04T13:52:55","modified_gmt":"2024-04-04T11:52:55","slug":"narratologie-italienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2023\/01\/narratologie-italienne\/","title":{"rendered":"Narratologie italienne"},"content":{"rendered":"\n<p>Par Filippo Pennacchio<\/p>\n\n\n\n<p>Traduit de l\u2019italien par Rapha\u00ebl Baroni<\/p>\n\n\n\n<p>En Italie, la narratologie n\u2019a jamais eu la vie facile. Elle a souvent \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e avec m\u00e9fiance et, dans une certaine mesure, c\u2019est encore le cas aujourd\u2019hui. Au-del\u00e0 d\u2019un petit cercle de sp\u00e9cialistes, les noms d\u2019\u00e9rudits et de chercheurs tels que Franz Karl Stanzel, Dorrit Cohn ou Mieke Bal sont encore peu connus. Leurs textes n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 traduits, et leur pens\u00e9e, dans le meilleur des cas, a \u00e9t\u00e9 r\u00e9sum\u00e9e. En fait, le seul texte de narratologie connu non seulement des sp\u00e9cialistes est <em>Figure III<\/em> de G\u00e9rard Genette, dont tout le monde ma\u00eetrise plus ou moins la taxonomie et dont les principaux concepts sont \u00e9galement enseign\u00e9s dans les \u00e9coles secondaires.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Il est difficile d\u2019expliquer les raisons de cette m\u00e9fiance. C\u2019est probablement la structure fortement historiciste des \u00e9tudes litt\u00e9raires italiennes qui a pes\u00e9 le plus lourd, et c\u2019est peut-\u00eatre encore le cas aujourd\u2019hui. L\u2019importance accord\u00e9e \u00e0 l\u2019inscription des textes dans l\u2019histoire et \u00e0 la succession des mouvements et des \u0153uvres, mais aussi la tendance \u00e0 \u00e9tudier celles-ci essentiellement en relation avec la po\u00e9tique et la biographie des auteurs, ont toujours repr\u00e9sent\u00e9 une sorte d\u2019obstacle pour le d\u00e9veloppement d\u2019une r\u00e9flexion th\u00e9orique sur le r\u00e9cit.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela dit, on ne peut nier qu\u2019il y a eu une p\u00e9riode pendant laquelle la recherche narratologique a malgr\u00e9 tout joui d\u2019une popularit\u00e9 consid\u00e9rable en Italie. Durant cette p\u00e9riode, les principales nouveaut\u00e9s internationales ont \u00e9t\u00e9 traduites et plusieurs chercheurs italiens ont eux-m\u00eames contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de ce courant de recherche par des contributions importantes et originales. Pour cette raison il n\u2019est pas totalement absurde de parler, bien que de mani\u00e8re circonscrite dans le temps, d\u2019une narratologie italienne, qui valorise paradoxalement cet ancrage historique que je viens d\u2019indiquer comme un obstacle possible pour une th\u00e9orisation du r\u00e9cit.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les pr\u00e9misses<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Comme dans d\u2019autres pays, l\u2019\u00e2ge d\u2019or de la narratologie en Italie se situe entre les ann\u00e9es 1970 et 1980, mais ce qui s\u2019est pass\u00e9 au cours de cette p\u00e9riode ne peut \u00eatre expliqu\u00e9 en dehors du contexte des ann\u00e9es 1960, dans lequel la pens\u00e9e structuraliste a commenc\u00e9 \u00e0 se r\u00e9pandre en Italie. Il s\u2019agissait d\u2019une sorte de <em>boom<\/em> (cf. Scarpa-Giglioli 2012 et Mirabile 2006) qui a ouvert le champ \u00e0 une nouvelle mani\u00e8re de consid\u00e9rer les faits litt\u00e9raires.<\/p>\n\n\n\n<p>La p\u00e9riode entre 1965-1966 a probablement constitu\u00e9 un tournant d\u00e9cisif. En 1965, parmi d\u2019autres articles et volumes importants, a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e un ouvrage auquel ont particip\u00e9 quelques-uns des plus importants critiques de l\u2019\u00e9poque, italiens et \u00e9trangers, appel\u00e9s \u00e0 raisonner sur la critique et le structuralisme (Segre 1965). En 1966, le texte le plus connu de l\u2019un des \u201canc\u00eatres\u201d des chercheurs structuralistes, <em>La Morphologie du conte<\/em> de Vladimir J. Propp, est traduit en italien, et l\u2019on assiste surtout \u00e0 la publication du premier num\u00e9ro de la revue <em>Strumenti critici<\/em>. Il ne s\u2019agit pas d\u2019une revue de narratologie au sens strict, cependant, cette publication accueille (et continue d\u2019accueillir, la revue \u00e9tant toujours active) des contributions qui s\u2019inscrivent dans ce domaine de recherche, ou du moins qui r\u00e9fl\u00e9chissent sur les textes litt\u00e9raires en appliquant les principes de l\u2019analyse structuraliste. Au-del\u00e0 des contributions individuelles, deux aspects sont \u00e0 souligner. Tout d\u2019abord, comme on peut le lire dans l\u2019\u00e9ditorial qui ouvre son premier num\u00e9ro, la revue se d\u00e9clare \u201c\u00e9trang\u00e8re \u00e0 toute m\u00e9thodologie abstraite\u201d, ce qui signifie que \u201cce qui compte, c\u2019est l\u2019exp\u00e9rimentation des \u2018instruments\u2019\u201d (Anonyme 1966: 1-2). En d\u2019autres termes, un lien n\u00e9cessaire est sugg\u00e9r\u00e9 entre la th\u00e9orie et la critique, entre les abstractions m\u00e9thodologiques et les analyses concr\u00e8tes. Ce sera l\u2019un des aspects essentiels de la narratologie italienne, comme le rappellera plus tard Cesare Segre (2008), l\u2019un des fondateurs de la revue.<\/p>\n\n\n\n<p>En second lieu, il faut rappeler que les autres fondateurs de <em>Strumenti critici<\/em> sont D\u2019Arco Silvio Avalle, Maria Corti et Dante Isella: une chercheuse et deux chercheurs bas\u00e9s \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Pavie, qui adoptent, comme Segre, une approche philologique et historico-linguistique tr\u00e8s rigoureuse. C\u2019est important de le mentionner, car cette approche les conduira, ainsi que de nombreux contributeurs de<em> Strumenti critici<\/em>, \u00e0 ne jamais perdre de vue la dimension historique des textes \u00e9tudi\u00e9s. Ainsi, l\u2019histoire et la narratologie, la philologie et la narratologie vont souvent de pair en Italie, de m\u00eame qu\u2019il n\u2019est pas rare que les objets \u00e9tudi\u00e9s proviennent de p\u00e9riodes historiques loin de la modernit\u00e9 et de la contemporan\u00e9it\u00e9. Lorsque nous parlons aujourd\u2019hui de la n\u00e9cessit\u00e9 de \u201cdiachroniciser\u201d les \u00e9tudes narratologiques (Fludernik 2003) ou d\u2019\u00e9tablir une \u201c<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2021\/09\/narratologie-medievale\/\">narratologie m\u00e9di\u00e9vale<\/a>\u201c (Von Contzen 2014), il faut tenir compte du fait que les narratologues italiens ont \u00e9t\u00e9 engag\u00e9s d\u2019embl\u00e9e dans cette direction.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec les universitaires de Pavie, l\u2019autre nom \u00e0 retenir est celui d\u2019Umberto Eco. Parmi ses contributions dans les ann\u00e9es 1960, on peut citer notamment <em>La struttura assente<\/em> (1968). Il s\u2019agit d\u2019une \u00e9valuation de l\u2019entreprise structuraliste \u00e0 un moment o\u00f9 les hypoth\u00e8ses poststructuralistes commen\u00e7aient \u00e0 appara\u00eetre; en m\u00eame temps, cet ouvrage offre une illustration de ce que pourrait \u00eatre une nouvelle m\u00e9thode d\u2019investigation. Mais il est peut-\u00eatre encore plus significatif de rappeler un court essai du m\u00eame auteur intitul\u00e9 <em>Le strutture narrative in Fleming<\/em> (1965). Son importance r\u00e9side, d\u2019une part, dans le type d\u2019enqu\u00eate men\u00e9e par Eco, qui analyse les romans de James Bond comme des \u201cmachines fonctionnant sur la base d\u2019unit\u00e9s assez simples soutenues par des r\u00e8gles rigoureuses de combinaison\u201d (1966: 78). D\u2019autre part, il faut souligner le geste qui consiste \u00e0 juger digne d\u2019attention un tel objet. Eco montre par ce geste qu\u2019il est possible d\u2019\u00e9tudier s\u00e9rieusement un texte appartenant \u00e0 la culture populaire et de le faire avec une rigueur qui n\u2019est pas sans rappeler celle employ\u00e9e pour \u00e9tudier les textes appartenant \u00e0 la litt\u00e9rature canonis\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour montrer comment m\u00fbrit dans les ann\u00e9es 1960 un int\u00e9r\u00eat pour l\u2019\u00e9tude \u201cscientifique\u201d du r\u00e9cit, nous pouvons rappeler quelques autres faits. \u00c0 partir de 1967, l\u2019universit\u00e9 d\u2019Urbino organise un s\u00e9minaire annuel consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019analyse du r\u00e9cit, qui sera dirig\u00e9, lors de la premi\u00e8re ann\u00e9e, par Tzvetan Todorov, puis par Algirdas J. Greimas. La m\u00eame ann\u00e9e, Italo Calvino publie un essai intitul\u00e9 <em>Cibernetica e fantasmi<\/em>, qui reprend certaines des notions cl\u00e9s du structuralisme, ainsi que les principaux arguments que l\u2019on retrouve dans \u201cLa mort de l\u2019auteur\u201d de Roland Barthes (1968).<\/p>\n\n\n\n<p>En 1968, l\u2019anthologie <em>Les Formalistes russes<\/em> est traduite, tandis qu\u2019en 1969 paraissent deux autres textes fondamentaux. Le premier est <em>I segni e la critica<\/em> (Les signes et la critique) de Segre, qui comprend une premi\u00e8re partie proposant un mod\u00e8le th\u00e9orico-m\u00e9thodologique et une seconde partie dans laquelle une s\u00e9rie d\u2019analyses textuelles sont propos\u00e9es (la derni\u00e8re analyse, consacr\u00e9e \u00e0 <em>Cent ans de solitude<\/em> de Gabriel Garc\u00eda M\u00e1rquez, est particuli\u00e8rement remarquable). Le deuxi\u00e8me texte cl\u00e9, publi\u00e9 en 1969, est \u00e9galement une traduction: celle du c\u00e9l\u00e8bre num\u00e9ro 8 de la revue <em>Communications<\/em>, publi\u00e9 en Italie sous la forme d\u2019un volume intitul\u00e9 <em>L\u2019analisi del racconto <\/em>(L\u2019analyse du r\u00e9cit). Pour la premi\u00e8re fois, le public italien a entre les mains une sorte de \u201cmanifeste\u201d de la critique la plus m\u00e9thodologiquement avanc\u00e9e de l\u2019\u00e9poque, et il n\u2019est peut-\u00eatre pas exag\u00e9r\u00e9 d\u2019affirmer que les textes contenus dans ce volume serviront de mod\u00e8le \u00e0 de nombreuses \u00e9tudes r\u00e9alis\u00e9es dans les d\u00e9cennies suivantes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019\u00e2ge d\u2019or<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les ann\u00e9es 1970 et 1980 peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme l\u2019\u00e2ge d\u2019or des \u00e9tudes narratologiques en Italie, ce qui se manifeste en particulier par la traduction de nombreux textes destin\u00e9s \u00e0 devenir des \u201cclassiques\u201d. Outre <em>Figure III<\/em>, sont publi\u00e9s, entre autres, <em>Story and Discourse<\/em> de Seymour Chatman, <em>Narratology<\/em> de Gerald Prince, <em>Struktura hudo\u017eestvennogo teksta<\/em> de Juri M. Lotman, <em>Der Akt des Lesens<\/em> de Wolfgang Iser et <em>Temps et r\u00e9cit<\/em> de Paul Ricoeur.<\/p>\n\n\n\n<p>De l\u2019\u00e9cole de Pavie proviennent d\u2019importantes contributions qui mobilise d\u00e9sormais de vrais outils narratologiques. On peut mentionner notamment <em>Le strutture e il tempo<\/em> (Les structures et le temps) de Segre, qui s\u2019int\u00e9resse en particulier \u00e0 la dimension temporelle de la narration, avec un essai initial extr\u00eamement dense qui sert de panorama pour les principales th\u00e9ories sur l\u2019intrigue et une s\u00e9rie d\u2019analyses qui alternent entre la litt\u00e9rature m\u00e9di\u00e9vale et contemporaine. Le discours de Segre se poursuivra dans un recueil publi\u00e9 dix ans plus tard, <em>Teatro e romanzo<\/em> (Th\u00e9\u00e2tre et roman), qui contient, entre autres, un essai sur une approche narratologique du th\u00e9\u00e2tre et une analyse de <em>Si une nuit d\u2019hiver un voyageur<\/em> de Calvino, dans lequel est abord\u00e9e une question sur laquelle beaucoup se pencheront par la suite, \u00e0 savoir la nature \u00e9nonciative particuli\u00e8re de ce roman \u00e9crit enti\u00e8rement \u00e0 la deuxi\u00e8me personne.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre 1976 et 1978, Maria Corti publie \u00e9galement deux textes importants. <em>Il viaggio testuale<\/em> (Le voyage textuel) propose, d\u2019une part, une exploration couvrant une trentaine d\u2019ann\u00e9es de litt\u00e9rature italienne \u201cexp\u00e9rimentale\u201d (1945-1975) et, d\u2019autre part, une enqu\u00eate sur les r\u00e9cits m\u00e9di\u00e9vaux<em>. <\/em>Quant \u00e0<em> Principi della comunicazione letteraria<\/em> (Principes de la communication litt\u00e9raire), il s\u2019agit d\u2019un texte de nature plus th\u00e9orique et syst\u00e9matique: cet ouvrage part de l\u2019id\u00e9e que la litt\u00e9rature est un fait communicatif et il d\u00e9veloppe une r\u00e9flexion qui tient compte, entre autres, du d\u00e9bat sur l\u2019auteur implicite et sur le r\u00f4le du lecteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Umberto Eco s\u2019int\u00e9resse \u00e9galement \u00e0 ces questions, notamment dans <em>Lector in fabula<\/em> (1979). Parmi les id\u00e9es expos\u00e9es dans ce livre et destin\u00e9es \u00e0 s\u2019imposer, il y a celle du <em>lecteur mod\u00e8le<\/em>, par laquelle Eco d\u00e9signe le lecteur \u201ccapable de coop\u00e9rer \u00e0 l\u2019actualisation textuelle de la fa\u00e7on dont lui, l\u2019auteur, le pensait\u201d (Eco 1985: 71). On trouve aussi la notion de l\u2019<em>auteur mod\u00e8le<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire de l\u2019auteur comme \u201chypoth\u00e8se interpr\u00e9tative\u201d (1985: 83), comme image que le lecteur d\u00e9duit des donn\u00e9es de la strat\u00e9gie textuelle.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 de ces ouvrages influents, de nombreuses autres contributions \u00e0 la th\u00e9orie du r\u00e9cit pourraient \u00eatre mentionn\u00e9s. Parmi les plus importantes, on peut citer les travaux de Guido Baldi (1980), \u00e0 commencer par <em>L\u2019artificio della regressione<\/em> (L\u2019artifice de la r\u00e9gression), o\u00f9 la technique narrative de Giovanni Verga est analys\u00e9e \u00e0 l\u2019aide d\u2019instruments narratologiques \u201cclassiques\u201d. Baldi mobilisera plus tard les m\u00eames outils d\u2019analyse pour l\u2019\u00e9tude d\u2019autres textes canoniques de la litt\u00e9rature italienne du XIX<sup>e<\/sup> et du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle (Baldi 2003). Dans une approche strictement linguistique, <em>La parola d\u2019altri<\/em> (La parole des autres) de Bice Mortara Garavelli (1985) traite du \u201cdiscours rapport\u00e9\u201d, tandis que <em>Lo sguardo nel racconto<\/em> (Le regard dans le r\u00e9cit) de Paola Pugliatti (1985) est une reprise actualis\u00e9e du d\u00e9bat sur la notion de point de vue<em>. Enunciazione e racconto<\/em> (L\u2019\u00e9nonciation et le r\u00e9cit) de Stefano Agosti (1989) se concentre sur la \u201cvoix narrative\u201d, tandis que <em>Narciso e lo specchio<\/em> (Narcisse et le miroir) d\u2019Ursula Musarra Schr\u00f8der (1989) traite du roman \u00e0 la premi\u00e8re personne. Enfin, pour illustrer l\u2019extension historique de la recherche italienne sur le r\u00e9cit, on peut rappeler <em>Le strutture narrative dell Orlando furioso\u201d<\/em>\u00ab\u00a0(Les structures narratives d\u2019\u00a0\u00bbOrlando Furioso\u00a0\u00bb) de Giuseppe Dalla Palma (1984), auquel s\u2019ajoutera, dans la d\u00e9cennie suivante, le travail de Marco Praloran (1999).<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut surtout rappeler que trois manuels importants sont publi\u00e9s dans les ann\u00e9es 1980. Il s\u2019agit de <em>Avviamento all\u2019analisi del testo letterario <\/em>(Introduction \u00e0 l\u2019analyse du texte litt\u00e9raire) de Segre (1985), <em>Officina del racconto<\/em> (L\u2019atelier du r\u00e9cit) d\u2019Angelo Marchese (1983) et <em>Narrativa<\/em> (Narration) de Hermann Grosser (1985), auxquels on peut ajouter la quatri\u00e8me section de <em>Elementi di teoria letteraria<\/em> (\u00c9l\u00e9ments de th\u00e9orie litt\u00e9raire) de Franco Brioschi et Costanzo Di Girolamo (1984). En d\u00e9pit de leurs diff\u00e9rences, ces ouvrages abordent les m\u00eames questions et, pris ensemble, ils sugg\u00e8rent qu\u2019au milieu des ann\u00e9es 1980, la narratologie \u00e9tait une discipline suffisamment reconnue pour que ses notions centrales puissent \u00eatre diffus\u00e9es aupr\u00e8s d\u2019un public de non-sp\u00e9cialistes, tels que les \u00e9tudiants.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme on peut le deviner d\u2019apr\u00e8s le titre de leur ouvrage, Brioschi et Di Girolamo ne s\u2019int\u00e9ressent pas seulement \u00e0 la narrativit\u00e9. Dans <em>Elementi di teoria letteraria<\/em>, ils abordent des questions relatives \u00e0 la stylistique, \u00e0 la rh\u00e9torique, \u00e0 la versification, \u00e0 l\u2019institution litt\u00e9raire et au concept d\u2019art. Tous deux poursuivront leurs recherches individuellement, notamment dans deux ouvrages, <em>Critica della letterariet\u00e0<\/em> (Critique de la litt\u00e9rarit\u00e9) de Di Girolamo (1978) et <em>La mappa dell\u2019impero<\/em> (La carte de l\u2019empire) de Brioschi (1983), qui remettent en cause certaines des hypoth\u00e8ses de base du structuralisme, en premier lieu l\u2019id\u00e9e que la litt\u00e9rarit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire ce qui rend un texte litt\u00e9raire, est une propri\u00e9t\u00e9 intrins\u00e8que des textes eux-m\u00eames. Aucun des deux ouvrages n\u2019est de nature strictement narratologique, mais il est important de les mentionner dans la mesure o\u00f9, \u00e0 bien des \u00e9gards, ils anticipent des questions qui, \u00e0 partir des ann\u00e9es 1990, seront le centre d\u2019int\u00e9r\u00eat de nombreux chercheurs, notamment de Genette dans <em>Fiction et diction<\/em> et dans <em>L\u2019\u0153uvre d\u2019art<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des ann\u00e9es 1990 \u00e0 aujourd\u2019hui<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 un certain point, les ann\u00e9es 1990 constituent l\u2019aboutissement des ann\u00e9es 1980, dans le sens o\u00f9 elles poursuivent le discours entam\u00e9 \u00e0 cette \u00e9poque, mais aussi parce que l\u2019int\u00e9r\u00eat pour la narratologie d\u00e9velopp\u00e9 au cours de la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dente commence \u00e0 s\u2019estomper. Un sympt\u00f4me de cette situation est le d\u00e9clin des traductions de textes \u00e9trangers. En 1996 on assiste encore \u00e0 la publication de la traduction italienne de <em>The Rhetoric of Fiction<\/em> de Wayne C. Booth, plus de trente ans apr\u00e8s sa publication en anglais. En 1999, c\u2019est au tour d\u2019<em>Heterocosmica <\/em>de Lubom\u00edr Dole\u017eel. Plus r\u00e9cemment, on peut encore mentionner <em>I meccanismi dell\u2019intreccio<\/em> (2020) de Rapha\u00ebl Baroni, mais \u00e0 part cette exception, il est tr\u00e8s difficile de trouver d\u2019autres traductions r\u00e9centes d\u2019ouvrages narratologiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement, d\u2019importantes \u00e9tudes continuent de voir le jour, notamment <em>Il punto di vista<\/em> (Le point de vue) de Gianni Turchetta (1999), qui passe en revue les principales th\u00e9ories sur le point de vue et <em>Il testo a quattro mani<\/em> (Le texte \u00e0 quatre mains) de Federico Bertoni (1996), portant sur l\u2019exp\u00e9rience de la lecture. Eco a \u00e9galement publi\u00e9 deux ouvrages qui m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre mentionn\u00e9s<em>: I limiti dell\u2019interpretazione<\/em> (1990) se situe \u00e0 la jonction entre les th\u00e9ories de la r\u00e9ception, la pragmatique et la s\u00e9mantique des mondes possibles, alors que <em>Sei passeggiate nei boschi narrativi<\/em> (1994) est un recueil form\u00e9 d\u2019essais articul\u00e9s chacun autour d\u2019une analyse textuelle. Parmi les ouvrages d\u2019Eco \u00e9num\u00e9r\u00e9s jusqu\u2019ici, c\u2019est probablement l\u2019ouvrage \u00e0 partir duquel un lecteur n\u2019ayant aucune connaissance de la narratologie pourrait commencer \u00e0 se familiariser avec ce domaine de recherche.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019ensemble, on a cependant l\u2019impression qu\u2019il s\u2019agit des derniers soubresauts apr\u00e8s lesquels l\u2019int\u00e9r\u00eat pour l\u2019\u00e9tude th\u00e9orique du r\u00e9cit s\u2019est estomp\u00e9 de mani\u00e8re \u00e9vidente. Pour que cet int\u00e9r\u00eat soit raviv\u00e9, il faudra attendre le nouveau mill\u00e9naire, et en particulier les ann\u00e9es 2010, lorsque divers chercheurs italiens s\u2019ouvriront \u00e0 ce qui se passe \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, depuis au moins dix ans, dans le cadre de la narratologie dite \u201c<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2018\/09\/narratologie-postclassique-postclassical-narratology\/\">postclassique<\/a>\u201c (cf. Herman 1997).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont surtout les \u00e9tudes men\u00e9es dans le domaine de la narratologie cognitive qui gagnent du terrain. <em>Neuronarratologia<\/em> (Neuronarratologie), \u00e9dit\u00e9 par Stefano Calabrese (2009), pr\u00e9sente ainsi certaines des principales perspectives de la po\u00e9tique cognitive en Italie, tandis que dans <em>Letteratura e scienze cognitive<\/em> (Litt\u00e9rature et sciences cognitives), Marco Bernini et Marco Caracciolo (2013) expliquent comment les concepts de base de l\u2019analyse narratologique sont red\u00e9finis dans une perspective cognitive. Les recherches men\u00e9es individuellement par ces deux chercheurs sont toutefois plus sp\u00e9cialis\u00e9es et Caracciolo est notamment l\u2019auteur de <em>The Experientiality of Narrative <\/em>(2014), un ouvrage qui a contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de ce qu\u2019on appelle d\u00e9sormais la narratologie cognitive de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration (cf. Kukkonen-Caracciolo 2014). Mais les recherches de Caracciolo, comme celles de Bernini, sont d\u00e9sormais totalement internationalis\u00e9es&nbsp;; le contexte dans lequel s\u2019inscrivent leurs travaux, \u00e9crits pour la plupart en anglais, n\u2019est donc pas celui de la recherche italienne. Il n\u2019y a plus de liens directs avec les r\u00e9f\u00e9rences mentionn\u00e9es jusqu\u2019ici&nbsp;: leurs principaux interlocuteurs ne sont ni les lecteurs ni les universitaires italiens, mais le public international de la recherche sur le r\u00e9cit.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ce qui est de l\u2019Italie, il convient de mentionner encore quelques ouvrages tr\u00e8s importants parus ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Le premier est <em>Il racconto<\/em> (Le r\u00e9cit) de Paolo Giovannetti, qui actualise la le\u00e7on des classiques de la narratologie aux acquisitions postclassiques les plus r\u00e9centes et qui raisonne sur la fa\u00e7on dont les concepts de base de l\u2019analyse litt\u00e9raire sont red\u00e9finis quand on les confronte au cin\u00e9ma et \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. Giovannetti est \u00e9galement l\u2019auteur de deux textes qui portent sur le r\u00f4le du lecteur (2015) et sur la question de l\u2019\u00e9coute dans les textes litt\u00e9raires (2021). On peut aussi signaler <em>Sul conto dell\u2019autore<\/em> (Sur le compte de l\u2019auteur) de Stefano Ballerio (2013), qui remet en cause l\u2019un des axiomes fondateurs de la narratologie structuraliste, \u00e0 savoir que dans tout r\u00e9cit, il serait n\u00e9cessaire d\u2019identifier un narrateur distinct de l\u2019auteur, tandis que Riccardo Castellana (2019) utilise des outils narratologiques pour \u00e9tudier des textes qui hybrident les formes du r\u00e9cit fictionnel et de la biographie.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019\u00e9tat la narratologie italophone peut appara\u00eetre aujourd\u2019hui assez \u00e9loign\u00e9 de ce qui fut son \u00e2ge d\u2019or, il convient cependant de conclure en mentionnant deux initiatives qui, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, ont cherch\u00e9 \u00e0 revitaliser les \u00e9tudes narratives en Italie. La premi\u00e8re est relative \u00e0 la cr\u00e9ation en 2009 de la revue <a href=\"https:\/\/riviste.unimi.it\/index.php\/enthymema\"><em>Enthymema<\/em><\/a>, qui accueille p\u00e9riodiquement des articles narratologiques en anglais et en italien et des traductions d\u2019essais de certains th\u00e9oriciens \u00e9trangers importants. La comparaison est peut-\u00eatre imparfaite, mais on peut dire que cette revue a en partie h\u00e9rit\u00e9 de la fonction qui fut celle de <em>Strumenti critici<\/em> dans les ann\u00e9es 1960.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me initiative est le <em>Seminario permanente di narratologia<\/em><em> <\/em>(S\u00e9minaire permanent de narratologie), une initiative promue par des chercheurs de l\u2019Universit\u00e9 IULM de Milan et de l\u2019Universit\u00e9 Federico II de Naples (notamment, par Paolo Giovannetti et Giovanni Maffei), qui se d\u00e9cline en une s\u00e9rie de rencontres semestrielles et annuelles. L\u2019objectif de cette entit\u00e9, qui est \u00e9galement poursuivi par la publication d\u2019une s\u00e9rie d\u2019\u00e9tudes (cf. Pagliuca &amp; Pennacchio 2021), est avant tout de favoriser la rencontre entre des chercheurs qui, \u00e0 partir de diff\u00e9rents horizons, sont int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 \u00e9tudier le r\u00e9cit d\u2019un point de vue th\u00e9orique. En m\u00eame temps, le but est de s\u2019ouvrir \u00e0 de nouvelles perspectives de recherche en essayant de combler le foss\u00e9 qui s\u2019est creus\u00e9 au fil du temps (et qui continue en partie \u00e0 se creuser) entre les chercheurs italiens et les recherches les plus avanc\u00e9es au niveau international.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bibliographie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Agosti, Stefano (1989), <em>Enunciazione e racconto. Per una semiologia della voce narrativa<\/em>, Bologna, il Mulino.<\/p>\n\n\n\n<p>Anonyme (1966), \u201cPresentazione\u201d, <em>Strumenti critici. Rivista quadrimestrale di cultura e critica letteraria<\/em>, n\u00b0 1 (1), p. 1-2.<\/p>\n\n\n\n<p>Baldi, Guido (1980), <em>L\u2019artificio della regressione. Tecnica narrativa e ideologia nel Verga verista<\/em>, Napoli, Liguori.<\/p>\n\n\n\n<p>Baldi, Guido (2003), <em>Narratologia e critica. Teoria ed esperimenti di lettura da Gadda a Manzoni<\/em>, Napoli, Liguori.<\/p>\n\n\n\n<p>Ballerio, Stefano (2013), <em>Sul conto dell\u2019autore. Narrazione, scrittura e idee di romanzo<\/em>, Milano, Franco Angeli.<\/p>\n\n\n\n<p>Baroni, Rapha\u00ebl (2020), <em>I meccanismi dell\u2019intreccio. Introduzione alla narratologia funzionale,<\/em> trad. A. Amoroso &amp; A. Leiduan, Roma, Effigi.<\/p>\n\n\n\n<p>Barthes, Roland <em>et al.<\/em> (1969), <em>L\u2019analisi del racconto<\/em>, Milano, Bompiani.<\/p>\n\n\n\n<p>Barthes, Roland (1984 [1968]), \u201cLa mort de l\u2019auteur\u201d, in <em>Le Bruissement de la langue. Essais critiques IV<\/em>, Paris, Seuil, p. 63-69.<\/p>\n\n\n\n<p>Bernini, Marco &amp; Marco Caracciolo (2013),<em> Letteratura e scienze cognitive<\/em>, Roma, Carocci.<\/p>\n\n\n\n<p>Bertoni, Federico (1996),<em> Il testo a quattro mani. <\/em><em>Per una teoria della lettura<\/em>, Scandicci, La Nuova Italia.<\/p>\n\n\n\n<p>Booth, Wayne C. (1996 [1961]), <em>Retorica della narrativa<\/em>, trad. E. Zoratti &amp; A. Poli, Scandicci, La Nuova Italia.<\/p>\n\n\n\n<p>Brioschi, Franco (1983), <em>La mappa dell\u2019impero<\/em>, Milano, il Saggiatore.<\/p>\n\n\n\n<p>Brioschi, Franco &amp; Costanzo Di Girolamo (1984), <em>Elementi di teoria letteraria<\/em>, Milano, Principato.<\/p>\n\n\n\n<p>Calabrese, Stefano (dir.) (2009),<em> Neuronarratologia. Il futuro dell\u2019analisi del racconto<\/em>, Bologna, Archetipolibri.<\/p>\n\n\n\n<p>Calvino, Italo (1980 [1967]), \u00ab\u00a0Cibernetica e fantasmi. Appunti sulla narrativa come processo combinatorio\u00a0\u00bb, in <em>Una pietra sopra. Discorsi di letteratura e societ\u00e0<\/em>, Torino, Einaudi. Traduit en fran\u00e7ais en 1984 par Michel Orcel, \u00ab\u00a0Cyb\u00e9rnetique et fantasmes, ou de la litt\u00e9rature comme processus combinatoire\u00a0\u00bb, in <em>La machine litt\u00e9rature. <\/em><em>Essais<\/em>, Paris, Seuil, p. 11-29.<\/p>\n\n\n\n<p>Caracciolo, Marco (2014), <em>The Experientiality of Narrative. An Enactivist Approach<\/em>, Berlin, De Gruyter.<\/p>\n\n\n\n<p>Castellana, Riccardo (2019), <em>Finzioni biografiche. Teoria e storia di un genere ibrido<\/em>, Roma, Carocci.<\/p>\n\n\n\n<p>Chatman, Seymour (1981 [1978]), <em>Storia e discorso. <\/em><em>La struttura narrativa nel romanzo e nel film<\/em>, trad. E. Graziosi, Parma, Pratiche.<\/p>\n\n\n\n<p>Corti, Maria (1976), <em>Principi della comunicazione letteraria<\/em>, Milano, Bompiani.<\/p>\n\n\n\n<p>Corti, Maria (1978), <em>Il viaggio testuale. Le ideologie e le strutture semiotiche<\/em>, Torino, Einaudi.<\/p>\n\n\n\n<p>Dalla Palma, Giuseppe (1984), <em>Le strutture narrative dell\u2019\u201dOrlando furioso\u201d<\/em>, Firenze, Olschki.<\/p>\n\n\n\n<p>Di Girolamo, Costanzo (1978),<em> Critica della letterariet\u00e0<\/em>, Milano, il Saggiatore.<\/p>\n\n\n\n<p>Dole\u017eel, Lubom\u00edr (1999 [1997]), <em>Heterocosmica. Fiction e mondi possibili<\/em>, trad. M. Botto, Milano, Bompiani.<\/p>\n\n\n\n<p>Eco, Umberto (1965), \u201cLe strutture narrative in Fleming\u201d, in <em>Il Caso Bond<\/em>, O. Del Buono (dir.), Milano, Bompiani. Traduit en fran\u00e7ais par Myriem Bouzaher en 1993 dans <em>De Superman au surhomme<\/em>, Paris, Grasset, p. 163-207. L&rsquo;article avait \u00e9t\u00e9 partiellement traduit en 1966, avec le titre&nbsp;\u00ab\u00a0James Bond: une combinatoire narrative\u00a0\u00bb, dans <em>Communications<\/em>, n\u00b0 8, p. 77-93<\/p>\n\n\n\n<p>Eco, Umberto (1968), <em>La struttura assente. <\/em><em>Introduzione alla ricerca semiologica<\/em>, Milano, Bompiani. Traduit en fran\u00e7ais par Uccio Esposito-Torrigiani en 1972, <em>La Structure absente. Introduction \u00e0 la recherche s\u00e9miotique<\/em>, Paris, Mercure.<\/p>\n\n\n\n<p>Eco, Umberto (1990), <em>I limiti dell\u2019interpretazione<\/em>, Milano, Bompiani. Traduit en fran\u00e7ais par Myriem Bouzaher en 1992, <em>Les Limites de l\u2019interpr\u00e9tation<\/em>, Paris, Grasset.<\/p>\n\n\n\n<p>Eco, Umberto (1993 [1979]), <em>Lector in fabula. <\/em><em>La cooperazione interpretativa nei testi narrativi<\/em>, Milano, Bompiani. Traduit en fran\u00e7ais par Myriem Bouzaher en 1985, <em>Lector in Fabula, ou la coop\u00e9ration interpr\u00e9tative dans les textes narratifs<\/em>, Paris, Grasset.<\/p>\n\n\n\n<p>Eco, Umberto (1994), <em>Sei passeggiate nei boschi narrativi<\/em>, Milano, Bompiani. Traduit en fran\u00e7ais par Myriem Bouzaher en 1996, <em>Six Promenades dans les bois du roman et d\u2019ailleurs<\/em>, Paris, Grasset.<\/p>\n\n\n\n<p>Fludernik, Monika (2003), \u201cThe Diachronization of Narratology\u201d, <em>Narrative<\/em>, n\u00b0 11 (3), p. 331-348.<\/p>\n\n\n\n<p>Genette, G\u00e9rard (1976 [1972]), <em>Figure III. Discorso del racconto<\/em>, traduit par Lina Zecchi, Torino, Einaudi.<\/p>\n\n\n\n<p>Giglioli, Daniele &amp; Domenico Scarpa (2012), <em>Strutturalismo e semiotica in Italia (1930-1970)<\/em>, in <em>Atlante della letteratura italiana<\/em>, S. Luzzatto &amp; G. Pedull\u00e0 (dir.), Torino, Einaudi, vol. III, p. 882-891.<\/p>\n\n\n\n<p>Giovannetti, Paolo (2012), <em>Il racconto. Letteratura, cinema, televisione<\/em>, Roma, Carocci.<\/p>\n\n\n\n<p>Giovannetti, Paolo (2015), <em>Spettatori del romanzo. <\/em><em>Saggi per una narratologia del lettore<\/em>, Milano, Ledizioni.<\/p>\n\n\n\n<p>Giovannetti, Paolo (2021), <em>\u201cThe Lunatic is in My Head\u201d. L\u2019ascolto come istanza letteraria e mediale<\/em>, Milano, Biblion.<\/p>\n\n\n\n<p>Grosser, Hermann (1985), <em>Narrativa<\/em>, Milano, Principato.<\/p>\n\n\n\n<p>Herman, David (1997), \u201cScripts, Sequences, and Stories. Elements of a Postclassical Narratology\u201d, <em>PMLA<\/em>, n\u00b0 112 (5), p. 1046-1059.<\/p>\n\n\n\n<p>Inglese, Andrea (2007), \u00ab\u00a0Segre, le structuralisme fran\u00e7ais et la jointure critique\u00a0\u00bb, in La Critique litt\u00e9raire du XXe si\u00e8cle en France et en Italie,  M. Colin &amp; S. Lazzarin (dir.), Caen, Presses Universitaires de Caen, p. 159-170. DOI: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/books.puc.21021\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/books.puc.21021<\/a><a href=\"https:\/\/books.openedition.org\/puc\/21021?lang=fr\">.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Iser, Wolfgang (1987 [1976]), <em>L\u2019atto della lettura. <\/em><em>Una teoria della risposta estetica<\/em>, trad. R. Granafei &amp; C. Dini, Bologna, il Mulino.<\/p>\n\n\n\n<p>Kukkonen, Karin &amp; Marco Caracciolo (2014), \u201cIntroduction. What is the \u2018Second Generation?\u2019<em>\u201d<\/em>, <em>Style<\/em>, n\u00b0 48 (3), p. 261-274.<\/p>\n\n\n\n<p>Lotman, Jurij M. (1972 \u00d21970\u00d4), <em>La struttura del testo poetico<\/em>, trad. par E. Bazzarelli, Milano, Mursia.<\/p>\n\n\n\n<p>Marchese, Angelo (1983), <em>L\u2019officina del racconto. Semiotica della narrativit\u00e0<\/em>, Milano, Arnoldo Mondadori.<\/p>\n\n\n\n<p>Mirabile, Andrea (2006), <em>Le strutture e la storia. <\/em><em>La critica italiana dallo strutturalismo alla semiotica<\/em>, Milano, Led.<\/p>\n\n\n\n<p>Mortara Garavelli, Bice (1985), <em>La parola d\u2019altri. <\/em><em>Prospettive di analisi del discorso riportato<\/em>, Palermo, Sellerio.<\/p>\n\n\n\n<p>Musarra Schr\u00f8der, Ursula (1989), <em>Narciso e lo specchio. Il romanzo moderno in prima persona<\/em>, Roma, Bulzoni.<\/p>\n\n\n\n<p>Pagliuca, Concetta Maria &amp; Filippo Pennacchio (2021), <em>Narratologie. Prospettive di ricerca<\/em>, Milano, Biblion.<\/p>\n\n\n\n<p>Praloran, Marco (1999), <em>Tempo e azione nell\u2019\u201dOrlando furioso\u201d<\/em>, Firenze, Olschki.<\/p>\n\n\n\n<p>Prince, Gerald (1984 [1982]), <em>Narratologia. La forma e il funzionamento della narrativa<\/em>, trad. M. Salvadori, Parma, Pratiche.<\/p>\n\n\n\n<p>Propp, Vladimir J. (1966 [1928]), <em>Morfologia della fiaba<\/em>, trad. G. L. Bravo, Torino, Einaudi.<\/p>\n\n\n\n<p>Pugliatti, Paola (1985), <em>Lo sguardo nel racconto. Teorie e prassi del punto di vista<\/em>, Bologna, Zanichelli.<\/p>\n\n\n\n<p>Ricoeur, Paul (1986, 1987, 1988 [1983, 1984, 1985]), <em>Tempo e racconto<\/em>, vol. 1-2-3, trad. G. Grampa, Milano, JacaBook.<\/p>\n\n\n\n<p>Segre, Cesare (1974), <em>Le strutture e il tempo. Narrazione, poesia, modelli<\/em>, Torino, Einaudi.<\/p>\n\n\n\n<p>Segre, Cesare (1984), <em>Teatro e romanzo. Due tipi di comunicazione letteraria<\/em>, Torino, Einaudi.<\/p>\n\n\n\n<p>Segre, Cesare (1985), <em>Avviamento all\u2019analisi del testo letterario<\/em>, Torino, Einaudi.<\/p>\n\n\n\n<p>Segre, Cesare (2008 [1969]), <em>I segni e la critica. Fra strutturalismo e semiologia<\/em>, Torino, Einaudi.<\/p>\n\n\n\n<p>Segre, Cesare (dir.) (1965), \u201cStrutturalismo e critica\u201d, in <em>Catalogo generale 1958-1965<\/em>, Milano, il Saggiatore.<\/p>\n\n\n\n<p>Todorov, Tzvetan (1968 [1965]), <em>I formalisti russi. Teoria della letteratura e metodo critico<\/em>, trad. G. L. Bravo <em>et al.<\/em>, Torino, Einaudi.<\/p>\n\n\n\n<p>Turchetta, Gianni (1999),<em> Il punto di vista<\/em>, Roma-Bari, Laterza.<\/p>\n\n\n\n<p>Von Contzen, Eva (2014), \u201cWhy We Need a Medieval Narratology. A Manifesto\u201d, <em>Diegesis<\/em>, n\u00b0 3 (2), p. 1-21. URL: <a href=\"https:\/\/www.diegesis.uni-wuppertal.de\/index.php\/diegesis\/article\/view\/170\/223\">https:\/\/www.diegesis.uni-wuppertal.de\/index.php\/diegesis\/article\/view\/170\/223<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour citer cet article<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Filippo Pennacchio (traduit de l\u2019italien par Rapha\u00ebl Baroni), \u201cNarratologie italienne\u201d, <em>Glossaire du R\u00e9NaF<\/em>, mis en ligne le 13 janvier 2023, URL&nbsp;: <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2023\/01\/narratologie-italienne\/\">https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2023\/01\/narratologie-italienne\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Filippo Pennacchio Traduit de l\u2019italien par Rapha\u00ebl Baroni En Italie, la narratologie n\u2019a jamais eu la vie facile. Elle a souvent \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e avec m\u00e9fiance et, dans une certaine mesure, c\u2019est encore le cas aujourd\u2019hui. 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