{"id":1679,"date":"2021-09-30T12:09:48","date_gmt":"2021-09-30T10:09:48","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/?p=1679"},"modified":"2024-12-27T11:08:08","modified_gmt":"2024-12-27T10:08:08","slug":"la-narratologie-dans-lantiquite-grecque","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2021\/09\/la-narratologie-dans-lantiquite-grecque\/","title":{"rendered":"Narratologie dans l\u2019antiquit\u00e9 grecque"},"content":{"rendered":"\n<p>Par Rapha\u00ebl Baroni<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Mimesis<\/em> et <em>diegesis<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Platon et Aristote se sont pench\u00e9s l\u2019un comme l\u2019autre l\u2019existence de diff\u00e9rents modes de repr\u00e9sentation d\u2019une histoire, dessinant les contours d\u2019un d\u00e9bat qui demeure encore, dans ses grandes lignes, celui de la <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2019\/03\/narratologie-transmediale-transmedial-narratology\/\">narratologie transm\u00e9diale<\/a>. Le premier d\u00e9ploie sa condamnation de la mim\u00e8sis dans un ouvrage visant \u00e0 d\u00e9finir les contours d\u2019une r\u00e9publique id\u00e9ale, tandis que le second s\u2019attache \u00e0 \u00e9laborer une po\u00e9tique pla\u00e7ant les genres dramatiques au c\u0153ur de sa r\u00e9flexion. Cette diff\u00e9rence de cadrage, \u00e0 la fois po\u00e9tique et politique, appara\u00eet fondamentale pour comprendre la th\u00e9orisation des formes narratives dans l\u2019antiquit\u00e9 grecque, dans la mesure o\u00f9 les questions formelles sont indissociables de leur port\u00e9e \u00e9ducative, \u00e9thique ou esth\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Les discussions sur les rapports entre <em>mimesis<\/em> et <em>diegesis<\/em> n\u2019aboutissent jamais \u00e0 une exclusion des repr\u00e9sentations mim\u00e9tiques, incarn\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9poque par les genres de la trag\u00e9die et de la com\u00e9die, du domaine de la narrativit\u00e9. La distinction n\u2019est d\u2019ailleurs pas fond\u00e9e sur une opposition simple entre les deux modes, mais dessine plut\u00f4t un rapport d\u2019inclusion propre \u00e0 diff\u00e9rents genres narratifs. Aristote estime en effet que l\u2019imitation des actions humaines (<em>mimesis praxeos<\/em>) peut se faire <em>directement<\/em>, avec des com\u00e9diens qui agissent et parlent sur une sc\u00e8ne, ou <em>indirectement<\/em>, par le truchement de la <em>narration<\/em> (<em>diegesis<\/em>). Platon soutient au contraire que l\u2019histoire peut \u00eatre <em>simplement<\/em> <em>racont\u00e9e<\/em> par le po\u00e8te (<em>haple diegesis<\/em>) ou qu\u2019elle peut \u00eatre <em>racont\u00e9e<\/em> <em>\u00e0 travers l\u2019imitation<\/em> (<em>diegesis dia mimeseos<\/em>), la repr\u00e9sentation th\u00e9\u00e2trale impliquant que les acteurs contrefassent leurs voix et leur apparence pour endosser l\u2019identit\u00e9 de personnages qu\u2019ils font semblant d\u2019incarner. \u00c0 ces deux cat\u00e9gories, Platon ajoute une forme interm\u00e9diaire, qui se caract\u00e9riserait par un m\u00e9lange de <em>narration<\/em> et d\u2019<em>imitation<\/em>, cette derni\u00e8re renvoyant aux dialogues des personnages ou au descriptions vivantes que l\u2019on trouve dans le genre \u00e9pique.<\/p>\n\n\n\n<p>La diff\u00e9rence entre le r\u00e9cit verbal et la repr\u00e9sentation sc\u00e9nique d&rsquo;une histoire ne se formule donc pas comme une alternative entre <em>raconter<\/em> et <em>imiter<\/em>. Par contre, la question se pose donc de savoir quel est le moyen le plus <em>direct <\/em>ou le plus <em>simple<\/em> pour raconter une histoire, et ce crit\u00e8re n\u2019est pas d\u00e9pourvu d\u2019enjeux, aussi bien m\u00e9diologiques que politiques ou \u00e9thiques. Si la forme <em>fondamentale<\/em> est celle du po\u00e8te qui raconte son histoire sans recourir \u00e0 l\u2019imitation, alors cela donne le privil\u00e8ge \u00e0 une conception verbo-centrique de la narrativit\u00e9. En revanche, si cette forme <em>la plus directe <\/em>est incarn\u00e9e par la repr\u00e9sentation sc\u00e9nique, alors c\u2019est le r\u00e9cit verbal qui devient secondaire et le narrateur n\u2019est pas seulement optionnel quand il s\u2019agit de raconter une histoire, mais son r\u00f4le consiste en fait \u00e0 tenter de reproduire <em>par des moyens verbaux<\/em> une repr\u00e9sentation de l\u2019action susceptible de rivaliser avec l\u2019imitation directe, telle qu\u2019elle peut \u00eatre port\u00e9e par les gestes, les corps et les voix des com\u00e9diens.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette prise en compte de la dimension mim\u00e9tique des repr\u00e9sentations verbales est illustr\u00e9e en particulier dans la discussion platonicienne concernant les formes mixtes. Lorsque le po\u00e8te recourt aux artifices de la description vivante et des dialogues directs, il cherche \u00e0 offrir une repr\u00e9sentation plus <em>mim\u00e9tique<\/em> de l\u2019histoire, de sorte que son tissu de mots se transforme en une sorte de th\u00e9\u00e2tre mental ou de sc\u00e8ne imaginaire. On retrouve ainsi dans l\u2019opposition entre <em>narration<\/em> <em>mim\u00e9tique<\/em> et <em>narration<\/em> <em>simple<\/em> un anc\u00eatre des cat\u00e9gories esth\u00e9tiques modernes du <em>showing<\/em> et du <em>telling<\/em> popularis\u00e9es par Henry James, lesquelles renvoient \u00e0 des styles narratifs qui se distinguent en fonction de leur degr\u00e9 de mim\u00e9tisme. Aujourd\u2019hui, les approches transm\u00e9diales nous inviteraient plut\u00f4t \u00e0 rattacher \u00e0 la narration \u00ab&nbsp;mixte&nbsp;\u00bb des dispositifs m\u00e9langeant une narration verbale avec la monstration de la sc\u00e8ne racont\u00e9e, comme cela arrive, en bande dessin\u00e9e ou au cin\u00e9ma, quand la repr\u00e9sentation des personnages et de leurs dialogues cohabite avec un r\u00e9citatif port\u00e9 par un cartouche ou une voix <em>over<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Hi\u00e9rarchisation des modalit\u00e9s narratives<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La discussion antique sur les formes narratives inclut non seulement une r\u00e9flexion sur les diff\u00e9rentes modalit\u00e9s m\u00e9diatique par lesquelles les formes narratives peuvent s\u2019incarner, mais \u00e9galement une r\u00e9flexion sur les effets potentiels des r\u00e9cits sur l\u2019auditoire, que ce soit dans une perspective \u00e9ducative, curative, morale ou politique.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9flexion d\u2019Aristote sur la dimension anthropologique de la mimesis appara\u00eet particuli\u00e8rement f\u00e9conde pour envisager la question de l&rsquo;\u00e9mergence des comp\u00e9tences narratives. Sur ce point, si l\u2019on a longtemps cru que les comp\u00e9tences narratives d\u00e9rivaient de l\u2019apparition du langage, les th\u00e9ories \u00e9volutionnistes les plus r\u00e9centes proposent plut\u00f4t un sc\u00e9nario inverse, \u00e0 savoir que les capacit\u00e9s imaginatives pr\u00e9c\u00e9deraient le verbe et en conditionneraient la forme et les usages, notamment narratifs. Aristote avait donc probablement raison de consid\u00e9rer que l\u2019homme est un animal pour lequel l\u2019imitation est naturelle et d\u2019ajouter que cette capacit\u00e9 imitative a constitu\u00e9 un socle pour les apprentissages sociaux, pour l\u2019apparition des arts et pour la capacit\u00e9 \u00e0 (se) raconter des histoires. <\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi que l&rsquo;a montr\u00e9 William Marx (2011&nbsp;: 131), la discussion portant sur la <em>catharsis<\/em> a rencontr\u00e9 un succ\u00e8s \u00ab&nbsp;vertigineux&nbsp;\u00bb dans l\u2019histoire des id\u00e9es, mais elle a passablement d\u00e9riv\u00e9 de la conception antique des humeurs sur laquelle elle se fondait. Toutefois, cet int\u00e9r\u00eat sans cesse renouvel\u00e9 pour le ph\u00e9nom\u00e8ne de la \u00ab&nbsp;purgation des passions&nbsp;\u00bb, quel que soit le sens que l\u2019on donne \u00e0 cette expression, souligne le caract\u00e8re incontournable d&rsquo;une r\u00e9flexion sur le \u00ab&nbsp;retraitement fictionnel des affects&nbsp;\u00bb (Schaeffer 1999&nbsp;: 325). En mettant en sc\u00e8ne l\u2019exp\u00e9rience humaine et en invitant l\u2019auditoire \u00e0 partager, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, la dimension affective de cette exp\u00e9rience, il devient possible d&rsquo;engendrer des \u00e9motions esth\u00e9tiques parfois tr\u00e8s violentes sans \u00eatre expos\u00e9 aux dangers r\u00e9els qui les conditionneraient dans dans une exp\u00e9rience non m\u00e9di\u00e9e. Un tel \u00e9largissement du spectre des exp\u00e9riences affectives est \u00e9videmment susceptible de remplir un grand nombre de fonctions, que ce soit \u00e0 une \u00e9chelle psychologique ou sociale.<\/p>\n\n\n\n<p>Platon, en revanche, se m\u00e9fie de la s\u00e9duction des r\u00e9cits qui recourent \u00e0 l\u2019imitation, car ils risquent selon lui d\u2019aboutir \u00e0 une confusion entre la r\u00e9alit\u00e9 et son r\u00e9f\u00e9rent imaginaire. Bien avant Brecht et la critique moderne de l\u2019immersion, il jugeait ainsi que la <em>narration<\/em> <em>simple<\/em> \u00e9tait plus honn\u00eate, car moins directe et donc moins susceptible de contaminer l\u2019auditoire et de l\u2019\u00e9loigner du r\u00e9el. Autrement dit, le r\u00e9cit verbal serait pr\u00e9f\u00e9rable au r\u00e9cit th\u00e9\u00e2tral \u2013 aujourd\u2019hui on ajouterait \u00e0 la liste\u00a0: le cin\u00e9ma, la t\u00e9l\u00e9vision, la bande dessin\u00e9e, les jeux de r\u00f4les ou les jeux vid\u00e9o \u2013, parce qu\u2019il interposerait la voix du po\u00e8te entre le monde de l&rsquo;auditoire et le monde racont\u00e9, et se situerait pour cette raison \u00e0 une plus grande distance de la sc\u00e8ne imaginaire simul\u00e9e par l&rsquo;artefact narratif. La d\u00e9nonciation par Platon des r\u00e9cits qui contaminent l\u2019auditoire constitue par cons\u00e9quent une approche ciblant au premier rang les modalit\u00e9s les plus mim\u00e9tiques de la narrativit\u00e9 et Schaeffer (1999) a montr\u00e9 que les inqui\u00e9tudes contemporaines concernant les pratiques vid\u00e9oludiques \u2013 alternativement per\u00e7ues comme un d\u00e9fouloir ou comme la source de pulsions destructrices \u2013 ne sont pas \u00e9trang\u00e8res \u00e0 ces consid\u00e9rations morales. La r\u00e9flexion sur les effets inconscients des r\u00e9cits s\u2019est prolong\u00e9e par ailleurs dans les critiques marxistes, f\u00e9ministes ou postcoloniales (et plus largement les critiques \u00e0 l&rsquo;encontre des usages politiques ou commerciaux du storytelling), qui d\u00e9noncent la mani\u00e8re dont les formes narratives v\u00e9hiculent des id\u00e9ologies et fa\u00e7onnent les comportements et les croyances de l\u2019auditoire en naturalisant ses repr\u00e9sentations du monde.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Aristote (2021), <em>Po\u00e9tique<\/em>, traduit par P. Destr\u00e9e, Paris, GF Flammarion.<\/p>\n\n\n\n<p>Baroni, Rapha\u00ebl &amp; Romain Bionda (2019), \u00ab&nbsp;La mim\u00e8sis en tension. Entretien avec Rapha\u00ebl Baroni&nbsp;\u00bb, <em>Interf\u00e9rences litt\u00e9raires \/ literaire interferenties<\/em>, n\u00b0 23, p. 209-231. URL&nbsp;: <a href=\"https:\/\/www.interferenceslitteraires.be\/index.php\/illi\/article\/view\/1048\">https:\/\/www.interferenceslitteraires.be\/index.php\/illi\/article\/view\/1048<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Gaudreault, Andr\u00e9 (1999), \u00ab&nbsp;Narratologie des premiers temps&nbsp;: la <em>mim\u00e8sis<\/em> et la <em>di\u00e9g\u00e9sis<\/em>&nbsp;\u00bb, in <em>Du litt\u00e9raire au filmique. Syst\u00e8me du r\u00e9cit<\/em>, Paris, Armand Colin, p. 55-69.<\/p>\n\n\n\n<p>Kukkonen, Karin (2020), <em>Probability Designs. Literature and Predictive Processing<\/em>, New York, Oxford University Press.<\/p>\n\n\n\n<p>Marx, William (2011), \u00ab&nbsp;La v\u00e9ritable catharsis aristot\u00e9licienne. Pour une lecture philologique et physiologique de la <em>Po\u00e9tique<\/em>&nbsp;\u00bb, <em>Po\u00e9tique<\/em>, n\u00b0 166, p. 131-154.<\/p>\n\n\n\n<p>Pelletier, J\u00e9r\u00f4me (2008), \u00ab&nbsp;La fiction comme culture de la simulation&nbsp;\u00bb, <em>Po\u00e9tique<\/em>, n\u00b0 154 p. 131-146.<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre, Maxime (2021), \u00ab&nbsp;D\u2019un r\u00e9cit \u00e0 l\u2019autre. Retour sur la notion de <em>di\u00e8g\u00e8sis<\/em> de Platon \u00e0 Aristote&nbsp;\u00bb, <em>Po\u00e9tique<\/em>, n\u00b0 189, p. 123-143. DOI&nbsp;: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/poeti.189.0123\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/poeti.189.0123<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Platon (2004), <em>La R\u00e9publique<\/em>, traduit par G. Leroux, Paris, GF Flammarion.<\/p>\n\n\n\n<p>Schaeffer, Jean-Marie (1999), <em>Pourquoi la fiction&nbsp;?<\/em>, Paris, Seuil.<\/p>\n\n\n\n<p>Sorci, Antonino (2020), \u00ab Le r\u00e9gime cathartique \u00e0 l&rsquo;\u00e8re du storytelling \u00bb, <em>Cahiers de Narratologie<\/em>, n\u00b0 37. DOI: <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.4000\/narratologie.10633\">https:\/\/doi.org\/10.4000\/narratologie.10633<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Valles Calatrava, Jose R. &amp; Vicente, Hernando (2021), \u00ab\u00a0Teor\u00edas de la narrativa en Grecia y Roma\u00a0\u00bb, <em>Teor\u00eda de la narrativa<\/em>: <em>Panorama hist\u00f3rico y selecci\u00f3n de textos<\/em>. <em>De la antiq\u00fcedad cl\u00e0sica al romantismo<\/em>, Colecci\u00f3n Humanidades, p. 11-25.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour citer cet article<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Rapha\u00ebl Baroni, \u00ab Narratologie dans l&rsquo;antiquit\u00e9 grecque \u00bb, <em>Glossaire du R\u00e9NaF<\/em>, mis en ligne le 30 septembre 2021, URL: <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2021\/09\/la-narratologie-dans-lantiquite-grecque\/\">https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/2021\/09\/la-narratologie-dans-lantiquite-grecque\/<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Rapha\u00ebl Baroni Mimesis et diegesis Platon et Aristote se sont pench\u00e9s l\u2019un comme l\u2019autre l\u2019existence de diff\u00e9rents modes de repr\u00e9sentation d\u2019une histoire, dessinant les contours d\u2019un d\u00e9bat qui demeure encore, dans ses grandes lignes, celui de la narratologie transm\u00e9diale.<\/p>\n","protected":false},"author":1001512,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[1,4,3],"tags":[],"class_list":{"0":"post-1679","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","6":"category-uncategorized","7":"category-actualites-du-natrans","8":"category-glossaire"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1679","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001512"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1679"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1679\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2366,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1679\/revisions\/2366"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1679"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1679"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/narratologie\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1679"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}