{"id":831,"date":"2018-03-28T16:54:37","date_gmt":"2018-03-28T14:54:37","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ms3\/?p=831"},"modified":"2018-04-06T11:12:25","modified_gmt":"2018-04-06T09:12:25","slug":"assessing-spirituality-integrating-spirituality-into-treatment-evaluer-la-spiritualite-integrer-la-spiritualite-au-traitement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ms3\/2018\/03\/assessing-spirituality-integrating-spirituality-into-treatment-evaluer-la-spiritualite-integrer-la-spiritualite-au-traitement\/","title":{"rendered":"Assessing spirituality : Integrating spirituality into treatment"},"content":{"rendered":"<p><strong>Assessing spirituality : Integrating spirituality into treatment<br \/>\n<span style=\"color: #0000ff\">Evaluer la spiritualit\u00e9 :\u00a0Int\u00e9grer la spiritualit\u00e9 au traitement<\/span><\/strong><\/p>\n<p><em><strong>Auteurs<\/strong><br \/>\n<\/em>Richard L. Gorsuch, Professeur de Psychologie \u00e0 l\u2019Institut de recherche comportementale \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 chr\u00e9tienne du Texas (1937-2016).<br \/>\nWilliam R. Miller, PhD, Professeur distingu\u00e9 \u00e9m\u00e9rite de Psychologie et Psychiatrie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Mexico.<\/p>\n<p><strong><em>Synth<\/em><em>\u00e8<\/em><em>se par Naomi Edelmann, collaboratrice scientifique de la Plateforme MS3<br \/>\n<\/em><\/strong>Evaluer la spiritualit\u00e9 peut sembler absurde, car elle se d\u00e9robe \u00e0 une d\u00e9finition et \u00e0 une op\u00e9rationnalisation claire et consensuelle.<br \/>\nPourtant, de nombreuses disciplines, dont la psychologie de la religion, se sont attel\u00e9es \u00e0 d\u00e9velopper des outils d\u2019\u00e9valuation bas\u00e9s sur les contextes et construits religieux, aboutissant \u00e0 l\u2019\u00e9laboration d\u2019une vaste litt\u00e9rature.<br \/>\nPeu de recherches, cependant, se sont consacr\u00e9es au d\u00e9veloppement d\u2019instruments d\u2019\u00e9valuation de la spiritualit\u00e9 qui ne soit pas r\u00e9duite au \u00a0domaine religieux.<\/p>\n<p>Dans ce chapitre, les auteurs consid\u00e8rent le r\u00f4le des processus spirituels en tant que variables\u00a0qui ne se r\u00e9duisent pas \u00e0 la dimension religieuse et qui l\u00e9gitiment l\u2019\u00e9valuation de la spiritualit\u00e9 en psychologie et en psychoth\u00e9rapie.<br \/>\nEn effet, la spiritualit\u00e9 est un pr\u00e9dicteur de sant\u00e9, et peut se d\u00e9cliner en facteur de risque ou en facteur protecteur.<br \/>\nDe plus, elle influence l\u2019intervention. La compr\u00e9hension du sens \u00a0et du contexte de vie du client permettent au th\u00e9rapeute de mieux percevoir sa situation, ses difficult\u00e9s et ses ressources.<br \/>\nEn outre, elle a une incidence sur le traitement.<br \/>\nLes r\u00e9sultats des interventions peuvent \u00eatre am\u00e9lior\u00e9s en tenant compte de Propst (1980) a montr\u00e9 qu\u2019int\u00e9grer des perspectives spirituelles sp\u00e9cifiques au client en th\u00e9rapie, via les techniques d\u2019imagerie religieuse, augmente les scores d\u2019interaction sociale et diminue les humeurs d\u00e9pressives chez les patients d\u00e9pressifs.<br \/>\nAinsi, le fonctionnement spirituel est un ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9volutif qui affecte le traitement en tout temps.<br \/>\nIl n\u00e9cessite donc d\u2019\u00eatre \u00e9valu\u00e9 \u00e0 diff\u00e9rents moments de l\u2019intervention, notamment avant et apr\u00e8s la phase de traitement.<\/p>\n<p>Une vaste litt\u00e9rature d\u00e9crit les moyens d\u2019\u00e9valuer la spiritualit\u00e9 en psychologie, mais seule une petite partie de celle-ci se focalise sur sa mesure.<br \/>\nCela s\u2019explique, en partie, par la confusion qui r\u00e8gne dans la distinction entre l\u2019\u00e9valuation et la mesure\u00a0; deux moyens d\u2019aborder la spiritualit\u00e9, mais de mani\u00e8res et avec des buts diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9valuation a pour objectif de saisir la spiritualit\u00e9 de son client dans toute sa sp\u00e9cificit\u00e9, \u00e0 l\u2019aide d\u2019un entretien semi-structur\u00e9 et d\u2019une ou deux questions ouvertes,<br \/>\ncomme par exemple\u00a0: \u00ab\u00a0Dites-moi dans quelle mesure la spiritualit\u00e9 ou la religion sont importantes pour vous\u00a0?\u00a0\u00bb.<br \/>\nLa mesure, quant \u00e0 elle, renvoie \u00e0 l\u2019utilisation d\u2019outils psychom\u00e9triques\u00a0et d\u2019\u00e9chelles d\u2019items (Gorsuch, 1984 ; Idler, Musick, Ellison, George, Krause, Ory, &#8230; &amp; Williams, 2003).<br \/>\nLa mesure \u00a0vise \u00e0 quantifier, objectiver et standardiser les r\u00e9ponses des clients, de mani\u00e8re \u00e0 situer les individus sur une norme, selon leurs croyances, comportements et exp\u00e9riences sp\u00e9cifiques. Gorsuch et Miller (1999) proposent que la mesure s\u2019\u00e9tablisse en deux temps\u00a0: quelques items simples sont soumis au client en guise d\u2019introduction \u00e0 sa spiritualit\u00e9, avant qu\u2019il ne remplisse un questionnaire plus sp\u00e9cifique.<br \/>\nLes donn\u00e9es sont, ensuite, r\u00e9pertori\u00e9es sous la forme d\u2019\u00e9chelles norm\u00e9es comme c\u2019est le cas de l\u2019\u00e9chelle \u00e0 40 items, cr\u00e9\u00e9e conjointement par l\u2019Institut national sur le vieillissement et l\u2019Institut Fetzer, qui mesure les domaines de la religiosit\u00e9 et de la spiritualit\u00e9 qui sont les plus susceptibles d\u2019affecter les r\u00e9sultats pour la sant\u00e9 (le soutien social religieux, les croyances, les valeurs, etc.) (Idler et al., 2003).<\/p>\n<p>Dans la suite du chapitre, Gorsuch et Miller (1999) pr\u00e9sentent un ensemble de travaux d\u2019\u00e9valuation et de mesures des ph\u00e9nom\u00e8nes spirituels les plus \u00e9tudi\u00e9s en psychologie\u00a0: les croyances, la motivation et l\u2019engagement intrins\u00e8que\/extrins\u00e8que, les comportements spirituels\u00a0 et les exp\u00e9riences spirituelles. Leur approche critique met en \u00e9vidence six implications pour la recherche sur les ph\u00e9nom\u00e8nes spirituels.<\/p>\n<p>Premi\u00e8rement, la recherche ne doit pas s\u2019attarder \u00e0 proposer de nouvelles \u00e9valuations \u00ab\u00a0artisanales\u00a0\u00bb. Plut\u00f4t que de multiplier les \u00e9valuations qualitatives, elle devrait plut\u00f4t se consacrer \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des \u00e9chelles psychom\u00e9triques existantes en<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, le chercheur doit \u00eatre conscient du fait que la spiritualit\u00e9 peut avoir un effet positif ou n\u00e9gatif selon qu\u2019elle est v\u00e9cue comme un crit\u00e8re intrins\u00e8que &#8211; implique que la spiritualit\u00e9 est v\u00e9cue en soi et pour soi-m\u00eame &#8211; ou extrins\u00e8que &#8211; renvoie aux avantages sociaux de la spiritualit\u00e9 et \u00e0 sa caract\u00e9ristique utilitaire.<br \/>\nEn effet, l\u2019orientation et l\u2019engagement intrins\u00e8ques sont li\u00e9s \u00e0 des r\u00e9sultats \u00e9lev\u00e9s de sant\u00e9 (Allport, 1950). Gorsuch et McPherson (1989) ont, par ailleurs, d\u00e9velopp\u00e9 et norm\u00e9 une \u00e9chelle de 14 items qui mesure l\u2019orientation intrins\u00e8que ou extrins\u00e8que de la spiritualit\u00e9.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8mement, la majorit\u00e9 des \u00e9chelles psychom\u00e9triques mesurent des variables religieuses qui ont \u00e9t\u00e9 test\u00e9es dans des populations estudiantines et \u00a0chr\u00e9tiennes, donnant lieu \u00e0 des r\u00e9sultats non repr\u00e9sentatifs \u00e0 la population g\u00e9n\u00e9rale.<br \/>\nLa recherche doit, par cons\u00e9quent, d\u00e9velopper des \u00e9chelles de mesure g\u00e9n\u00e9ralisables en \u00e9valuant des variables spirituelles exemptes de religiosit\u00e9 et en les testant dans des populations h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes. Par exemple, Mathew, Mathew, Wilson et Georgi (1995) ont d\u00e9velopp\u00e9 une \u00e9chelle interculturelle qui \u00e9value des dimensions plus g\u00e9n\u00e9rales de la spiritualit\u00e9 &#8211; comme la croyance en la vie apr\u00e8s la mort, les ph\u00e9nom\u00e8nes paranormaux et les exp\u00e9riences mystiques &#8211; qui ne sont pas directement li\u00e9es \u00e0 une religion.<\/p>\n<p>Quatri\u00e8mement, les r\u00e9sultats d\u2019une \u00e9valuation spirituelle diff\u00e8rent selon que l\u2019\u00e9valuation porte sur le contenu ou la fonction de la spiritualit\u00e9.<br \/>\nEvaluer le contenu de la spiritualit\u00e9 d\u2019un individu correspond \u00e0 l\u2019\u00e9valuation de son \u00a0syst\u00e8me de croyances, tandis que la fonction renvoie \u00e0 sa qu\u00eate de sens (la motivation de celle-ci, par exemple).<br \/>\nIl s\u2019agit donc de d\u00e9finir dans le plan de recherche ce sur quoi elle porte, car les r\u00e9sultats diff\u00e8rent selon le choix du chercheur.<br \/>\nPar exemple, \u00e9valuer le fondamentalisme sous l\u2019angle du contenu portera sur la croyance qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019une seule religion qui m\u00e8ne \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9, tandis que l\u2019\u00e9valuer sous l\u2019angle des fonctions reposera plut\u00f4t sur la mani\u00e8re dont les individus vivent leur religion au quotidien pour fabriquer du sens \u00a0(Kite &amp; Whitley, 2013)<\/p>\n<p>Cinqui\u00e8mement, il existe des \u00e9chelles plus ou moins appropri\u00e9es, selon que l\u2019objectif de recherche porte sur des dimensions sp\u00e9cifiques \u00e0 une culture ou non.<br \/>\nLes instruments multiculturels mesurent g\u00e9n\u00e9ralement la fonction. Ils ont l\u2019avantage de s\u2019adresser \u00e0 un large \u00e9ventail de spiritualit\u00e9s, et pr\u00e9sente donc un haut potentiel de g\u00e9n\u00e9ralisation des r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>Sixi\u00e8mement, lorsqu\u2019une variable spirituelle est mesur\u00e9e \u00a0dans un contexte sp\u00e9cifique, alors la spiritualit\u00e9 doit \u00eatre comprise dans ce contexte-l\u00e0\u00a0uniquement.<br \/>\nLes r\u00e9sultats ne peuvent pas \u00eatre g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s hors de ce contexte au risque d\u2019att\u00e9nuer la fiabilit\u00e9 et la validit\u00e9 de l\u2019\u00e9chelle.<br \/>\nPar exemple, il serait vain d\u2019\u00e9valuer l\u2019utilit\u00e9 du mod\u00e8le AA des Douze Etapes au sein d\u2019un groupe qui ne les exp\u00e9rimente pas.<\/p>\n<p><strong><em>Critiques de la Plateforme MS3<\/em><br \/>\n<\/strong>Ecrit par deux professeurs en psychologie, ce chapitre est une revue de litt\u00e9rature qui a pour objet\u00a0: l\u2019\u00e9valuation de la spiritualit\u00e9 en psychologie.<br \/>\nIl s\u2019inscrit dans un ouvrage collectif dirig\u00e9 par William R. Miller et co-\u00e9crit par des auteurs provenant de diff\u00e9rentes approches en psychologie\u00a0: counseling, psychoth\u00e9rapie, psychiatrie, psychologie des addictions, etc.<br \/>\nSon objectif est d\u2019encourager les th\u00e9rapeutes \u00e0 int\u00e9grer la spiritualit\u00e9 dans leurs interventions et le traitement de leurs clients.<br \/>\nAinsi, la recherche vise \u00e0 soutenir la pratique des th\u00e9rapeutes cliniciens et \u00e0 leurs transmettre des cl\u00e9s d\u2019intervention.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re partie de cet ouvrage explore le lien entre la spiritualit\u00e9 et la sant\u00e9, l\u2019histoire des rapports entre la psychoth\u00e9rapie et la spiritualit\u00e9, ainsi que les diff\u00e9rentes mani\u00e8res d\u2019\u00e9valuer la spiritualit\u00e9 en psychologie.<\/p>\n<p>Un grand nombre de recherches reconnaissent un haut potentiel de pr\u00e9vention, de soutien et de r\u00e9mission \u00e0 la spiritualit\u00e9 en cas de maladies physiques et psychiques, graves ou chroniques (George, Larson, Koenig &amp; McCullough, 2000).<br \/>\nLa spiritualit\u00e9 est majoritairement consid\u00e9r\u00e9e comme un facteur de qualit\u00e9 de vie (Simard, 2006).<br \/>\nN\u00e9anmoins, d\u2019autres recherches attestent d\u2019un effet biais\u00e9, mitig\u00e9, inexistant, voire p\u00e9jorant, de la religiosit\u00e9 sur la sant\u00e9 des individus (Pargament &amp; Brant, 1998\u00a0; Huguelet et al., 2007\u00a0; Swinton, 2001).<br \/>\nAinsi, la litt\u00e9rature de ces trente derni\u00e8res ann\u00e9es montre un int\u00e9r\u00eat croissant dans l\u2019exploration du lien entre la spiritualit\u00e9 et la sant\u00e9 en psychologie.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la recrudescence d\u2019article psychologique sur la spiritualit\u00e9, Gorsuch et Miller constatent et s\u2019\u00e9tonnent de la pauvret\u00e9 des mesures spirituelles en psychologie.<br \/>\nPour eux, cette absence serait moins due \u00e0 l\u2019absence de mesures fiables qu\u2019\u00e0 la difficult\u00e9 de rassembler et de r\u00e9int\u00e9grer deux \u00ab\u00a0traditions\u00a0\u00bb &#8211; la psychologie et la spiritualit\u00e9 &#8211; qui s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 des ph\u00e9nom\u00e8nes identiques tels que le sens et les croyances, mais de mani\u00e8re isol\u00e9e\u00a0.<br \/>\nD\u2019o\u00f9 provient cette rupture entre la psychologie et la spiritualit\u00e9, et comment les r\u00e9unifier\u00a0?<\/p>\n<p>Le foss\u00e9 qui s\u00e9pare la psychologie de la spiritualit\u00e9 a \u00e9merg\u00e9 d\u2019une faille plus profonde\u00a0; celle de l\u2019opposition historique entre la science et la religion qui a marqu\u00e9 la psychologie tout au long de son d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Durant la Renaissance, les maladies mentales \u00e9taient abord\u00e9es par des approches organicistes, mentalistes et religieuses.<br \/>\nLes sympt\u00f4mes s\u2019expliquaient comme des d\u00e9sordres physiques r\u00e9sultant du p\u00e9ch\u00e9 qui pouvaient \u00eatre trait\u00e9s par des soins \u00ab\u00a0magico-religieux\u00a0\u00bb (Alexander &amp; Selesnicke, 1997\u00a0).<br \/>\nProgressivement, la m\u00e9decine ali\u00e9niste a rel\u00e9gu\u00e9 les explications religieuses des maladies mentales au second plan, bien que les croyances soient rest\u00e9es des sympt\u00f4mes de la folie.<br \/>\nAu d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle, Freud et Watson se sont clairement oppos\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9gration de\u00a0 la dimension religieuse \u00e0 la psychoth\u00e9rapie pour deux raisons.<br \/>\nLa premi\u00e8re renvoyait \u00e0 la soumission de l\u2019homme sous le joug de la religion, ainsi que son maintien dans des \u00e9tats de d\u00e9pendance et de culpabilit\u00e9.<br \/>\nLa seconde, d\u2019ordre m\u00e9thodologique, consid\u00e9rait que les dimensions spirituelles telles que l\u2019\u00e2me, la gr\u00e2ce et la relation au transcendant ne pouvait pas \u00eatre des objets d\u2019\u00e9tudes puisqu\u2019ils \u00e9chappent \u00e0 l\u2019observation de ces ph\u00e9nom\u00e8nes (Lavoie, 2006).<br \/>\nAinsi, la spiritualit\u00e9 a tr\u00e8s vite \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e par les psychologues comme un objet non-op\u00e9rationnalisable, immat\u00e9riel, et, par cons\u00e9quent, ne pouvant pas faire l\u2019objet de recherche scientifique (Miller &amp; Thoresen, 2003).<\/p>\n<p>Sous l\u2019influence de Jung (1928) et de sa psychoth\u00e9rapie contemplative et spirituelle bas\u00e9e sur la recherche de sens de la vie, et de Frankl (1948\/2012) qui a mod\u00e9lis\u00e9 l\u2019id\u00e9e d\u2019un inconscient spirituel et d\u00e9velopp\u00e9 la logoth\u00e9rapie, la psychologie s\u2019est rapproch\u00e9e de la spiritualit\u00e9, lui restituant un certain potentiel en mati\u00e8re d\u2019intervention psychoth\u00e9rapeutique (Lavoie, 2006).<br \/>\nAussi, malgr\u00e9 un contexte o\u00f9 les figures d\u2019influence se montraient hostiles \u00e0 l\u2019\u00e9valuation des dimensions spirituelles, la spiritualit\u00e9, d\u2019abord sous l\u2019angle de la religiosit\u00e9, a progressivement effectu\u00e9 son retour en tant qu\u2019objet de recherche.<br \/>\nWilliam James (1902\/1961) a, par ailleurs, consacr\u00e9 un volume \u00e0 la question de l\u2019exp\u00e9rience religieuse ce qui a influenc\u00e9 une importante tradition de recherche pour l\u2019\u00e9tude scientifique de la spiritualit\u00e9 (George, Larson, Koenig &amp; McCullough, 2000 ; Larson, Swyers, &amp; McCullough, 1998).<\/p>\n<p>En parall\u00e8le, le d\u00e9veloppement de la psychom\u00e9trie a \u00a0la possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9valuer scientifiquement des constructions \u00ab\u00a0latentes\u00a0\u00a0\u00bb (George, Larson, Koenig &amp; McCullough, 2000) telles que la personnalit\u00e9 ou l\u2019intelligence, ce qui a permis la cr\u00e9ation d\u2019outils scientifiques et objectivables de la spiritualit\u00e9, et de valider les effets de la spiritualit\u00e9 sur la sant\u00e9 des clients.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, la psychologie s\u2019est int\u00e9ress\u00e9e tardivement \u00e0 la spiritualit\u00e9, car elle a longtemps \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme un objet non-op\u00e9rationnalisable, immat\u00e9riel, faisant obstacle \u00e0 son \u00e9tude scientifique.<br \/>\nAujourd\u2019hui, le d\u00e9veloppement en psychologie est tel qu\u2019elle a d\u00e9sormais les moyens d\u2019\u00e9tudier, de fournir des preuves de l\u00a0utilit\u00e9 et des limites de la spiritualit\u00e9.<br \/>\nGorsuch et Miller (1999) insistent sur l\u2019utilisation d\u2019outils psychom\u00e9triques pour aborder la spiritualit\u00e9, car, cela a une incidence pour la recherche, mais aussi pour la clinique.<br \/>\nComme la spiritualit\u00e9 a une incidence sur la sant\u00e9 des clients, l\u2019affirmation d\u2019un effet positif sur la sant\u00e9 d\u2019un patient peut donner lieu \u00e0 des modifications dans l\u2019intervention et le traitement d\u2019un client en psychoth\u00e9rapie notamment.<br \/>\nN\u00e9anmoins, les th\u00e9rapeutes doivent rester prudents. Ils pourraient \u00eatre tent\u00e9s de conclure que les dimensions spirituelles et religieuses doivent \u00eatre ins\u00e9r\u00e9es au plan de traitement d\u00e8s que les recherches empiriques m\u00e9thodologiquement solides d\u00e9montrent un effet positif.<br \/>\nCependant, l\u2019utilisation de ces r\u00e9sultats ne doit pas \u00eatre faite sans un questionnement \u00e9thique pr\u00e9alable en tenant compte des facteurs de risques que peuvent aussi repr\u00e9senter la spiritualit\u00e9 pour la sant\u00e9 et sur l\u2019alliance th\u00e9rapeutique.<br \/>\nUne question reste, d\u2019ailleurs, en suspend par rapport \u00e0 cela\u00a0: est-ce le r\u00f4le du psychologue et du psychoth\u00e9rapeute de fournir du <em>spiritual care<\/em> en th\u00e9rapie ?<\/p>\n<p><em><br \/>\n<strong>R<\/strong><\/em><strong><em>\u00e9<\/em><em>f<\/em><em>\u00e9<\/em><\/strong><em><strong>rences<\/strong><br \/>\n<\/em>Alexander, F. G., Selesnick, S. T., &amp; Allers, G. (1972).\u00a0<em>Histoire de la psychiatrie: pens\u00e9e et <\/em><em>pratique psychiatriques de la pr\u00e9histoire \u00e0 nos jours<\/em>. Paris\u00a0: Armand Collin.<\/p>\n<p>Allport, G. W. (1950). <em>The individual and his religion: Apsychological interpretation.<\/em> New York: Macmillan.<\/p>\n<p>George, L. K., Larson, D. B., Koenig, H. G., &amp; McCullough, M. E. (2000). Spirituality and health: What we know, what we need to know<em>.\u00a0Journal of social and clinical psychology,\u00a019<\/em>(1), 102-116.<\/p>\n<p>Gorsuch, R. L. (1984). Measurement: The boon and bane of investigating religion.\u00a0<em>American psychologist<\/em>,\u00a0<em>39<\/em>(3), 228.<\/p>\n<p>Gorsuch, R. L., &amp; McPherson, S. E. (1989). Intrinsic\/extrinsic measurement: I\/E-revised and single-item scales. <em>Journal for the Scientific study of Religion<\/em>, 348-354.<\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff\">Gorsuch, R. L. &amp; Miller, W. R. (1999). Assessing spirituality. In W. R. 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Gorsuch, Professeur de Psychologie \u00e0 l\u2019Institut de recherche comportementale \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 chr\u00e9tienne du Texas (1937-2016). William R. Miller, PhD, Professeur distingu\u00e9 \u00e9m\u00e9rite<\/p>\n","protected":false},"author":1001410,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[72],"tags":[47,74,73,75],"class_list":{"0":"post-831","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","6":"category-recherche","7":"tag-spiritualite","8":"tag-spirituality","9":"tag-traitement","10":"tag-treatment"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ms3\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/831","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ms3\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ms3\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ms3\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001410"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ms3\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=831"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ms3\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/831\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ms3\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=831"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ms3\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=831"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ms3\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=831"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}