{"id":978,"date":"2018-01-16T08:52:55","date_gmt":"2018-01-16T07:52:55","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/metis\/?p=978"},"modified":"2022-01-17T00:33:18","modified_gmt":"2022-01-16T23:33:18","slug":"un-front-pionnier-des-sciences-sociales-compte-rendu-du-cours-peut-on-faire-lhistoire-de-soi-prof-ivan-jablonka","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/2018\/01\/un-front-pionnier-des-sciences-sociales-compte-rendu-du-cours-peut-on-faire-lhistoire-de-soi-prof-ivan-jablonka\/","title":{"rendered":"Un \u00ab front pionnier des sciences sociales \u00bb"},"content":{"rendered":"<p><strong><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/files\/2018\/01\/Flyer-Jablonka-pour-compte-rendu-SF.jpg\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1687\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/files\/2018\/01\/Flyer-Jablonka-pour-compte-rendu-SF-300x212.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"212\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/files\/2018\/01\/Flyer-Jablonka-pour-compte-rendu-SF-300x212.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/files\/2018\/01\/Flyer-Jablonka-pour-compte-rendu-SF-768x543.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/files\/2018\/01\/Flyer-Jablonka-pour-compte-rendu-SF-311x220.jpg 311w, https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/files\/2018\/01\/Flyer-Jablonka-pour-compte-rendu-SF.jpg 842w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><em>Compte rendu du cours \u00ab Peut-on faire l\u2019histoire de soi ? \u00bb du Prof. Ivan Jablonka \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 de Lausanne (octobre-d\u00e9cembre 2017)<\/em><\/strong><\/p>\n<p><em><strong>Par Selina Follonier<\/strong><\/em><\/p>\n<p>L\u2019historien fait partie de l\u2019histoire, et son travail ne saurait se concevoir en dehors de sa propre historicit\u00e9. C\u2019est autour de ce constat que s\u2019est articul\u00e9 le cours dispens\u00e9 par Ivan Jablonka, professeur d\u2019histoire contemporaine \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paris 13, au semestre d\u2019automne 2017 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne, dans le cadre du programme de sp\u00e9cialisation interdisciplinaire propos\u00e9 par le Centre des sciences historiques de la culture (SHC). <!--more-->Un cycle de trois conf\u00e9rences, associ\u00e9 \u00e0 un s\u00e9minaire destin\u00e9 aux \u00e9tudiants en ma\u00eetrise, a fourni l\u2019occasion de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la pratique et aux m\u00e9thodes de l\u2019historiographie \u2013\u00a0ou, plus g\u00e9n\u00e9ralement, des sciences sociales \u2013 sous l\u2019angle de la relation du chercheur \u00e0 son objet d\u2019\u00e9tude. Enjeu fondamental, quoique peu th\u00e9matis\u00e9, cette relation touche aux non-dits rel\u00e9gu\u00e9s dans l\u2019inconscient acad\u00e9mique. En effet, suivant les pr\u00e9ceptes d\u2019une tradition \u00e9pist\u00e9mologique dont les origines remontent au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et qui a \u00e9t\u00e9 incarn\u00e9e par des penseurs comme \u00c9mile Durkeim, la discipline historiographique, qui aspire \u00e0 un id\u00e9al d\u2019objectivit\u00e9 et de neutralit\u00e9 axiologique, pr\u00f4ne une s\u00e9paration stricte entre l\u2019historien et le fait historique. L\u2019exigence de scientificit\u00e9 telle qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 postul\u00e9e par l\u2019\u00e9cole dite m\u00e9thodique \u00e9rige le d\u00e9tachement du savant, et par cons\u00e9quent l\u2019expulsion de toute marque de subjectivit\u00e9 de ses \u0153uvres, en caution de la fiabilit\u00e9 des donn\u00e9es que ces derni\u00e8res contiennent, d\u2019o\u00f9 le choix d\u2019un mode d\u2019\u00e9nonciation r\u00e9solument impersonnel.<\/p>\n<p>Cependant, comme l\u2019a soulign\u00e9 Ivan Jablonka, on ne saurait nier l\u2019inscription historique de l\u2019historien, pas plus que l\u2019inscription sociale du sociologue. L\u2019activit\u00e9 de recherche est d\u00e9termin\u00e9e par le point de vue de la personne qui s\u2019y adonne, par l\u2019appartenance de celle-ci \u00e0 une \u00e9poque, \u00e0 une collectivit\u00e9 ethnique, culturelle et socioprofessionnelle, qui, \u00e0 de multiples \u00e9gards, fa\u00e7onne le regard qu\u2019elle porte sur la mati\u00e8re analys\u00e9e. De plus, on observe que le choix d\u2019un sujet d\u2019\u00e9tude r\u00e9sulte fr\u00e9quemment de tropismes personnels\u00a0; il suffit pour s\u2019en convaincre de consid\u00e9rer le fait que la plupart des ouvrages traitant de l\u2019histoire des femmes soient \u00e9crits par des femmes, ou que les \u00e9tudes relatives \u00e0 la migration ou \u00e0 la Shoa soient le plus souvent men\u00e9es par des chercheurs qui se trouvent, de pr\u00e8s ou de loin, concern\u00e9s par ces ph\u00e9nom\u00e8nes. Or, rares sont les professionnels \u00e0 assumer d\u2019\u00e9ventuelles racines biographiques de l\u2019exercice de leur m\u00e9tier\u00a0; et encore plus rares sont ceux qui prennent le parti de les th\u00e9matiser explicitement dans leurs ouvrages.<\/p>\n<p>Un tel examen critique de conscience semble toutefois judicieux, en premier lieu du point de vue de la transparence scientifique. En accord avec les id\u00e9es d\u00e9velopp\u00e9es par Pierre Bourdieu dans un c\u00e9l\u00e8bre article intitul\u00e9 \u00ab\u00a0L\u2019objectivation participante\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, Ivan Jablonka se prononce en faveur d\u2019une r\u00e9int\u00e9gration consciente et autor\u00e9flexive du chercheur dans son travail. Se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 la pratique de l\u2019enqu\u00eate telle qu\u2019elle avait \u00e9t\u00e9 instaur\u00e9e par H\u00e9rodote \u2013 historien, g\u00e9ographe, ethnologue, voyageur perp\u00e9tuel, t\u00e9moin de son \u00e9poque et un des p\u00e8res fondateurs de la discipline historique \u2013 il th\u00e9orise un usage scientifique de la subjectivit\u00e9. L\u2019inclusion de l\u2019observateur dans l\u2019observation s\u2019y accomplit par le biais de l\u2019emploi d\u2019un <em>\u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb de m\u00e9thode<\/em>, une d\u00e9marche dont les vertus heuristiques sont triples\u00a0: d\u2019une part, le recours \u00e0 la 1<sup>\u00e8re<\/sup> personne permet d\u2019indiquer, au sein m\u00eame du texte, la position du chercheur (son inscription dans une r\u00e9alit\u00e9 sociale, institutionnelle&#8230;), les syst\u00e8mes de valeurs auxquels il adh\u00e8re et les principes qui guident ses choix th\u00e9oriques et m\u00e9thodologiques. D\u2019autre part, une telle approche offre la possibilit\u00e9 d\u2019exposer non seulement les r\u00e9sultats de ses investigations mais aussi la mani\u00e8re dont ceux-ci ont \u00e9t\u00e9 obtenus, soit de rendre compte des (infra-)d\u00e9couvertes effectu\u00e9es, des obstacles affront\u00e9s, des r\u00e9ussites et des \u00e9checs qui ont jalonn\u00e9s son parcours, ou encore des questions rest\u00e9es sans r\u00e9ponse. Enfin, le \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb de m\u00e9thode appara\u00eet comme un instrument cognitif privil\u00e9gi\u00e9 en vue de la transmission d\u2019un raisonnement, dans la mesure o\u00f9 il permet de retracer les diff\u00e9rentes \u00e9tapes du processus de connaissance, d\u2019exposer les hypoth\u00e8ses formul\u00e9es au cours des recherches ainsi que de faire part d\u2019\u00e9tonnements, d\u2019h\u00e9sitations et de doutes. Consid\u00e9r\u00e9e sous cet angle, l\u2019inclusion de la subjectivit\u00e9 du chercheur dans son travail appara\u00eet non pas comme un \u00e9l\u00e9ment corrupteur de la scientificit\u00e9 des propos relay\u00e9s, mais comme un gage suppl\u00e9mentaire d\u2019objectivit\u00e9 et de rigueur m\u00e9thodologique.<\/p>\n<p>En d\u00e9taillant le concept du \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb de m\u00e9thode, Ivan Jablonka insiste sur l\u2019importance de ne pas confondre celui-ci avec le \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb autobiographique qui se livre \u00e0 des confidences sur sa propre vie ni d\u2019assimiler la subjectivit\u00e9 au <em>pathos<\/em>. Afin que le \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb de m\u00e9thode devienne \u00e9pist\u00e9mologiquement f\u00e9cond et enrichisse le protocole scientifique au lieu de l\u2019\u00e9mousser, son emploi est ins\u00e9parable de l\u2019application d\u2019un processus de raisonnement fondamental des sciences sociales et qu\u2019Ivan Jablonka propose de d\u00e9finir par une s\u00e9rie d\u2019op\u00e9rations et d\u2019exigences m\u00e9thodologiques\u00a0: la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une distance (temporelle, sociale&#8230;) par rapport \u00e0 l\u2019objet d\u2019\u00e9tude, un mode d\u2019investigation bas\u00e9 sur la qu\u00eate et l\u2019examen critique de sources (archives, rencontres avec des t\u00e9moins, enqu\u00eates de terrain&#8230;), une approche comparative qui vise \u00e0 confronter les donn\u00e9es r\u00e9colt\u00e9es aux r\u00e9sultats d\u2019autres travaux, la mobilisation de preuves, et enfin la v\u00e9rification des hypoth\u00e8ses par des essais de r\u00e9futation. \u00c0 l\u2019aune de ces principes, il semble possible, et tout \u00e0 fait pertinent, pour le chercheur, de parler de lui-m\u00eame, c\u2019est-\u00e0-dire de son milieu social, de sa g\u00e9n\u00e9ration, ou encore de sa famille, sans pour autant renoncer \u00e0 l\u2019exigence de scientificit\u00e9. Ivan Jablonka, auteur d\u2019un \u00ab\u00a0essai de biographie familiale\u00a0\u00bb dans lequel il retrace le parcours de vie de ses grands-parents, deux militants communistes juifs d\u2019origine polonaise, r\u00e9fugi\u00e9s puis rafl\u00e9s en France avant d\u2019\u00eatre d\u00e9port\u00e9s \u00e0 Auschwitz durant la Seconde Guerre mondiale (<em>Histoire des grands-parents que je n\u2019ai pas eus<\/em>, 2012), a notamment explor\u00e9 cette voie. D\u2019autres historiens s\u2019y ont \u00e9galement employ\u00e9, tel qu\u2019Alain Dewerpe dont le <em>Charonne, 8 f\u00e9vrier 1962\u00a0: anthropologie historique d\u2019un massacre d\u2019\u00c9tat<\/em> (2006), d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la m\u00e8re de l\u2019auteur qui figurait parmi les neuf victimes des violences polici\u00e8res commises devant la station de m\u00e9tro parisienne, aura d\u00e9montr\u00e9 la possibilit\u00e9 d\u2019une forme de \u00ab\u00a0comm\u00e9moration savante\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<p>Les chercheurs ne sont pourtant pas les seuls \u00e0 recourir \u00e0 des proc\u00e9d\u00e9s de raisonnement de type scientifique et \u00e0 les mettre au service d\u2019une qu\u00eate d\u2019appr\u00e9hension du monde et de l\u2019histoire dans laquelle ils se trouvent embarqu\u00e9s. Si les sciences sociales, selon la formule d\u2019Ivan Jablonka, peuvent \u00eatre d\u00e9finies comme une \u00ab\u00a0d\u00e9marche intellectuelle qui vise \u00e0 comprendre, au sens large, toutes les actions des hommes\u00a0\u00bb, les arts ne sont pas en reste lorsqu\u2019il s\u2019agit de sonder des faits de soci\u00e9t\u00e9. La litt\u00e9rature en particulier, lorsqu\u2019elle s\u2019applique \u00e0 cerner le r\u00e9el, manifeste une certaine proximit\u00e9 avec l\u2019historiographie, et nombreux sont les auteurs dont la pratique d\u2019\u00e9criture pr\u00e9sente des affinit\u00e9s avec les sciences sociales. Le dernier volet du s\u00e9minaire propos\u00e9 aux \u00e9tudiants de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne a \u00e9t\u00e9 d\u00e9di\u00e9 \u00e0 ces \u00e9crivains-historiens, \u00e9crivains-sociologues, \u00e9crivains-ethnologues ou \u00e9crivains-enqu\u00eateurs qui, dans leurs \u0153uvres, bousculent les fronti\u00e8res disciplinaires. Parmi eux, il convient de citer Annie Ernaux dont <em>Les Ann\u00e9es<\/em> (2008), con\u00e7ues comme une \u00ab\u00a0autobiographie collective\u00a0\u00bb, dressent le portrait non pas d\u2019un individu isol\u00e9, mais de toute une g\u00e9n\u00e9ration\u00a0; ou encore Georges Perec dont <em>W ou le Souvenir d\u2019enfance <\/em>(1975), que l\u2019on peut qualifier d\u2019\u00ab\u00a0autobiographie sur archive\u00a0\u00bb, t\u00e9moigne d\u2019une grande rigueur de raisonnement par le fait que l\u2019auteur met syst\u00e9matiquement \u00e0 l\u2019\u00e9preuve la fiabilit\u00e9 de ses propres souvenirs afin de d\u00e9masquer les artifices de la m\u00e9moire. Tout comme Daniel Mendelsohn qui, dans <em>Les Disparus<\/em> (2006), narre une enqu\u00eate d\u2019histoire familiale, ces auteurs se vouent, en dehors des murs des universit\u00e9s, \u00e0 une forme d\u2019\u00e9criture qui fait appel \u00e0 des d\u00e9marches cognitives proches de celles mobilis\u00e9es par l\u2019historiographie et am\u00e8nent le lecteur \u00e0 s\u2019interroger sur les d\u00e9finitions et les fronti\u00e8res des disciplines.<\/p>\n<p>S\u2019int\u00e9resser \u00e0 des textes qui se situent \u00e0 la crois\u00e9e de diff\u00e9rents champs de pratiques, c\u2019est non seulement une mani\u00e8re de questionner l\u2019opposition traditionnelle entre litt\u00e9rature et science, mais aussi de devenir attentif \u00e0 des voies alternatives d\u2019\u00e9crire l\u2019histoire, en dehors des th\u00e8mes majeurs et des courants m\u00e9thodologiques institu\u00e9s. Des chercheurs comme Alain Corbin, un sp\u00e9cialiste de l\u2019histoire des sensibilit\u00e9s, se sont \u00e9galement employ\u00e9s \u00e0 d\u00e9fricher de nouveaux terrains et \u00e0 exp\u00e9rimenter de nouveaux modes d\u2019analyse. Dans son ouvrage <em>Le Monde retrouv\u00e9 de Louis-Fran\u00e7ois Pinagot<\/em> (1998), Corbin part \u00e0 la recherche d\u2019un inconnu n\u00e9 \u00e0 la fin du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, \u00ab\u00a0atome social\u00a0\u00bb choisi au hasard dans les registres des archives d\u00e9partementales de l\u2019Orne, afin de d\u00e9crire \u00ab\u00a0l\u2019atonie des existences ordinaires\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a> et anonymes, \u00e9voluant en marge de la grande Histoire. Cette enqu\u00eate qui \u00ab\u00a0ne pr\u00e9ten[d] pas porter t\u00e9moignage\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>, mais qui tente de reconstituer l\u2019espace d\u2019une vie \u00e0 travers l\u2019exploration des spectres du possible et du probable, appara\u00eet comme une tentative de sonder les limites des instruments de connaissance dont disposent les sciences humaines et illustre des mani\u00e8res <em>autres<\/em> de penser et d\u2019articuler une d\u00e9marche historique. De telles entreprises t\u00e9moignent d\u2019une originalit\u00e9 et d\u2019une inventivit\u00e9 m\u00e9thodologiques dont la mise en \u0153uvre contribue au constant renouvellement de la discipline.<\/p>\n<p>Si le cours \u00ab\u00a0Peut-on faire l\u2019histoire de soi\u00a0?\u00a0\u00bb n\u2019avait pas pour objectif de transmettre une conception pr\u00e9d\u00e9finie de la recherche en histoire, il aura, par la diversit\u00e9 des enjeux soulev\u00e9s et des approches th\u00e9oriques confront\u00e9es, permis de questionner les outils, les logiques et les traditions disciplinaires. Il s\u2019en est d\u00e9gag\u00e9 l\u2019importance de l\u2019autor\u00e9flexivit\u00e9 dans la d\u00e9marche scientifique et celle de l\u2019objectivation de la relation triangulaire qui se noue entre le chercheur, l\u2019institution acad\u00e9mique et le sujet d\u2019\u00e9tude, dans l\u2019optique d\u2019atteindre une plus grande lucidit\u00e9 critique et une plus grande transparence \u00e9pist\u00e9mologique. En ce sens, l\u2019enseignement dispens\u00e9 par Ivan Jablonka \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne aura invit\u00e9 \u00e9tudiants et chercheurs \u00e0 interroger les orientations th\u00e9matiques et m\u00e9thodologiques de leur travail, \u00e0 \u00eatre sensibles \u00e0 leur propre historicit\u00e9 ainsi qu\u2019\u00e0 prendre, pour le dire avec Pierre Bourdieu, \u00ab\u00a0un point de vue sur [leur] propre point de vue\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a> \u2013 et cela quel que soit leur horizon disciplinaire.<\/p>\n<p><strong>\u00c9l\u00e9ments de bibliographie<\/strong><\/p>\n<p>AGULHON Maurice, CHAUNU Pierre, DUBY Georges, <em>et al.<\/em>, <em>Essais d\u2019ego-histoire<\/em>, textes r\u00e9unis et pr\u00e9sent\u00e9s par Pierre Nora, Paris, Gallimard, 1987.<\/p>\n<p>BOURDIEU Pierre, <em>Science de la science et r\u00e9flexivit\u00e9\u00a0: cours du Coll\u00e8ge de France, 2000-2001<\/em>, Paris, Raisons d\u2019agir, 2001.<\/p>\n<p>BOUVIER Nicolas, <em>L\u2019Usage du monde<\/em>, dessins de Thierry Vernet, Gen\u00e8ve, Droz, 1963.<\/p>\n<p>CORBIN Alain, <em>Le Monde retrouv\u00e9 de Louis-Fran\u00e7ois Pinagot\u00a0: sur les traces d\u2019un inconnu, 1798-1876<\/em>, Paris, Flammarion, 1998.<\/p>\n<p>DEWERPE Alain, <em>Charonne, 8 f\u00e9vrier 1962\u00a0: anthropologie historique d\u2019un massacre d\u2019\u00c9tat<\/em>, Paris, Gallimard, \u00ab\u00a0Folio histoire\u00a0\u00bb, 2006.<\/p>\n<p>ERNAUX Annie, <em>Les Ann\u00e9es<\/em>, Paris, Gallimard, 2008.<\/p>\n<p>JABLONKA Ivan, <em>Histoire des grands-parents que je n\u2019ai pas eus\u00a0: une enqu\u00eate<\/em>, Paris, Seuil, 2012.<\/p>\n<p>JABLONKA Ivan, <em>L\u2019Histoire est une litt\u00e9rature contemporaine\u00a0: manifeste pour les sciences sociales<\/em>, Paris, Seuil, 2014.<\/p>\n<p>MENDELSOHN Daniel, <em>Les Disparus<\/em> [<em>The Lost\u00a0: A Search for Six out of Six Million<\/em>], trad. de l\u2019anglais par Pierre Guglielmina, photographies de Matt Mendelsohn, Paris, Flammarion, 2007, [2006].<\/p>\n<p>PEREC Georges, <em>W ou le Souvenir d\u2019enfance<\/em>, Paris, Deno\u00ebl, 1975.<\/p>\n<p>VEYNE Paul, <em>Et dans l\u2019\u00e9ternit\u00e9 je ne m\u2019ennuierai pas<\/em>, Paris, Albin Michel, 2014.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Pierre Bourdieu, \u00ab\u00a0L\u2019objectivation participante\u00a0\u00bb, <em>Actes de la recherche en sciences sociales<\/em>, n\u00b0 150, 2003, p. 43-57.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Alain Dewerpe, <em>Charonne, 8 f\u00e9vrier 1962\u00a0: anthropologie historique d\u2019un massacre d\u2019\u00c9tat<\/em>, Paris, Gallimard, 2006, p. 19.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Alain Corbin, <em>Le Monde retrouv\u00e9 de Louis-Fran\u00e7ois Pinagot\u00a0: sur les traces d\u2019un inconnu, 1798-1876<\/em>, Paris, Flammarion, 1998, pp. 8-9.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> <em>Ibid<\/em>., p. 8.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Pierre Bourdieu, \u00ab\u00a0L\u2019objectivation participante\u00a0\u00bb, <em>Actes de la recherche en sciences sociales<\/em>, n\u00b0 150, 2003, p. 46.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Compte rendu du cours \u00ab Peut-on faire l\u2019histoire de soi ? \u00bb du Prof. Ivan Jablonka \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 de Lausanne (octobre-d\u00e9cembre 2017) Par Selina Follonier L\u2019historien fait partie de l\u2019histoire, &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1001537,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[81,69],"tags":[73,47],"class_list":["post-978","post","type-post","status-publish","format-standard","category-billets","category-echos-de-la-recherche","tag-biographie","tag-litterature"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/978","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001537"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=978"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/978\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=978"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=978"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=978"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}