{"id":1941,"date":"2019-01-20T21:05:06","date_gmt":"2019-01-20T20:05:06","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/metis\/?p=1941"},"modified":"2022-01-17T00:32:29","modified_gmt":"2022-01-16T23:32:29","slug":"cultures-mediatiques-et-regimes-informationnels-par-marie-eve-therenty-compte-rendu-du-cours-bloc-shc-automne-2018-centre-shc-universite-de-lausanne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/2019\/01\/cultures-mediatiques-et-regimes-informationnels-par-marie-eve-therenty-compte-rendu-du-cours-bloc-shc-automne-2018-centre-shc-universite-de-lausanne\/","title":{"rendered":"\u00ab Cultures m\u00e9diatiques et r\u00e9gimes informationnels \u00bb | Compte-rendu du cours-bloc de Marie-Eve Th\u00e9renty (Centre SHC, UNIL, automne 2018)"},"content":{"rendered":"<p><em><strong><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/files\/2019\/01\/De\u0301tective_Magazine_issue_01.png\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2737\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/files\/2019\/01\/De\u0301tective_Magazine_issue_01-204x300.png\" alt=\"\" width=\"204\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/files\/2019\/01\/De\u0301tective_Magazine_issue_01-204x300.png 204w, https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/files\/2019\/01\/De\u0301tective_Magazine_issue_01-149x220.png 149w, https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/files\/2019\/01\/De\u0301tective_Magazine_issue_01.png 328w\" sizes=\"auto, (max-width: 204px) 100vw, 204px\" \/><\/a>Par Emmanuelle Paccaud , Universit\u00e9 de Lausanne (emmanuelle.paccaud@unil.ch)<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Comment le support de la presse a-t-il \u00e9volu\u00e9 vers un m\u00e9tissage entre actualit\u00e9s et fictions, du 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle \u00e0 nos jours ? L\u2019histoire de cette hybridation \u00e9tait au c\u0153ur de l\u2019enseignement passionnant de Marie-Eve Th\u00e9renty, Professeure de litt\u00e9rature fran\u00e7aise \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Montpellier III, invit\u00e9e par le centre SHC \u00e0 l\u2019automne 2018. Sp\u00e9cialiste des relations entre presse et litt\u00e9rature, de po\u00e9tique des supports et d\u2019imaginaire des soci\u00e9t\u00e9s m\u00e9diatiques, Marie-Eve Th\u00e9renty a propos\u00e9 d\u2019observer les formes hybrides de l\u2019\u00e9criture journalistique, exp\u00e9riment\u00e9es sur des supports vari\u00e9s allant de la chronique journalistique aux plateformes num\u00e9riques. Alternant histoire litt\u00e9raire et histoire \u00ab\u00a0transm\u00e9diatique\u00a0\u00bb, les trois cours-blocs se sont d\u00e9ploy\u00e9s autour de plusieurs \u00e9tudes de cas : l\u2019introduction de la \u00ab\u00a0case-feuilleton\u00a0\u00bb et le succ\u00e8s ph\u00e9nom\u00e9nal du roman populaire <em>Les Myst\u00e8res de Paris<\/em> par le canal de la presse \u00e0 l\u2019aube des ann\u00e9es 1840 ; la surm\u00e9diatisation de \u00ab\u00a0l\u2019affaire du b\u00e9b\u00e9 Lindbergh\u00a0\u00bb aux Etats-Unis et l\u2019\u00e9mergence d\u2019une presse fran\u00e7aise consacr\u00e9e aux faits divers dans les ann\u00e9es 1930\u00a0; enfin l\u2019\u00e9volution du \u00ab\u00a0brouillage\u00a0\u00bb entre r\u00e9alit\u00e9 et fiction autour de \u00ab\u00a0l\u2019affaire Gr\u00e9gory\u00a0\u00bb en France \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980.<!--more--><\/p>\n<h5><em><strong>De la \u00ab\u00a0case-feuilleton\u00a0\u00bb \u00e0 la fictionnalisation des imaginaires culturels\u00a0: premiers ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019hybridation aux pr\u00e9misses d\u2019une culture de masse en France <\/strong><\/em><\/h5>\n<p>Ax\u00e9 sur l\u2019\u00e9mergence de la culture de masse en France, le premier cours-bloc proposait de reconstituer la g\u00e9n\u00e9alogie du \u00ab\u00a0sensationnalisme\u00a0\u00bb, dans un premier temps \u00e0 travers la \u00ab\u00a0case-feuilleton\u00a0\u00bb, petit suppl\u00e9ment en bas de page indissociable du journal du 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, qui s\u2019impose d\u2019embl\u00e9e comme un espace de contre-pouvoir et de libert\u00e9. Ainsi d\u00e8s le premier num\u00e9ro du quotidien <em>La Presse<\/em> (1836), la \u00ab\u00a0case-feuilleton\u00a0\u00bb permet la cr\u00e9ation g\u00e9n\u00e9rique, s\u00e9rielle, et inventive. La censure ne concernant que la partie \u00ab\u00a0haute\u00a0\u00bb et politique du journal, de jeunes \u00e9crivains sont invit\u00e9s \u00e0 publier leurs romans populaires dans la \u00ab\u00a0case-feuilleton\u00a0\u00bb, qui devient \u00e9galement propice pour l\u2019invention du genre de la chronique\u00a0: avec l\u2019usage notamment de l\u2019ironie et de la fictionnalisation d\u2019actualit\u00e9s, un premier jalon d\u2019une tradition litt\u00e9raire dans le journalisme est lanc\u00e9. Si le d\u00e9calage politique entre la \u00ab\u00a0case-feuilleton\u00a0\u00bb et le reste du journal, orient\u00e9 vers l\u2019autorit\u00e9, r\u00e9v\u00e8le d\u2019abord le caract\u00e8re polyphonique du journal, la coexistence des deux parties conduit \u00e0 un double ph\u00e9nom\u00e8ne\u00a0: tandis que la fiction est soumise \u00e0 la matrice m\u00e9diatique, la partie factuelle du journal, qui d\u00e9pend de la matrice litt\u00e9raire, est fortement incline \u00e0 la fictionnalisation. En d\u2019autres termes, la partie \u00ab\u00a0haute\u00a0\u00bb du journal finit par impr\u00e9gner celle du bas. C\u2019est ainsi que Marie-Eve Th\u00e9renty inscrit la \u00ab\u00a0case-feuilleton\u00a0\u00bb au c\u0153ur des liens poreux entre presse et litt\u00e9rature d\u2019une part\u00a0; \u00e0 l\u2019origine de l\u2019\u00ab\u00a0infotainment\u00a0\u00bb d\u2019autre part.<strong> \u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Dans un second temps, Marie-Eve Th\u00e9renty se penche sur la circulation d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne m\u00e9diatique gr\u00e2ce \u00e0 la \u00ab\u00a0case-feuilleton\u00a0\u00bb : le succ\u00e8s immense du roman populaire d\u2019Eug\u00e8ne Sue, <em>Les Myst\u00e8res de Paris<\/em>. Publi\u00e9 en feuilleton dans le <em>Journal des D\u00e9bats<\/em> au d\u00e9but des ann\u00e9es 1840, ce roman inaugure la litt\u00e9rature de masse \u2013 dans le contexte d\u2019alphab\u00e9tisation de la soci\u00e9t\u00e9. Si l\u2019auteur \u00e9tablit d\u2019abord un pacte de lecture avec le public bourgeois qu\u2019il prom\u00e8ne dans les bas-fonds parisiens, le lectorat s\u2019\u00e9largit consid\u00e9rablement et touche les classes populaires. Sue enrichit alors son r\u00e9cit de nouveaux h\u00e9ros (bandits, ouvriers m\u00e9ritants) in\u00e9dits jusque-l\u00e0. A l\u2019oppos\u00e9 du haut du journal, consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9lite sociale, l\u2019espace de la \u00ab\u00a0case-feuilleton\u00a0\u00bb (d\u00e9volu \u00e0 la litt\u00e9rature et \u00e0 un univers nocif, obscur, et myst\u00e9rieux) devient d\u00e9mocratique et cognitif\u00a0: certains lecteurs d\u00e9cryptent, \u00e0 travers le roman-feuilleton, leur propre sc\u00e9nario de vie<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Tandis que les conservateurs s\u2019alertent, inquiets de cette \u00ab\u00a0infiltration\u00a0\u00bb du bas-peuple, les propri\u00e9taires de journaux doivent bien admettre que si la presse d\u2019opinion domine en France, le succ\u00e8s grandissant de la fiction promet un succ\u00e8s financier ind\u00e9niable. Marie-Eve Th\u00e9renty souligne que si\u00a0<em>Les Myst\u00e8res de Paris<\/em> est bas\u00e9 sur le sensationnalisme, l\u2019exploration des bas-fonds et la promesse du d\u00e9voilement, il s\u2019inscrit par ailleurs dans une modalit\u00e9 nouvelle, qui s\u2019apparente au journalisme d\u2019actualit\u00e9\u00a0: celle de livrer des informations statistiques qui d\u00e9noncent les injustices.<\/p>\n<p>Marie-Eve Th\u00e9renty aborde ensuite la circulation puis la d\u00e9clinaison des <em>Myst\u00e8res de Paris<\/em>. Tandis que le roman-feuilleton s\u2019exporte via des \u00e9ditions fran\u00e7aises, des contrefa\u00e7ons et des traductions, \u00e9merge un ph\u00e9nom\u00e8ne sans pr\u00e9c\u00e9dent\u00a0: de nombreuses villes sont adapt\u00e9es au mod\u00e8le du roman d\u2019Eug\u00e8ne Sue. A travers leur propre r\u00e9alit\u00e9 locale<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>, ces nouveaux \u00ab\u00a0myst\u00e8res urbains\u00a0\u00bb mettent en place une v\u00e9ritable cartographie mondiale de la mis\u00e8re, gr\u00e2ce \u00e0 un partage accru des actualit\u00e9s de la criminalit\u00e9 et des bas-fonds<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. Cette mondialisation des <em>Myst\u00e8res de Paris<\/em> en fait un ph\u00e9nom\u00e8ne m\u00e9diatique global\u00a0: \u00e0 travers une hybridation exceptionnelle (copies et adaptations), le roman-feuilleton devient un objet de m\u00e9tissage, \u00ab\u00a0transm\u00e9diatique\u00a0\u00bb, qui s\u2019inscrit dans \u00ab\u00a0la culture de la convergence\u00a0\u00bb d\u00e9crite par Henry Jenkins.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 ces \u00e9tudes de cas, Marie-Eve Th\u00e9renty \u00e9voque les paradigmes qui accompagnent plus g\u00e9n\u00e9ralement\u00a0la profession de journaliste. Avant que n\u2019\u00e9mergent les pr\u00e9misses du grand reportage, le journaliste p\u00e2tit d\u2019une mauvaise image dans l\u2019opinion publique : on compare cet \u00e9crivain pay\u00e9 tant\u00f4t \u00e0 une\u00a0\u00ab\u00a0prostitu\u00e9e de la litt\u00e9rature\u00a0\u00bb, tant\u00f4t \u00e0 un eunuque. Parmi les jalons qui marquent en filigrane l\u2019histoire litt\u00e9raire journalistique en France, Marie-Eve Th\u00e9renty souligne d\u2019une part que c\u2019est notamment sous l\u2019influence de la mont\u00e9e du roman naturaliste, qui pr\u00e9conise l\u2019information neutre et objective, que <u>la chose vue<\/u> devient l\u2019essence esth\u00e9tique du journalisme\u00a0: \u00e0 travers cette nouvelle modalit\u00e9, les premiers grands reporters d\u00e9tr\u00f4nent peu \u00e0 peu les chroniqueurs. D\u2019autre part, la mise en danger de l\u2019auteur (sa descente dans les bas-fonds, autour de laquelle Marie-Eve Th\u00e9renty a forg\u00e9 l\u2019expression du \u00ab\u00a0paradigme de Dante\u00a0\u00bb) et le r\u00e9cit du reportage \u00e9crit \u00e0 la premi\u00e8re personne deviennent essentiels.<\/p>\n<p>Enfin, Marie-Eve Th\u00e9renty n\u2019occulte pas les pratiques et les postures des femmes \u00e9crivains de l\u2019histoire de la presse entre 1836 et 1940\u00a0: de la chronique (Delphine de Girardin) au grand reportage (Andr\u00e9e Viollis), en passant par les femmes de lettres (Colette) et celles qui ont utilis\u00e9 toute la palette du journalisme<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. Ainsi George Sand a \u00e9t\u00e9 tour \u00e0 tour critique dramatique, litt\u00e9raire, musicale, mais a aussi publi\u00e9 des articles politiques et des chroniques de voyage. Tandis que sa carri\u00e8re journalistique accompagne sa carri\u00e8re litt\u00e9raire, Sand fait du journal un instrument p\u00e9dagogique et d\u2019\u00e9ducation des masses, notamment en rendant un fait divers public en le fictionnalisant\u00a0: c\u2019est <em>L\u2019histoire de Fanchette<\/em>. Alors que les classes populaires commencent \u00e0 avoir acc\u00e8s au roman-feuilleton, ce fait divers suscite une grande \u00e9motion. Cette d\u00e9marche s\u2019inscrit dans un contexte o\u00f9 les romanciers du moment \u2013 Balzac et Sue en t\u00eate \u2013 saisissent le caract\u00e8re f\u00e9d\u00e9rateur du r\u00e9cit du r\u00e9el\u00a0: le fait divers rend le monde intelligible.<\/p>\n<h5><em><strong>Le succ\u00e8s du \u00ab\u00a0sensationnalisme fictionnalisant\u00a0\u00bb des ann\u00e9es 1930 ou le \u00ab\u00a0brouillage\u00a0\u00bb entre fiction et r\u00e9alit\u00e9<\/strong><\/em><\/h5>\n<p>Le second cours-bloc se concentre sur les ann\u00e9es 1930, qui voient \u00e9merger de nouveaux genres litt\u00e9raires dans la presse, notamment autour de l\u2019enqu\u00eate. Marie-Eve Th\u00e9renty \u00e9voque d\u2019abord deux paradoxes qui accompagnent le monde journalistique des ann\u00e9es trente. D\u2019une part, tandis que le journalisme se professionnalise (introduction de la carte de journaliste) se met en place une lib\u00e9ralisation de l\u2019\u00e9criture. D\u2019autre part, le succ\u00e8s des faits divers dans la presse co\u00efncide avec l\u2019\u00e9mergence du grand reportage. Deux tendances se dessinent ainsi dans le paysage des hebdomadaires de la presse fran\u00e7aise des ann\u00e9es 1930\u00a0: celle de l&#8217;hebdomadaire <em>D\u00e9tective \u2013\u00a0<\/em>qui r\u00e9unit deux forces contradictoires, le fait divers et le reportage romanc\u00e9 \u2013 et celle du grand reportage avec Albert Londres comme figure de proue.<\/p>\n<p>Pour illustrer le \u00ab\u00a0d\u00e9rapage\u00a0\u00bb provoqu\u00e9 par la lib\u00e9ralisation de l\u2019\u00e9criture, Marie-Eve Th\u00e9renty choisit d\u2019\u00e9voquer \u00ab\u00a0l\u2019affaire du b\u00e9b\u00e9 Lindbergh\u00a0\u00bb qui re\u00e7oit, entre l\u2019enl\u00e8vement de l\u2019enfant du c\u00e9l\u00e8bre aviateur am\u00e9ricain Charles Lindbergh en 1932 et l\u2019ex\u00e9cution du principal accus\u00e9 en 1936, un traitement m\u00e9diatique sans pr\u00e9c\u00e9dent. D&#8217;abord locale, l\u2019affaire est trait\u00e9e de mani\u00e8re globale\u00a0: du proc\u00e8s film\u00e9 en direct au sc\u00e9nario de mise \u00e0 mort de l\u2019assassin, en passant par une id\u00e9alisation du \u00ab\u00a0h\u00e9ros\u00a0\u00bb Lindbergh, un v\u00e9ritable emballement m\u00e9diatique se met en marche. Afin d\u2019analyser l\u2019effervescence autour de l\u2019affaire via les m\u00e9dias de l\u2019\u00e9poque et \u00e9tudier sa viralit\u00e9 dans une perspective d\u2019histoire culturelle, Marie-Eve Th\u00e9renty a particip\u00e9 \u00e0 un projet collectif<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>, qui consistait \u00e0 rep\u00e9rer les enjeux et les d\u00e9rives autour de l\u2019affaire. De cette enqu\u00eate \u00e9mane le constat que l\u2019affaire est marqu\u00e9e par deux tensions. D\u2019une part, celle d\u2019une nouvelle polarisation des soci\u00e9t\u00e9s occidentales\u00a0: l\u2019industrie culturelle am\u00e9ricaine favorise une vision manich\u00e9enne du monde. D\u2019autre part, l\u2019affaire suscite une fascination populaire, qui s\u2019expliquerait en partie par l\u2019identification du public aux personnages, et son caract\u00e8re \u00e0 la fois feuilletonesque et incomplet.<\/p>\n<p>Cette double tension aurait, selon Marie-Eve Th\u00e9renty, encourag\u00e9 une \u00ab\u00a0d\u00e9rive fictionnalisante\u00a0\u00bb autour de l\u2019affaire, principalement en Europe. Afin de combler le vide en p\u00e9riode \u00ab\u00a0de creux\u00a0\u00bb, la tentation du remplissage en cas d\u2019absence d\u2019information pousse les journaux \u00e0 propager des rumeurs absurdes (telles que la r\u00e9apparition du b\u00e9b\u00e9 Lindbergh dans divers pays). La presse europ\u00e9enne se lance ainsi dans une double reprise de la presse am\u00e9ricaine\u00a0: elle la fictionnalise, tout en d\u00e9veloppant une interpr\u00e9tation nouvelle<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>, fusionnant ainsi l\u2019invention litt\u00e9raire et le sensationnalisme. Parall\u00e8lement au proc\u00e8s, la structure opposant le h\u00e9ros \u00e0 l\u2019ennemi s\u2019inscrit aussi dans la presse\u00a0: \u00e9mane alors une relecture du fait divers \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un film hollywoodien. Du c\u00f4t\u00e9 de la litt\u00e9rature enfin, l\u2019Affaire Lindbergh rejoint la tradition du fait divers qui inspire des romans \u2013 et ce des deux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019Atlantique\u00a0: d\u2019Agatha Christie (<em>Le crime de l\u2019Orient-Express<\/em>) \u00e0 Philip Roth (<em>Le complot contre l\u2019Am\u00e9rique<\/em>)<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a> en passant par Herg\u00e9 (<em>Tintin en Am\u00e9rique<\/em>), le premier fait divers mondialis\u00e9 ne cesse de refaire surface.<\/p>\n<p>Marie-Eve Th\u00e9renty termine ce second cours-bloc par la pr\u00e9sentation du magazine de faits divers<em> D\u00e9tective<\/em>, fond\u00e9 par Gallimard en 1928, sur une id\u00e9e de Joseph Kessel. S\u2019il s\u2019entoure de proches de la p\u00e8gre et des bas-fonds montmartrois pour lancer le magazine, l\u2019\u00e9diteur cr\u00e9e une soci\u00e9t\u00e9-\u00e9cran afin que son nom n\u2019apparaisse pas dans l\u2019op\u00e9ration de pilotage de <em>D\u00e9tective<\/em>, qu\u2019il juge trop populaire et peu prestigieux. Si le succ\u00e8s ph\u00e9nom\u00e9nal de la vente de <em>D\u00e9tective<\/em> dans les kiosques \u00e0 journaux permet \u00e0 Gallimard de traverser ais\u00e9ment la crise des ann\u00e9es 1930\u00a0\u2013 l\u2019encourageant \u00e0 cr\u00e9er aussi\u00a0<em>Voil\u00e0<\/em> <em>\u2013<\/em>\u00a0Marie-Eve Th\u00e9renty montre surtout comment, par son importance donn\u00e9e \u00e0 la photographie et \u00e0 l\u2019enqu\u00eate, <em>D\u00e9tective<\/em> est un prisme id\u00e9al pour observer la presse des ann\u00e9es 1930\u00a0: hybride, il promet \u00e0 ses lecteurs \u00e0 la fois des faits divers et des reportages<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>. Dans le sillage de la \u00ab\u00a0case-feuilleton\u00a0\u00bb du 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, la fronti\u00e8re entre fiction et information est brouill\u00e9e dans <em>D\u00e9tective<\/em> : le contrat de lecture consiste \u00e0 parler du r\u00e9el, mais \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un roman\u00a0; la fiction permet de d\u00e9crypter la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<h5><em><strong>Pratiques et postures autour de l\u2019\u00e9criture journalistique \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980<\/strong><\/em><\/h5>\n<p>Articul\u00e9 autour de \u00ab\u00a0l\u2019affaire Gr\u00e9gory\u00a0\u00bb, ce dernier cours-bloc propose d\u2019esquisser l\u2019\u00e9volution de l\u2019\u00e9criture journalistique qui s\u2019est d\u00e9ploy\u00e9e autour de l\u2019assassinat de Gr\u00e9gory Villemin, quatre ans, noy\u00e9 dans la rivi\u00e8re de la Vologne en 1984: une affaire encore non r\u00e9solue. Marie-Eve Th\u00e9renty souligne l\u2019effet commun provoqu\u00e9 par l\u2019affaire Lindbergh et l\u2019affaire Gr\u00e9gory\u00a0: le fait que la victime soir un enfant aurait cristallis\u00e9 une fascination populaire \u2013 et encourag\u00e9 les liens entre fait divers et litt\u00e9rature. A l\u2019instar de l\u2019affaire Lindbergh, les auteurs seront en effet nombreux \u00e0 s\u2019exprimer sur l\u2019affaire Gr\u00e9gory, et ce sur des supports diff\u00e9rents. Les quatre d\u00e9clinaisons de l\u2019\u00e9criture journalistique propos\u00e9es par Marie-Eve Th\u00e9renty autour de cette affaire sont\u00a0l\u2019info-fiction, le journalisme litt\u00e9raire, la fictionnalisation du fait divers sous forme de roman et le journalisme narratif.<\/p>\n<p>Paru dans<em> Lib\u00e9ration<\/em> en juillet 1985, l\u2019article de Marguerite Duras \u00ab\u00a0Sublime, forc\u00e9ment sublime Christine V.\u00a0\u00bb est une tentative de r\u00e9habilitation de la m\u00e8re de l\u2019enfant assassin\u00e9. Avec ses phrases courtes et lapidaires, ce texte est conforme au style durassien \u2013 dont l\u2019\u00e9criture se d\u00e9finit, depuis <em>Moderato Cantabile<\/em>, sur le soup\u00e7on; en effet, Duras \u00e9crit ce texte persuad\u00e9e que Christine Villemin a tu\u00e9 son fils Gr\u00e9gory. Outre son caract\u00e8re scandaleux, cet article permet d\u2019interroger plus largement la carri\u00e8re de Duras. Non seulement ce texte s\u2019inscrit dans une longue tradition litt\u00e9raire journalistique fran\u00e7aise (Balzac, Stendhal, Kessel\u00a0: ils ont tous \u00e9crit dans la presse), mais encore Duras n\u2019est pas novice dans ce type de d\u00e9marche litt\u00e9raire: elle a \u00e9galement \u00e9crit pour <em>France Observateur<\/em>. Selon Marie-Eve Th\u00e9renty, le fait divers aurait toujours influenc\u00e9 l\u2019\u0153uvre de Marguerite Duras, \u00e0 l\u2019image de ses chroniques r\u00e9unies sous le titre\u00a0<em>L\u2019Et\u00e9 80<\/em>\u00a0: ces derni\u00e8res pr\u00e9sentaient d\u00e9j\u00e0 un m\u00e9lange hybride allant du reportage \u00e0 la confession intime, en passant par le genre du journal de bord (histoires fantasm\u00e9es) et le texte d\u2019actualit\u00e9. En 1985, le scandale provoqu\u00e9 par Duras dans <em>Lib\u00e9ration<\/em> s\u2019expliquerait en partie par sa totale contradiction avec ce que l\u2019on apprend dans les \u00e9coles de journalisme de l\u2019\u00e9poque\u00a0: l\u2019objectif du \u00ab\u00a0degr\u00e9 z\u00e9ro\u00a0\u00bb de la litt\u00e9rature. Dans un support qui doit r\u00e9pondre \u00e0 des r\u00e8gles d\u2019objectivit\u00e9<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>, l\u2019article de Duras confronte la demande d\u2019une objectivit\u00e9 impossible et une \u00e9criture plus radicalement subjective.<\/p>\n<p>Parmi les autres articles qui abordent l\u2019affaire Gr\u00e9gory avec peu d\u2019objectivit\u00e9, Marie-Eve Th\u00e9renty signale \u00ab\u00a0Les poss\u00e9d\u00e9s de la Vologne\u00a0\u00bb de Fran\u00e7ois Cavigliogli, qui para\u00eet dans <em>Le<\/em> <em>Nouvel Observateur<\/em> en 1984. Le style de Caviglioli est empreint du nouveau journalisme am\u00e9ricain, th\u00e9oris\u00e9 en 1973 par Tom Wolfe dans <em>The New Journalism<\/em>, mais qui avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9merg\u00e9 apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale (avec le \u00ab\u00a0non-fiction novel\u00a0\u00bb de Truman Capote et Norman Mailer puis, bien plus tard, Jean Hatzfeld<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>). A eux deux, Duras et Caviglioli cristallisent deux tendances des ann\u00e9es 1980\u00a0: celle de l\u2019<u>info-fiction<\/u> (Duras), qui d\u00e9signe un rapport conflictuel avec la v\u00e9rit\u00e9, et le <u>journalisme litt\u00e9raire <\/u>(Caviglioli). Parmi les ouvrages qui abordent l\u2019affaire Gr\u00e9gory, Marie-Eve Th\u00e9renty \u00e9voque aussi <em>L\u2019enfant d\u2019octobre<\/em> de Philippe Besson (2006)\u00a0: influenc\u00e9 par la d\u00e9marche de Duras\u00a0dans le sens o\u00f9 il s\u2019agit du <u>r\u00e9cit du fait divers, mais fictionnalis\u00e9<\/u> par l\u2019auteur par le fait qu\u2019il d\u00e9signe son texte comme un \u00ab\u00a0roman\u00a0\u00bb. Prenant la libert\u00e9 de transcrire \u00e0 la premi\u00e8re personne ce qu\u2019imagine la m\u00e8re de l\u2019enfant \u2013 qui figure toujours parmi les accus\u00e9s \u2013 Besson se verra attaqu\u00e9 en diffamation et d\u2019atteinte \u00e0 la vie priv\u00e9e. Enfin, Marie-Eve Th\u00e9renty cite l\u2019enqu\u00eate de Patricia Tourancheau, publi\u00e9e sur le site d\u2019information lesjours.fr\u00a0: ind\u00e9pendant et sans publicit\u00e9, ce m\u00e9dia payant cr\u00e9\u00e9e en 2016 permet aux auteurs de raconter l\u2019actualit\u00e9 sous forme de s\u00e9ries. Les auteurs s\u2019inscrivent dans la tradition du <u>journalisme narratif<\/u> \u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine, dont la r\u00e8gle principale veut qu\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment ne soit invent\u00e9, ajout\u00e9 ou supprim\u00e9; cette recherche de v\u00e9racit\u00e9 distingue ce journalisme narratif de l\u2019info-fiction.<\/p>\n<p>En guise de conclusion de ce dernier cours-bloc, Marie-Eve Th\u00e9renty livre sur l\u2019\u00e9volution de l\u2019\u00e9criture journalistique le constat suivant : si une corr\u00e9lation s\u2019est dessin\u00e9e entre pics litt\u00e9raires et grandes crises (un ph\u00e9nom\u00e8ne encore accru avec l\u2019apparition de nouveaux m\u00e9dias comme la radio et la t\u00e9l\u00e9vision dans les ann\u00e9es 1930), on assiste aujourd\u2019hui en France \u00e0 une uniformisation des \u00e9critures journalistiques. Tandis qu\u2019avec l\u2019\u00e8re num\u00e9rique et Internet \u00e9mergent les actualit\u00e9s automatis\u00e9es, le m\u00e9tier m\u00eame de journaliste consiste de plus en plus \u00e0 faire de la veille d\u2019information et \u00e0 r\u00e9unir des d\u00e9p\u00eaches. Or, si un nouveau type de journalisme d\u2019investigation appara\u00eet \u00e0 travers le livre et l\u2019information en ligne, la presse de l\u2019\u00e9cran ne fait pas l\u2019unanimit\u00e9\u00a0: ainsi la publication payante du <em>mook<\/em> (contraction entre \u00ab\u00a0magazine\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0book\u00a0\u00bb) se pr\u00e9sente comme un mode de r\u00e9sistance au journalisme num\u00e9rique. Dans la perspective d\u2019une presse papier contre une presse de l\u2019\u00e9cran,\u00a0le <em>mook<\/em> se veut un retour \u00e0 la tradition du journal litt\u00e9raire des ann\u00e9es trente, \u00e9rigeant comme mod\u00e8le le grand reporter Albert Londres. Le<em> mook<\/em> se distingue aussi par sa mat\u00e9rialit\u00e9 en tant que revue et par l\u2019illustration\u00a0: c\u2019est en effet le dessin (et non la photographie) qui am\u00e8ne une dimension po\u00e9tique au r\u00e9cit. En appliquant la tradition du reportage litt\u00e9raire des ann\u00e9es trente aux sujets actuels et en privil\u00e9giant le reportage graphique (dont l\u2019\u0153uvre pionni\u00e8re est celle de Joe Sacco), le r\u00e9cit \u00e0 la premi\u00e8re personne et la mise en danger du t\u00e9moin, le <em>mook<\/em>\u00a0 est peut-\u00eatre la preuve que le croisement hybride entre journalisme et litt\u00e9rature a encore de beaux jours devant lui.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Le succ\u00e8s des <em>Myst\u00e8res de Paris<\/em> aurait provoqu\u00e9 un d\u00e9bat intellectuel sur la fiction,\u00a0interrogeant son caract\u00e8re nocif.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Avec une \u00e9quipe internationale, Marie-Eve Th\u00e9renty a entrepris une enqu\u00eate autour des traductions et des adaptations des <em>Myst\u00e8res de Paris\u00a0<\/em>: il s\u2019agissait de saisir comment un ph\u00e9nom\u00e8ne m\u00e9diatique global circule.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Parmi les \u00ab\u00a0passeurs\u00a0\u00bb qui participent au projet, des \u00e9migr\u00e9s europ\u00e9ens se lancent dans l\u2019\u00ab\u00a0urban novel\u00a0\u00bb en racontant leur vision des petites villes nord-am\u00e9ricaines.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Ainsi les \u00ab\u00a0stunt journalists\u00a0\u00bb, qui ont pratiqu\u00e9 le reportage de l\u2019immersion et \u00e0 scandale\u00a0: ces femmes se d\u00e9guisaient parfois pour acc\u00e9der \u00e0 des sph\u00e8res r\u00e9serv\u00e9es aux hommes.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Cette enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e pour un ouvrage collectif\u00a0: Roy Pinker, <em>Faire sensation. De l\u2019affaire du b\u00e9b\u00e9 Lindbergh au barnum m\u00e9diatique<\/em>, Marseille\u00a0: Agone, coll. Contre-feux, 2017. A noter que Pinker est un auteur fictif\u00a0; l\u2019ouvrage collectif a \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9 par Paul Aron et Yoan V\u00e9rilhac.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Notamment \u00e0 travers ce que Marie-Eve Th\u00e9renty appelle le \u00ab\u00a0point de vue de Tintin\u00a0\u00bb, soit une mani\u00e8re europ\u00e9enne, francophone, d\u2019appr\u00e9hender les nouvelles am\u00e9ricaines.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Imaginant Lindbergh pr\u00e9sident des Etats-Unis \u00e0 la place de Roosevelt, Philip Roth illustre ainsi \u00e0 travers <em>Le Complot contre l\u2019Am\u00e9rique <\/em>la d\u00e9rive politique de Lindbergh p\u00e8re (dont le fils est retenu en otage).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> <em>D\u00e9tective<\/em> n\u2019\u00e9chappe pas, \u00e0 l\u2019instar d\u2019un grand nombre de publications de presse des ann\u00e9es 1930, aux d\u00e9rives qui marquent la presse des ann\u00e9es trente\u00a0:\u00a0antis\u00e9mitisme et homophobie notamment.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> <em>Lib\u00e9ration <\/em>devient plus mod\u00e9r\u00e9 et commercial en 1981; jusque-l\u00e0, on y d\u00e9fendait les ouvriers sous l\u2019\u00e9gide de Sartre.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Dans le domaine de l\u2019\u00e9criture d\u2019investigation, les enqu\u00eates du journaliste Jean Hatzfeld s\u2019int\u00e9ressent, \u00e0 l\u2019instar plus tard d\u2019auteurs comme Svetlana Alexievitch et Emmanuel Carr\u00e8re, \u00e0 de nouvelles formes de temporalit\u00e9 comme le quotidien ou l\u2019installation du r\u00e9p\u00e9titif.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Emmanuelle Paccaud , Universit\u00e9 de Lausanne (emmanuelle.paccaud@unil.ch) Comment le support de la presse a-t-il \u00e9volu\u00e9 vers un m\u00e9tissage entre actualit\u00e9s et fictions, du 19\u00e8me si\u00e8cle \u00e0 nos jours ? &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1001537,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[81,69],"tags":[],"class_list":["post-1941","post","type-post","status-publish","format-standard","category-billets","category-echos-de-la-recherche"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1941","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001537"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1941"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1941\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1941"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1941"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1941"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}