{"id":1055,"date":"2018-02-02T08:35:46","date_gmt":"2018-02-02T07:35:46","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/metis\/?p=1055"},"modified":"2022-01-17T00:29:51","modified_gmt":"2022-01-16T23:29:51","slug":"sound-history-tondokumente-histoire-du-son-socuments-sonores-berne-zentrum-fur-kulturproduktion-24-novembre-2017","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/2018\/02\/sound-history-tondokumente-histoire-du-son-socuments-sonores-berne-zentrum-fur-kulturproduktion-24-novembre-2017\/","title":{"rendered":"Sound History &amp; Tondokumente. Histoire du son &amp; socuments sonores, Berne, Zentrum f\u00fcr  Kulturproduktion, 24 novembre 2017"},"content":{"rendered":"<p><strong><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/files\/2018\/02\/SoundHistory-TonDokumente.jpg\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1684\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/files\/2018\/02\/SoundHistory-TonDokumente-212x300.jpg\" alt=\"\" width=\"212\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/files\/2018\/02\/SoundHistory-TonDokumente-212x300.jpg 212w, https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/files\/2018\/02\/SoundHistory-TonDokumente-155x220.jpg 155w, https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/files\/2018\/02\/SoundHistory-TonDokumente.jpg 595w\" sizes=\"auto, (max-width: 212px) 100vw, 212px\" \/><\/a><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Compte-rendu par Rapha\u00eblle Ruppen Coutaz, Universit\u00e9 de Lausanne (<a href=\"mailto:raphaelle.ruppencoutaz@unil.ch\">raphaelle.ruppencoutaz@unil.ch<\/a>)<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Poursuivant sur la lanc\u00e9e de son dernier colloque annuel, le portail professionnel des sciences historiques en Suisse, infoclio.ch, continue \u00e0 offrir un \u00e9largissement th\u00e9matique bienvenu. En s\u2019int\u00e9ressant aux sources sonores et \u00e0 la fa\u00e7on de faire l\u2019histoire du son, le 9<sup>e<\/sup> colloque infoclio.ch a r\u00e9uni plus d\u2019une centaine de participants. Fid\u00e8le \u00e0 sa tradition, il a essentiellement rassembl\u00e9 des orateurs provenant du monde de la recherche comme du monde des archives.<!--more--><\/p>\n<p>Organis\u00e9e autour de trois sessions, cette journ\u00e9e s\u2019est termin\u00e9e par une table ronde qui, \u00e0 l\u2019image de l\u2019ensemble des pr\u00e9sentations, a fait la part belle aux extraits sonores. L\u2019objectif de <strong>la premi\u00e8re session<\/strong> \u00e9tait d\u2019introduire le public au champ d\u2019\u00e9tudes de la \u00ab&nbsp;Sound History&nbsp;\u00bb, champ qui, apr\u00e8s un int\u00e9r\u00eat assez tardif t\u00e9moign\u00e9 par les historiens, se d\u00e9veloppe avec vigueur ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Comme <strong>JAN-FRIEDRICH MISSFELDER (Universit\u00e9 de Zurich)<\/strong> l\u2019a rappel\u00e9, les historiens des Annales sont les premiers \u00e0 s\u2019\u00eatre pench\u00e9s sur la question des objets sonores dans le sillage de leur r\u00e9flexion visant un \u00e9largissement des sources. Mais il faudra en r\u00e9alit\u00e9 attendre la parution de l\u2019ouvrage d\u2019Alain Corbin, en 1994, <em>Les Cloches de la terre<\/em>, portant sur le paysage sonore dans les campagnes fran\u00e7aises du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, pour voir na\u00eetre un essai historique fondateur sur le sujet. Jan-Friedrich Missfelder date le renforcement m\u00e9thodologique de la \u00ab&nbsp;Sound History&nbsp;\u00bb au sein des sciences historiques au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, renforcement qui s\u2019appuie sur des notions d\u00e9velopp\u00e9es par les \u00ab&nbsp;Sound studies&nbsp;\u00bb d\u00e8s les ann\u00e9es 1970 comme celles de paysage sonore (\u00ab&nbsp;soundscape&nbsp;\u00bb)<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, de culture auditive<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a> et de pratiques acoustiques qui modifient notre vision du monde et notre mani\u00e8re d\u2019\u00eatre (\u00ab&nbsp;acoustemology&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>). Dans son expos\u00e9, le chercheur zurichois a mis l\u2019accent \u00e0 plusieurs reprises sur l\u2019importance du contexte pour comprendre l\u2019exp\u00e9rience du son faite par les protagonistes \u00e0 un moment donn\u00e9 et toute la difficult\u00e9 \u00e0 le restituer. <strong>MARIANNE SOMMER<\/strong> <strong>(Universit\u00e9 de Lucerne)<\/strong> a, pour sa part, pr\u00e9sent\u00e9 une \u00e9tude de cas curieuse et passionnante, fond\u00e9e sur le travail de collecte et de pr\u00e9servation de cris d\u2019animaux r\u00e9alis\u00e9 par une figure atypique, le biologiste Julian Huxley (1887-1975). Directeur du zoo de Londres de 1935 \u00e0 1942, ce dernier deviendra par la suite le premier directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Unesco en 1946 et un des fondateurs du WWF en 1961. Sa volont\u00e9 de pr\u00e9server le patrimoine sonore \u00ab&nbsp;animal&nbsp;\u00bb, menac\u00e9 par la guerre et, plus largement, par les ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019industrialisation et de modernisation, r\u00e9pond \u00e9galement \u00e0 une vis\u00e9e \u00e9cologique&nbsp;: constituer une forme de m\u00e9moire sonore face \u00e0 la disparition des esp\u00e8ces. L\u2019historienne des sciences de l\u2019Universit\u00e9 de Lucerne a comment\u00e9 diff\u00e9rentes mises en sc\u00e8ne sonores et \u00e9ditoriales, comme <em>Animal Language<\/em> en 1938, r\u00e9alis\u00e9es par Julian Huxley avec l\u2019aide du musicien allemand et pionnier de l\u2019enregistrement phonographique Ludwig Koch. <strong>DANIEL MORAT<\/strong> <strong>(Freie Universit\u00e4t Berlin)<\/strong> a clos cette premi\u00e8re session en pr\u00e9sentant une seconde \u00e9tude de cas fond\u00e9e sur l\u2019\u00e9volution du son urbain en Allemagne au tournant du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, une p\u00e9riode de crise (crise de la modernit\u00e9) et de transformations. A l\u2019aide de cet exemple, l\u2019historien a d\u00e9fendu l\u2019id\u00e9e que l\u2019histoire sonore ne devrait pas se concentrer uniquement sur la r\u00e9ception d\u2019un son \u00e0 un moment pr\u00e9cis, mais \u00e9galement prendre en compte la fabrication des sons et la transformation de l\u2019exp\u00e9rience sonore dans le temps.<\/p>\n<p><strong>La deuxi\u00e8me session<\/strong> a propos\u00e9 quatre exemples de valorisation de documents sonores offerte par les technologies num\u00e9riques. Dans ce domaine, c\u2019est la question des droits d\u2019auteur qui est un des principaux probl\u00e8mes qui retarde et limite encore passablement l\u2019acc\u00e8s du public aux documents sonores. <strong>CLAUDE ZURCHER<\/strong> <strong>(FONSART\/<\/strong><a href=\"https:\/\/www.notrehistoire.ch\/\"><strong>notreHistoire.ch<\/strong><\/a><strong>)<\/strong> a pr\u00e9sent\u00e9 la plate-forme notreHistoire.ch qui permet \u00e0 ses utilisateurs de mettre en ligne et de partager des sources de nature diff\u00e9rente (photos, films, archives de la RTS, etc.), dont des archives sonores (2&#8217;700 documents proviennent du fonds RTS, 1&#8217;300 de sources priv\u00e9es), et ceci avec l\u2019ambition de constituer une m\u00e9moire collective de la Suisse romande. La cheville ouvri\u00e8re de ce r\u00e9seau social a insist\u00e9 sur le fait qu\u2019il est important d\u2019offrir non seulement la possibilit\u00e9 de mettre en ligne des sources qui, pour certaines, repr\u00e9sentent des \u00e9v\u00e9nements peu ou pas document\u00e9s, mais aussi la possibilit\u00e9 de pouvoir les croiser avec d\u2019autres archives, comme notamment les archives de presse num\u00e9ris\u00e9es par le journal romand <em>Le<\/em> <em>Temps<\/em>. Ce projet collaboratif et multim\u00e9dia s\u2019est \u00e9tendu r\u00e9cemment \u00e0 d\u2019autres r\u00e9gions linguistiques de Suisse. En 2017, deux plates-formes ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9es sur le m\u00eame mod\u00e8le, l\u2019une au Tessin (lanostraStoria.ch) et l\u2019autre aux Grisons (nossaistorgia.ch). Philosophe, musicologue et musicien, <strong>VINCENT MEELBERG<\/strong> <strong>(Radboud University Nijmegen\/<\/strong><a href=\"https:\/\/sonicstudies.org\/\"><strong>Journal of Sonic Studies<\/strong><\/a><strong>)<\/strong> est \u00e9galement le co-fondateur du journal en ligne <em>Journal of Sonic Studies<\/em> dont l\u2019objectif est de pr\u00e9senter et de faire conna\u00eetre les travaux de toutes les personnes, aussi bien artistes que chercheurs, qui s\u2019int\u00e9ressent au son et qui cherchent \u00e0 comprendre l\u2019impact du son sur la soci\u00e9t\u00e9 et sur l\u2019individu. Cette revue internationale en libre acc\u00e8s aborde une vaste gamme de sujets&nbsp;: des \u00e9missions sonores des produits de consommation (voitures, machines \u00e0 laver, etc.) aux sons \u00e9mis par le corps, en passant par l\u2019utilisation du son dans les mus\u00e9es, et ceci \u00e0 travers plusieurs approches&nbsp;possibles&nbsp;et dans un esprit multidisciplinaire (histoire, philosophie, sociologie, anthropologie, m\u00e9decine, droit, etc). <strong>STEFAN L\u00c4NZLINGER (Schweizerisches Sozialarchiv\/<\/strong><a href=\"https:\/\/www.bild-video-ton.ch\/\"><strong>Datenbank Bild + Ton<\/strong><\/a><strong>) <\/strong>explique que le Schweizerisches Sozialarchiv s\u2019est v\u00e9ritablement attaqu\u00e9 \u00e0 la probl\u00e9matique du traitement de leurs fonds sonores seulement \u00e0 partir de 2002. Des archives d\u2019une grande vari\u00e9t\u00e9 sont d\u00e9sormais accessibles aux chercheurs&nbsp;: interviews d\u2019enfants retir\u00e9s \u00e0 leur famille, archives radiophoniques provenant d\u2019\u00e9metteurs pirates, enregistrements de r\u00e9unions syndicales cens\u00e9s aider \u00e0 la r\u00e9daction des proc\u00e8s-verbaux, etc. En proposant une reconstitution sonore d\u2019un quartier de Paris au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle,<strong> MYL\u00c8NE PARDOEN (Universit\u00e9 de Lyon\/<\/strong><a href=\"https:\/\/sites.google.com\/site\/louisbretez\/\"><strong>Projet Bretez<\/strong><\/a><strong>)<\/strong> a propos\u00e9 une approche sensorielle de l\u2019histoire \u00e0 l\u2019auditoire. Cette musicologue de formation, devenue arch\u00e9ologue du paysage sonore, a montr\u00e9 comment, par un travail de b\u00e9n\u00e9dictin &#8211; qui n\u2019est pas sans rappeler celui d\u2019Arlette Farge sur les parlers au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a> &#8211; on peut arriver \u00e0 reconstituer la fresque sonore d\u2019une p\u00e9riode qui pr\u00e9c\u00e8de la reproduction m\u00e9canique du son en partant d\u2019archives \u00e9crites, \u00e0 l\u2019image des carnets de carrosses qui renseignent sur la largeur des rues \u2013 un \u00e9l\u00e9ment significatif pour se faire une id\u00e9e de l\u2019environnement sonore \u2013, ou d\u2019archives visuelles, comme un tableau. L\u2019histoire du son ne se fait donc pas forc\u00e9ment ou uniquement par le recours aux documents sonores. S\u2019ensuit un travail d\u2019orf\u00e8vrerie technique qui permet de faire \u00e9couter et de voir en 3D le r\u00e9sultat de ces r\u00e9flexions. Les voix n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 introduites dans cette visualisation multim\u00e9dia, faute d\u2019\u00e9l\u00e9ments suffisants pour reconstituer les dialogues.<\/p>\n<p>La <strong>troisi\u00e8me session<\/strong> s\u2019est concentr\u00e9e sur la question de la conservation des archives sonores et de leur utilisation pour la recherche historique. Sur ce dernier point, les responsables des archives invit\u00e9s \u00e0 parler partagent le m\u00eame constat. La num\u00e9risation a l\u2019avantage ind\u00e9niable d\u2019offrir un acc\u00e8s simplifi\u00e9 aux usagers en leur \u00e9vitant notamment de devoir se rendre dans l\u2019institution h\u00f4te, mais ceci repr\u00e9sente en contrepartie un d\u00e9savantage&nbsp;: il devient particuli\u00e8rement difficile de conna\u00eetre le profil des publics et les utilisations qui sont faites des documents sonores. Outre le fait qu\u2019ils ont profit\u00e9 de l\u2019auditoire largement compos\u00e9 d\u2019historiennes et d\u2019historiens pour pr\u00e9senter la richesse de leurs fonds sonores dans l\u2019optique d\u2019encourager de futures recherches, les intervenants de ce dernier volet ont point\u00e9 plusieurs autres difficult\u00e9s qui apparaissent en amont. <strong>PIO PELLIZZARI (Schweizerische Nationalphonothek, <\/strong><a href=\"https:\/\/www.fonoteca.ch\/ourOffer\/dbSimpleSearch_fr.htm\"><strong>fonoteca.ch<\/strong><\/a><strong>) <\/strong>a soulign\u00e9 deux \u00e9cueils qui se posent aux historiens souhaitant travailler sur des sources sonores. Premi\u00e8rement, beaucoup d\u2019entre eux ne savent pas encore comment s\u2019y prendre pour analyser ce type d\u2019archives. Ils ont alors tendance \u00e0 privil\u00e9gier les documents parl\u00e9s, pour lesquels ils sont davantage outill\u00e9s. Deuxi\u00e8mement, les m\u00e9tadonn\u00e9es permettant la contextualisation minimale n\u00e9cessaire pour les chercheurs font trop souvent d\u00e9faut. Le responsable de la phonoth\u00e8que nationale a insist\u00e9 \u00e9galement sur l\u2019importance de conserver les documents qui permettent de faire ce travail ou, du moins, de proposer une description des archives la plus compl\u00e8te possible.<strong> RUDOLF M\u00dcLLER (Memoriav, <\/strong><a href=\"https:\/\/www.memobase.ch\/fr\"><strong>memobase.ch<\/strong><\/a><strong>) <\/strong>a, quant \u00e0 lui, fait valoir la n\u00e9cessit\u00e9 de conserver les supports originaux des sources sonores apr\u00e8s le processus de num\u00e9risation, en tout cas aussi longtemps qu\u2019ils restent lisibles, pour permettre notamment une nouvelle num\u00e9risation dans le futur. En effet, les progr\u00e8s techniques dans ce domaine sont constants. Garder l\u2019original reste aussi le seul moyen de pouvoir certifier l\u2019authentification du document num\u00e9ris\u00e9. Conserver et restaurer des documents sonores n\u00e9cessitent un savoir-faire, des infrastructures particuli\u00e8res et des moyens non n\u00e9gligeables, comme l\u2019ont soulign\u00e9 <strong>MICH\u00c8LE HOU <\/strong>et <strong>ALEXANDRE GARCIA (Archives du CICR, <\/strong><a href=\"https:\/\/avarchives.icrc.org\/\"><strong>avarchives.icrc.org<\/strong><\/a><strong>)<\/strong>. L\u2019institution doit \u00eatre capable d\u2019agir dans l\u2019urgence pour parer \u00e0 l\u2019obsolescence et \u00e0 la d\u00e9gradation avanc\u00e9e de certains supports, sans pour autant n\u00e9gliger l\u2019important travail de description qui doit \u00eatre fait. Cette troisi\u00e8me session s\u2019est achev\u00e9e sur l\u2019intervention de <strong>JOHANNES M\u00dcSKE (Universit\u00e9 de Zurich, Deutsches Museum)<\/strong> qui est revenu, pour sa part, sur les apports et les d\u00e9fis que la \u00ab&nbsp;Sound History&nbsp;\u00bb soul\u00e8ve pour la recherche historique. Il a plaid\u00e9 pour une plus grande prise en compte des sources sonores par les historiens, un effort incontournable pour parfaire notre compr\u00e9hension de la vie quotidienne. N\u00e9anmoins, le chercheur qui souhaite travailler sur ce type de documents fait, selon lui, toujours face actuellement \u00e0 plusieurs difficult\u00e9s&nbsp;: un acc\u00e8s encore trop souvent difficile aux documents, d\u2019une part, et des archives qui restent malais\u00e9es \u00e0 manier en raison d\u2019une m\u00e9thodologie et d\u2019outils heuristiques qui doivent davantage \u00eatre affin\u00e9s, d\u2019autre part.<\/p>\n<p>Le colloque s\u2019est termin\u00e9 par <strong>une table ronde<\/strong> mod\u00e9r\u00e9e par <strong>MATTHIEU LEIMGRUBER (Universit\u00e9 de Zurich)<\/strong> qui a r\u00e9uni plusieurs intervenants de la journ\u00e9e (Jan-Friedrich Missfelder, Myl\u00e8ne Pardoen, Pio Pellizzari, Rudolf M\u00fcller), ainsi que <strong>HENRI CHAMOUX (ENS de Lyon, <\/strong><a href=\"https:\/\/www.phonobase.org\/\"><strong>phonobase.org<\/strong><\/a><strong>)<\/strong> et <strong>JOSEPHINE SIMONNOT<\/strong> <strong>(CNRS, responsable des archives sonores du Centre de Recherche en Ethnomusicologie (CREM))<\/strong>. Cette table ronde a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e autour de l\u2019\u00e9coute de plusieurs extraits sonores choisis et pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 tour de r\u00f4le par chacun des participants, puis comment\u00e9s par l\u2019ensemble. Cette discussion a illustr\u00e9 la diversit\u00e9 des archives sonores \u00e0 la disposition des chercheurs tant en termes de contenus (enregistrements destin\u00e9s ou pas \u00e0 la diffusion, enregistrements ethnographiques, radiophoniques, etc.) que de formats d\u2019enregistrement (cylindres, disques, bandes magn\u00e9tiques, etc.) et, par cons\u00e9quent, la multiplicit\u00e9 des approches possibles offerte par ces documents.<\/p>\n<p>M\u00eame si l\u2019histoire sonore n\u2019est en rien nouvelle et que des travaux majeurs ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s d\u00e8s les ann\u00e9es 2000 \u00e0 l\u2019image de ceux de Jonathan Sterne<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>, une certaine frilosit\u00e9 est encore palpable du c\u00f4t\u00e9 des historiens. Dans ce contexte, l\u2019organisation d\u2019une telle journ\u00e9e cherchant \u00e0 leur donner le go\u00fbt du son et des documents sonores prend tout son sens. La pr\u00e9servation et l\u2019acc\u00e8s aux archives sonores se sont nettement am\u00e9lior\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es, principalement, dans le cas suisse, gr\u00e2ce au travail de sensibilisation et au soutien concret apport\u00e9 depuis 1995 par Memoriav (Association pour la sauvegarde du patrimoine audiovisuel suisse). De nouveaux projets de recherche ont pu ainsi voir le jour, comme celui conduit par Serge Rossier sur le patrimoine sonore fribourgeois, ainsi que des enseignements, comme dans le cadre du p\u00f4le de recherche sur l\u2019Histoire audiovisuelle du contemporain \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne. Une des voies \u00e0 suivre est sans doute celle des croisements disciplinaires, comme on a pu le voir ces derni\u00e8res ann\u00e9es avec l\u2019histoire du cin\u00e9ma, les Volkskunde, la musicologie ou l\u2019anthropologie culturelle<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>.<\/p>\n<p><strong>&nbsp;<\/strong><\/p>\n<p><strong>PROGRAMME DU COLLOQUE<\/strong><\/p>\n<p>8h45 &nbsp;&nbsp; Accueil<\/p>\n<p>9h15 &nbsp;&nbsp; Mot de bienvenue \u2013 <u>Matthieu Leimgruber<\/u> (Universit\u00e4t Z\u00fcrich), <u>Enrico Natale<\/u> et <u>Eliane Kurmann<\/u> (infoclio.ch)<\/p>\n<p><strong>Session 1&nbsp;: Sound History<\/strong><\/p>\n<p>9h30 &nbsp;&nbsp; <u>Jan-Friedrich Missfelder<\/u> (Universit\u00e4t Z\u00fcrich) \u2013 Wie es eigentlich geklungen? Gegenstand und Methode der Sound History<\/p>\n<p>10h00 <u> Marianne Sommer<\/u> (Universit\u00e4t Luzern) \u2013 Mit Tierstimmen gegen Bombenl\u00e4rm&nbsp;: Julian Huxley und das akustische Welterbe<\/p>\n<p>10h30 <u>Daniel Morat<\/u> (Freie Universit\u00e4t Berlin) \u2013 Der Klang der neuen Zeit. Zum auditiven und urbanen Erfahrungswandel in der langen Jahrhundertwende 1880-1930<\/p>\n<p>11h00 <em>Pause caf\u00e9<\/em><em>&nbsp;<\/em><\/p>\n<p><strong>Session 2&nbsp;: Son et m\u00e9dias num\u00e9riques<\/strong><\/p>\n<p>11h20 <u>Claude Zurcher<\/u> (Archives RTS \/ notreHistoire.ch) \u2013 Une approche participative pour les archives sonores<\/p>\n<p>11h35 <u>Vincent Meelberg<\/u> (Radboud University Nijmegen \/ Journal of Sonic Studies) \u2013 Talking about Sound Is Like Dancing About Architecture, But Is That Really a Bad Thing?<\/p>\n<p>11h50 <u>Stefan L\u00e4nzlinger<\/u> (Schweizerisches Sozialarchiv \/ Datenbank Bild + Ton) \u2013 Is there anybody out there? \u2013 Der Ton im Archiv und seine Nutzung<\/p>\n<p>12h05 <u>Myl\u00e8ne Pardoen<\/u> (Universit\u00e9 de Lyon \/ Projet Bretez) \u2013 A l\u2019\u00e9coute de l\u2019Histoire<\/p>\n<p>12h20 <em>Repas de midi<\/em><\/p>\n<p><strong>Session 3&nbsp;: Documents sonores&nbsp;: conservation, description et recherche<\/strong><\/p>\n<p>13h30 <u>Pio Pellizzari<\/u> (Schweizerische Nationalphonothek) \u2013 Tondokumente in der und f\u00fcr die Geschichtsforschung<\/p>\n<p>14h00 <u>Rudolf M\u00fcller<\/u> (Memoriav) \u2013 Erhalt und Restaurierung, Erschliessung und Vermittlung von Tondokumenten<\/p>\n<p>14h30 <u>Mich\u00e8le Hou<\/u> et <u>Alexandre Garcia<\/u> (Archives du CICR) \u2013 Des ondes radio aux signaux num\u00e9riques&nbsp;: le chemin des archives sonores du CICR<\/p>\n<p>15h00 <u>Johannes M\u00fcske<\/u> (Universit\u00e4t Z\u00fcrich, Deutsches Museum) \u2013 Wie finde und wof\u00fcr nutze ich Tondokumente? Herausforderungen klangarchivalischen Forschens<\/p>\n<p>15h30 <em>Pause caf\u00e9<\/em><em>&nbsp;<\/em><\/p>\n<p><strong>Table ronde&nbsp;: Les objets sonores comme sources historiques<\/strong><\/p>\n<p>15h45 Discussion conclusive&nbsp;: <u>Henri Chamoux<\/u>, <u>Jan-Friedrich Missfelder<\/u>, <u>Rudolf M\u00fcller<\/u>, <u>Myl\u00e8ne Pardoen<\/u>, <u>Pio Pellizzari<\/u> et <u>Josephine Simonnot<\/u>, mod\u00e9r\u00e9e par <u>Matthieu Leimgruber<\/u><\/p>\n<p>16h40 <em>Fin du colloque<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Schafer R. Murray, <em>The Soundscape. Our Sonic Environment and the Tuning of the World<\/em>, Rochester&nbsp;: Destiny Books, 1994 (1977).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Bijsterveld Karin, <em>Mechanical Sound. Technology, Culture, and Public Problems of Noise in the Twentieth Century<\/em>, Cambridge&nbsp;: The MIT press, 2008.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Feld Steven, <em>Sound and Sentiment. Birds, Weeping, Poetics, and Song in Kaluli <\/em><em>Expression<\/em>, Philadelphia&nbsp;: University of Pennsylvania Press, 1982.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Farge Arlette, <em>Essai pour une histoire des voix au dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle<\/em>, Montrouge : Bayard, 2009.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Sterne Jonathan, <em>The Audible Past&nbsp;: Cultural Origins of Sound Reproduction<\/em>, Durham&nbsp;: Duke University Press, 2003.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Boillat Alain, <em>Du bonimenteur \u00e0 la voix-over : voix-attraction et voix-narration au cin\u00e9ma<\/em>, Lausanne : Antipodes, 2007&nbsp;; Forschungsgruppe \u00ab Broadcasting Swissness \u00bb (Hg.), <em>Die Schweiz auf Kurzwelle. <\/em><em>Musik \u2013 Programm \u2013 Geschichte(n)<\/em>, Zurich : Chronos Verlag, 2016.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Compte-rendu par Rapha\u00eblle Ruppen Coutaz, Universit\u00e9 de Lausanne (raphaelle.ruppencoutaz@unil.ch) Poursuivant sur la lanc\u00e9e de son dernier colloque annuel, le portail professionnel des sciences historiques en Suisse, infoclio.ch, continue \u00e0 offrir &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1001537,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[81,69],"tags":[],"class_list":["post-1055","post","type-post","status-publish","format-standard","category-billets","category-echos-de-la-recherche"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1055","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001537"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1055"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1055\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1055"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1055"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1055"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}