{"id":1043,"date":"2018-01-26T11:06:30","date_gmt":"2018-01-26T10:06:30","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/metis\/?p=1043"},"modified":"2022-01-17T00:32:52","modified_gmt":"2022-01-16T23:32:52","slug":"usages-de-la-collection-editoriale-circulation-materialite-et-formes-de-reception-europe-ameriques-xixe-xxie-siecles-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/2018\/01\/usages-de-la-collection-editoriale-circulation-materialite-et-formes-de-reception-europe-ameriques-xixe-xxie-siecles-2\/","title":{"rendered":"Usages de la collection \u00e9ditoriale : circulation, mat\u00e9rialit\u00e9 et formes de r\u00e9ception (Europe-Am\u00e9riques, XIXe \u2013 XXIe si\u00e8cles)"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/files\/2018\/01\/Usage-de-la-collection-edit.jpg\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1681\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/files\/2018\/01\/Usage-de-la-collection-edit-212x300.jpg\" alt=\"\" width=\"212\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/files\/2018\/01\/Usage-de-la-collection-edit-212x300.jpg 212w, https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/files\/2018\/01\/Usage-de-la-collection-edit-155x220.jpg 155w, https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/files\/2018\/01\/Usage-de-la-collection-edit.jpg 595w\" sizes=\"auto, (max-width: 212px) 100vw, 212px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em><strong>Compte rendu du colloque organis\u00e9 par Miriam Nicoli, Fr<\/strong><\/em><em><strong>an\u00e7ois\u00a0<\/strong><\/em><em><strong>Vallotton, Christine Rivalan Gu\u00e9go et Patricia Sorel<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>Par Selina Follonier<\/strong><\/em><\/p>\n<p>L\u2019histoire du livre et de l\u2019\u00e9dition a vu s\u2019affirmer, depuis le tournant du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, un nouvel objet d\u2019\u00e9tude\u00a0: la collection \u00e9ditoriale. Cette \u00e9volution a \u00e9t\u00e9 jalonn\u00e9e par des publications comme celle de la th\u00e8se d\u2019Isabelle Olivero sur <em>L\u2019Invention de la collection<\/em> (1999) ou, plus r\u00e9cemment, par la mise sur pied du projet de recherche <em>La collection \u00e9ditoriale Europe-Am\u00e9riques (XVIII<sup>e<\/sup> \u2013 XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cles)<\/em> par Christine Rivalan Gu\u00e9go, qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 la parution d\u2019un ouvrage collectif<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> issu d\u2019un colloque tenu en 2012 \u00e0 Rennes. C\u2019est dans le prolongement de ce dernier que s\u2019est inscrite la rencontre internationale consacr\u00e9e aux \u00ab\u00a0Usages de la collection \u00e9ditoriale\u00a0\u00bb, organis\u00e9e \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne les 17 et 18 novembre 2017. <!--more-->R\u00e9unissant une vingtaine de chercheurs europ\u00e9ens et am\u00e9ricains, la manifestation visait \u00e0 faire avancer la r\u00e9flexion autour du paradigme \u00e9ditorial de la collection selon une approche comparatiste et transversale, qui s\u2019int\u00e9ressait en particulier aux \u00e9changes entre l\u2019Europe et les Am\u00e9riques au cours des XIX<sup>e<\/sup> \u2013 XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cles. Structur\u00e9 autour de trois axes majeurs \u2013 la circulation transnationale des savoirs, la mat\u00e9rialit\u00e9 de la collection et le r\u00f4le de cette derni\u00e8re dans les politiques \u00e9ditoriales \u2013, le colloque a permis de mettre en lumi\u00e8re une multitude d\u2019enjeux dont nous tenterons ici de rendre bri\u00e8vement compte.<\/p>\n<p>Les analyses comparatives de diff\u00e9rentes collections populaires ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la nature complexe des processus de transferts culturels ainsi que la conjonction entre des ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019hybridation culturelle et d\u2019affirmation d\u2019identit\u00e9s nationales. Anthony Glinoer et Jos\u00e9e Vincent (Universit\u00e9 de Sherbrooke) ont d\u00e9montr\u00e9 comment se d\u00e9veloppent au Qu\u00e9bec, dans le sillage d\u2019une Seconde Guerre mondiale qui engendre des conditions favorables \u00e0 l\u2019autonomisation du march\u00e9 \u00e9ditorial local, des entreprises de r\u00e9\u00e9dition d\u2019\u0153uvres classiques. Majoritairement orient\u00e9 vers des mod\u00e8les parisiens, ce secteur voit \u00e9galement appara\u00eetre des initiatives davantage tourn\u00e9es vers l\u2019Am\u00e9rique du Nord, telle que la \u00ab\u00a0Biblioth\u00e8que des grands auteurs\u00a0\u00bb de Louis-Alexandre B\u00e9lisle, qui consiste en une adaptation des \u00ab\u00a0Great Books of the Western World\u00a0\u00bb de Mortimer Adler. Cette dualit\u00e9 d\u2019influences refl\u00e8te l\u2019image d\u2019un pays situ\u00e9 au carrefour des champs culturels fran\u00e7ais et anglo-am\u00e9ricain. En examinant le parall\u00e8le qui se dessine entre la <em>Nouvelle Biblioth\u00e8que Populaire<\/em> (1887-1910) d\u2019Henri Gautier et la <em>Biblioteca popular<\/em> (1893-1910) de Jorge Roa, Juan David Murillo Sandoval (Universit\u00e9 pontificale catholique du Chili) a mis en \u00e9vidence les modalit\u00e9s du transfert d\u2019une formule \u00e9ditoriale de la France vers la Colombie. Ce transfert, qui s\u2019op\u00e8re \u00e0 la fois au niveau des donn\u00e9es mat\u00e9rielles (format, couverture, \u00e9l\u00e9ments iconographiques), du mode de diffusion et des contenus litt\u00e9raires, va de pair avec la cr\u00e9ation d\u2019une tribune d\u2019expression pour les \u00e9crivains indig\u00e8nes. Devenant un lieu privil\u00e9gi\u00e9 de la construction performative du pass\u00e9 national, la <em>Biblioteca popular<\/em> illustre comment s\u2019\u00e9labore, \u00e0 partir d\u2019une matrice import\u00e9e, un instrument d\u2019affirmation identitaire. Le r\u00f4le des collections dans la formation d\u2019une conscience nationale a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9 par Andrea De Pasquale (Biblioth\u00e8que nationale centrale de Rome), \u00e0 l\u2019exemple de la <em>Biblioteca popolare<\/em> de l\u2019\u00e9diteur pi\u00e9montais Giuseppe Pomba. Participant d\u2019une volont\u00e9 de diffusion du patrimoine litt\u00e9raire italien parmi l\u2019ensemble de la population, cette entreprise ambitieuse se distingue par son recours \u00e0 un syst\u00e8me de distribution innovant (envoi des volumes par la poste) et s\u2019appuie sur de nouvelles techniques d\u2019impression import\u00e9es depuis l\u2019\u00e9tranger, qui permettent de baisser les co\u00fbts de fabrication et d\u2019augmenter le volume de production. C\u2019est en vertu de ces caract\u00e9ristiques que l\u2019on peut situer le projet de Giuseppe Pomba \u00e0 l\u2019origine de la collection moderne en Italie.<\/p>\n<p>\u00c0 travers leurs communications portant respectivement sur la <em>Biblioth\u00e8que scientifique internationale<\/em> (1872-1891) et sur les collections d\u2019ouvrages savants en Espagne et en France, Elisa Marazzi (Universit\u00e9 de Milan) et Catherine Sablonni\u00e8re (Universit\u00e9 Rennes 2) ont interrog\u00e9 la dimension transnationale de la vulgarisation scientifique au tournant du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Le r\u00f4le de la collection dans la diffusion transfrontali\u00e8re des savoirs et dans la structuration des disciplines a ainsi \u00e9t\u00e9 th\u00e9matis\u00e9, de m\u00eame que les modes d\u2019appropriation de connaissances import\u00e9es. Dans le contexte de ces processus de circulation, la figure du traducteur s\u2019av\u00e8re cruciale\u00a0: fr\u00e9quemment dot\u00e9 de qualifications scientifiques et d\u2019un ancrage institutionnel prestigieux, cet agent est appel\u00e9 \u00e0 cautionner la fiabilit\u00e9 du contenu des ouvrages et apporte, lorsque son nom b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une reconnaissance aupr\u00e8s du public indig\u00e8ne, un gage suppl\u00e9mentaire de l\u00e9gitimit\u00e9 que l\u2019\u00e9diteur peut faire valoir comme argument commercial. La question de la l\u00e9gitimation des publications savantes a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 abord\u00e9e par Nicolas Gex (Universit\u00e9 de Lausanne) qui s\u2019est int\u00e9ress\u00e9 aux <em>Entretiens sur l\u2019Antiquit\u00e9 classique<\/em> (1952) de la Fondation Hardt. Con\u00e7us comme des actes des conf\u00e9rences annuelles organis\u00e9es par l\u2019institution \u00e0 laquelle ils sont rattach\u00e9s, ces derniers reposent sur une formule originale qui inclut la transcription des discussions ayant suivi les expos\u00e9s des diff\u00e9rents participants des manifestations. Les <em>Entretiens<\/em> se caract\u00e9risent en outre par leur plurilinguisme et par leur recours \u00e0 un appareil paratextuel conforme aux codifications g\u00e9n\u00e9riques des publications savantes (index, notes de bas de page&#8230;) \u2013 des param\u00e8tres qui t\u00e9moignent d\u2019un d\u00e9sir d\u2019assurer leur inscription dans le champ scientifique et d\u2019\u00e9tablir des conditions favorables \u00e0 leur diffusion au niveau international.<\/p>\n<p>Tributaire de normes et de logiques institutionnelles, le format des collections se pr\u00e9sente encore comme un reflet des transformations soci\u00e9tales et de l\u2019\u00e9volution des attentes du lectorat. Christine Rivalan Gu\u00e9go (Universit\u00e9 Rennes 2) propose d\u2019appr\u00e9hender l\u2019extension du ph\u00e9nom\u00e8ne de la collection au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle comme une r\u00e9ponse aux nouveaux d\u00e9fis qu\u2019affronte alors le monde de l\u2019\u00e9dition, \u00e0 savoir l\u2019accroissement du nombre des lecteurs, la mutation des pratiques de lecture et le rapport modifi\u00e9 du public \u00e0 l\u2019\u00e9crit et au livre. En sa qualit\u00e9 d\u2019instrument apte \u00e0 ordonner l\u2019offre de lecture et de matrice de fabrication de produits homog\u00e8nes et calibr\u00e9s, la collection appara\u00eet comme un dispositif id\u00e9al en vue d\u2019une diffusion de l\u2019\u00e9crit \u00e0 grande \u00e9chelle. Des publications s\u00e9rielles comme celles de la maison Nelson, constitu\u00e9es de volumes de petit format vendus \u00e0 des prix modiques, pr\u00e9figurent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 cette \u00e9poque l\u2019av\u00e8nement du livre de poche, qui marquera le passage \u00e0 une civilisation de consommation de masse.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude des collections de documents historiques publi\u00e9es par la Soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019histoire de France d\u00e8s les ann\u00e9es 1830 a permis \u00e0 Bertrand M\u00fcller (CNRS) de sonder les enjeux d\u2019une vaste op\u00e9ration patrimoniale n\u00e9e de la pr\u00e9occupation de sauvegarder les traces du pass\u00e9, de collecter des sources in\u00e9dites et mettre ces derni\u00e8res \u00e0 la disposition des citoyens. B\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019un soutien institutionnel et gouvernemental, cette entreprise \u00e9ditoriale, contemporaine du mouvement de nationalisation des archives, illustre de nouveaux modes d\u2019organisation et d\u2019administration de la m\u00e9moire collective. Son exemple atteste de la mise en place, au d\u00e9but du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, d\u2019un nouveau r\u00e9gime documentaire ainsi que d\u2019un renouveau de la discipline historiographique. Les publications de la Soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019histoire de France trouvent leur pendant, une centaine d\u2019ann\u00e9es plus tard, dans les collections de documents politiques, qui, selon l\u2019expression de Julien Hage (Universit\u00e9 Paris Nanterre), comptent parmi \u00ab\u00a0les plus oubli\u00e9s des dispositifs \u00e9ditoriaux modernes\u00a0\u00bb. Particuli\u00e8rement pris\u00e9es durant les ann\u00e9es de la guerre froide, celles-ci rassemblent divers genres textuels allant de l\u2019autobiographie jusqu\u2019aux r\u00e9cits d\u2019intervention. Objets instables situ\u00e9s \u00e0 la lisi\u00e8re entre le t\u00e9moignage, le reportage journalistique et le manifeste, elles se voient fa\u00e7onn\u00e9es par leurs contextes de publication et par des pr\u00e9sentations paratextuelles qui conditionnent leur r\u00e9ception en leur assignant une signification pr\u00e9cise. Le fait que de nombreux t\u00e9moignages aient \u00e9t\u00e9 retouch\u00e9s de la main d\u2019\u00e9crivains d\u00e9voile par ailleurs les rouages d\u2019une fabrique de documents politiques qui implique un v\u00e9ritable travail de litt\u00e9rarisation.<\/p>\n<p>Consid\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019aune des rapports de pouvoir qui structurent le march\u00e9 litt\u00e9raire, les collections rev\u00eatent \u00e9galement une fonction cl\u00e9 dans les strat\u00e9gies \u00e9ditoriales, comme l\u2019ont d\u00e9montr\u00e9 Mathilde Matras (Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve) et St\u00e9fanie Br\u00e4ndly (Universit\u00e9 de Lausanne) \u00e0 l\u2019exemple de deux enseignes suisses romandes. En s\u2019int\u00e9ressant respectivement aux \u00ab\u00a0Classiques slaves\u00a0\u00bb des \u00e9ditions de L\u2019\u00c2ge d\u2019Homme et aux \u00ab\u00a0\u00c9crits d\u2019ailleurs\u00a0\u00bb des \u00e9ditions Zo\u00e9, qui proposent des traductions de litt\u00e9ratures de l\u2019Est et de litt\u00e9ratures africaines non francophones, les conf\u00e9renci\u00e8res ont questionn\u00e9 la mani\u00e8re dont la gen\u00e8se de ces collections traduit la position pr\u00e9caire des deux maisons d\u2019\u00e9dition face aux grandes marques parisiennes. L\u2019examen de la correspondance, des carnets de notes et des d\u00e9clarations publiques des \u00e9diteurs suisses r\u00e9v\u00e8le les motivations complexes et parfois contradictoires qui sous-tendent leurs projets\u00a0: le choix d\u2019investir un cr\u00e9neau \u00e9ditorial demeur\u00e9 vacant appara\u00eet tant\u00f4t comme l\u2019expression d\u2019une posture de retrait \u00e0 l\u2019\u00e9gard du march\u00e9 central, tant\u00f4t comme le signe d\u2019une volont\u00e9 de s\u2019imposer sur ce m\u00eame march\u00e9 en se d\u00e9marquant par des offres novatrices. Cette dialectique entre strat\u00e9gie concurrentielle et souci de compl\u00e9mentarit\u00e9 contribue \u00e0 la constante ren\u00e9gociation de la r\u00e9partition des corpus de litt\u00e9ratures \u00e9trang\u00e8res dans le paysage \u00e9ditorial francophone.<\/p>\n<p>En ce qui concerne le domaine hispanique, Mar\u00eda Jos\u00e9 Ramos de Hoyos (Institut national d\u2019anthropologie et d\u2019histoire du Mexique) a \u00e9tudi\u00e9 le volet litt\u00e9raire du catalogue de la maison d\u2019\u00e9dition Joaquin Moritz qui compte, au milieu du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, parmi les plus importantes enseignes du Mexique. La soci\u00e9t\u00e9 conclut \u00e0 cette \u00e9poque un partenariat avec la maison Seix Barral de Barcelone, partenariat qui d\u00e9bouche sur la cr\u00e9ation d\u2019une collection commune\u00a0intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Nueva Narrativa Hisp\u00e1nica\u00a0\u00bb. Cette entreprise bilat\u00e9rale, promise \u00e0 un grand succ\u00e8s, favorise la circulation transatlantique d\u2019\u0153uvres hispanophones tout en permettant \u00e0 l\u2019\u00e9diteur espagnol de contourner la censure franquiste. Les collections litt\u00e9raires de Joaquin Moritz s\u2019illustrent en outre par des innovations formelles et typographiques, observables en particulier dans le cas des ouvrages po\u00e9tiques. L\u2019analyse de cet aspect mat\u00e9riel invite \u00e0 consid\u00e9rer de plus pr\u00e8s la personne du maquettiste, un acteur qui joue un r\u00f4le d\u00e9terminant aussi bien au niveau de la conception de l\u2019objet livre qu\u2019\u00e0 celui de l\u2019\u00e9laboration de l\u2019identit\u00e9 graphique d\u2019une marque \u00e9ditoriale. L\u2019\u00e9l\u00e9ment visuel s\u2019est \u00e9galement trouv\u00e9 au c\u0153ur de la communication de David Martens (Universit\u00e9 catholique de Louvain) et de Mathilde Labb\u00e9 (Universit\u00e9 de Nantes), qui portait sur des collections de monographies illustr\u00e9es d\u00e9di\u00e9es aux \u00e9crivains. \u00c0 partir de l\u2019exemple des \u00ab\u00a0\u00c9crivains de toujours\u00a0\u00bb (1951-1981, 1994-2000) et des \u00ab\u00a0Contemporains\u00a0\u00bb (1988-2002) publi\u00e9s aux \u00e9ditions du Seuil, ces chercheurs ont relev\u00e9 les transformations conjointes de la repr\u00e9sentation iconographique des auteurs et du discours critique. L\u2019abandon progressif des formules traditionnelles qui, en mettant \u00e0 l\u2019honneur les portraits d\u2019auteurs et les photographies de famille, paraissent embl\u00e9matiques d\u2019une critique de type biographique, et l\u2019apparition de nouvelles configurations dans lesquelles l\u2019\u00e9crivain brille souvent par son absence, co\u00efncide avec la rupture th\u00e9orique induite par l\u2019essor de la pens\u00e9e poststructuraliste et la proclamation de la \u00ab\u00a0mort de l\u2019auteur\u00a0\u00bb par Roland Barthes.<\/p>\n<p>Renouvellement, m\u00e9tamorphose, innovation \u2013 autant de notions qui ont f\u00e9d\u00e9r\u00e9 les interventions du colloque de Lausanne. En analysant diff\u00e9rentes manifestations du paradigme de la\u00a0collection au gr\u00e9 des mutations culturelles, avanc\u00e9es technologiques et \u00e9volutions des contextes politiques, ces derni\u00e8res ont retrac\u00e9 les apparences changeantes d\u2019un dispositif \u00e9ditorial qui aura fait ses preuves en tant qu\u2019outil de structuration des savoirs, op\u00e9rateur de patrimonialisation et instrument de fid\u00e9lisation des lectorats. Reste la probl\u00e9matique du devenir de la collection \u00e0 l\u2019\u00e8re du num\u00e9rique. Bien qu\u2019aucune communication n\u2019y ait \u00e9t\u00e9 sp\u00e9cifiquement consacr\u00e9e, les interrogations relatives \u00e0 ce sujet n\u2019ont cess\u00e9 de r\u00e9appara\u00eetre au fil des discussions. Quelle sera la place d\u00e9volue \u00e0 ce m\u00e9dium dans le paysage \u00e9ditorial de l\u2019avenir et quelles sont ses nouvelles d\u00e9clinaisons \u00e0 l\u2019heure de la d\u00e9mat\u00e9rialisation du livre\u00a0? Ces questions ouvrent de nouvelles pistes de r\u00e9flexion en vue de futures rencontres dont le discours de cl\u00f4ture du colloque de Lausanne a d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9 la perspective.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Voir Christine Rivalan Gu\u00e9go et Miriam Nicoli (dir.), <em>La Collection\u00a0: essor et affirmation d\u2019un objet \u00e9ditorial<\/em>, Rennes, Presses universitaires de Rennes, \u00ab\u00a0Interf\u00e9rences\u00a0\u00bb, 2014.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Compte rendu du colloque organis\u00e9 par Miriam Nicoli, Fran\u00e7ois\u00a0Vallotton, Christine Rivalan Gu\u00e9go et Patricia Sorel Par Selina Follonier L\u2019histoire du livre et de l\u2019\u00e9dition a vu s\u2019affirmer, depuis le tournant &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":1001537,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[81,69],"tags":[32,47],"class_list":["post-1043","post","type-post","status-publish","format-standard","category-billets","category-echos-de-la-recherche","tag-edition","tag-litterature"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1043","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001537"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1043"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1043\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1043"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1043"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/metis\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1043"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}