{"id":605,"date":"2018-05-24T18:27:08","date_gmt":"2018-05-24T16:27:08","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/lescahiersiltp\/?p=605"},"modified":"2020-01-15T07:19:45","modified_gmt":"2020-01-15T06:19:45","slug":"g-lasserre-une-vision-globale-de-la-ritualite-eclairee-par-les-sciences-humaines-2018","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/lescahiersiltp\/2018\/05\/g-lasserre-une-vision-globale-de-la-ritualite-eclairee-par-les-sciences-humaines-2018\/","title":{"rendered":"G. Lasserre &#8211; Une vision globale de la ritualit\u00e9 \u00e9clair\u00e9e par les sciences humaines &#8211; 2018"},"content":{"rendered":"<p>Pour citer cet article\u00a0: Lasserre, G. (2018). \u00ab?Une vision globale de la ritualit\u00e9 \u00e9clair\u00e9e par les sciences humaines. Quelques pistes de travail pour la r\u00e9flexion sur les rites en \u00c9glise et leur pratique?\u00bb, <em>Les Cahiers de l\u2019ILTP<\/em>, mis en ligne en mai 2018\u00a0: 8 pages. Disponible en libre acc\u00e8s \u00e0 l\u2019adresse\u00a0: <span id=\"sample-permalink\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/lescahiersiltp\/2018\/05\/g-lasserre-une-vision-globale-de-la-ritualite-eclairee-par-les-sciences-humaines-2018\/\">https:\/\/wp.unil.ch\/lescahiersiltp\/2018\/05\/<span id=\"editable-post-name\">g-lasserre-une-v\u2026es-humaines-2018<\/span>\/<\/a><\/span> \u200e<span id=\"edit-slug-buttons\"><\/span><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/lescahiersiltp\/files\/2018\/05\/CahiersILTP_LASSERRE_PrecherCelebrer_PP_052018.pdf\">T\u00e9l\u00e9charger l&rsquo;article au format &lt;pdf&gt;<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>Guy Lasserre<\/strong><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><strong>[1]<\/strong><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La pratique de rites appartient \u00e0 toute vie d\u2019\u00c9glise et les ministres en sont souvent les conducteurs. Les rites traditionnels \u00e9voluent et de nouvelles situations ou de nouvelles demandes suscitent la mise en \u0153uvre de rites nouveaux. Pour \u00e9clairer la r\u00e9flexion et aider \u00e0 l\u2019\u00e9change sur les pratiques, je vous propose d\u2019abord une d\u00e9finition de la ritualit\u00e9 \u00e0 partir des travaux de Houseman, suivie de l\u2019indication des fonctions des rites. Je pr\u00e9senterai ensuite quelques implications pour la r\u00e9flexion et la pratique dans le cadre de l\u2019\u00c9glise.<\/p>\n<p>Mes propos se fondent sur les apports de notre premi\u00e8re journ\u00e9e et sur les documents re\u00e7us (voir les r\u00e9f\u00e9rences en fin d\u2019article). Ils ne cherchent pas l\u2019exhaustivit\u00e9. J\u2019ai gard\u00e9 ce qui me semblait le plus important et le plus utile. Pour all\u00e9ger la pr\u00e9sentation, les renvois aux expos\u00e9s de la premi\u00e8re journ\u00e9e ne sont pas indiqu\u00e9s.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<h2>1.\u00a0\u00a0\u00a0 D\u00e9finition et fonctions de la ritualit\u00e9<\/h2>\n<h3>1.1.\u00a0 D\u00e9finition<\/h3>\n<p>Le rite est un mode d\u2019interaction collectif qui doit transformer la disposition int\u00e9rieure des participants. Ce mode d\u2019interaction comprend une dimension symbolique, s\u2019appuie sur une tradition, met en \u0153uvre un dispositif de croyances ou une cosmologie. C\u2019est une forme de communication performative et multisensorielle.<\/p>\n<p>Houseman distingue quatre modes d\u2019interaction dans lesquels les liens entre disposition et action sont v\u00e9cus diff\u00e9remment, comme le montre le sch\u00e9ma (tir\u00e9 de la pr\u00e9sentation d\u2019Emmanuel Thibault, p.\u00a09).<\/p>\n<p><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-606 aligncenter\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/lescahiersiltp\/files\/2018\/05\/GuyLasserre-sch\u00e9ma-300x130.png\" alt=\"\" width=\"501\" height=\"217\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/lescahiersiltp\/files\/2018\/05\/GuyLasserre-sch\u00e9ma-300x130.png 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/lescahiersiltp\/files\/2018\/05\/GuyLasserre-sch\u00e9ma-600x261.png 600w, https:\/\/wp.unil.ch\/lescahiersiltp\/files\/2018\/05\/GuyLasserre-sch\u00e9ma.png 674w\" sizes=\"auto, (max-width: 501px) 100vw, 501px\" \/><\/p>\n<p>Ordinairement, j\u2019agis en fonction de mes dispositions int\u00e9rieures, mes intentions, mes \u00e9tats int\u00e9rieurs par exemple. Dans le rite, je participe \u00e0 une action qui me change int\u00e9rieurement. Je vais au culte pour que le culte me transforme ou me fasse du bien sans que je sache d\u2019avance pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui adviendra. Dans les deux autres modes, le lien de causalit\u00e9 entre disposition et action est rompu. Dans le jeu, car je ne dois pas laisser voir mes dispositions int\u00e9rieures et dans le spectacle, car le r\u00f4le jou\u00e9 n\u2019entra\u00eene pas, en principe, une disposition int\u00e9rieure. Le com\u00e9dien joue un r\u00f4le auquel il ne s\u2019identifie pas.<\/p>\n<p>Pour que l\u2019action modifie la disposition int\u00e9rieure du participant, certaines conditions doivent \u00eatre remplies, certaines composantes du rite doivent \u00eatre pr\u00e9sentes\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Le rite a une dimension symbolique. Il met en \u0153uvre des symboles, l\u2019eau, la lumi\u00e8re, le pain\u2026 et des gestes symboliques, se lever, s\u2019agenouiller, marcher, manger\u2026 qui touchent les sens et suscitent la capacit\u00e9 d\u2019\u00e9vocation des participants. Ces symboles ouvrent une polys\u00e9mie caract\u00e9ristique des rites. Ils sont souvent ambigus, parfois porteurs de vie ou de mort, comme l\u2019eau dans le bapt\u00eame.<\/li>\n<li>Le rite s\u2019appuie sur une tradition et une culture. La compr\u00e9hension des symboles et de l\u2019action demande la connaissance, au moins partielle, d\u2019une culture ou d\u2019une histoire. La r\u00e9p\u00e9tition du rite permet que cette compr\u00e9hension s\u2019approfondisse et \u00e9volue.<\/li>\n<li>Le rite met en \u0153uvre un dispositif de croyances ou une cosmologie. Il se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 une pratique ancr\u00e9e dans des croyances et dans une vision du monde. Le rite s\u2019y r\u00e9f\u00e8re et il en rend participant. Il fait entrer le participant dans la communaut\u00e9 c\u00e9l\u00e9brante et croyante.<\/li>\n<li>Le rite a une dimension collective. Il se vit en principe avec d\u2019autres et renvoie \u00e0 une pratique plus large. M\u00eame dans un bapt\u00eame o\u00f9 le c\u00e9l\u00e9brant et le participant ne seraient que deux, le rite relierait \u00e0 d\u2019autres dans le pass\u00e9 et dans d\u2019autres lieux. Souvent, il y a plusieurs participants et parfois des t\u00e9moins dont le r\u00f4le est important.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le mode d\u2019interaction rituel peut \u00eatre compar\u00e9 \u00e0 une forme de communication avec son langage propre, \u00e0 la fois verbal, gestuel et symbolique. Il est un langage performatif puisque sa particularit\u00e9 est de transformer la disposition des acteurs et il est multisensoriel gr\u00e2ce aux actions qu\u2019il ordonne et aux symboles qu\u2019il met en \u0153uvre.<\/p>\n<h3>1.2. Fonctions<\/h3>\n<p>La participation \u00e0 un rituel a diverses fonctions d\u2019importance variable selon les rites.<\/p>\n<ul>\n<li>La participation cr\u00e9e une appartenance ou la renforce. Elle ins\u00e8re dans un groupe et dans une histoire. Elle relie \u00e0 d\u2019autres qui ont v\u00e9cu le m\u00eame rite, dans le m\u00eame lieu et le m\u00eame temps ou dans d\u2019autres lieux et dans d\u2019autres temps. Le rite contribue ainsi \u00e0 la d\u00e9termination d\u2019une identit\u00e9.<\/li>\n<li>Le rite int\u00e8gre une transcendance ou un au-del\u00e0 du pr\u00e9sent dans le pr\u00e9sent. Par sa dimension symbolique et ses r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 une tradition, il s\u2019y joue quelque chose qui d\u00e9passe l\u2019instant et relie \u00e0 ce qui fonde le groupe ou la tradition qui s\u2019exprime dans la c\u00e9l\u00e9bration.<\/li>\n<li>Le rite donne sens aux \u00e9v\u00e9nements. Sa dimension symbolique et ses r\u00e9f\u00e9rences au pass\u00e9 et \u00e0 la transcendance contribuent \u00e0 transformer le regard sur le quotidien. Ce sens n\u2019est pas univoque pour tous. Le rite permet de se retrouver dans une orthopraxie sans exiger une orthodoxie. Des participants \u00e0 une m\u00eame c\u00e9l\u00e9bration de la c\u00e8ne peuvent donner des sens diff\u00e9rents \u00e0 ce qu\u2019ils vivent ensemble. Quand le rite se fait pour une occasion particuli\u00e8re telle une naissance, un deuil, un changement de position sociale, il \u00e9claire l\u2019\u00e9v\u00e9nement \u00e0 la lumi\u00e8re de la tradition ou de la transcendance \u00e0 laquelle il se r\u00e9f\u00e8re. Il modifie ainsi la mani\u00e8re de le comprendre et de le vivre.<\/li>\n<li>Le rite unifie le participant dans la complexit\u00e9 de sa personne et de son histoire. Il lui offre un cadre pour ressaisir son existence, son identit\u00e9, et lui donner une forme sociale dans une culture ou une religion. En m\u00eame temps, le rite peut augmenter cette complexit\u00e9 en permettant de se percevoir autrement ou d\u2019avoir de nouveaux r\u00f4les.<\/li>\n<li>Le rite ouvre \u00e0 une nouvelle perception globale de l\u2019existence et du monde, fait \u00e9voluer la perception que les participants avaient d\u00e9j\u00e0 ou vient la confirmer. C\u2019est la cons\u00e9quence des fonctions vues pr\u00e9c\u00e9demment.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces fonctions montrent l\u2019importance des rites et de leurs enjeux. Le praticien du rite doit en \u00eatre conscient pour que le dispositif rituel qu\u2019il met en \u0153uvre puisse remplir son r\u00f4le.<\/p>\n<h2>2. Quelques implications pour la r\u00e9flexion et la pratique des rites en \u00c9glise<\/h2>\n<h3>2.1. L\u2019importance du rite<\/h3>\n<p>La d\u00e9finition et les fonctions des rites en montrent l\u2019importance pour la vie de l\u2019\u00c9glise. Ils donnent \u00e0 l\u2019appartenance \u00e0 l\u2019\u00c9glise une dimension plus globale et existentielle engageant l\u2019ensemble de la personne, dans les diverses parties de son \u00eatre, corps, \u00e9motions, sensations, intelligence, comme dans ses liens aux autres, \u00e0 l\u2019histoire et \u00e0 Dieu, voire dans ses r\u00f4les sociaux. Ils contribuent \u00e0 une int\u00e9riorisation de la foi et \u00e0 une participation \u00e0 la mise en \u0153uvre d\u2019une vision chr\u00e9tienne de l\u2019existence dans le monde. Ils permettent aussi d\u2019int\u00e9grer dans la communaut\u00e9 des personnes venant de l\u2019ext\u00e9rieur et d\u2019accompagner des \u00e9v\u00e9nements importants de la vie. Comprendre les rites et savoir les conduire est donc important.<\/p>\n<p>Comme protestants, nous sommes parfois m\u00e9fiants vis-\u00e0-vis des rites. Les craintes les plus courantes sont celles de la magie (ou de l\u2019inefficacit\u00e9), du formalisme ou des risques de la polys\u00e9mie des rites. Nous ne d\u00e9passerons pas ces craintes en supprimant les rites ou en les noyant dans des explications, mais en comprenant comment ils se vivent et en acceptant de ne pas tout ma\u00eetriser. La perte des rites aboutit au dess\u00e8chement ou \u00e0 la d\u00e9sincarnation de la foi, au moralisme ou \u00e0 une orthodoxie intellectuelle rigide.<\/p>\n<h3>2.2. Les limites du rite<\/h3>\n<p>Le rite est n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019expression de la vie d\u2019une communaut\u00e9 de foi et \u00e0 son unit\u00e9. Il n\u2019est cependant pas autosuffisant. Il doit \u00eatre pens\u00e9, au moins par celles et ceux qui le conduisent, pour tenir compte des \u00e9volutions sociales ou culturelles et des \u00e9volutions dans l\u2019interpr\u00e9tation de la tradition. Il doit donc s\u2019inscrire dans une r\u00e9flexion globale, th\u00e9ologique et anthropologique.<\/p>\n<p>La polys\u00e9mie du rite est constitutive de sa nature. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur de la c\u00e9l\u00e9bration, elle peut \u00eatre en partie limit\u00e9e pour pr\u00e9venir des interpr\u00e9tations trop fantaisistes ou consid\u00e9r\u00e9es comme h\u00e9t\u00e9rodoxes. En dehors de la pratique, un discours sur le rite est n\u00e9cessaire comme un discours sur la tradition et son interpr\u00e9tation. De plus, une vie de la foi, communautaire et personnelle, devrait confirmer (ou infirmer) ce qui est v\u00e9cu dans le rite.<\/p>\n<h3>2.3. La dimension globale du rite<\/h3>\n<p>Le rite englobe l\u2019ensemble d\u2019une c\u00e9l\u00e9bration. C\u2019est le culte comme tel qui est rite et non pas seulement certaines de ses parties. Les paroissiens viennent pour \u00eatre transform\u00e9s, autant par les pri\u00e8res, les chants, l\u2019ambiance, les sacrements, les lectures bibliques ou la pr\u00e9dication. Les uns sont plus sensibles \u00e0 certains aspects, d\u2019autres plus attentifs \u00e0 certaines parties du culte, mais c\u2019est le tout qui est rite et qui doit \u00eatre pens\u00e9 comme tel. La coh\u00e9rence de l\u2019ensemble est importante.<\/p>\n<h3>2.4. L\u2019am\u00e9nagement des rites<\/h3>\n<p>Les rites \u00e9voluent tout en apparaissant stables. Cette tension est n\u00e9cessaire \u00e0 leur fonctionnalit\u00e9. Leur stabilit\u00e9 facilite l\u2019appropriation de ce qui s\u2019y passe et l\u2019int\u00e9gration \u00e0 une histoire. Leurs changements permettent de tenir compte des \u00e9volutions culturelles et th\u00e9ologiques. S\u2019ils sortent trop des langages communs ou de la culture commune, ils sont trop ext\u00e9rieurs pour transformer la disposition int\u00e9rieure. S\u2019ils restent immuables, leur sens \u00e9volue, car les symboles et les contextes changent. Une cat\u00e9chum\u00e8ne qui viendrait voil\u00e9e pour sa confirmation, comme c\u2019\u00e9tait le cas il y a 50 ans, cela n\u2019aurait plus le m\u00eame sens aujourd\u2019hui. Il est donc normal que les rites \u00e9voluent. Ces \u00e9volutions sont d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sentes dans la Bible. L\u2019histoire de la f\u00eate de la P\u00e2que dans l\u2019Ancien Testament en est un bon exemple. Ce rite a \u00e9volu\u00e9 selon les \u00e9poques et les milieux. Des f\u00eates diff\u00e9rentes ont \u00e9t\u00e9 mises ensemble, p\u00e2que et pains sans levain?; les lieux de l\u2019action rituelle ont chang\u00e9, passage d\u2019une f\u00eate familiale ou clanique \u00e0 une f\u00eate nationale au sanctuaire central?; certains gestes ont parfois disparu, par exemple mettre du sang de l\u2019agneau pascal sur les montants de porte?; des formes nouvelles li\u00e9es au contexte culturel ont modifi\u00e9 la pratique, comme l\u2019influence des festivit\u00e9s hell\u00e9nistiques offertes par les familles dirigeantes de la cit\u00e9 (\u00e9verg\u00e9tisme)\u2026<\/p>\n<p>L\u2019am\u00e9nagement des rites est possible et n\u00e9cessaire, mais il doit tenir compte des diff\u00e9rentes composantes du rite et du contexte culturel. Il prendra en compte les \u00e9volutions de la tradition qui a port\u00e9 le rite et de sa compr\u00e9hension d\u2019elle-m\u00eame. Il doit aussi \u00eatre attentif aux \u00e9volutions des symboles et des croyances en g\u00e9n\u00e9ral, des langages et des modes de relation comme aussi des repr\u00e9sentations du monde. Que signifie, par exemple, pour des personnes d\u2019aujourd\u2019hui de voir un pasteur porter une robe blanche ou noire pour la c\u00e9l\u00e9bration du culte?? Qu\u2019est-ce que cela change pour la mani\u00e8re de vivre le culte??<\/p>\n<h3>2.5. Une p\u00e9dagogie du rite<\/h3>\n<p>Une introduction aux rites de la foi appartient traditionnellement \u00e0 la cat\u00e9ch\u00e8se. Le culte et les sacrements sont souvent au moins abord\u00e9s. Une initiation aux chants et aux pri\u00e8res est en principe pr\u00e9sente. G\u00e9n\u00e9ralement, une pratique cultuelle appartient aux parcours cat\u00e9ch\u00e9tiques. Ces aspects sont n\u00e9cessaires pour donner la possibilit\u00e9 et l\u2019envie d\u2019entrer dans une pratique rituelle. Suivant les situations, il peut \u00eatre bon de vivre d\u2019abord le rite puis d\u2019en parler davantage ou d\u2019en parler abondamment avant d\u2019y participer, mais il est important qu\u2019il y ait possibilit\u00e9 de parler du rite et de le vivre.<\/p>\n<p>La mani\u00e8re dont sont v\u00e9cus certains rites aujourd\u2019hui avec introduction pr\u00e9liminaire et explications puis groupe de parole pour partager ce que l\u2019on a v\u00e9cu dans le rite montre l\u2019importance de l\u2019inscription de la pratique rituelle dans une d\u00e9marche de type cat\u00e9ch\u00e9tique. Cela pourrait inspirer la pratique eccl\u00e9siale.<\/p>\n<h3>2.6. Parler des rites avec ceux qui les vivent<\/h3>\n<p>L\u2019am\u00e9nagement des rites ou la mise en \u0153uvre de rites nouveaux demande d\u2019\u00eatre conscient de ce que vivent celles et ceux qui y participent. Il est donc n\u00e9cessaire d\u2019en parler avec eux.<\/p>\n<p>Les participants \u00e0 nos rites, r\u00e9guliers ou occasionnels, sont ceux qui peuvent dire le mieux quelles dispositions le rite a suscit\u00e9es en eux. Les participants r\u00e9guliers ont l\u2019avantage de pouvoir attester des effets de la r\u00e9p\u00e9tition et d\u2019une int\u00e9gration de la pratique rituelle. Les participants occasionnels ont l\u2019avantage d\u2019\u00eatre plus ext\u00e9rieurs et de pouvoir mieux ressentir les d\u00e9calages provoqu\u00e9s par le rite dans leur contexte actuel et leurs effets.<\/p>\n<p>Il me semble que nous parlons peu en \u00c9glise des rites \u00e0 partir des dispositions qu\u2019ils suscitent. Nous nous accrochons souvent \u00e0 des aspects du rite qui nous plaisent ou nous d\u00e9plaisent sans expliciter leur impact. Nous justifions volontiers une pratique \u00e0 laquelle nous sommes attach\u00e9s par un recours \u00e0 la tradition, mais ce recours n\u2019a de sens que s\u2019il suscite un effet qui est conforme \u00e0 la tradition. Quand le chant de cantiques traditionnels emp\u00eache une partie des gens de chanter, il ne remplit plus sa fonction de donner la parole \u00e0 l\u2019ensemble de la communaut\u00e9 et de la porter au gr\u00e9 de la m\u00e9lodie, du rythme et des paroles.<\/p>\n<h2>Documents remis pour la premi\u00e8re journ\u00e9e de formation<\/h2>\n<p>Bauer, Olivier\u00a0: Ce que le monde protestant a coutume d\u2019appeler \u00ab?rite?\u00bb et les questions qui se posent.<\/p>\n<p>Thibault, Emmanuel\u00a0: Une approche anthropologique contemporaine du rituel.<\/p>\n<p>Mottu, Henri : Article \u00abRites\u00bb in : Pierre Gisel \u00e9diteur, <em>Encyclop\u00e9die du protestantisme<\/em>, Paris, Le Cerf, Gen\u00e8ve, Labor et Fides, 1995, p.\u00a01338-1354.<\/p>\n<h2>Bibliographie pour poursuivre l\u2019\u00e9tude<\/h2>\n<p>Bauer, Olivier\u00a0: <em>Les rites protestants en Polyn\u00e9sie fran\u00e7aise\u00a0: \u00ab<\/em><em>?Quand faire c\u2019est dire<\/em><em>?!<\/em><em>?\u00bb<\/em>, Paris, L\u2019Harmattan, 2003.<\/p>\n<p>Bauer, Olivier\u00a0: <em>Les cultes des protestants<\/em>, Gen\u00e8ve, Labor et Fides, 2017.<\/p>\n<p>Houseman, Michael, et Severi, Carlo\u00a0: <em>Naven ou le donner \u00e0 voir. Essai d\u2019interpr\u00e9tation de l\u2019action rituelle<\/em>, Paris, CNRS, 1994.<\/p>\n<p>\u2014\u00a0: <em>Le rouge est le noir, essais sur le rituel<\/em>, Presses Universitaires du Mirail, 2012.<\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Guy Lasserre est pasteur de l\u2019\u00c9glise \u00c9vang\u00e9lique R\u00e9form\u00e9e du Canton de Vaud,<br \/>\nparoisse de Prilly-Jouxtens.<br \/>\nL\u2019article qui suit reprend la contribution du pasteur Guy Lasserre au d\u00e9but de la seconde journ\u00e9e d\u2019une formation continue de l\u2019Office protestant de la formation (OPF), organis\u00e9e par Sophie Wahli-Raccaud sur le th\u00e8me : ?Ritualit\u00e9 actuelle et pratique d\u2019\u00c9glise?, les 30 novembre 2017 et 26 avril 2018. Il pr\u00e9sente une synth\u00e8se des apports de la premi\u00e8re journ\u00e9e, centr\u00e9e sur des approches anthropologiques et th\u00e9ologiques du rite et esquisse quelques pistes pour la r\u00e9flexion sur les rites en \u00c9glise et leur pratique. Pour l\u2019anthropologie, les intervenants, Claude Grin et Emmanuel Thibault, membres du Cercle International pour la Recherche sur les Ritualit\u00e9s contemporaines, travaillent dans les perspectives ouvertes par les travaux de Michael Houseman.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour citer cet article\u00a0: Lasserre, G. (2018). \u00ab?Une vision globale de la ritualit\u00e9 \u00e9clair\u00e9e par les sciences humaines. Quelques pistes de travail pour la r\u00e9flexion sur les rites en \u00c9glise et leur pratique?\u00bb, Les Cahiers de l\u2019ILTP, mis en ligne<\/p>\n","protected":false},"author":108,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[22],"tags":[72,45,73,74,24],"class_list":{"0":"post-605","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","6":"category-perspectives-pastorales","7":"tag-compte-rendu","8":"tag-rites","9":"tag-ritualites-actuelles","10":"tag-suisse","11":"tag-theologie-pratique"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/lescahiersiltp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/605","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/lescahiersiltp\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/lescahiersiltp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/lescahiersiltp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/108"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/lescahiersiltp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=605"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/lescahiersiltp\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/605\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/lescahiersiltp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=605"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/lescahiersiltp\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=605"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/lescahiersiltp\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=605"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}