Mathieu Mermoud

Quel a été ton parcours pour travailler au Cours de vacances de l’Unil?

Après mes études de lettres à l’Université de Lausanne et quelques années passées à travailler à l’édition des oeuvres de C. F. Ramuz dans la Pleiade et chez Slatkine, je suis parti vivre en Argentine. Là, j’ai commencé à travailler comme professeur de français langue étrangère, traducteur et interprète. Quelques années plus tard, complètement par hasard, j’ai croisé Pierre, un ami de Lausanne, dans une école de shiatsu dirigée par une autre lausannoise à Buenos Aires: Pierre m’a alors parlé du CDV…

Combien de temps as-tu vécu en Argentine? Est-ce que tu y vis encore?

Oui, j’y vis depuis 2005. Jusqu’en 2019, j’ai vécu à Buenos Aires. À présent, je suis établis dans le Nord-Ouest de la Patagonie, à Bariloche. Le fait d’avoir appris l’espagnol à l’âge adulte m’a beaucoup aidé dans mon enseignement du français: vivre en parallèle l’apprentissage d’une langue et l’enseignement d’une autre m’a permis de comprendre mieux ce qui marche et ce qui ne marche pas si bien…

Qu’est-ce qui t’intéresse le plus dans l’enseignement du français langue étrangère?

Une des choses qui me fascinent, un des défis les plus enthousiasmants, je trouve, dans l’enseignement du français, c’est d’essayer de sortir des livres, des cahiers, des dictionnaires et des méthodes, de laisser de côté les textes à trous et les exercices de grammaire pour essayer de vivre la langue et de la sentir telle qu’elle est pratiquée au quotidien par ses locuteurs. Si on arrive à prendre un peu de distance par rapport aux règles qui figurent dans les livres, et qu’on commence à tendre l’oreille pour tenter de percevoir la musique du français « réel », alors s’ouvre tout un monde de possibilités et de liberté pour utiliser cette langue. J’adore, personnellement, ces moments où on peut sentir que les étudiants entrent dans ce nouveau monde où la langue française est une réalité vécue en relation avec les autres, et plus un ensemble de règles qu’on essaie d’appliquer en tenant compte d’une infinité d’exceptions…

Qu’est-ce qui te plaît particulièrement au Cours de vacances?

J’aime beaucoup l’énergie du cours de vacances, cet équilibre délicat entre, d’un côté, le sérieux et le professionnalisme de ses professeurs et de son organisation et, de l’autre, la bonne humeur qui y règne. Durant les trois séries d’été, on a des étudiants qui prennent le soleil sur la terrasse pendant la pause, qui rient dans les couloirs, qui chantent dans les classes et qui, déguisés, préparent des productions vidéos, et qui repartent, après trois, six ou neuf semaines, avec la sensation d’avoir vraiment appris quelque chose, d’avoir, comme je disais, « vécu la langue ».

Qu’est-ce que tu conseillerais de faire après les cours?

S’il fait beau, profiter des plages: celles de Dorigny et de Vidy sont à quelques minutes à pied de l’Université. Les soirs d’été, il y a de nombreux festivals dans la région: début juillet, le festival de la Cité, au centre de Lausanne, par exemple, est complètement gratuit et très sympa. Un peu plus loin il y a le célèbre Montreux jazz festival, dont les concerts sont très réputés, mais qui a également tout un versant « off » dont on peut profiter gratuitement. Fin juillet, le festival Paléo de Nyon propose de nombreux concerts en plein air avec des centaines de milliers de visiteurs chaque année. Enfin, en août, les arènes romaines d’Avenches accueillent un autre festival qui vaut le détour…