Mariangela Cardillo

Mariangela enseigne le FLE au Cours de vacances de l’Unil depuis 2016, mais la vocation pour l’enseignement de cette anthropologue italophone russophile s’est déclarée de manière précoce, ainsi que peuvent en témoigner ses peluches…  Découvrez la trajectoire de Mariangela, son univers plein de magie, de mystères et de poésie ainsi qu’une histoire surpenante d’étudiant australien dans un cours de samba au Musée olympique de Lausanne…

Mariangela, quel a été ton parcours pour devenir professeur de français?

Comme une évidence le métier d’enseignant s’est présenté. Depuis petite, je jouais avec mes peluches ou mes petits cousins à la « prof ». Je planifiais les leçons mêlant toujours les arts au français. Si je passais la plupart du temps à bricoler, dessiner et chanter, j’avais toujours cette conviction que je devais aider l’autre. Aider les autres à faire mieux, leur donner des conseils, des astuces pour franchir l’obstacle jusque-là insurmontable, me semblait comme un devoir et au-delà comme un signe d’amitié.

Vingt-cinq ans plus tard, j’espère toujours semer des outils magiques qui permettent d’ouvrir des portes opaques, d’accéder aux secrets cachés et mystérieux de notre langue française.

En 2009, j’ai commencé l’enseignement du français, durant des stages d’été, à des adolescents venant des quatre coins du monde. Tout en poursuivant mon cursus académique en Français, en Anthropologie et en Italien, j’enseignais les rudiments de la langue à des personnes installées en Suisse, je les préparais aux épreuves Delf/Dalf. Des années durant, telle une jongleuse, je passais d’une école à une autre, d’un niveau à un autre, d’un public à un autre avec joie et succès. J’ai ensuite suivi une formation pour l’enseignement aux personnes adultes (FSEA, spécialisation langues) qui m’a permis de mieux structurer mes cours, de découvrir de nouvelles pédagogies à appliquer, de partager des savoir-faire et des savoir-être avec d’autres collègues, enseignants de langues étrangères. Dans ce métier, il est évident que les formations continues sont essentielles afin de se renouveler et d’expérimenter des séquences.

Qu’est-ce que l’enseignement du français représente pour toi?

Je me rends compte que le français considéré comme objet d’étude reste une définition limitée. Enseigner le français, c’est faire face à de nombreux mystères qui m’accompagnent et parfois me hantent. Enseigner le français, c’est être au cœur du système du langage, ses mécanismes, ses règles et sa structure mais c’est aussi permettre d’accéder à toutes les formes de celui-ci, à son histoire, à son évolution. Enfin, enseigner le français, c’est être intermédiaire entre les textes et les idées, tel un traducteur entre l’auteur et l’œuvre.

Qu’est-ce qui t’intéresse le plus dans l’enseignement du FLE?

Au départ, je n’avais pas envisagé l’enseignement du FLE mais l’enseignement du français. Or, j’adore cette sensation de rendre plus lisible, plus audible et plus compréhensif cette langue qui résonne en moi. Faire écho me semble primordial. Donner écho à la voix de l’Autre c’est aussi ce qui a germé dans les réflexions et recherches menées lors de mon cursus académique. Les essais anthropologiques rejoignaient les poètes, les romanciers, les linguistes et les critiques. Après le monde fictionnel s’ajoutait celui bien réel des anthropologues.  Il y a aussi eu un voyage en Russie, où je devenais la porte-parole d’une langue et d’une culture.

Peux-tu nous raconter un moment du Cours de vacances qui t’a marqué?

Depuis plus de 3 ans, des rencontres avec les collègues et en particulier avec les étudiants ont semés le chemin de mon parcours professionnel d’instants magiques. Je me souviens, par exemple, de la 1ère sortie de classe organisée lors de ma 1ère série en hiver 2016. J’avais organisé une visite guidée au Musée Olympique. L’organisatrice m’a demandée si nous étions intéressés par une initiation à la samba. J’ai répondu par l’affirmative. Après notre visite, nous avons eu la chance d’avoir une leçon privée avec la meilleure école de Samba, primée quelques jours auparavant au Carnaval de Rio. Une aubaine, nous étions évidemment toutes et tous impressionné(e)s par la prouesse des danseuses et des musiciens. Si je raconte cette anecdote, c’est pour finalement montrer que les cours de vacances vous surprendront toujours comme une danse aux multiples couleurs. Un des élèves australiens avait dit : « Si j’avais imaginé une seconde qu’en venant en Suisse, je danserais la samba! ».

Si tu devais définir le Cours de vacances de l’Unil en un mot…

Je dirais “intensif”. En 3 semaines, un lien se crée entre les participants et rend la dynamique du cours soutenue. En 3 semaines, on partage ses doutes, ses craintes, ses interrogations mais aussi et surtout des conseils, des émotions et des VOIX.