19 décembre 2024
2025 à l’horizon, gardons le cap !
Ces derniers mois, l’Université de Lausanne a connu un bain médiatique prolongé, alternant le chaud et le froid. Jusqu’à ce qu’on apprenne, mi-novembre, que notre recteur Frédéric Herman ne se représenterait pas pour un second mandat : après mûres réflexions, le professeur de géologie a décidé de se consacrer plutôt à ses recherches, et notamment à ses travaux sur l’érosion glaciaire. Un domaine dont il est un expert de renommée mondiale.
Bien sûr, en tant que scientifique, je comprends pleinement sa décision. Même si, en tant que doyen, je la regrette vivement. Depuis que j’ai pris mon poste, je ne peux que me féliciter de l’excellente collaboration entre notre faculté et le rectorat.
La décision de notre recteur doit être en tout cas l’occasion de réfléchir au rôle de l’université. La Faculté de biologie et de médecine, avec près de 1200 enseignant·es, 500 collaborateur·trices et plus de 4000 étudiant·es et doctorant·es, ne peut pas faire l’impasse sur ce travail. L’université est partie prenante de l’économie réelle à travers son rôle de formation : de juristes, d’enseignant·es, de médecins, d’actuaires, etc. ; mais elle est aussi cet espace où l’on peut développer la pensée critique, créer du savoir, former des esprits citoyens en dehors d’un calcul de rentabilité immédiate. Dans notre monde actuel, exposé aux soubresauts géopolitiques, climatiques, économiques et sociaux, il est aussi utile de prendre du recul, de discuter de stratégie à long terme, de discuter de valeurs. Et face à une situation nouvelle, il est vital de débattre, de créer et d’emmagasiner des savoirs, y compris fondamentaux, afin de prendre les décisions les mieux informées possible.
Or je pense que Frédéric Herman incarne à merveille – j’utilise le présent, puisqu’il ne quittera ses fonctions que le 31 juillet 2026 – cette vision de l’université. D’ores et déjà, je tiens à le remercier de tout cœur, ainsi que l’équipe du rectorat, pour leur travail et leur dévouement ! A nous toutes et tous de préserver de l’érosion ce socle universitaire, en faisant à la fois preuve de rigueur, dans la production scientifique mais aussi dans la gestion de nos ressources, et d’ouverture ; en défendant notre indépendance, mais en n’oubliant pas non plus la mission de service que remplit l’université envers la société. Bref, à nous de garder vivante cette flamme.
Une métaphore ignée particulièrement adaptée à cette période illuminée de Noël : j’en profite pour vous souhaiter d’excellentes fêtes de fin d’année.
Renaud Du Pasquier, Doyen FBM
