Edito n°10

20 novembre 2025

Recherche innovante : une stratégie qui porte ses fruits

Fin octobre paraissait un rapport de l’Office européen des brevets montrant le dynamisme des hôpitaux européens dans la recherche et l’innovation. Dans ce rapport, avec 356 brevets déposés sur vingt ans, le CHUV pointe à un brillant neuvième rang, à quelques encablures de Zurich (364), et dans la roue de véritables « poids lourds » européens comme l’Imperial College de Londres (385) et l’hôpital de la Charité à Berlin (394). Il faut souligner cette performance, exceptionnelle, qui montre la vitalité de la recherche au sein du CHUV et de l’Unil, et le mordant de l’unité de transfert technologique CHUV-Unil, le PACTT, tout juste renommé Knowledge Transfer, qui pilote le dépôt de brevets, les licences, les partenariats avec l’industrie, etc. Elle va de pair avec le positionnement du CHUV en tête du peloton des hôpitaux suisses en termes de subventions nationales FNS pour l’innovation.

Les patient·es sont les premiers bénéficiaires de cette innovation ; et celle-ci participe aussi d’un cercle vertueux, en animant le tissu économique vaudois, par la création de nouveaux emplois via le lancement de start-up et de spin-off, et en générant de la richesse, richesse qui pourra être réinvestie dans la recherche et le développement. Pour citer le rapport européen : les hôpitaux universitaires – les Anglo-saxons parlent assez justement de research hospitals – sont des « hubs d’innovation vitaux au sein de l’écosystème européen de recherche et développement, stimulant les avancées dans le domaine des technologies médicales et le transfert de connaissances. »

Ces chiffres mettent aussi en évidence que la recherche et l’innovation sont de véritables piliers stratégiques au sein de l’hôpital universitaire vaudois. Cela nous permet de rappeler que la recherche s’inscrit dans un temps long, une patiente construction, loin des effets d’esbrouffe ; c’est un processus incrémental, progressif – long ne rime pas avec lent – et cela porte aujourd’hui ses fruits. Le fait de se retrouver dans le top ten européen témoigne de cet effort dans la durée !

Pour autant, tout n’est pas parfait. Passer du brevet à l’application est un parcours semé d’embûches : comme le note l’Office européen des brevets, 36% des brevets sont déjà exploités, 42% au stade de la planification, mais le cinquième restant est au point mort. Pour diverses raisons : une technologie pas encore mature, le manque de ressources, ou des difficultés à trouver un partenaire.

Face à ces problématiques que connaissent toutes les institutions de recherche, tous les research hospitals, tous les « inventeurs », nous pouvons agir. D’abord, en donnant suffisamment de moyens à notre service de transfert technologique, qui est la cheville ouvrière de l’innovation au sein du CHUV-Unil. Ensuite, en développant le transfert de connaissances ainsi qu’une vraie culture de l’innovation, de la création au sein de nos institutions, pour faciliter cette continuité, cet effet d’entraînement entre recherche et innovation.

Pr Mauro Oddo, vice-Doyen ex-officio Recherche clinique FBM