Quel risque prenons-nous avec les maisons intelligentes?

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L’enjeu – Dans quelle mesure les technologies intelligentes créent-elles ou modifient-elles les risques dans une maison ?

Les maisons intelligentes peuvent paraître incroyables avec leurs nouvelles technologies qui permettent de tout contrôler, de la climatisation et de l’éclairage automatisés aux assistants virtuels, en passant par les frigos qui se réapprovisionnent d’eux-mêmes et les accès contrôlés à distance par une application. Mais en marge des avantages qu’elles offrent, ces maisons peuvent aussi amener leur lot de nouveaux risques.

Pour quelle raison est-ce important ?

Le nombre de maisons intelligentes croît rapidement, et avec elles l’exposition au risque change. Il est donc essentiel que toutes les parties prenantes – résidents, constructeurs immobiliers, fabricants d’appareils, décideurs politiques et assureurs, comprennent les implications liées aux risques. La technologie des maisons intelligentes pourrait faire évoluer le rôle d’assureur au-delà de la pure gestion des sinistres, vers une amélioration de la qualité de vie par exemple, en bouleversant le marché de l’assurance habitation. Le flux de données émanant des ménages pourrait favoriser l’émergence de nouveaux modèles économiques de type « pay-as-you-live » pour les fournisseurs de services, mais soulever aussi des questions de gouvernance d’une importance cruciale.

Que disent nos professeur·e·s à HEC Lausanne ?

Joël Wagner, Professeur en Sciences Actuarielles à HEC Lausanne et ses collègues chercheur·euse·s, ont effectué une revue de la littérature de plus de 200 articles scientifiques et études de praticien·ne·s pour évaluer le niveau de connaissances actuel des risques liés à la maison intelligente.

La technologie des maisons intelligentes devrait avoir un impact positif sur les risques couramment couverts par les ménages. Une étude réalisée par un important assureur a prédit une réduction de 50 % du nombre total de sinistres dus à l’eau, au feu et au vol, par exemple.  Et avec les facteurs ESG en ligne de mire, les maisons intelligentes sont également un moyen de réduire le gaspillage et la consommation d’énergie.

Mais il y a le revers de la médaille. « Lorsque les appareils intelligents sont mis en réseau avec le monde extérieur, le risque de cybersécurité augmente« , explique Joël Wagner. « Cela peut provenir de vulnérabilités et de menaces au niveau du matériel, des logiciels et des données des appareils de la maison intelligente. Ou tout simplement être dû à l’utilisation de mots de passe et de paramètres par défaut pas assez sécurisés. »

Il y a aussi des problèmes importants liés aux données. « Ces appareils, qui surveillent nos mouvements, nos décisions et nos interactions à la maison, dévoilent un aperçu détaillé de nos vies », explique Joël Wagner. « À bien des égards, ces données privées sur le mode de vie sont tout aussi sensibles que nos données de santé. L’agrégation des données de la maison intelligente soulève d’énormes considérations sociales et de gouvernance autour de la confidentialité des données et de l’éthique numérique. »

Conclusion

Le Prof. Wagner et ses co-auteur·e·s  identifient dans leur recherche un certain nombre de risques et également des mesures pour aider à les atténuer, comme la conception de systèmes de maison intelligente permettant aux utilisateurs d’évaluer plus facilement leur propre exposition aux risques, ou la formulation de conseils sur le traitement de la cybersécurité et des informations sensibles en matière de vie privée.