{"id":1717,"date":"2019-10-09T18:25:05","date_gmt":"2019-10-09T16:25:05","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/grebd\/?page_id=1717"},"modified":"2022-02-24T10:07:36","modified_gmt":"2022-02-24T09:07:36","slug":"lexique-de-la-bande-dessinee","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/grebd\/enseignement\/ressources-pedagogiques\/lexique-de-la-bande-dessinee\/","title":{"rendered":"Lexique de la BD"},"content":{"rendered":"\n<p>Ce lexique a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli par Olivier Stucky, Ga\u00eblle Kovaliv et Rapha\u00ebl Baroni. Il est bas\u00e9 sur un article bilingue r\u00e9dig\u00e9 par Ga\u00eblle Kovaliv et Olivier Stucky, \u00ab\u00a0<small><a href=\"https:\/\/www.imageandnarrative.be\/index.php\/imagenarrative\/article\/view\/2305\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Un lexique bilingue pour une analyse fonctionnelle des \u00e9l\u00e9ments fondamentaux du langage de la bande dessin\u00e9e<\/a>\u00a0\u00bb <\/small>publi\u00e9 dans le n\u00b0 20 (3) de la revue <em>Image &amp; Narrative <\/em>en 2019<em>. <\/em>En compl\u00e9ment de ce glossaire, nous signalons \u00e9galement une autre ressource en ligne: Pierre-Marc de <span class=\"familyName\">Biasi<\/span> et Luc <span class=\"familyName\">Vigier<\/span>, <span dir=\"ltr\">\u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/genesis\/1716\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\"><span xml:lang=\"fr\" lang=\"fr\">Petit glossaire de la BD\u00a0\u00bb<\/span><\/a><\/span>, publi\u00e9 dans le n\u00b0 43 de la revue <em>Genesis<\/em> en 2016.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong><em>Bande dessin\u00e9e<\/em><\/strong> : la bande dessin\u00e9e se d\u00e9finit comme une s\u00e9rie d\u2019images dessin\u00e9es organis\u00e9es en s\u00e9quence, g\u00e9n\u00e9ralement accompagn\u00e9es de texte, pour raconter une histoire ou pour transmettre un contenu d&rsquo;une autre nature (par exemple didactique). Quand on oppose la bande dessin\u00e9e aux comics ou aux mangas, elle renvoie aux \u0153uvres qui s\u2019inscrivent dans la tradition francophone.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><strong>Unit\u00e9s de publication<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong><em>Strip (ou comic strip) <\/em><\/strong>: dans sa forme traditionnelle, le <em>strip<\/em> (ou <em>comic strip<\/em>) est un r\u00e9cit court, g\u00e9n\u00e9ralement publi\u00e9 dans des journaux quotidiens. Il est souvent constitu\u00e9 d\u2019une s\u00e9quence de cases dispos\u00e9es sur une seule bande conduisant \u00e0 une chute comique.<\/li><li><strong><em>Sunday page <\/em><\/strong>: la <em>sunday page<\/em> (ou la page dominicale) renvoie \u00e0 une bande dessin\u00e9e hebdomadaire publi\u00e9e dans le suppl\u00e9ment dominical des journaux am\u00e9ricains sous la forme d\u2019une grande planche en couleur.<\/li><li><strong><em>\u00c9pisode (livraison, feuilleton) <\/em><\/strong>: un \u00e9pisode ou une livraison constitue la partie d\u2019une histoire plus longue, formant un feuilleton ou une s\u00e9rie, publi\u00e9e dans un support p\u00e9riodique. En Europe, les \u00e9pisodes publi\u00e9s hebdomadairement ont la plupart du temps une extension allant de une \u00e0 trois pages. Les \u00e9pisodes s&rsquo;allongent lorsque la p\u00e9riodicit\u00e9 devient mensuelle, notamment \u00e0 partir des ann\u00e9es 1970. Un grand nombre de feuilletons publi\u00e9s dans des magazines pour la jeunesse ne seront jamais repris en albums et ce mode de publication reste dominant en Europe jusqu&rsquo;au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970. La plupart des albums et des romans graphiques ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9publi\u00e9s sous forme de feuilletons, plus ou moins improvis\u00e9s.<\/li><li><strong><em>Album <\/em><\/strong>: l\u2019album est un livre reli\u00e9 \u00e0 couverture souvent cartonn\u00e9e, proche du format A4, comportant la plupart du temps 48 ou 64 planches, g\u00e9n\u00e9ralement en couleurs. Au fur et \u00e0 mesure du d\u00e9veloppement de la BD, la pagination \u00e9volue et devient plus libre, les longs albums publi\u00e9s \u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es 1970 suivent une \u00e9volution parall\u00e8le \u00e0 celle des comics am\u00e9ricains, et convergent finalement, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, vers le format du roman graphique. On d\u00e9signe parfois le format standard de la BD franco-belge avec le terme \u00ab 48CC \u00bb pour d\u00e9signer une bande dessin\u00e9e cartonn\u00e9e en couleur de 48 pages, qui se plie aux contraintes d&rsquo;une production industrielle.<\/li><li><strong><em>Comic book <\/em><\/strong>: le format du <em>comic book<\/em> est d\u00e9riv\u00e9 des <em>pulps<\/em>, magazines bon march\u00e9s tr\u00e8s populaires au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle publiant des histoires se rattachant \u00e0 des genres populaires (science-fiction, horreur, thriller, <em>detective stories<\/em>, etc.). Les <em>comic books<\/em> sont traditionnellement constitu\u00e9s d\u2019une couverture souple en couleur et d\u2019une vingtaine de page racontant un ou plusieurs r\u00e9cits formant une histoire plus ou moins autonome, mais qui s\u2019ins\u00e8re dans une s\u00e9rie. Ils sont accompagn\u00e9s de contenus \u00e9ditoriaux (lettres de lecteurs, etc.) et de publicit\u00e9s. Les <em>comic books<\/em> sont publi\u00e9s mensuellement et sont souvent centr\u00e9s sur des personnages de super-h\u00e9ros (Marvel, DC Comics, etc.).<\/li><li><strong><em>Roman graphique (graphic novel) <\/em><\/strong>: livre reli\u00e9 de format variable pouvant comporter un grand nombre de pages et racontant g\u00e9n\u00e9ralement une histoire compl\u00e8te. Le mot est invent\u00e9 aux \u00c9tats-Unis (o\u00f9 on ne connaissait pas le format de l\u2019album) pour d\u00e9signer des livres, souvent compos\u00e9s d\u2019une s\u00e9rie d\u2019\u00e9pisodes pr\u00e9publi\u00e9s dans des fanzines ou <em>comic books<\/em>. Le terme est ensuite adopt\u00e9 en Europe pour d\u00e9signer des bandes dessin\u00e9es qui se d\u00e9marquent du format standardis\u00e9 de l&rsquo;album (le 48CC). Les romans graphiques sont g\u00e9n\u00e9ralement en noir et blanc, chapitr\u00e9s, sign\u00e9s par un auteur complet, et ils visent \u00e0 se rapprocher du mod\u00e8le litt\u00e9raire.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><strong>Unit\u00e9s de base de la bande dessin\u00e9e<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong><em>Case (vignette, cadre, filet) <\/em><\/strong>: la case (parfois appel\u00e9e vignette) est un espace au sein duquel est repr\u00e9sent\u00e9 un moment de l\u2019histoire ou un segment du contenu s\u00e9mantique (si la bande dessin\u00e9e n\u2019est pas narrative). L\u2019aire de la case est d\u00e9limit\u00e9e par son cadre, rendu explicite ou non par un filet. La taille, la forme et la localisation d&rsquo;une case, de m\u00eame que l&#8217;emplacement de ses \u00e9l\u00e9ments internes (personnages, objets, d\u00e9cors, textes&#8230;) d\u00e9terminent la cadence ou le rythme d&rsquo;un r\u00e9cit. La case peut prendre toutes les formes et toutes les tailles, allant d&rsquo;un espace minuscule au sein de la planche jusqu&rsquo;\u00e0 en occuper l&rsquo;ensemble. Ces param\u00e8tres \u2013 taille et forme \u2013 constituent des caract\u00e9ristiques signifiantes de la case, en tant qu\u2019ils affectent et soutiennent le r\u00e9cit. Toute case a un site pr\u00e9cis au sein de la planche, qui ne peut varier sans affecter la signification de la bande dessin\u00e9e.<\/li><li><strong><em>Goutti\u00e8re (intercase) <\/em><\/strong>: les goutti\u00e8res (parfois appel\u00e9es intercases) sont des espaces de d\u00e9limitation permettant de distinguer visuellement les cases. Ces zones de vide, qui indiquent g\u00e9n\u00e9ralement des ellipses, participent \u00e0 l\u2019encha\u00eenement narratif. Elles peuvent \u00eatre travers\u00e9es par des \u00e9l\u00e9ments extraits d&rsquo;une ou plusieurs cases adjacentes et elles accueillent parfois des informations m\u00e9tatextuelles. Les goutti\u00e8res sont consid\u00e9r\u00e9es comme une unit\u00e9 d&rsquo;articulation cruciale de la bande dessin\u00e9e, mais dans certains cas, elles sont supprim\u00e9es et la d\u00e9limitation entre les cases, si elle est marqu\u00e9e, se fait uniquement par le cadre ou le filet.<\/li><li><strong><em>Marges <\/em><\/strong>: les marges sont d\u00e9finies comme la partie de la planche, g\u00e9n\u00e9ralement non exploit\u00e9e, qui se situe \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur de la surface ouvrag\u00e9e. Cet espace peut \u00eatre investi de mani\u00e8re significative, par un d\u00e9passement explicite et une violation des r\u00e8gles de base de la bande dessin\u00e9e. Comme les goutti\u00e8res, les marges font partie des zones elliptiques : elles sont une unit\u00e9 de d\u00e9limitation et ont une fonction m\u00eame lorsqu&rsquo;elles sont laiss\u00e9es vides<\/li><li><strong><em>Strip (bande, bandeau) <\/em><\/strong>: \u00e0 l\u2019\u00e9chelle sup\u00e9rieure de la case, le strip (parfois appel\u00e9 bande ou bandeau) est une unit\u00e9 compositionnelle du langage de la bande dessin\u00e9e. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une succession horizontale et lin\u00e9aire de plusieurs cases occupant toute la surface entre les marges. Tout comme la case, le strip peut \u00eatre con\u00e7u comme une partie d&rsquo;une planche ou comme une unit\u00e9 s\u00e9quentielle autonome.<\/li><li><strong><em>Planche (page) <\/em><\/strong>: la planche est la somme des marges, des goutti\u00e8res et des cases. Elle constitue, avec la double planche, la plus grande unit\u00e9 d&rsquo;organisation narrative de la bande dessin\u00e9e qui puisse \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9e dans son ensemble en un seul regard. Tout comme le strip, la planche est une unit\u00e9 d&rsquo;articulation qui a sa propre autonomie, tout en s\u2019int\u00e9grant dans la continuit\u00e9 des autres planches. Cette notion doit \u00eatre comprise comme une unit\u00e9 de signification et ne doit pas \u00eatre confondue avec la page. En effet, la notion de page doit \u00eatre limit\u00e9e au support mat\u00e9riel : qui peut \u00eatre papier imprim\u00e9 dans le contexte de la bande dessin\u00e9e publi\u00e9e sous forme de livre. Cette distinction claire doit \u00eatre faite pour plusieurs raisons. Tout d&rsquo;abord, la planche peut appara\u00eetre sur diff\u00e9rents types de supports mat\u00e9riels. La page du livre constitue l&rsquo;un d&rsquo;entre eux, mais une m\u00eame planche peut aussi appara\u00eetre sur un \u00e9cran, une affiche, une peinture murale, etc. Deuxi\u00e8mement, une page de livre peut accueillir une ou plusieurs planches ou m\u00eame diff\u00e9rents types de contenus, tels que des textes ou des images. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 n\u00e9cessaire entre la taille d&rsquo;une planche et celle d&rsquo;une page. Troisi\u00e8mement, une planche peut parfois occuper la largeur de deux pages adjacentes. Dans de tels cas, il n&rsquo;est pas pertinent de s\u00e9parer la planche en deux unit\u00e9s fonctionnelles distinctes et la s\u00e9paration mat\u00e9rielle en pages doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une contingence empirique. Enfin, les indications techniques telles que la num\u00e9rotation des pages ne sont pas n\u00e9cessairement attribu\u00e9es aux planches, mais aux pages. En effet, deux \u00e9ditions diff\u00e9rentes d&rsquo;une m\u00eame bande dessin\u00e9e peuvent attribuer \u00e0 une m\u00eame planche des num\u00e9ros de page diff\u00e9rents.<\/li><li><strong><em>Double planche (double page) <\/em><\/strong>: la bande dessin\u00e9e \u00e9tant traditionnellement publi\u00e9e sous forme de livre, l&rsquo;unit\u00e9 de la double planche doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une unit\u00e9 d\u2019articulation, puisque le lecteur per\u00e7oit g\u00e9n\u00e9ralement les deux \u00e0 la fois. Selon Groensteen, \u00ab les pages situ\u00e9es en vis-\u00e0-vis sont li\u00e9es par une solidarit\u00e9 naturelle, et pr\u00e9dispos\u00e9es \u00e0 dialoguer. S\u2019il est permis au dessinateur d\u2019ignorer cette pr\u00e9disposition, il y a pourtant de multiples fa\u00e7ons d\u2019en tirer parti \u00bb (1999 : 44).<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><strong>Repr\u00e9sentation du monde racont\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong><em>Personnage <\/em><\/strong>: Le personnage est un actant de la sc\u00e8ne repr\u00e9sent\u00e9e par la case. Il n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement anthropomorphe. Il agit dans un d\u00e9cor et peut interagir avec des objets et\/ou d\u2019autres personnages. Pour \u00eatre per\u00e7ue en tant que personnage, une figure doit se singulariser par (1) des apparitions r\u00e9p\u00e9t\u00e9es ou une connaissance pr\u00e9alable par le lecteur, (2) des caract\u00e9ristiques visuelles sp\u00e9cifiques et\/ou (3) l&rsquo;attribution de discours (paroles, pens\u00e9es). Le cumul et la r\u00e9p\u00e9tition de ces traits conf\u00e8rent \u00e0 la figure une importance narrative plus ou moins grande. La centralit\u00e9 de la notion d&rsquo;actant implique qu&rsquo;une figure peut devenir un personnage d\u00e8s qu\u2019elle joue un r\u00f4le qui ne se limite plus \u00e0 la figuration. D\u00e8s qu\u2019elle a jou\u00e9 un r\u00f4le ou particip\u00e9 \u00e0 une interaction, un personnage ne peut perdre sa singularit\u00e9 et faire partie du d\u00e9cor. Sa pr\u00e9sence dans une case aura toujours un sens d\u00e9passant la repr\u00e9sentation du lieu.<\/li><li><strong><em>Objet <\/em><\/strong>: Au contraire des personnages, les objets sont des choses inanim\u00e9es, sans pens\u00e9es ni volont\u00e9. Ils remplissent n\u00e9anmoins une fonction d\u00e9passant la repr\u00e9sentation du lieu, par opposition au d\u00e9cor. Tout \u00e9l\u00e9ment inanim\u00e9 devient donc objet d\u00e8s qu&rsquo;il entre en interaction avec un personnage, y compris si celui-ci lui adresse un regard. De nombreux indices permettent de manifester cette relation particuli\u00e8re qui fait d&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment un objet dans la construction narrative, comme les onomatop\u00e9es, les lignes de mouvement ou les positions et regards des personnages.<\/li><li><strong><em>D\u00e9cor <\/em><\/strong><em>: <\/em>Tous les \u00e9l\u00e9ments indiquant le cadre de l\u2019action sont consid\u00e9r\u00e9s comme faisant partie du d\u00e9cor. Ils ont pour seules fonctions de cr\u00e9er une atmosph\u00e8re ou d&rsquo;aider le lecteur \u00e0 imaginer le monde dans lequel agissent les personnages. Une figure anim\u00e9e ou un \u00e9l\u00e9ment inanim\u00e9 peut ainsi faire partie du d\u00e9cor jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il acqui\u00e8re une fonction narrative et devienne un personnage ou un objet. Le d\u00e9cor d&rsquo;une case peut avoir diff\u00e9rents niveaux d&rsquo;abstraction, d&rsquo;une repr\u00e9sentation tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 une figuration abstraite qui peut se r\u00e9sumer \u00e0 une simple Des indices sont donn\u00e9s pour signifier que le lieu o\u00f9 se d\u00e9roule la sc\u00e8ne ne change pas, m\u00eame si, au sein de diff\u00e9rentes cases, sa repr\u00e9sentation n&rsquo;est pas la m\u00eame.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><strong>Espaces textuels ou graphiques \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la case<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong><em>Cartouche (r\u00e9citatifs) <\/em><\/strong>: le cartouche (le mot masculin renvoie \u00e0 une unit\u00e9 visuelle, qu&rsquo;il ne faut pas le confondre avec <em>la<\/em> cartouche) est une bo\u00eete con\u00e7ue pour contenir un texte. Le texte v\u00e9hicul\u00e9 par le cartouche est conventionnellement destin\u00e9 \u00e0 fournir des informations qui ne sont pas repr\u00e9sent\u00e9es dans la partie dessin\u00e9e. Il peut s\u2019agir d\u2019indications spatio-temporelles, de contenus narratifs (r\u00e9citatifs) ou de discours int\u00e9rieurs des personnages. La bo\u00eete peut \u00eatre explicitement repr\u00e9sent\u00e9e par un fond de couleur uni et un filet ou rester implicite. Bien que class\u00e9 comme une unit\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la case, ce qui repr\u00e9sente son mode d\u2019apparition conventionnel, le cartouche est cependant un type de support qui peut appara\u00eetre n\u2019importe o\u00f9 sur une planche.<\/li><li><strong><em>Bulles (de pens\u00e9e, de dialogue, enveloppe, appendice) <\/em><\/strong>: la bulle se d\u00e9finit comme un espace de la case r\u00e9serv\u00e9 aux expressions verbales des personnages (paroles ou pens\u00e9es). Le discours du locuteur est h\u00e9berg\u00e9 dans une enveloppe et reli\u00e9e \u00e0 lui par un appendice. Les bulles, comme d\u2019autres unit\u00e9s fonctionnelles, sont constamment reli\u00e9es \u00e0 d&rsquo;autres unit\u00e9s qui fournissent au lecteur un ensemble de signes guidant son interpr\u00e9tation. On oppose les bulles de dialogue aux bulles de pens\u00e9e. Les bulles de pens\u00e9e contrastent souvent aux bulles de dialogue par leur forme : l\u2019enveloppe peut alors prendre l\u2019aspect d\u2019un nuage et l\u2019appendice peut \u00eatre constitu\u00e9 d\u2019une s\u00e9rie de petits cercles orient\u00e9s vers la source du discours int\u00e9rieur.<\/li><li><strong><em>Incrustation <\/em><\/strong>: une case est parfois ins\u00e9r\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieure d\u2019une autre case, on parle alors d\u2019incrustation.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><strong>Types de textes ou d\u2019unit\u00e9s expressives<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><strong><em>Discours ext\u00e9rieur<\/em> <em>(dialogue) <\/em><\/strong>: le discours ext\u00e9rieur regroupe l&rsquo;ensemble des manifestations du langage verbal \u00e9nonc\u00e9 oralement repr\u00e9sent\u00e9es de mani\u00e8re scripturale et qui ne peuvent pas \u00eatre vues mais seulement entendues par les personnages au sein du monde racont\u00e9. Cette d\u00e9finition exclut les id\u00e9ogrammes (qui sont repr\u00e9sent\u00e9s par des \u00e9crits non conventionnels), les signes de ponctuation expressifs (qui ne sont pas destin\u00e9s \u00e0 \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme une repr\u00e9sentation du discours), les onomatop\u00e9es (qui ne sont pas des manifestations du langage verbal mais des bruits), les discours int\u00e9rieurs, et les textes intradi\u00e9g\u00e9tiques (qui sont vus ou lus par les personnages dans le monde racont\u00e9) et extradi\u00e9g\u00e9tiques (qui sont \u00e9nonc\u00e9s par un narrateur)<\/li><li><strong><em>Discours int\u00e9rieur <\/em><\/strong>: le discours int\u00e9rieur renvoie aux pens\u00e9es des personnages exprim\u00e9es sous la forme d\u2019un texte, souvent situ\u00e9 dans les bulles de pens\u00e9e ou dans les cartouches.<\/li><li><strong><em>Textes intradi\u00e9g\u00e9tiques <\/em><\/strong>: le texte intradi\u00e9g\u00e9tique concerne toutes les occurrences de textes \u00e9crits existant en tant que tels dans l&rsquo;univers repr\u00e9sent\u00e9 (par exemple un journal que lit le personnage, une carte de visite, un panneau, etc.). Conventionnellement, les textes intradi\u00e9g\u00e9tiques doivent \u00eatre distingu\u00e9s des discours des personnages (paroles et pens\u00e9es) et des textes \u00e9nonc\u00e9s par un narrateur (textes extradi\u00e9g\u00e9tiques). Cependant, ils peuvent appara\u00eetre comme des objets int\u00e9gr\u00e9s au d\u00e9cor d\u2019une case aussi bien qu&rsquo;ils peuvent \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9s en pleine case ou dans un cartouche, leur caract\u00e8re intradi\u00e9g\u00e9tique \u00e9tant souvent exprim\u00e9 par une typographie particuli\u00e8re. Dans cette derni\u00e8re configuration, la fonction des textes intradi\u00e9g\u00e9tiques est souvent assez proche de celle des r\u00e9citatifs.<\/li><li><strong><em>Textes extradi\u00e9g\u00e9tiques (ou r\u00e9citatifs) <\/em><\/strong>: le texte extradi\u00e9g\u00e9tique (ou r\u00e9citatif) renvoie au discours d\u2019un narrateur (aussi appel\u00e9 r\u00e9citant), et ils ne peuvent donc pas \u00eatre entendus, pens\u00e9s ou lus par les personnages, \u00e0 moins qu\u2019il n\u2019y ait transgression des niveaux narratifs (m\u00e9talepse) ou que le flux de pens\u00e9e d\u2019un personnage apparaisse comme une forme de r\u00e9citatif. Dans ce dernier cas, il est tr\u00e8s difficile de distinguer le texte extradi\u00e9g\u00e9tique et le discours int\u00e9rieur, sauf \u00e9ventuellement par le temps verbal (si les pens\u00e9es sont exprim\u00e9es au pass\u00e9, c\u2019est qu\u2019elles sont rattachables \u00e0 un acte narratif r\u00e9trospectif, mais la technique du discours indirect libre rend cette fronti\u00e8re poreuse).<\/li><li><strong><em>Onomatop\u00e9es <\/em><\/strong>: Les onomatop\u00e9es consistent en la repr\u00e9sentation \u00e9crite d&rsquo;un son ou d\u2019un bruit non-verbal par du texte et des symboles, g\u00e9n\u00e9ralement en utilisant une police distincte du texte verbal. Leur stylisation typographique fait partie de la repr\u00e9sentation de l&rsquo;effet sonore. Les variations de taille, d&rsquo;orientation, de d\u00e9formation, de couleur et de localisation de l&rsquo;onomatop\u00e9e soulignent les caract\u00e9ristiques du son ou du bruit. Diff\u00e9rents types d&rsquo;ornements expressifs peuvent \u00e9galement appara\u00eetre pour souligner l&rsquo;effet. Les onomatop\u00e9es sont g\u00e9n\u00e9ralement ins\u00e9r\u00e9es directement dans le d\u00e9cor de la case, mais elles peuvent occasionnellement appara\u00eetre dans une bulle.<\/li><li><strong><em>Signes de ponctuation expressifs<\/em><\/strong>: Dans certains cas, des signes de ponctuation expressifs, tels que les points d&rsquo;exclamation et d&rsquo;interrogation ainsi que les points de suspension, peuvent appara\u00eetre isol\u00e9s des discours, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur ou \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur des bulles. Ces signes de ponctuation expressifs peuvent articuler plusieurs signes diff\u00e9rents. Ils ne sont pas utilis\u00e9s pour repr\u00e9senter le discours verbal du personnage, mais d\u00e9signent son \u00e9tat d&rsquo;esprit ou son \u00e9tat psychologique.<\/li><li><strong><em>Emanata <\/em><\/strong>: Associ\u00e9s \u00e0 un personnage, les \u00e9manatas sont des symboles graphiques conventionnels qui ne sont pas visibles comme tels par les personnages. Ils sont utilis\u00e9s pour indiquer l&rsquo;\u00e9tat psychologique ou l&rsquo;affliction physique d&rsquo;un personnage comme le stress, la peur, la panique ou le vertige. \u00c0 l\u2019instar des aur\u00e9oles qui couronnent les t\u00eates des saints, les emanatas apparaissent souvent sous la forme de gouttes ou de spirales qui rayonnent autour de la t\u00eate. Les \u00e9manatas peuvent aussi \u00eatre associ\u00e9s \u00e0 un objet, ils sont alors utilis\u00e9s pour indiquer ses qualit\u00e9s sensorielles invisibles, comme l&rsquo;odeur, la chaleur ou les sons.<\/li><li><strong><em>Id\u00e9ogrammes <\/em><\/strong>: Les id\u00e9ogrammes consistent en des cha\u00eenes de signes n&rsquo;appartenant pas au syst\u00e8me d&rsquo;\u00e9criture de la langue dans laquelle la bande dessin\u00e9e est publi\u00e9e. Ils doivent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s comme une partie du discours qui ne peut pas \u00eatre transcrite directement, par exemple du fait de leur vulgarit\u00e9, de l\u2019intensit\u00e9 extr\u00eame de l\u2019expression (insulte, rage, etc.) ou de son caract\u00e8re incompr\u00e9hensible (discours technique, discours \u00e9tranger, etc.). Une grande vari\u00e9t\u00e9 de signes peut jouer ce r\u00f4le&nbsp;: les plus courants \u00e9tant les ic\u00f4nes, les signes extraits de (ou simulant des) syst\u00e8mes d&rsquo;\u00e9criture \u00e9trangers, les signes de ponctuation et les caract\u00e8res typographiques sp\u00e9ciaux.<\/li><li><strong><em>Lignes de mouvement <\/em><\/strong>: Les lignes de mouvement peuvent \u00eatre associ\u00e9es \u00e0 des personnages ou des objets. Elles consistent en une ou plusieurs lignes accompagnant la repr\u00e9sentation d&rsquo;une entit\u00e9 physique en mouvement ainsi que l&rsquo;intensit\u00e9 de ce mouvement. La ligne de mouvement peut \u00eatre d\u00e9compos\u00e9e en param\u00e8tres g\u00e9om\u00e9triques et expressifs. Le sens du mouvement est repr\u00e9sent\u00e9 par les propri\u00e9t\u00e9s g\u00e9om\u00e9triques de la ligne (direction et inflexion), tandis que l&rsquo;intensit\u00e9 du mouvement est exprim\u00e9e par l&rsquo;\u00e9paisseur ou le biseau de la ligne. Le nombre de lignes accompagnant le mouvement peut \u00e9galement servir \u00e0 exprimer son intensit\u00e9.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rence cit\u00e9e<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Groensteen, Thierry (1999), <em>Syst\u00e8me de la bande dessin\u00e9e<\/em>, Paris, PUF.<\/p>\n\n\n\n<p>Kovaliv, Ga\u00eblle &amp; Olivier Stucky (2019), \u00ab A Bilingual Lexicon for a Functional Analysis of Basic Elements of Comic\u2019s Language. Un lexique bilingue pour une analyse fonctionnelle des \u00e9l\u00e9ments fondamentaux du langage de la bande dessin\u00e9e \u00bb, <em>Image &amp; Narrative<\/em>, n\u00b0 26, accessible <a href=\"https:\/\/www.imageandnarrative.be\/index.php\/imagenarrative\/article\/view\/2305\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">en ligne<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce lexique a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli par Olivier Stucky, Ga\u00eblle Kovaliv et Rapha\u00ebl Baroni. 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