{"id":8843,"date":"2022-11-02T17:00:00","date_gmt":"2022-11-02T16:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/?p=8843"},"modified":"2023-05-24T09:46:02","modified_gmt":"2023-05-24T07:46:02","slug":"lassechement-des-immenses-tourbieres-du-bassin-du-congo-accelerateur-potentiel-du-rechauffement-climatique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/2022\/11\/lassechement-des-immenses-tourbieres-du-bassin-du-congo-accelerateur-potentiel-du-rechauffement-climatique\/","title":{"rendered":"L\u2019ass\u00e8chement des immenses tourbi\u00e8res du bassin du Congo, acc\u00e9l\u00e9rateur potentiel du r\u00e9chauffement climatique"},"content":{"rendered":"<figure class=\"wp-block-post-featured-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"675\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2022\/11\/tourbieres.jpg\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"\" style=\"object-fit:cover;\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2022\/11\/tourbieres.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2022\/11\/tourbieres-300x198.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2022\/11\/tourbieres-768x506.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-background is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\" style=\"background-color:#f2f2f2\">\n<div class=\"wp-block-image is-style-rounded\"><figure class=\"alignleft size-full\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2021\/11\/adatte-thierry.jpg\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"250\" height=\"250\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2021\/11\/adatte-thierry.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-7319\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2021\/11\/adatte-thierry.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2021\/11\/adatte-thierry-150x150.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 250px) 100vw, 250px\" \/><\/a><figcaption>Thierry Adatte, Institut des sciences de la Terre<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Le changement climatique pourrait prochainement provoquer la lib\u00e9ration de dizaines de milliards de tonnes de carbone depuis les tourbi\u00e8res du Congo. C\u2019est le constat que font les auteurs d\u2019un article publi\u00e9 le 2 novembre 2022 dans la revue Nature, parmi lesquels figure le prof. Thierry Adatte. Cette \u00e9tude r\u00e9v\u00e8le que les tourbi\u00e8res sont fragiles et vuln\u00e9rables \u00e0 la s\u00e9cheresse et que, lorsqu\u2019elles s&rsquo;ass\u00e8chent, leur tourbe se d\u00e9compose et lib\u00e8re du dioxyde de carbone, ce qui acc\u00e9l\u00e8re encore le r\u00e9chauffement de la plan\u00e8te. Selon l&rsquo;\u00e9tude, ce processus s&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 produit une fois dans l&rsquo;histoire des tourbi\u00e8res &#8211; et pourrait se reproduire.<\/strong><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tude pointe que la plus grande tourbi\u00e8re tropicale du monde (environ quatre fois la taille de la Suisse) s\u2019est en effet d\u00e9j\u00e0 convertie par le pass\u00e9, il y a cinq mille ans environ, d&rsquo;un important r\u00e9servoir de carbone en une source d&rsquo;\u00e9missions nocives de dioxyde de carbone, \u00e0 la suite d\u2019un changement climatique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Durant la p\u00e9riode n\u00e9olithique (approx. \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque que la construction de Stonehenge), le climat du centre du Congo a commenc\u00e9 \u00e0 s&rsquo;ass\u00e9cher, entra\u00eenant une forte \u00e9mission de dioxyde de carbone par les tourbi\u00e8res. Selon cette importante \u00e9tude internationale coordonn\u00e9e par l&rsquo;universit\u00e9 de Leeds, ce n\u2019est que lorsque le climat est redevenu plus humide au cours des 2&rsquo;000 derni\u00e8res ann\u00e9es que les tourbi\u00e8res ont cess\u00e9 de lib\u00e9rer du carbone et \u00e0 en pi\u00e9ger \u00e0 nouveau dans l&rsquo;atmosph\u00e8re.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les scientifiques participant \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude pr\u00e9viennent donc que si le r\u00e9chauffement climatique actuel conduit \u00e0 des s\u00e9cheresses dans la r\u00e9gion du Congo, l&rsquo;histoire pourrait se r\u00e9p\u00e9ter et \u00eatre un facteur suppl\u00e9mentaire de dangereuse acc\u00e9l\u00e9ration du changement climatique.<\/p>\n\n\n\n<p>Si cela devait se produire, les chercheurs estiment que jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e8s de 30 milliards de tonnes de carbone, pourraient \u00eatre lib\u00e9r\u00e9es des tourbi\u00e8res dans l&rsquo;atmosph\u00e8re sous forme de dioxyde de carbone, un puissant gaz \u00e0 effet de serre. Cela \u00e9quivaudrait en ordre de grandeur au volume colossal de trois ans d\u2019\u00e9missions mondiales de combustibles fossiles.<\/p>\n\n\n\n<p>Un volume proportionn\u00e9 \u00e0 la taille des tourbi\u00e8res du Congo, en Afrique centrale, qui constituent le plus grand complexe de tourbi\u00e8res tropicales du monde, avec une superficie de 16,7 millions d&rsquo;hectares, soit plus que l&rsquo;Angleterre et le Pays de Galles r\u00e9unis.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Des chercheurs congolais et europ\u00e9ens ont pr\u00e9lev\u00e9 des \u00e9chantillons de tourbe sous les for\u00eats mar\u00e9cageuses isol\u00e9es du centre du Congo. En analysant les restes de plantes, les chercheurs ont pu \u00e9tablir un historique de la v\u00e9g\u00e9tation et des pr\u00e9cipitations dans le bassin central du Congo au cours des 17 500 derni\u00e8res ann\u00e9es, lorsque la tourbe a commenc\u00e9 \u00e0 se former.<\/p>\n\n\n\n<p>Les cires issues des feuilles des plantes, pr\u00e9serv\u00e9es dans la tourbe, ont permis de calculer les niveaux de pr\u00e9cipitations \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 les plantes vivaient.<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9sultats de cette \u00e9tude &#8211;&nbsp;<em><a href=\"https:\/\/www.nature.com\/articles\/s41586-022-05389-3\">Hydroclimatic vulnerability of peat carbon in the central Congo Basin<\/a><\/em>&nbsp;&#8211; dressent le tableau d&rsquo;un climat plus sec en Afrique centrale, qui a commenc\u00e9 il y a environ 5&rsquo;000 ans.&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours de la p\u00e9riode de s\u00e9cheresse la plus intense, les pr\u00e9cipitations ont diminu\u00e9 d&rsquo;au moins 800 mm par an. Cela a entra\u00een\u00e9 une baisse de la nappe phr\u00e9atique dans les tourbi\u00e8res du Congo&nbsp;; les couches plus anciennes de tourbe ont ainsi \u00e9t\u00e9 expos\u00e9es \u00e0 l&rsquo;air, provoquant une oxydation et une lib\u00e9ration de dioxyde de carbone.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9chantillonnage a ainsi permis de reconstituer le r\u00e9gime de pr\u00e9cipitations et le type de v\u00e9g\u00e9tation de ces r\u00e9gions lorsque la tourbe a commenc\u00e9 \u00e0 se former. L\u2019UNIL a contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019analyse et \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation des donn\u00e9es TOC (<em>Total Organic Carbon<\/em>) en particulier, dans le Laboratoire de g\u00e9ologie s\u00e9dimentaire dirig\u00e9 par le Prof. Thierry Adatte (Institut des sciences de la Terre), ce qui a permis d\u2019\u00e9valuer l\u2019oxydation du carbone organique ainsi que la d\u00e9termination avec le Dr David Sebag (Institut des dynamiques de la surface terrestre) du <em>Ghost Interval<\/em> \u00e0 partir de ces donn\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00e9thode utilis\u00e9e est la pyrolyse&nbsp;; la pyrolyse Rock-Eval est une technique utilis\u00e9e pour \u00e9tudier la mati\u00e8re organique dans les s\u00e9diments r\u00e9cents et les sols et pour d\u00e9terminer le degr\u00e9 de d\u00e9composition de cette mati\u00e8re dans les tourbes durant les p\u00e9riodes arides o\u00f9 le CO<sub>2<\/sub> est rejet\u00e9 dans l\u2019atmosph\u00e8re et non plus pi\u00e9g\u00e9 dans les tourbi\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Mis bout \u00e0 bout, l\u2019ensemble des donn\u00e9es des diff\u00e9rentes \u00e9quipes impliqu\u00e9es dans la recherche a permis de donner un bon aper\u00e7u g\u00e9n\u00e9ral de ce qu\u2019est un climat en voie de r\u00e9chauffement et d\u2019ass\u00e8chement progressif jusqu\u2019\u00e0 il y a 2&rsquo;000 ans en arri\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Il ressort ainsi de l\u2019\u00e9tude que ces tourbi\u00e8res sont vuln\u00e9rables et constituent une source potentielle d\u2019acc\u00e9l\u00e9ration du r\u00e9chauffement climatique, contre lequel les chercheurs mettent en garde, tout en appelant les diff\u00e9rents acteurs concern\u00e9s, y compris les pays les plus pollueurs, \u00e0 la pr\u00e9servation de cet \u00e9cosyst\u00e8me essentiel.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<div class=\"wp-block-group has-background is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\" style=\"background-color:#f2f2f2\">\n<h4 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9f\u00e9rence bibliographique<\/h4>\n\n\n\n<p>Garcin, Y., Schefu\u00df, E., Dargie, G.C.&nbsp;<em>et al.<\/em>&nbsp;Hydroclimatic vulnerability of peat carbon in the central Congo Basin.&nbsp;<em>Nature<\/em>&nbsp;(2022). <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1038\/s41586-022-05389-3\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">doi.org\/10.1038\/s41586-022-05389-3<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le changement climatique pourrait prochainement provoquer la lib\u00e9ration de dizaines de milliards de tonnes de carbone depuis les tourbi\u00e8res du Congo. 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