{"id":7078,"date":"2021-10-05T17:22:58","date_gmt":"2021-10-05T15:22:58","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/?p=7078"},"modified":"2021-10-08T11:51:40","modified_gmt":"2021-10-08T09:51:40","slug":"living-with-tourism-in-lucerne-how-people-inhabit-a-tourist-place","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/2021\/10\/living-with-tourism-in-lucerne-how-people-inhabit-a-tourist-place\/","title":{"rendered":"Living with tourism in Lucerne. How people inhabit a tourist place"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Th\u00e8se soutenue par Florian Eggli, le 21 octobre 2021, Institut de g\u00e9ographie et durabilit\u00e9 (IGD)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Depuis plus de deux cents ans, Lucerne est un lieu touristique tr\u00e8s pris\u00e9. Au fil du temps, l&rsquo;industrie du tourisme a non seulement fa\u00e7onn\u00e9 l&rsquo;aspect physique du paysage urbain, mais aussi son image et son identit\u00e9. Alors qu&rsquo;au d\u00e9but du tourisme, dans les ann\u00e9es 1840, la ville attirait principalement des visiteurs d&rsquo;Europe, en particulier des premi\u00e8res r\u00e9gions industrialis\u00e9es du nord, comme le Royaume-Uni, le tourisme s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 de mani\u00e8re plus internationale apr\u00e8s les deux guerres mondiales. \u00c0 partir du milieu du XIXe si\u00e8cle, ce sont de plus en plus des visiteurs des \u00c9tats-Unis qui se rendent \u00e0 Lucerne.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-cover\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"667\" class=\"wp-block-cover__image-background wp-image-7089\" alt=\"\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2021\/10\/lucerne.jpg\" data-object-fit=\"cover\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2021\/10\/lucerne.jpg 1000w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2021\/10\/lucerne-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2021\/10\/lucerne-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><div class=\"wp-block-cover__inner-container is-layout-flow wp-block-cover-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Cette situation a de nouveau sensiblement chang\u00e9 au tournant du mill\u00e9naire, lorsque de nouveaux march\u00e9s touristiques \u00e9mergents ont \u00e9t\u00e9 activement recherch\u00e9s. Cela a conduit \u00e0 un \u00e9ventail de visiteurs de plus en plus diversifi\u00e9, provenant principalement de pays asiatiques en plein essor, et surtout de Chine. Cette \u00e9volution des segments de visiteurs s&rsquo;est accompagn\u00e9e d&rsquo;une croissance constante du nombre de visiteurs, ce qui a suscit\u00e9 un d\u00e9bat sur le type de tourisme souhait\u00e9 par Lucerne, sur le nombre de visiteurs suffisant et sur les axes de d\u00e9veloppement de l&rsquo;industrie touristique. Avec l&rsquo;expression \u00ab surtourisme \u00bb, une controverse globale, vive et engag\u00e9e sur la mani\u00e8re de g\u00e9rer le tourisme de mani\u00e8re ad\u00e9quate a domin\u00e9 le discours public ces derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce d\u00e9bat sur le tourisme, le conflit se concentre principalement sur les touristes en groupe voyageant dans des autocars de tourisme selon un itin\u00e9raire dense \u00e0 travers l&rsquo;Europe. En raison de leur emploi du temps serr\u00e9, ils ne visitent le plus souvent Lucerne que pour une courte dur\u00e9e, lors d&rsquo;une simple escale. Le d\u00e9bat sur le tourisme \u00e0 Lucerne pr\u00e9sente plusieurs caract\u00e9ristiques, que la th\u00e8se de doctorat propos\u00e9e veut d\u00e9passer :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Premi\u00e8rement, <\/strong>le d\u00e9bat actuel oppose souvent \u00e0 tort les h\u00f4tes aux invit\u00e9s. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une simplification excessive qui ne refl\u00e8te pas suffisamment la r\u00e9alit\u00e9, car les personnes pr\u00e9sentes sur le terrain n\u2019entrent pas forc\u00e9ment dans l\u2019un ou l\u2019autre de ces cat\u00e9gories. Il convient en effet de consid\u00e9rer les navetteurs, les \u00e9tudiants internationaux, la main-d&rsquo;\u0153uvre mondiale, les nouveaux arrivants et les r\u00e9sidents \u00e0 temps partiel, les excursionnistes d&rsquo;un jour ou encore les visiteurs d&rsquo;une nuit. En \u00e9largissant le champ, il devient clair que les lignes de conflit ne sont pas seulement entre deux p\u00f4les, mais plut\u00f4t entrelac\u00e9es dans toute la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Deuxi\u00e8mement, <\/strong>le d\u00e9bat actuel se concentre \u00e0 tort sur le nombre d&rsquo;h\u00f4tes. C&rsquo;est souvent trompeur, car il n&rsquo;y a pas de seuil ou de limite sup\u00e9rieure qui d\u00e9finisse la capacit\u00e9 d&rsquo;accueil d&rsquo;une ville. C&rsquo;est plut\u00f4t la mani\u00e8re dont les diff\u00e9rents acteurs habitent le lieu par leurs pratiques qui conduit \u00e0 des conflits ou \u00e0 des rencontres fructueuses. La th\u00e8se identifie des pratiques banales et quotidiennes, des pratiques extraordinaires, des pratiques de cr\u00e9ation de valeur \u00e9conomique, des pratiques de r\u00e9flexion critique et des pratiques de protestation et de r\u00e9sistance.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Troisi\u00e8mement,<\/strong> la th\u00e8se soutient que Lucerne n&rsquo;est pas une destination unique avec une seule vision du tourisme. Au contraire, Lucerne poss\u00e8de une multitude de lieux qui sont tous co-construits et produits par ses habitants. Ces lieux sont tous li\u00e9s les uns aux autres et constituent mutuellement le tissu diversifi\u00e9 de la ville.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La th\u00e8se de doctorat s&rsquo;appuie donc fortement sur le nouveau paradigme des mobilit\u00e9s (Sheller et Urry 2006), qui propose que les lieux touristiques soient coproduits et activement fa\u00e7onn\u00e9s par diff\u00e9rents acteurs et mobilit\u00e9s. Suite \u00e0 cette conceptualisation th\u00e9orique, il convient d&rsquo;en tirer les cons\u00e9quences pour l&rsquo;approche m\u00e9thodique. Les situations de tourisme urbain ne peuvent pas \u00eatre observ\u00e9es de mani\u00e8re satisfaisante dans des laboratoires ferm\u00e9s, mais seulement dans un espace de vie vivant, ouvert et dynamique comme l&rsquo;est une ville.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette recherche opte donc pour des m\u00e9thodes de recherche mobiles (B\u00fcscher et al. 2009 ; Fincham et al. 2010 ; Urry 2007) qui succ\u00e8dent aux informations et aux informateurs en mouvement. Une approche de th\u00e9orie ancr\u00e9e a fait ressortir les id\u00e9es et les r\u00e9sultats de 38 entretiens \u00e0 pied (avec plus de 80 partenaires d&rsquo;entretien) et d&rsquo;une observation participante extensive. Les r\u00e9sultats empiriques se d\u00e9ploient sous la forme d&rsquo;une ethnographie urbaine qui met en lumi\u00e8re le fait de \u00ab vivre avec le tourisme \u00bb \u00e0 Lucerne en trouvant de nouvelles raisons pour les conflits li\u00e9s au tourisme et de nouvelles perspectives sur les d\u00e9veloppements potentiels futurs.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9f\u00e9rences&nbsp;<\/h3>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>B\u00fcscher, Monika; Urry, John (2009): Mobile Methods and the Empirical. In: <em>European Journal of Social Theory<\/em> 12 (1), pp. 99\u2013116.&nbsp;<\/li><li>Fincham, Benjamin; Murray, Lesley; McGuinness, Mark; Sheller, Mimi (Eds.) (2010): Mobile methodologies. ebrary, Inc. New York: Palgrave Macmillan.&nbsp;<\/li><li>Sheller, Mimi; Urry, John (2006): The New Mobilities Paradigm. In: <em>Environ Plan<\/em> A 38 (2), pp. 207\u2013226.&nbsp;<\/li><li>Urry, John (2007): Mobilities. Cambridge, Malden, Mass.: Polity Press.<\/li><\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Th\u00e8se soutenue par Florian Eggli, le 21 octobre 2021, Institut de g\u00e9ographie et durabilit\u00e9 (IGD) Depuis plus de deux cents ans, Lucerne est un lieu touristique tr\u00e8s pris\u00e9. Au fil du temps, l&rsquo;industrie du tourisme a non seulement fa\u00e7onn\u00e9 l&rsquo;aspect physique du paysage urbain, mais aussi son image et son identit\u00e9. 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