{"id":7035,"date":"2021-09-24T11:25:00","date_gmt":"2021-09-24T09:25:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/?p=7035"},"modified":"2022-11-15T17:23:49","modified_gmt":"2022-11-15T16:23:49","slug":"en-gestation-la-nouvelle-exposition-indesirables-les-animaux-mal-aimes-en-ville","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/2021\/09\/en-gestation-la-nouvelle-exposition-indesirables-les-animaux-mal-aimes-en-ville\/","title":{"rendered":"En gestation : la nouvelle exposition \u00ab Ind\u00e9sirables!? Les animaux mal-aim\u00e9s en ville \u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#f8f8f8\"><strong>\u00c0 la crois\u00e9e du Mus\u00e9e de zoologie de Lausanne (MZL) et de la Facult\u00e9 des g\u00e9osciences et de l\u2019environnement, une nouvelle exposition scientifique se dessine. Elle ouvrira ses portes de d\u00e9cembre 2022 \u00e0 juin 2023. Les conceptrices&nbsp;<\/strong><a href=\"https:\/\/igd.unil.ch\/salomon\/\"><strong>Jo\u00eblle Salomon Cavin<\/strong>&nbsp;<\/a><strong>&nbsp;(Institut de g\u00e9ographie et durabilit\u00e9) et Anne Freitag (MZL), b\u00e9n\u00e9ficiaires d\u2019une bourse&nbsp;<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.snf.ch\/en\/JnT2xEAERCgO8qQc\/funding\/science-communication\/agora\" target=\"_blank\">FNS AGORA<\/a><\/strong>&nbsp;<strong>, sont aussi soutenues par l\u2019UNIL et la Ville de Lausanne, \u00e0 travers \u00ab&nbsp;Sauvageons en ville&nbsp;\u00bb, et le MZL.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:65%\">\n<p>Avez-vous crois\u00e9 des animaux en ville&nbsp;? Que vous inspirent-ils&nbsp;? Les chats sont souvent choy\u00e9s comme des proches, les martinets alpins, fascinent par leur beaut\u00e9. Mais les autres&nbsp;? Rats, pigeons, cafards, mites ou punaises de lit provoquent surtout r\u00e9pugnance et peur. Ils ont longtemps \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9s de \u00ab&nbsp;nuisibles&nbsp;\u00bb.&nbsp;  \u00ab&nbsp;Ind\u00e9sirables!?&nbsp;\u00bb sera consacr\u00e9e \u00e0 ces animaux souvent \u00ab&nbsp;mal aim\u00e9s&nbsp;\u00bb des villes&nbsp;: une faune intimement li\u00e9e aux villes, mais avec laquelle beaucoup pr\u00e9f\u00e9reraient ne pas cohabiter, surtout dans l\u2019intimit\u00e9 de leur foyer&nbsp;!&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:35%\">\n<div class=\"wp-block-group has-white-color has-text-color has-background has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\" style=\"background-color:#00a35a\">\n<p class=\"has-text-align-center\">L&rsquo;exposition&nbsp;<u><a style=\"color: #fff\" class=\"\" href=\"https:\/\/www.zoologie.vd.ch\/expositions\/indesirables\/\"><em>Ind\u00e9sirables!? Les animaux mal-aim\u00e9s en ville<\/em><\/a><\/u>&nbsp;a lieu du <strong>9 d\u00e9cembre 2022 au 2 juillet 2023<\/strong> au Mus\u00e9e de zoologie de Lausanne.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Dans cette exposition, le public se confrontera \u00e0 une autre nature urbaine&nbsp;: une nature qui contraste avec le d\u00e9sir et les vertus auxquels la nature est souvent associ\u00e9e. Une nature, a priori&nbsp;<em>ind\u00e9sirable<\/em>, mais aussi formidablement adapt\u00e9e \u00e0 l\u2019environnement b\u00e2ti de la ville.&nbsp;Trois regards se m\u00ealeront dans cette exposition&nbsp;: la vision des responsables de la d\u00e9sinsectisation, notre vision \u2013 celles des habitantes et habitants \u2013 et enfin, la vision des animaux eux-m\u00eames.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-video\"><video controls src=\"https:\/\/av.unil.ch\/hva\/3714\/joellesc-16sept21_hd.mp4\"><\/video><figcaption class=\"wp-element-caption\">Dr Jo\u00eblle Salomon Cavin nous parle des grandes id\u00e9es qui sous-tendent cette exposition.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Nous vous proposons un petit avant-go\u00fbt&nbsp;: Et si vous tentiez de voir avec les yeux du cafard&nbsp;? Gr\u00e2ce aux \u00e9tudes des \u00e9thologues, et avec un peu d\u2019imagination, essayons d\u2019\u00e9couter ce que le cafard pourrait bien nous dire.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00ab&nbsp;T\u00e9moignage d\u2019un cafard en col\u00e8re&nbsp;\u00bb<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p><strong>Communication pr\u00e9sent\u00e9e par Jo\u00eblle Salomon Cavin au colloque&nbsp;<em><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geographiesofcare\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Geographies of Care, International Conference<\/a><\/em>,&nbsp;26-27 novembre 2020, Universit\u00e9 de Lausanne.&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Un article du journal Le Monde paru en avril 2020 \u00ab&nbsp;A la Cit\u00e9 U de Villeneuve-d\u2019Ascq, des jeunes livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames&nbsp;\u00bb, relatait les conditions de vie d\u00e9plorables d\u2019\u00e9tudiant\u00b7es durant le Covid dans une cit\u00e9 universitaire en France. En situation pr\u00e9caire, d\u00e9pendants de l\u2019aide alimentaire, confin\u00e9s dans les b\u00e2timents insalubres, ils ont d\u00fb cohabiter avec des cafards.&nbsp;Un cafard a souhait\u00e9 r\u00e9agir \u00e0 cet article. Voici son t\u00e9moignage.<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignleft size-large is-resized is-style-rounded\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2021\/09\/blatte-allemande.jpg\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2021\/09\/blatte-allemande-1024x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-7038\" width=\"243\" height=\"243\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2021\/09\/blatte-allemande-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2021\/09\/blatte-allemande-300x300.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2021\/09\/blatte-allemande-150x150.jpg 150w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2021\/09\/blatte-allemande-768x768.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2021\/09\/blatte-allemande.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 243px) 100vw, 243px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Blattella germanica<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Bonjour,&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de t\u00e9moigner et sortir de mon anonymat. Je suis un cafard (c\u2019est mon nom commun) ou une blatte germanique (c\u2019est mon nom scientifique&nbsp;<em>Blattella germanica<\/em>), c\u2019est comme vous pr\u00e9f\u00e9rez. Et je suis outr\u00e9e d\u2019\u00eatre toujours pr\u00e9sent\u00e9e comme une horrible bestiole. Soyons clair, si nous pullulons dans cette cit\u00e9 universitaire c\u2019est que ces b\u00e2timents sont parfaits pour nous. Les mat\u00e9riaux sont l\u00e9gers et mal joint\u00e9s, les briques creuses offrent autant de niches et d\u2019abris depuis lesquels nous pouvons circuler, \u00e0 l\u2019abri de la lumi\u00e8re, via les tuyauteries, les cloisons et les faux plafonds un peu moisis. L\u2019humidit\u00e9 permanente et la douce chaleur qui y r\u00e8gne sont parfaites pour nous.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019habitude, c\u2019est vrai nous sommes plut\u00f4t discrets. J\u2019appr\u00e9cie la nuit et me cache \u00e0 l\u2019abri de vos regards le jour. Si je vous croise, c\u2019est par m\u00e9garde, dans la cuisine, les sanitaires ou la chaufferie quand vous venez durant la nuit et allumez la lumi\u00e8re. Mais je d\u00e9guerpis alors rapidement. Avec le confinement, les logements universitaires \u00e9taient tout le temps plein. Personne n\u2019allait plus \u00e9tudier en biblioth\u00e8que ou travailler au McDo. Tout le monde \u00e9tudiait dans sa chambre, se parlait ou regardait son \u00e9cran jusqu&rsquo;aux petites heures du matin. S\u2019\u00e9veiller ensuite le plus tard possible leur permettait d\u2019\u00e9conomiser le co\u00fbt d\u2019un repas. Du coup, nos heures habituelles de sortie croisaient leurs insomnies. Alors voil\u00e0, la cohabitation est devenue plus \u00e9vidente, mais aussi plus difficile.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Votre d\u00e9sir d\u2019extermination avec votre guerre chimique<\/strong> <strong>n\u2019a fait que nous rendre plus r\u00e9sistants&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n<cite><em>Blattella germanica<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Mais, ce n\u2019\u00e9tait pas leurs pauvres bombes insecticides qui allaient nous faire partir. Avec elles se sont notamment les araign\u00e9es qui sont massacr\u00e9es, car elles ne d\u00e9guerpissent pas aussi vite que nous. Surtout, depuis le temps, nous nous sommes adapt\u00e9s \u00e0 tous les produits chimiques que vous pouvez d\u00e9velopper. Les plus r\u00e9sistantes d\u2019entre nous ou celles qui ont naturellement une r\u00e9pulsion aux produits utilis\u00e9s survivent et leurs descendants se multiplient. Ce n\u2019est rien d\u2019autre que la s\u00e9lection naturelle, comme l\u2019a dit ce brave Charles. Votre d\u00e9sir d\u2019extermination avec votre guerre chimique n\u2019a fait que nous rendre plus r\u00e9sistants tout en d\u00e9truisant nos pr\u00e9dateurs naturels. Et puis vous nous aidez tellement \u00e0 nous multiplier (mais j\u2019y reviendrai&nbsp;!).<\/p>\n\n\n\n<p>Si on trouve mes cong\u00e9n\u00e8res aussi bien dans les beaux quartiers que dans les quartiers d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s, c\u2019est toujours dans les beaux quartiers que vous d\u00e9ployez des mesures efficaces pour vous d\u00e9barrasser de moi.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Je suis le sympt\u00f4me de votre monde cass\u00e9 [\u2026] et profond\u00e9ment in\u00e9galitaire&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n<cite><em>Blattella germanica<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>C\u2019est pourquoi, je tiens \u00e0 clarifier un peu les choses, je ne suis pas le probl\u00e8me de ces \u00e9tudiant\u00b7e\u00b7s m\u00eame si j\u2019ai bien compris que je participe de leur mal \u00eatre. Depuis toujours, je suis le marqueur de la pauvret\u00e9 et de la d\u00e9gradation urbaine. Je suis aussi le signe d\u2019une certaine infamie sociale. Ma pr\u00e9sence traduit le mauvais entretien de l\u2019espace technique de la ville ou plut\u00f4t son impossible contr\u00f4le. Je suis le sympt\u00f4me de votre monde cass\u00e9, mal entretenu ou d\u00e9truit, d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 et profond\u00e9ment in\u00e9galitaire.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>\u00ab&nbsp;On peut porter des pathog\u00e8nes, mais ni plus ni moins que vos enfants ou votre voisinage, comme les actualit\u00e9s vous le rappellent&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n<cite><em>Blattella germanica<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Si je suis sorti de mon anonymat, c\u2019est aussi que j\u2019aimerais bien qu\u2019on me regarde autrement, car finalement, vous n\u2019avez pas grand-chose \u00e0 craindre de moi, de nous. Nous ne sommes vecteurs d\u2019aucune maladie. C\u2019est vrai que l\u2019on peut porter des pathog\u00e8nes, mais ni plus ni moins que vos enfants ou votre voisinage, comme les actualit\u00e9s vous le rappellent. C\u2019est seulement quand nous sommes nombreux que certains d\u2019entre vous deviennent allergiques sans parler des phobiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous ne sommes pas non plus signe de salet\u00e9 ou de manque d\u2019hygi\u00e8ne. Apprenez qu\u2019on nous trouve aussi bien dans les logements salles que dans ceux qui sont parfaitement nettoy\u00e9s. Nous arrivons chez vous, gr\u00e2ce \u00e0 vous, dans des emballages alimentaires provenant de votre supermarch\u00e9, dans des appareils \u00e9lectrom\u00e9nagers ou dans vos valises au retour des vacances.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre pr\u00e9sence traduit \u00e9galement l\u2019hospitalit\u00e9 de la conception du b\u00e2timent. Les vide-ordures ont \u00e9t\u00e9 notre viatique. Une autoroute d\u2019acc\u00e8s \u00e0 tous les \u00e9tages et de la nourriture disponible en permanence. Les canalisations derri\u00e8re les cloisons sont \u00e9galement merveilleuses. Une fois install\u00e9s, nous passons facilement d\u2019un immeuble \u00e0 l\u2019autre par les canalisations. Les immeubles dans les villes denses se touchent, c\u2019est bien pratique.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelque chose qui m\u2019a beaucoup agac\u00e9 les antennes durant la pand\u00e9mie, c\u2019est la mani\u00e8re dont vous vous \u00eates extasi\u00e9s devant la \u00ab&nbsp;Nature en ville&nbsp;\u00bb&nbsp;: les chevreuils \u00e0 Gen\u00e8ve, les canards \u00e0 Paris, les pieuvres dans les eaux de la lagune \u00e0 Venise. Que sais-je, encore&nbsp;? Vous avez admir\u00e9 le chant des merles et m\u00e9sanges redevenus audibles dans des quartiers o\u00f9 les voitures et autres rumeurs de la ville se sont, pour un temps, tues. Comme si la nature ce n\u2019est pas aussi nous&nbsp;? Quand on vous parle d\u2019animaux en ville vous ne pensez qu\u2019\u00e0 vos animaux de compagnie, vos chiens, vos chats et puis aux oiseaux et aux rats, mais tr\u00e8s peu aux insectes. Ah si, j\u2019oubliais, vous pensez aux admirables abeilles, si industrieuses et si n\u00e9cessaires \u00e0 la pollinisation. J\u2019en ai un peu ma claque qu\u2019on ne parle que d\u2019elles. Apr\u00e8s tout, elles sont l\u00e0 parce que les citadins les bichonnent et maintenant qu\u2019elles sont install\u00e9es partout sur les toits, ce sont les abeilles sauvages qui d\u00e9p\u00e9rissent, car elles doivent se d\u00e9carcasser pour encore trouver des fleurs \u00e0 butiner.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Vous croyez \u00eatre seuls chez vous&nbsp;? D\u00e9trompez-vous.&nbsp;Vous pouvez tomber sur une esp\u00e8ce inconnue dans votre salon&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n<cite><em>Blattella germanica<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>On ne pense jamais \u00e0 moi et aux insectes en g\u00e9n\u00e9ral alors qu\u2019ils sont partout en ville et en particulier dans vos habitations. Vous croyez \u00eatre seuls chez vous&nbsp;? D\u00e9trompez-vous. Votre appartement abrite quantit\u00e9 d\u2019insectes et d\u2019arthropodes. Beaucoup de ces animaux \u00ab&nbsp;domestiques&nbsp;\u00bb demeurent mal connus. Pourquoi&nbsp;? Parce que la plupart des entomologistes ne s\u2019int\u00e9ressent qu\u2019aux esp\u00e8ces les plus rares et situ\u00e9es dans les r\u00e9gions les plus recul\u00e9es du monde. Et oui, vous pouvez tomber sur une esp\u00e8ce inconnue dans votre salon. Je ne parle pas de moi, parce que faisant partie des animaux nuisibles, les entomologistes m\u2019ont beaucoup \u00e9tudi\u00e9e pour savoir comment me d\u00e9truire. La ran\u00e7on du succ\u00e8s en quelque sorte&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Pour la plupart d\u2019entre vous, nous ne sommes m\u00eame pas des animaux&nbsp;: nous sommes des bestioles, des salet\u00e9s, des nuisibles, des choses abjectes. Nous faisons partie d\u2019une nature r\u00e9pulsive, d\u2019une nature mal-aim\u00e9e, d\u2019une nature ni\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Partant, notre mise \u00e0 mort ne vous pose aucun probl\u00e8me par ce que nous vous d\u00e9goutons et que nous sommes nombreux.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Vos villes sont notre biome, notre habitat et m\u00eame notre Eldorado&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n<cite><em>Blattella germanica<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Vos discours sur la nature en ville me font doucement rigoler. S\u2019il faut parler de la part de nature sauvage de la ville, je ne vois pas de meilleur exemple que moi, que nous. Vos villes sont notre biome, notre habitat et m\u00eame notre Eldorado. Avant que les villes ne se d\u00e9veloppent, nous \u00e9tions une esp\u00e8ce parmi d\u2019autres. Notre vie \u00e9tait compliqu\u00e9e et br\u00e8ve. Mais la ville nous a offert tout ce dont nous avions besoin&nbsp;: un habitat chaud, humide et des coins sombres toute l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre esp\u00e8ce fait partie de la nature urbaine. La ville est bien notre milieu de vie. Nous sommes parfaitement adapt\u00e9es au climat de votre immeuble, sans saison. Nous sommes bien ce que l\u2019on peut appeler une nature sauvage, car si nous avons besoin de vous pour nous d\u00e9velopper, de votre confort domestique \u00e0 l\u2019abri des changements saisonniers, nous survenons en dehors de votre volont\u00e9, bien malgr\u00e9 vous, donc.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous occupons un espace que vous croyez ma\u00eetriser&nbsp;: l\u2019\u00e9chelle micro, celle de l\u2019intime, du chez soi. Nous profitons des merveilleux interstices de vos logis. Votre chez vous est aussi notre chez nous. Nous sommes uniquement forts et f\u00e9conds en votre pr\u00e9sence dans le confort de votre logement. C\u2019est peut-\u00eatre pour \u00e7a aussi que vous ne nous aimez pas. Nous appr\u00e9cions les m\u00eames conditions de vie que les v\u00f4tres, le confort de vos appartements et pourtant nous sommes radicalement \u00e9trangers \u00e0 vous. Habitant au plus pr\u00e8s de vous, nous amoindrissons la Ma\u00eetrise que vous croyez d\u00e9tenir de votre espace priv\u00e9. Nous faisons entrer la salet\u00e9 du dehors dans votre intimit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais voil\u00e0, loin de l\u2019id\u00e9e de la nature enchanteresse, vous ne voyez en nous que laideur et salet\u00e9. Nous ne correspondons pas \u00e0 l\u2019id\u00e9e que vous vous faites de la nature, de sa beaut\u00e9, de son harmonie.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Cafard&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;qui n\u2019a pas la foi&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;qui fuit la lumi\u00e8re&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n<cite><em>Blattella germanica<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Toutes les exp\u00e9riences que vous pouvez avoir avec nous sont entach\u00e9es par l\u2019univers symbolique dans lequel nous baignons et auquel vous nous associez&nbsp;: celui de la noirceur, de la tristesse, du sournois. Mes m\u0153urs nocturnes, ma couleur sombre, mon aversion pour la lumi\u00e8re jouent beaucoup dans les repr\u00e9sentations n\u00e9gatives \u00e0 mon \u00e9gard. Le mot cafard qui \u00e9merge au 16<sup>e<\/sup>&nbsp;vient de l\u2019arabe kafir \u00ab&nbsp;qui n\u2019a pas la foi&nbsp;\u00bb. Le mot a \u00e9t\u00e9 ensuite repris dans le sens d\u2019hypocrite ou de faux d\u00e9vots. Le terme de Blatte a \u00e9t\u00e9 forg\u00e9 par Pline pour signifier \u00ab&nbsp;qui fuit la lumi\u00e8re&nbsp;\u00bb. Plus tard, Baudelaire m\u2019associera aux id\u00e9es noires dans un po\u00e8me des&nbsp;Fleurs du mal&nbsp;intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;la destruction&nbsp;\u00bb&nbsp;: avoir le cafard\u2026 Cet univers symbolique nous prive de toute valeur. Votre culture nous rel\u00e8gue dans l\u2019indignit\u00e9, dans l\u2019insignifiance, dans l\u2019abjecte.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand le Su\u00e9dois Linn\u00e9 nous a qualifi\u00e9es de \u00ab&nbsp;germaniques&nbsp;\u00bb au 18<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, c\u2019est parce qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque les Su\u00e9dois combattaient les Prussiens. Linn\u00e9 a sans doute pens\u00e9 que blattes germaniques \u00e9tait un parfait sobriquet pour une esp\u00e8ce qu\u2019il ne devait pas trop aimer.<\/p>\n\n\n\n<p>La litt\u00e9rature foisonne de r\u00e9f\u00e9rences malheureuses \u00e0 notre \u00e9gard. Rappelez-vous de Gregor dans la M\u00e9tamorphose de Kafka qui se r\u00e9veille un matin transform\u00e9 en cafard. Les gens hurlent en le voyant, cherchent \u00e0 l\u2019\u00e9craser. Sa famille l\u2019enferme de peur que l\u2019on sache qu\u2019ils h\u00e9bergent un tel monstre dans leur logis. Gregor meurt seul dans sa chambre. Ses parents et sa s\u0153ur ador\u00e9e sont soulag\u00e9s de sa disparition, la vie pouvant enfin reprendre son cours normal, sans la honte d\u2019abriter une bestiole immonde.<\/p>\n\n\n\n<p>Rappelez-vous aussi ceux parmi vos semblables qui ont \u00e9t\u00e9 associ\u00e9s \u00e0 nous. Vous vous servez de nous pour insulter vos cong\u00e9n\u00e8res et signifier qu\u2019il faut s\u2019en d\u00e9barrasser. En 1994, le pouvoir hutu au Rwanda avait d\u00e9sign\u00e9 les Tutsis comme des \u00ab&nbsp;inyenzi&nbsp;\u00bb (des cafards) pour convaincre une population enti\u00e8re de prendre les machettes et massacrer un million de leurs voisins. Utilisant le m\u00eame genre d\u2019analogie que la propagande nazie \u00e9laborait \u00e0 l\u2019\u00e9gard des juifs pour justifier leur massacre, les extr\u00e9mistes hutus ont affirm\u00e9 que les tutsis repr\u00e9sentaient une vermine particuli\u00e8rement r\u00e9sistante et que si quelques cafards-inyenzi \u00e9taient \u00e9pargn\u00e9s, ils continueraient \u00e0 se multiplier et infester le pays.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Nous avons travers\u00e9 le monde entier avec vos bateaux, vos voitures et vos avions&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n<cite><em>Blattella germanica<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Et si, pour changer, vous essayiez de nous regarder autrement que comme des salet\u00e9s&nbsp;? Cela fait 350 millions d\u2019ann\u00e9es que nous sommes l\u00e0 et il y a beaucoup de chance pour qu\u2019on vous survive m\u00eame si on a tellement besoin de vous. Nous sommes originaires d\u2019Afrique et c\u2019est gr\u00e2ce au d\u00e9veloppement des \u00e9changes maritimes que nous nous sommes r\u00e9pandus en Occident au 16e si\u00e8cle. \u00c0 la fin du 19<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, nous \u00e9tions \u00e0 New York. Actuellement, nous sommes pr\u00e9sents dans toutes les villes du monde de l\u2019Alaska \u00e0 l\u2019Antarctique. Nous avons travers\u00e9 le monde entier avec vos bateaux, vos voitures et vos avions. Partout o\u00f9 la temp\u00e9rature et l\u2019humidit\u00e9 de ne varie pas trop, nous sommes pr\u00e9sents. D\u00e8s que vous installez le chauffage ou l\u2019air conditionn\u00e9, nous pouvons nous installer.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><strong>\u00ab&nbsp;Lorsqu\u2019un danger survient, nos jeunes se regroupent le plus souvent autour de leur m\u00e8re&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n<cite><em>Blattella germanica<\/em><\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Nous ne sommes pas difficiles. Nous nous nourrissons indiff\u00e9remment d\u2019aliments d\u2019origine animale ou v\u00e9g\u00e9tale et de d\u00e9tritus, ce qui nous garantit de presque toujours trouver de quoi nous restaurer. Nous communiquons par l\u2019interm\u00e9diaire de s\u00e9cr\u00e9tions de ph\u00e9romones pour s\u00e9duire nos cong\u00e9n\u00e8res, mais aussi pour leur faire savoir l\u2019existence d\u2019une bonne source de nourriture. Je passe d\u2019ailleurs beaucoup de temps \u00e0 nettoyer mes antennes, en les mettant dans ma bouche pour les l\u00e9cher. Elles doivent en effet \u00eatre parfaitement propres pour que je puisse communiquer avec mes semblables. Nous vivons en groupe. De nuit, dans vos cuisines c\u2019est pour \u00e7a que vous nous voyez la plupart du temps regroup\u00e9s. Ce gr\u00e9garisme augmente les chances de reproduction et r\u00e9duit les risques. Lorsqu\u2019un danger survient, nos jeunes se regroupent le plus souvent autour de leur m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Je sais que certains d\u2019entre vous aimeraient sinc\u00e8rement nous voir diff\u00e9remment, non pas comme des intrus, mais comme des esp\u00e8ces compagnes dans un monde \u00ab&nbsp;plus qu\u2019humain&nbsp;\u00bb. J\u2019aimerais bien qu\u2019on investisse mon histoire, mon milieu, mon territoire comme celui des chiens, des abeilles et m\u00eame, de la flore intestinale. J\u2019aimerais bien que vous fassiez un peu plus de place \u00e0 mon monde dans le v\u00f4tre. Que vous cessiez de me d\u00e9nigrer. Sans parler d\u2019affection, j\u2019aimerais bien que vous nous respectiez un peu&nbsp;: pour notre endurance, notre intelligence, notre adaptabilit\u00e9, nos comp\u00e9tences, en r\u00e9sum\u00e9 pour notre formidable animalit\u00e9 urbaine\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 dire vrai, je sais que ce n\u2019est pas facile. Je sais que m\u00eame les \u00eatres humains les plus bienveillants d\u2019entre vous, les plus oppos\u00e9s \u00e0 toute forme d\u2019oppression peuvent \u00eatre \u00e9branl\u00e9s par notre pr\u00e9sence. M\u00eame les plus pacifistes d\u2019entre vous ne souhaitent que notre disparition quand nous les croisons dans l\u2019intimit\u00e9 de leur salle de bain, sur les dalles de leur cuisine ou derri\u00e8re leurs assiettes bien rang\u00e9es dans les placards.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Mais merci quand m\u00eame de m\u2019avoir \u00e9cout\u00e9.<br>Bien animalement,<br>Un cafard sorti de son anonymat.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-28f84493 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<div class=\"wp-block-group has-background is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\" style=\"background-color:#f8f8f8\">\n<p>Ce projet de Jo\u00eblle Salomon Cavin (IGD) et Anne Freitag (MZL) a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 avec le concours de Nathalie Blanc (CNRS), Daniel Cherix (UNIL), Chantal Ebongu\u00e9 (MZL), Max Hagner, Studio KO, S\u00e9verine Trouilloud (<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.eprouvette-unil.ch\/\" target=\"_blank\">L\u2019\u00e9prouvette \/ Laboratoire sciences et soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019UNIL<\/a>), Timoth\u00e9e Br\u00fctsch (IGD, MZL, Myst\u00e8res) et l&rsquo;Association des amis du mus\u00e9e de zoologie (AAMZ).<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Site web du&nbsp;<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.zoologie.vd.ch\/expositions\/expositions-temporaires\/\" target=\"_blank\">Mus\u00e9e de zoologie de Lausanne<\/a><\/li>\n\n\n\n<li>Salomon Cavin et C. Granjou (2021),&nbsp;<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/serval.unil.ch\/en\/notice\/serval:BIB_F4CF17E41DF1\" target=\"_blank\">Quand l\u2019\u00e9cologie s\u2019urbanise<\/a>, UGA \u00e9ditions, Grenoble.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\"><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 la crois\u00e9e du Mus\u00e9e de zoologie de Lausanne (MZL) et de la Facult\u00e9 des g\u00e9osciences et de l\u2019environnement, une nouvelle exposition scientifique se dessine. Elle ouvrira ses portes de d\u00e9cembre 2022 \u00e0 juin 2023. Les conceptrices&nbsp;Jo\u00eblle Salomon Cavin&nbsp;&nbsp;(Institut de g\u00e9ographie et durabilit\u00e9) et Anne Freitag (MZL), b\u00e9n\u00e9ficiaires d\u2019une bourse&nbsp;FNS AGORA&nbsp;, sont aussi soutenues par [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1001921,"featured_media":7038,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":"","_links_to":"","_links_to_target":""},"categories":[67089,66905],"tags":[66997],"class_list":{"0":"post-7035","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-portraits-de-projets","8":"category-recherche-en-action","9":"tag-joelle-salomon-cavin"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7035","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001921"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7035"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7035\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7038"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7035"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7035"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7035"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}