{"id":403,"date":"2013-05-02T16:09:17","date_gmt":"2013-05-02T14:09:17","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/?p=403"},"modified":"2018-12-18T10:40:16","modified_gmt":"2018-12-18T09:40:16","slug":"retour-sur-critical-risk-research-practices-politics-and-ethics-un-ouvrage-paru-en-2012","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/2013\/05\/retour-sur-critical-risk-research-practices-politics-and-ethics-un-ouvrage-paru-en-2012\/","title":{"rendered":"Retour sur Critical Risk Research: Practices, Politics and Ethics, un ouvrage paru en 2012"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2013\/05\/critical_risk_pratices.jpg\" alt=\"Kearnes Critical_5:244 x 168 ppc\" width=\"180\" height=\"269\" class=\"alignleft size-full wp-image-405\" \/>Dans un contexte de nouvelles technologies et de changement climatique, la soci\u00e9t\u00e9 est expos\u00e9e \u00e0 des risques physiques, \u00e9cologiques, \u00e9conomiques et politiques que le domaine de l\u2019analyse du risque propose de g\u00e9rer et d\u2019anticiper. Stuart Lane est professeur ordinaire en g\u00e9omorphologie \u00e0 l\u2019Institut de g\u00e9ographie et durabilit\u00e9 de la FGSE depuis f\u00e9vrier 2011.<br \/>\n<!--more--><\/p>\n<p>Au cours du si\u00e8cle pass\u00e9, des \u00e9v\u00e9nements marquants tels que les accidents de  l&rsquo;usine de pesticides Union Carbide \u00e0 Bhopal, Inde, de l\u2019usine Three Mile Island et de Tchernobyl ont pouss\u00e9 la recherche du risque au centre des agendas politiques contemporains. Les chercheurs experts dans ce domaine sont souvent sollicit\u00e9s dans des contextes \u00ab\u00a0post-catastrophe\u00a0\u00bb pour aider aux efforts de reconstruction et d&rsquo;analyse des d\u00e9faillances institutionnelles. On peut consid\u00e9rer que les catastrophes, qui sont le r\u00e9sultat de facteurs de risques combin\u00e9s, permettent aux chercheurs de renforcer l\u2019appareillage th\u00e9orique et pratique de pr\u00e9vention et de gestion. Peut-on cependant mesurer les cons\u00e9quences des pires catastrophes et par l\u00e0-m\u00eame \u00e9viter leur occurrence ?<\/p>\n<p>Stuart Lane rappelle que leur gestion peut \u00eatre am\u00e9lior\u00e9e, \u00e0 d\u00e9faut de pouvoir les \u00e9viter. Pour exemple, des \u00e9v\u00e9nements tels que le tremblement de terre et le tsunami de T?hoku en 2011 au Japon et la crise de la centrale nucl\u00e9aire de Fukushima d\u00e9montrent l\u2019importance d\u2019anticiper les nouvelles menaces contemporaines, multifactorielles. A Fukushima, l\u2019aspect pluriel de la catastrophe met en \u00e9vidence \u00e0 la fois des cha\u00eenes de causalit\u00e9 complexes mais aussi les impacts dits \u00ab\u00a0en isolation\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0en combinaison\u00a0\u00bb. On entend par l\u00e0 les impacts directs sur la sant\u00e9 et les impacts indirects sur l\u2019environnement, leur dur\u00e9e, l\u2019\u00e9conomie, etc. Par ailleurs, le risque et la vuln\u00e9rabilit\u00e9 sont aujourd\u2019hui mondialis\u00e9s avec des chaines de causalit\u00e9 et des impacts qui ne respectent pas les fronti\u00e8res politiques, \u00e9conomique ou sociales. En Suisse, par exemple, Fukushima a suscit\u00e9 un v\u00e9ritable questionnement sur la viabilit\u00e9 d\u2019une politique \u00e9nerg\u00e9tique bas\u00e9e sur le nucl\u00e9aire. Cependant, la sortie du nucl\u00e9aire serait \u00e0 m\u00eame de g\u00e9n\u00e9rer une s\u00e9rie de nouveaux risques, eux-m\u00eames multifactoriels. Par exemple, si l\u2019\u00e9nergie nucl\u00e9aire \u00e9tait remplac\u00e9e par plus de combustibles fossiles, cela provoquerait des risques pour le climat mais aussi pour la soci\u00e9t\u00e9, si ces combustibles venaient de pays ou leur approvisionnement n\u2019est pas fiable.<\/p>\n<p>Il est donc n\u00e9cessaire de repenser le mod\u00e8le de bo\u00eete \u00e0 outils que les chercheurs utilisent habituellement dans le domaine des risques et de cr\u00e9er des outils plus larges et plus souples. C\u2019est l\u00e0 la contribution majeure du livre <em><strong>Critical Risk Research<\/strong><\/em>. Il plaide en faveur d&rsquo;une analyse engag\u00e9e de la recherche sur les risques et d\u2019un ensemble de pratiques de recherche qui consid\u00e8rent les int\u00e9r\u00eats et les agendas implicites dans les approches contemporaines comme un objet de r\u00e9flexion critique. Le livre \u00e9value la pertinence de la recherche dans le domaine des risques, et comment &#8211; et avec quels effets \u2013 la recherche sur les risques est pratiqu\u00e9e, articul\u00e9e et exploit\u00e9e. Ce livre remet en question la fa\u00e7on dont sont abord\u00e9s et pr\u00e9sent\u00e9s les probl\u00e8mes li\u00e9s aux risques. Il incite \u00e0 repenser la fa\u00e7on d&rsquo;aborder les risques en tenant compte des moyens complexes et impr\u00e9visibles au  travers lesquels ils se manifestent.<\/p>\n<p>\u00c0 titre d&rsquo;exemple, dans le chapitre <em>Ethical Risk Management<\/em>, Stuart Lane remet en question la division traditionnelle entre les experts qui sont cens\u00e9s \u00eatre capables de cartographier et de pr\u00e9voir les risques et les personnes qui vivent avec le risque. Traditionnellement, ce risque est g\u00e9r\u00e9 au travers de la communication, par ceux qui sont r\u00e9put\u00e9s avoir l&rsquo;expertise. Les experts sont souvent d\u00e9concert\u00e9s devant l\u2019inaction face \u00e0  leurs estimations des risques. Stuart Lane soutient cependant que cette inaction n&rsquo;est pas surprenante. Elle refl\u00e8te plut\u00f4t un biais d\u00fb \u00e0 une incompr\u00e9hension : ceux qui vivent avec le risque peuvent en avoir \u00e0 la fois une compr\u00e9hension tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9e mais aussi des strat\u00e9gies soigneusement adapt\u00e9es pour s\u2019y adapter. Les \u00e9changes entre les experts et les personnes qui vivent directement avec un risque devraient g\u00e9n\u00e9rer des solutions plus durables et efficaces. Le g\u00e9ographe confirme par ailleurs ce propos par son exp\u00e9rience de la gestion des risques d&rsquo;inondation.<\/p>\n<h6>R\u00e9f\u00e9rence bibliographique<\/h6>\n<p>Stuart Lane, Matthew Kearnes, Francisco Klauser, <strong>Critical Risk Research: Practices, Politics and Ethics<\/strong> 2012, Wiley-Blackwell, 256 p.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans un contexte de nouvelles technologies et de changement climatique, la soci\u00e9t\u00e9 est expos\u00e9e \u00e0 des risques physiques, \u00e9cologiques, \u00e9conomiques et politiques que le domaine de l\u2019analyse du risque propose de g\u00e9rer et d\u2019anticiper. Stuart Lane est professeur ordinaire en g\u00e9omorphologie \u00e0 l\u2019Institut de g\u00e9ographie et durabilit\u00e9 de la FGSE depuis f\u00e9vrier 2011.<\/p>\n","protected":false},"author":978,"featured_media":3963,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":"","_links_to":"","_links_to_target":""},"categories":[66905],"tags":[66981],"class_list":{"0":"post-403","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-recherche-en-action","8":"tag-stuart-lane"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/403","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/978"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=403"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/403\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3963"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=403"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=403"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=403"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}