{"id":2729,"date":"2017-05-31T20:33:50","date_gmt":"2017-05-31T18:33:50","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/?p=2729"},"modified":"2018-06-28T14:21:47","modified_gmt":"2018-06-28T12:21:47","slug":"se-changer-soi-meme-pour-changer-le-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/2017\/05\/se-changer-soi-meme-pour-changer-le-monde\/","title":{"rendered":"Se changer soi-m\u00eame pour changer le monde"},"content":{"rendered":"<h6>Face \u00e0 l&rsquo;urgence \u00e9cologique, l\u2019\u00e9cospiritualit\u00e9 invite \u00e0 une \u00ab\u00a0transition int\u00e9rieure\u00a0\u00bb<\/h6>\n<p>En avril 2017, un week-end sur l&rsquo;\u00e9cospiritualit\u00e9 avait lieu \u00e0 l&rsquo;Institut oecum\u00e9nique de Bossey. Organis\u00e9 sur l&rsquo;initiative de Michel Maxime Egger, responsable du <a href=\"https:\/\/painpourleprochain.ch\/transition-interieure\/\">Laboratoire de transition int\u00e9rieure<\/a> de l\u2019organisation Pain pour le Prochain, le rendez-vous a rassembl\u00e9 une soixantaine d&rsquo;acteurs du domaine. Face \u00e0 l&rsquo;urgence \u00e9cologique, cet \u00e9v\u00e9nement r\u00e9v\u00e8le une volont\u00e9 d&rsquo;int\u00e9grer une dimension r\u00e9solument int\u00e9rieure aux solutions propos\u00e9es pour r\u00e9duire notre empreinte \u00e9cologique. C&rsquo;est le c\u00e9l\u00e8bre adage \u00ab\u00a0se changer soi-m\u00eame pour changer le monde\u00a0\u00bb.<!--more--><\/p>\n<p>En ceci, l&rsquo;\u00e9cospiritualit\u00e9 nous invite \u00e0 regarder en nous-m\u00eame afin d&rsquo;op\u00e9rer une \u00ab\u00a0transition int\u00e9rieure\u00a0\u00bb, condition compl\u00e9mentaire essentielle \u00e0 une transition de notre mod\u00e8le socio-\u00e9conomique actuel. Mais de quoi est fait cet \u00ab\u00a0int\u00e9rieur\u00a0\u00bb? Il englobe notamment nos valeurs, nos repr\u00e9sentations du monde, mais aussi nos conceptions de ce que nous appelons \u00ab\u00a0la nature\u00a0\u00bb, dont nous nous serions, en tant qu&rsquo;humains modernes occidentaux, d\u00e9connect\u00e9s. Le constat para\u00eet simple : il s&rsquo;agit de nous \u00ab\u00a0reconnecter\u00a0\u00bb \u00e0 cette nature afin de nous changer nous-m\u00eame pour changer le monde.<\/p>\n<p>Dans le domaine religieux, cette reconnexion passe par une (re)d\u00e9couverte de Dieu dans la cr\u00e9ation. Mais comme le pr\u00e9cise tr\u00e8s justement un intervenant dans l&rsquo;\u00e9mission <a href=\"https:\/\/www.rts.ch\/play\/radio\/babel\/audio\/ecospiritualite-un-moyen-de-recreer-du-sens?id=8600620\">Babel<\/a> de la RTS, le d\u00e9veloppement d&rsquo;une \u00e9cospiritualit\u00e9 se veut large et ne se restreint ainsi pas \u00e0 une tradition religieuse en particulier. En effet, la question de la d\u00e9connexion humain-nature peut se lire et se comprendre dans une perspective qui d\u00e9passe toute forme de religion. <\/p>\n<p>Moins connu du grand public, le champ de la psychologie existentielle propose des pistes pour expliquer les raisons profondes de cette d\u00e9connexion. Des \u00e9tudes exp\u00e9rimentales ont montr\u00e9 que le rappel de notre propre mortalit\u00e9 \u00e9tait associ\u00e9 \u00e0 un d\u00e9sint\u00e9r\u00eat pour les questions environnementales, et \u00e0 un rejet plus important de toute identification aux autres animaux.<\/p>\n<p>Autrement dit, il semble que la conscience de notre propre mortalit\u00e9 puisse engendrer des r\u00e9actions de rejet en regard de notre appartenance \u00e0 la nature. En ceci, selon cette perspective, les relations humaines au monde naturel constituent un enjeu existentiel majeur. En effet, bien qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui nous puissions avoir le sentiment d&rsquo;\u00eatre d\u00e9connect\u00e9s de la nature, que ce soit par nos modes de vie ou notre habitat majoritairement urbains, la nature autour de nous, dans ce qu&rsquo;elle a de visible, nous rappelle en permanence que nous lui appartenons, et que nous sommes soumis \u00e0 ses lois et ses rythmes. Ce rappel peut \u00eatre discret, quand nous observons les effets des saisons sur les arbres qui nous entourent, ou plus brutal, lors d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements marquants comme des tremblements de terre ou de fortes s\u00e9cheresses. <\/p>\n<p>Ainsi, au travers d&rsquo;exercices de reconnexion \u00e0 la nature, ou de recherche de Dieu dans la cr\u00e9ation, l&rsquo;enjeu est bien d&rsquo;entrer en dialogue avec nous-m\u00eame, et d&rsquo;entamer une confrontation plus ou moins douce avec notre propre finitude. Cela \u00e9tant dit, les exp\u00e9riences dans la nature sont \u00e9galement porteuses d&rsquo;un pouvoir potentiellement apaisant, lorsque nous ressentons un lien fort \u00e0 ce Tout qui nous d\u00e9passe, ou lorsque nous nous sentons simplement accept\u00e9s pour ce que nous sommes. Qui n&rsquo;a jamais ressenti lors d&rsquo;une ballade une forme d&rsquo;\u00e9merveillement \u00e0 la rencontre fortuite d&rsquo;une biche ou de tout autre animal non domestiqu\u00e9 ? Ainsi, nos exp\u00e9riences en milieu naturel nous r\u00e9v\u00e8lent une relation \u00e0 nous-m\u00eame domin\u00e9e potentiellement par deux tendances, comme deux faces d&rsquo;une m\u00eame pi\u00e8ce, entre acceptation et n\u00e9gation de notre propre condition humaine.<\/p>\n<p>La psychologie existentielle permet d&rsquo;\u00e9clairer cet enjeu qui appara\u00eet de mani\u00e8re implicite dans l&rsquo;\u00e9vocation du terme d&rsquo;\u00e9cospiritualit\u00e9. Elle invite \u00e9galement quiconque \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 cet enjeu, ind\u00e9pendamment de son bagage religieux ou spirituel. Plus largement, l&rsquo;\u00e9cospiritualit\u00e9 pourrait devenir l\u2019interpr\u00e8te d&rsquo;une cohabitation harmonieuse entre diff\u00e9rentes croyances, avec pour socle commun cette entit\u00e9 que nous appelons \u00ab\u00a0nature\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2017\/05\/sarahkoller-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" class=\"alignleft size-thumbnail wp-image-2734\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2017\/05\/sarahkoller-150x150.jpg 150w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2017\/05\/sarahkoller-160x160.jpg 160w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2017\/05\/sarahkoller-320x320.jpg 320w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2017\/05\/sarahkoller.jpg 200w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><em>Sarah Koller est assistante doctorante \u00e0 l&rsquo;Institut de g\u00e9ographie et durabilit\u00e9<\/em><br \/>\n<div class=\"su-spacer\" style=\"height:0px\"><\/div>\n<strong>Lectures compl\u00e9mentaires<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Egger, Michel Maxime (2012). <em>La Terre comme soi-m\u00eame, Rep\u00e8res pour une \u00e9cospiritualit\u00e9.<\/em> Gen\u00e8ve: Labor et Fides.<\/li>\n<li>Macy, Joanna et Brown, Molly Young (2008). <em>Ecopsychologie pratique et rituels pour la Terre ?: Retrouver un lien vivant avec la nature<\/em>. Gap: Le Souffle d\u2019Or.<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Face \u00e0 l&rsquo;urgence \u00e9cologique, l\u2019\u00e9cospiritualit\u00e9 invite \u00e0 une \u00ab\u00a0transition int\u00e9rieure\u00a0\u00bb En avril 2017, un week-end sur l&rsquo;\u00e9cospiritualit\u00e9 avait lieu \u00e0 l&rsquo;Institut oecum\u00e9nique de Bossey. Organis\u00e9 sur l&rsquo;initiative de Michel Maxime Egger, responsable du Laboratoire de transition int\u00e9rieure de l\u2019organisation Pain pour le Prochain, le rendez-vous a rassembl\u00e9 une soixantaine d&rsquo;acteurs du domaine. 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