{"id":2467,"date":"2016-12-08T10:58:32","date_gmt":"2016-12-08T09:58:32","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/?p=2467"},"modified":"2021-12-16T15:09:00","modified_gmt":"2021-12-16T14:09:00","slug":"repenser-les-parcs-nationaux-a-laube-du-changement-climatique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/2016\/12\/repenser-les-parcs-nationaux-a-laube-du-changement-climatique\/","title":{"rendered":"Repenser les Parcs nationaux \u00e0 l\u2019aube du changement climatique"},"content":{"rendered":"<p>La pens\u00e9e occidentale depuis les Lumi\u00e8res se nourrit de l\u2019id\u00e9e que l\u2019Homme et la nature sont deux entit\u00e9s de nature diff\u00e9rente, distinctes et autonomes. L\u2019\u00e9mergence des Parcs nationaux (dits aussi Parcs naturels) \u00e0 la fin du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle aux USA d\u00e9coule d\u2019ailleurs de cette id\u00e9e. La s\u00e9paration conceptuelle et territoriale de l\u2019Homme et la nature est particuli\u00e8rement pr\u00e9sente dans la d\u00e9finition du Parc national suisse, au sein duquel \u00ab\u00a0la nature est soustraite \u00e0 toutes les interventions de l\u2019homme et o\u00f9, en particulier, l\u2019ensemble de la faune et de la flore est laiss\u00e9 \u00e0 son \u00e9volution naturelle\u00a0\u00bb (Loi sur la Parc national suisse, 1980).<!--more--><\/p>\n<p>Dans ce contexte, le changement climatique remet fondamentalement en question l\u2019existence de tel parc, mais \u00e9galement le dualisme moderne qui a vu \u00e9merg\u00e9 ces parcs. Premi\u00e8rement, autant la faune que la flore prot\u00e9g\u00e9es au sein des parcs ont tendance \u00e0 migrer en suivant l\u2019\u00e9volution des temp\u00e9ratures et ne se circonscrivent plus aux limites des parcs. La conception d\u2019une nature que l\u2019Homme peut contenir dans le temps et l\u2019espace est mise \u00e0 mal. Deuxi\u00e8mement, les al\u00e9as climatiques nous rappellent plus que jamais notre lien \u00e0 la nature, car c\u2019est l\u2019habitat m\u00eame de l\u2019Homme qui est touch\u00e9. La conception de l\u2019Homme moderne dans sa qu\u00eate de domination de la nature s\u2019\u00e9croule elle-aussi.<\/p>\n<p>Face \u00e0 ces limites du mod\u00e8le occidental dans un tel contexte, l\u2019interpr\u00e9tation japonaise des Parcs naturels est particuli\u00e8rement \u00e9clairante. La conception japonaise de la nature, influenc\u00e9e entre autres par le Bouddhisme, est proche d\u2019une conception cosmique\u00a0: la nature est le Tout ultime, Hommes y compris. Dans cette impossibilit\u00e9 de penser la s\u00e9paration Homme-Nature au Japon, les Parcs ont \u00e9t\u00e9 investis comme de lieux privil\u00e9gi\u00e9s de rencontres, dans lesquels c\u2019est moins la nature qui est prot\u00e9g\u00e9e, qu\u2019une certaine relation entre Homme et nature.  L\u2019id\u00e9e est, qu\u2019\u00e0 travers une certaine exp\u00e9rience de la nature, l\u2019Homme est incit\u00e9 \u00e0 se r\u00e9inscrire dans la dynamique naturelle. Autrement dit, apr\u00e8s avoir exp\u00e9riment\u00e9 la nature extraordinaire des Parcs nationaux, il serait plus enclin \u00e0 prendre soin de la nature ordinaire, quotidienne, locale. N\u2019est-ce pas l\u00e0 une interpr\u00e9tation fertile \u00e0 repenser autrement le r\u00f4le des Parcs nationaux dans cette p\u00e9riode de changement\u00a0?<\/p>\n<p>Leila Chakroun, Assistante doctorante \u00e0 l\u2019IGD (UNIL)<br \/>\nSur la base du m\u00e9moire <strong>\u00ab\u00a0Conception of nature underlying Japan\u2019s natural parks\u00a0\u00bb<\/strong> (2015)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La pens\u00e9e occidentale depuis les Lumi\u00e8res se nourrit de l\u2019id\u00e9e que l\u2019Homme et la nature sont deux entit\u00e9s de nature diff\u00e9rente, distinctes et autonomes. 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