{"id":2257,"date":"2016-08-30T14:29:24","date_gmt":"2016-08-30T12:29:24","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/?p=2257"},"modified":"2024-06-07T15:09:35","modified_gmt":"2024-06-07T13:09:35","slug":"sur-la-route-du-changement-climatique-en-alaska","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/2016\/08\/sur-la-route-du-changement-climatique-en-alaska\/","title":{"rendered":"Sur la route du changement climatique en Alaska"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-buttons is-content-justification-right is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-e351d09b wp-block-buttons-is-layout-flex\" style=\"margin-top:0;margin-bottom:0\">\n<div class=\"wp-block-button is-style-outline is-style-outline--1\"><a class=\"wp-block-button__link has-white-color has-accent-3-background-color has-text-color has-background has-link-color has-border-color has-accent-1-border-color has-medium-font-size has-text-align-right has-custom-font-size wp-element-button\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/category\/travaux-detudiants\/\" style=\"border-width:1px;border-radius:40px;padding-top:var(--wp--preset--spacing--20);padding-right:var(--wp--preset--spacing--30);padding-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);padding-left:var(--wp--preset--spacing--30)\"><strong>Travaux d&rsquo;\u00e9tudiant\u00b7es<\/strong><\/a><\/div>\n<\/div>\n\n\n<figure class=\"wp-block-post-featured-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"672\" height=\"372\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/cartealaska-672x372.png\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"\" style=\"object-fit:cover;\" \/><\/figure>\n\n\n<p>Du Danemark, en passant par la Norv\u00e8ge puis traversant la Sib\u00e9rie pour se terminer en Alaska. Tel est l&rsquo;itin\u00e9raire sur la route du Grand Nord qu&rsquo;ont parcouru cet \u00e9t\u00e9 sept \u00e9quipes de journalistes du quotidien <em>24Heures<\/em>, accompagn\u00e9es de jeunes scientifiques romands. La mission de ce reportage estival est d&rsquo;appr\u00e9hender les impacts du changement climatique dans ces r\u00e9gions extr\u00eames. Ce processus de r\u00e9chauffement est complexe, les journalistes sont alors charg\u00e9s de l&rsquo;observer tant du point de vue du scientifique que de celui de l&rsquo;autochtone, la r\u00e9alit\u00e9 de ce dernier \u00e9tant parfois boulevers\u00e9e par cette \u00e9volution du climat. Les effets sur la g\u00e9opolitique du nord, \u00e0 l&rsquo;instar du nouveau passage maritime du nord-est, potentiellement lib\u00e9r\u00e9 des glaces, est \u00e9galement le sujet de ce reportage.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre \u00e9quipe, compos\u00e9e de trois journalistes et d&rsquo;une \u00e9tudiante, s&rsquo;est envol\u00e9e vers l&rsquo;Alaska pour la derni\u00e8re \u00e9tape du reportage. La premi\u00e8re vision du Grand Nord s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e depuis l&rsquo;avion qui relie Francfort \u00e0 Anchorage. Apr\u00e8s quelques heures de vol, nous apercevons les c\u00f4tes du Groenland. Heureux de sentir l&rsquo;aventure commencer, nous tentons de capturer des images de cette \u00e9tendue blanche \u00e0 la topographie passablement escarp\u00e9e. Le Grand Nord, enfin&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Fairbanks \u2013 Latitude&nbsp;: 64\u00b0 50\u2019<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re \u00e9tape du voyage se d\u00e9roule \u00e0 Fairbanks, qui se dessine en une organisation caract\u00e9ristique des villes d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord avec son quadrillage central des rues, qui se d\u00e9lite au fur et \u00e0 mesure que l&rsquo;on s&rsquo;\u00e9loigne du \u00ab&nbsp;centre&nbsp;\u00bb. La voiture, ou plut\u00f4t le pick-up y est roi, ce qui \u00e9tend le p\u00e9rim\u00e8tre&nbsp;urbanis\u00e9 sur des distances effarantes pour les voyageurs venus de Suisse, pays dans lequel chaque m\u00e8tre carr\u00e9 compte, ou presque.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignright\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska2.jpg\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"213\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska2-300x213.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4221\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska2-300x213.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska2-768x546.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska2-1024x728.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska2.jpg 1125w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Centre ville de Fairbanks (Source : Aude Weber)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Toutefois, le mode de transport privil\u00e9gi\u00e9 des Am\u00e9ricains n&rsquo;est pas le seul responsable de cette urbanisation extensive et foresti\u00e8re, car il faut l&rsquo;admettre, Fairbanks est une v\u00e9ritable ville-for\u00eat, les constructions se fondant progressivement dans la masse de branchages d\u2019\u00e9pinettes noires. Notre \u00ab&nbsp;cabine&nbsp;\u00bb est d&rsquo;ailleurs situ\u00e9e dans le p\u00e9rim\u00e8tre urbain de l\u2019arrondissement (\u00ab&nbsp;borough&nbsp;\u00bb) de Fairbanks, alors que nos premiers voisins sont majoritairement des \u00e9pineux et des feuillus. Ce dispersement des constructions est aussi le r\u00e9sultat d&rsquo;un besoin d&rsquo;adaptation aux contraintes de l&rsquo;environnement, \u00e0 savoir les zones humides mais surtout le permafrost, dont les poches situ\u00e9es de mani\u00e8re disparate sur le territoire de Fairbanks orientent le d\u00e9veloppement de la ville.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est d&rsquo;abord difficile de construire sur un sol gel\u00e9 en permanence, cela n\u00e9cessite l&rsquo;intervention d&rsquo;engins de construction puissants, si l\u2019on veut cr\u00e9er des fondations solides.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignleft\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska1.jpg\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"192\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska1-300x192.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4222\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska1-300x192.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska1-768x491.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska1-1024x655.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska1.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Constructions subissant la fonte du perg\u00e9lisol (Source\u00a0: Chlo\u00e9 Banerjee-Din)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Mais le plus important est que le permafrost n&rsquo;est plus stable depuis plusieurs ann\u00e9es. Il a tendance \u00e0 fondre en \u00e9t\u00e9, ce qui provoque une instabilit\u00e9 des b\u00e2timents. Des techniques de construction ont alors \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es pour parer \u00e0 cette \u00e9ventualit\u00e9 de plus en plus courante avec un changement climatique qui affole les temp\u00e9ratures&nbsp;: il s&rsquo;agit de b\u00e2tir sur des pieux enfonc\u00e9s dans le sol, qui permettent de modifier la hauteur de la maison par rapport aux mouvements du sol lorsque le permafrost fond. N\u00e9anmoins, il n&rsquo;est pas rare de rencontrer des maisons pr\u00e9sentant tout sauf une assise horizontale, faute de moyens pour une telle installation, ou simplement de pr\u00e9cautions.<div class=\"su-spacer\" style=\"height:0px\"><\/div>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Dalton Highway<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s deux jours \u00e0 Fairbanks, nous prenons la route pour rejoindre le nord jusqu&rsquo;\u00e0 la mer de Beaufort. Il ne s&rsquo;agit pas des habituelles highway larges d&rsquo;au moins quatre pistes&nbsp;: nous empruntons la Dalton Highway, ouverte au public il y a une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es, qui peut se transformer tr\u00e8s vite en piste tout juste praticable&nbsp;! Elle a \u00e9t\u00e9 construite au milieu des ann\u00e9es 70 pour le d\u00e9veloppement de l&rsquo;exploitation p\u00e9troli\u00e8re \u00e0 Prudhoe Bay. Le p\u00e9trole, nerf de la guerre du r\u00e9chauffement climatique, repr\u00e9sente en effet selon certains sp\u00e9cialistes le 90% des ressources \u00e9conomiques de l&rsquo;Etat d&rsquo;Alaska.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;extraction au nord du continent se fait dans des conditions extr\u00eames : glace, temp\u00e9ratures en dessous de -40\u00b0 C en hiver et absence d&rsquo;infrastructures sur des centaines de kilom\u00e8tres couverts par la toundra. Ainsi, pour des raisons pratiques et logistiques, le proc\u00e9d\u00e9 de raffinage est \u00e9labor\u00e9 au sud&nbsp;; le p\u00e9trole est donc transport\u00e9 brut via un pipeline traversant l&rsquo;Alaska du nord au sud, v\u00e9ritable colonne vert\u00e9brale \u00e9conomique de cet ancien territoire russe&nbsp;! Ainsi est n\u00e9e la mythique Dalton Highway, principal moyen de construction et aujourd\u2019hui de gestion du serpent m\u00e9tallique qui sillonne le territoire de l\u2019Alaska.<\/p>\n\n\n\n<p>La route que nous empruntons suit pratiquement dans sa totalit\u00e9 le tron\u00e7on du pipeline, hormis les secteurs enterr\u00e9s. Le d\u00e9part se situe \u00e0 plusieurs miles de Fairbanks, mais nous rencontrons d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;ol\u00e9oduc avant d&rsquo;aborder la Dalton Highway.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska4.jpg\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"362\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska4.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4223\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska4.jpg 1000w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska4-300x109.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska4-768x278.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">L&rsquo;ol\u00e9oduc depuis la Dalton Highway (Source : Aude Weber)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9but de la route nous plonge dans l&rsquo;immensit\u00e9 de la for\u00eat bor\u00e9ale, des \u00e9pinettes noires \u00e0 perte de vue. Jusqu&rsquo;au moment o\u00f9 apparaissent les premiers signes des feux de for\u00eats qui ravagent ce territoire chaque \u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9 comme destructeur, au contraire, il permet de r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer la v\u00e9g\u00e9tation de mani\u00e8re cyclique. L&rsquo;intervention de l&rsquo;homme reste toutefois un \u00e9l\u00e9ment majeur en premier lieu car, dans 60% des d\u00e9parts de feu, l&rsquo;origine est anthropique. N\u00e9anmoins, on estime que 90% de la totalit\u00e9 des surfaces br\u00fbl\u00e9es a une origine naturelle&nbsp;: la foudre&nbsp;! L&rsquo;homme ajoute cependant un deuxi\u00e8me facteur dans ce ph\u00e9nom\u00e8ne avec l&rsquo;impact qu&rsquo;il a sur le climat&nbsp;: le r\u00e9chauffement terrestre global provoque en effet un ass\u00e8chement de la for\u00eat et de la v\u00e9g\u00e9tation au sol et les feux deviennent alors plus fr\u00e9quents et plus fulgurants dans leur propagation. Cette intensification des feux d\u00e9truit un r\u00e9servoir majeur de CO<sub>2<\/sub>, la for\u00eat bor\u00e9ale, qui lib\u00e8re alors son carbone dans l&rsquo;atmosph\u00e8re. Dans cette boucle r\u00e9troactive, la fonte du permafrost, acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e par les feux qui r\u00e9chauffent le sol et le d\u00e9munissent de sa protection, lib\u00e8re le m\u00e9thane qu&rsquo;il contient, amplifiant venant amplifier encore la lib\u00e9ration de gaz \u00e0 effet de serre dans l&rsquo;atmosph\u00e8re&nbsp;: le m\u00e9thane pr\u00e9sente un effet vingt-trois fois sup\u00e9rieur \u00e0 celui gaz carbonique dans ce processus.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;\u00e9tendue des for\u00eats calcin\u00e9es nous surprend, mais nous comprenons qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une part d&rsquo;un cycle naturel et que d&rsquo;autre part, toute intervention directe pour \u00e9teindre ces feux serait inconcevable au regard de l\u2019immensit\u00e9 \u00e0 couvrir.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignnone is-resized wp-image-2270 size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"242\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska3.png\" alt=\"For\u00eat calcin\u00e9e sur la Dalton Highway (Source : Aude Weber)\" class=\"wp-image-2270\" style=\"width:736px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska3.png 500w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska3-300x145.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">For\u00eat calcin\u00e9e sur la Dalton Highway (Source : Aude Weber)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Sur notre route nous rencontrons de nombreux personnages, des chauffeurs poids-lourds, des arch\u00e9ologues, des ouvriers. En dehors du p\u00e9trole, la Dalton Highway semble occuper un microcosme de personnalit\u00e9s qui ont tous une histoire \u00e0 raconter, que ce soit au sujet de la construction du pipeline, de la cueillette des myrtilles sauvages aux abords de la Dalton ou de l\u2019\u00e9tat de la route d\u00e9fonc\u00e9e par les rudes et longs hivers.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous passons nos nuits dans des campements initialement am\u00e9nag\u00e9s pour la construction du pipeline puis qui ont \u00e9t\u00e9 reconvertis pour l\u2019h\u00e9bergement des chauffeurs poids-lourds. A pr\u00e9sent on y rencontre \u00e9galement des touristes. Le container semble \u00eatre le mode d\u2019habitation typique le long de cette route.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Toolik Field Station \u2013 Latitude&nbsp;: 68\u00b0 38\u2019<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Au troisi\u00e8me jour de notre p\u00e9riple routier, nous rencontrons un nouvel environnement, la toundra, et avec lui notre prochaine \u00e9tape, la Toolik Field Station. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une base scientifique de biologie arctique ouverte en 1975 et qui a vu d\u00e9filer au fil des ann\u00e9es de nombreux sp\u00e9cialistes. Nous avons eu la chance de pouvoir y s\u00e9journer, de go\u00fbter un bref moment \u00e0 la vie sur le terrain dans le Grand Nord et surtout de pouvoir nous pencher sur certains des travaux men\u00e9s actuellement.<\/p>\n\n\n\n<p>Jianwu Tang est un sp\u00e9cialiste du cycle du carbone, dont la recherche actuelle porte sur l&rsquo;adaptation des plantes de la toundra au r\u00e9chauffement climatique. Il pr\u00e9sente son travail selon deux sc\u00e9narios : le premier consid\u00e8re que la fonte du permafrost va inexorablement engendrer une plus grande lib\u00e9ration de gaz carbonique et de m\u00e9thane dans l&rsquo;atmosph\u00e8re. Le deuxi\u00e8me \u00e9met l&rsquo;hypoth\u00e8se que les plantes pr\u00e9sentes dans la toundra s\u2019adapteront au changement et qu&rsquo;elles pourront potentiellement absorber une plus grande quantit\u00e9 de CO2 gr\u00e2ce \u00e0 une amplification du proc\u00e9d\u00e9 de photosynth\u00e8se. Cela formerait ainsi une r\u00e9troaction n\u00e9gative dans le processus de r\u00e9chauffement. Afin de mettre en pratique et tester les deux hypoth\u00e8ses, de la v\u00e9g\u00e9tation est transplant\u00e9e \u00e0 un degr\u00e9 de latitude plus au sud (ce qui pourrait, selon les pr\u00e9visions, correspondre au futur climat de la station scientifique).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignright\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska5.jpg\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"159\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska5-300x159.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4224\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska5-300x159.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska5-768x406.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska5-1024x542.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska5.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Chambres ouvertes pour l&rsquo;\u00e9tude du comportement des plantes (Source : Aude Weber)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>L&rsquo;autre moyen mis en \u0153uvre est l&rsquo;installation de chambres ouvertes, permettant de simuler les conditions de l&rsquo;effet de serre futur selon les mod\u00e8les connus aujourd\u2019hui. Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent ces recherches ont conclu que la g\u00e9n\u00e9tique de la plante est plus forte que sa capacit\u00e9 d&rsquo;adaptation et qu\u2019un manque de nutriments risque de freiner son d\u00e9veloppement. Cela signifie qu&rsquo;une plus grande captation du CO2 n&rsquo;est pas vraisemblable, au regard des recherches men\u00e9es jusque l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Les enjeux du changement climatique ont \u00e9t\u00e9 abord\u00e9s avec plusieurs scientifiques de la base. Ils sont unanimement d&rsquo;accord sur le fait que l&rsquo;Arctique repr\u00e9sente un terrain de recherche majeur dans ce domaine, ne serait-ce que par la concentration en gaz carbonique et en m\u00e9thane qu&rsquo;il repr\u00e9sente. Toutefois, certains avancent prudemment, ne pr\u00e9f\u00e9rant pas confirmer de mani\u00e8re absolue le constat d\u2019un r\u00e9el ph\u00e9nom\u00e8ne de r\u00e9chauffement climatique, tout en pr\u00e9cisant que de nombreux indices laissent \u00e0 penser qu&rsquo;il a bel et bien lieu. La plus grande crainte pour le moment se dessine \u00e0 l\u2019horizon de l&rsquo;automne 2016. Tous s&rsquo;accordent sur le fait qu&rsquo;un pr\u00e9sident Trump pourrait r\u00e9duire \u00e0 n\u00e9ant le financement de leurs futures recherches.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Deadhorse \u2013 Latitude&nbsp;: 70\u00b0 12\u2019<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Arriv\u00e9s au bout de la Dalton Highway, c&rsquo;est un paysage d\u00e9sol\u00e9 qui nous accueille, une ville-containers. Deadhorse constitue un \u00e9norme campement en dur comprenant containers d&rsquo;habitation et monstrueux engins de chantier, \u00e9tablie uniquement pour l&rsquo;exploitation des champs p\u00e9troliers de Prudhoe Bay. Car il faut \u00eatre averti, en arrivant au bout de cette route interminable&nbsp;: ce n&rsquo;est pas la mer de Beaufort qui nous accueille mais une ville sans habitants officiels, qui compte pourtant 3\u2019000 travailleurs en permanence, chacun travaillant 12 heures par jour et ayant le droit de rentrer chez lui deux semaines par mois. L&rsquo;organisation rappelle celle d&rsquo;une plateforme p\u00e9troli\u00e8re. La surface balay\u00e9e par le vent, la proximit\u00e9 de l&rsquo;exploitation \u00e0 la mer et l\u2019accessibilit\u00e9 principale par les airs renforcent encore cette impression. Par contre, on ne rencontrerait pas \u00ab&nbsp;offshore&nbsp;\u00bb un caribou ou un ours entre deux forages, comme c\u2019est le cas \u00e0 Prudhoe Bay&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9serves d&rsquo;or noir \u00e0 extraire s&rsquo;amenuisant, un nouveau projet d&rsquo;exploitation est \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude, un gazoduc. Ce dernier permettrait la prolongation du pr\u00e9l\u00e8vement des ressources du site et garantirait une continuit\u00e9 dans la production \u00e9conomique majeure de l&rsquo;Alaska. Ce nouveau pipeline traverserait \u00e9galement l&rsquo;Etat du nord au sud, mais avec pour destination une localit\u00e9 \u00e0 l\u2019ouest de Valdez, qui voit arriver l\u2019actuel ol\u00e9oduc. La survie de cette manne financi\u00e8re est d&rsquo;autant plus encourag\u00e9e qu&rsquo;elle arrose individuellement chaque r\u00e9sident de l&rsquo;Alaska en fonction des b\u00e9n\u00e9fices annuels par le biais d\u2019un dividende personnel variant de 300 \u00e0 2\u2019000 dollars. De plus, les ethnies natives ont scell\u00e9 un accord financier concernant leurs droits sur les terres exploit\u00e9es, permettant \u00e0 leurs corporations de brasser des millions de dollars et d&rsquo;augmenter ainsi leur niveau de vie, \u00e0 l&rsquo;instar des Inupiats, largement majoritaires dans la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Barrow \u2013 Latitude&nbsp;: 71\u00b0 18\u2019<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Depuis Deadhorse &#8211; que nous sommes impatients de quitter &#8211; une partie de l\u2019\u00e9quipe rejoint Barrow en avion alors que l\u2019autre partie doit rapatrier \u00e0 Fairbanks le monstrueux pick-up qui nous a permis de parcourir la Dalton Highway en toute s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska6.jpg\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"419\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska6-1024x419.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4225\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska6-1024x419.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska6-300x123.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska6-768x314.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska6.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">Barrow (Source : Aude Weber)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Le village de Barrow constitue le point le plus au nord de notre exp\u00e9dition. A cheval entre la mer de Beaufort et celle des Tchouktches, son climat est rude&nbsp;: il fait 1\u00b0C au 31 juillet, -5\u00b0C ressentis lorsqu\u2019on tient compte des rafales de vent et de la pluie&nbsp;! Les premiers habitants de cette localit\u00e9 joignable uniquement par la mer ou par les airs, sont les Inupiats. Ils composent encore aujourd\u2019hui une grande majorit\u00e9 de la population locale.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier jour nous nous rendons \u00e0 l\u2019Universit\u00e9, au d\u00e9partement de la faune et de la flore sauvage, dont les couloirs sont couverts de posters scientifiques d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la faune locale&nbsp;: baleines, morses, phoques, caribous, ours polaires. Malheureusement, suite \u00e0 de pr\u00e9c\u00e9dentes m\u00e9saventures avec des journalistes, les chercheurs locaux ne peuvent discuter de leurs travaux avec nous sans une autorisation d\u00e9livr\u00e9e par le maire, injoignable.<\/p>\n\n\n\n<p>A d\u00e9faut, nous allons \u00e0 la d\u00e9couverte des environs de Barrow en nous promenant, tout en prenant garde \u00e0 ne pas rencontrer d\u2019ours polaire, ce qui n\u2019est pas rare dans la r\u00e9gion, surtout lorsque la glace est proche du rivage, comme ce jour-l\u00e0. Nous finissons par rencontrer un capitaine de baleinier. Attention, il ne faut pas se m\u00e9prendre, un baleinier repr\u00e9sente ici une petite embarcation pouvant contenir 6 \u00e0 8 hommes tout au plus. La chasse \u00e0 la baleine fait partie int\u00e9grante de la culture inupiak locale et reste un moyen de subsistance important, bien qu\u2019un quota de chasse soit impos\u00e9 chaque ann\u00e9e par l\u2019Etat. Elle a lieu lors de la migration des baleines \u00e0 bosse, au printemps et \u00e0 l\u2019automne. La personne chez qui nous logeons nous raconte une histoire locale bien connue \u00e0 ce sujet&nbsp;: il y a une trentaine d\u2019ann\u00e9es, deux baleines sont rest\u00e9es bloqu\u00e9es par les glaces. Si cela ne tenait qu\u2019\u00e0 eux, les Inupiats les auraient tu\u00e9es pour se nourrir, cela repr\u00e9sentant une aubaine pour des chasseurs de baleines. Mais les m\u00e9dias ont eu vent de la situation et se sont rendus sur place afin de relayer l\u2019information dans le monde entier. Le tapage m\u00e9diatique a abouti au sauvetage des deux c\u00e9tac\u00e9s par un brise-glace russe. Afin de se consoler et trouvant probablement ce d\u00e9nouement loufoque, les Inupiats ont port\u00e9 pendant quelques temps des t-shirts \u00e0 l\u2019image de l\u2019\u00e9v\u00e9nement. L\u2019avant du t-shirt indiquait&nbsp;: \u00ab&nbsp;Save the Whales&nbsp;\u00bb et le dos \u00ab&nbsp;For Breakfast&nbsp;\u00bb\u2026<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignright\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska7.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"174\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska7-300x174.png\" alt=\"La glace d\u00e9rivante estivale \u00e0 Barrow (Source : Aude Weber)\" class=\"wp-image-2276\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska7-300x174.png 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska7-768x445.png 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska7.png 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">La glace d\u00e9rivante estivale \u00e0 Barrow (Source : Aude Weber)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>R\u00e9cemment, les saumons sont venus compl\u00e9ter de mani\u00e8re plus importante le r\u00e9gime alimentaire local. Certains habitants mettent leur migration plus au nord sur le compte des effets du changement climatique. Aucun scientifique n\u2019a pu nous le confirmer, mais il semble que les habitants ancestraux de ces territoires extr\u00eames voient aussi \u00e9voluer leur environnement, \u00e0 l\u2019image de la glace \u00e0 la d\u00e9rive pr\u00e9sente sur la c\u00f4te en plein \u00e9t\u00e9, qui emp\u00eache les petites embarcations de prendre le large.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9part de Barrow nous entamons notre voyage de retour avec une \u00e9tape \u00e0 Kotzebue suivie d\u2019une autre \u00e0 Anchorage. Le trajet en avion nous permet d\u2019appr\u00e9hender une derni\u00e8re fois l\u2019immensit\u00e9 de ce territoire encore en grande partie intact, du moins visiblement, puisque le changement climatique, lui, agit en silence.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska8.jpg\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"591\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska8-1024x591.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4226\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska8-1024x591.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska8-300x173.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska8-768x443.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/files\/2016\/08\/alaska8.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">De Point Hope \u00e0 Kotzebue (Source : Aude Weber)<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Du Danemark, en passant par la Norv\u00e8ge puis traversant la Sib\u00e9rie pour se terminer en Alaska. 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