{"id":1554,"date":"2015-03-10T16:53:51","date_gmt":"2015-03-10T15:53:51","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/?p=1554"},"modified":"2022-07-15T15:52:58","modified_gmt":"2022-07-15T13:52:58","slug":"retour-sur-political-ecology-des-services-ecosystemiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/geoblog\/2015\/03\/retour-sur-political-ecology-des-services-ecosystemiques\/","title":{"rendered":"Retour sur Political ecology des services \u00e9cosyst\u00e9miques"},"content":{"rendered":"<h6>Xavier Arnauld de Sartre, Monica Castro, Simon Dufour et Johan Oswald (dir.)<\/h6>\n<p>La notion de services \u00e9cosyst\u00e9miques est apparue tr\u00e8s r\u00e9cemment dans le discours environnementaliste, \u00e0 l\u2019occasion de la publication du <em>Millenium Ecosystem Assessment<\/em> de 2005, un rapport command\u00e9 par l\u2019ONU pour qualifier l\u2019\u00e9tat de la biodiversit\u00e9. On d\u00e9finit ces services comme \u00ab les b\u00e9n\u00e9fices que l\u2019homme tirent des \u00e9cosyst\u00e8mes \u00bb. D\u2019une notion \u00e0 un concept \u00e9tabli dans les sciences de l\u2019environnement, les services \u00e9cosyst\u00e9miques font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un contexte de crise, celui de la destruction de la biodiversit\u00e9, de l\u2019\u00e9puisement des ressources et du d\u00e9r\u00e8glement climatique.<!--more--><\/p>\n<p>Ce concept tend donc \u00e0 pr\u00e9ciser que les \u00e9cosyst\u00e8mes &#8211; une construction humaine pour d\u00e9limiter et identifier une partie de la biosph\u00e8re en biotope et bioc\u00e9nose &#8211; sont les garants de l\u2019ordre naturel et in extenso, que l\u2019humanit\u00e9 tire un b\u00e9n\u00e9fice direct de leur bon fonctionnement. Il appara\u00eet rapidement que les services \u00e9cosyst\u00e9miques sont la composante d\u2019une logique bien connue en g\u00e9ographie, celle des relations hommes-milieux, o\u00f9 parfois, la nature appara\u00eet comme r\u00e9ifi\u00e9e et externe \u00e0 l\u2019homme.<\/p>\n<p>Les auteurs de cet ouvrage didactique et critique partent de ce constat pour d\u00e9velopper la discipline engag\u00e9e de <em>political ecology<\/em>, qui rassemble les aspects politiques, \u00e9conomiques et sociaux des questions environnementales. La <em>political ecology<\/em> r\u00e9affirme la coh\u00e9rence multidisciplinaire des sciences de l\u2019environnement par une approche g\u00e9n\u00e9raliste rassemblant \u00e0 la fois des scientifiques, des acteurs, des d\u00e9cideurs, mais aussi des entrepreneurs, des philosophes et des gestionnaires. En d\u2019autres termes, on peut consid\u00e9rer que l\u2019\u00e9cologie moderne est une discipline \u00e9minemment sociale et culturelle, ind\u00e9pendamment de son aspect purement scientifique.<\/p>\n<p>Si la notion de services \u00e9cosyst\u00e9miques fait l\u2019objet d\u2019une utilisation indiscut\u00e9e dans les milieux de la conservation de la nature, elle est en premier lieu un compromis entre une notion \u00e9conomique, les \u00ab services \u00bb et une notion \u00e9cologique, \u00ab \u00e9cosyst\u00e9miques \u00bb. De fait, la r\u00e9ification de la nature permet de mettre un prix sur des services essentiels aux hommes qui sans elle, ne saurait subsister. Il est donc \u00e9tonnant de voir que ce discours est anthopocentrique en ce qu\u2019il sous tend que la nature est un objet. Depuis la Renaissance, la s\u00e9paration homme-nature, aussi nomm\u00e9e comme \u00ab Grand Partage \u00bb, insiste sur la subjectivit\u00e9 de l\u2019homme face \u00e0 son environnement, du moins dans le monde occidental. L\u2019homme est \u00e0 la fois le d\u00e9fenseur et le destructeur, bien qu\u2019il d\u00e9pende enti\u00e8rement de son environnement pour son existence. On voit donc la Nature comme une construction intellectuelle. L\u2019homme donne son sens et sa finalit\u00e9 \u00e0 la Nature comme \u00e9l\u00e9ment subjectif. <\/p>\n<p>Les services \u00e9cosyst\u00e9miques sont qualifi\u00e9s en quatre cat\u00e9gories : l\u2019approvisionnement (nourriture, culture, \u00e9levage, p\u00eache, eau potable, bois, etc.), la r\u00e9gulation (qualit\u00e9 de l\u2019air, des sols, pollinisation, etc.), le support (formation des sols, photosynth\u00e8se, cycles de l\u2019eau, etc.) et les services culturels (diversit\u00e9, valeur religieuse et spirituelle, \u00e9ducation, \u00e9cotourisme, etc.). Si dans un premier temps, les services \u00e9cosyst\u00e9miques semblent \u00eatre une \u00e9vidence pour les soci\u00e9t\u00e9s traditionnelles d\u00e9pendant de l\u2019\u00e9conomie de subsistance, il appara\u00eet rapidement qu\u2019un changement d\u2019\u00e9chelle s\u2019est op\u00e9r\u00e9 o\u00f9 les services, quantifi\u00e9s dans une logique \u00e9conomique n\u00e9olib\u00e9rale, sont consid\u00e9r\u00e9s \u00e0 la fois comme des conditions d\u2019existence et un march\u00e9. Il faut prot\u00e9ger les \u00e9cosyst\u00e8mes pour les services qu\u2019ils rendent \u00e0 l\u2019homme, et plus encore, on cherche \u00e0 d\u00e9finir les pertes socio-\u00e9conomiques li\u00e9es \u00e0 la d\u00e9gradation des \u00e9cosyst\u00e8mes. C\u2019est cette translation, o\u00f9 l\u2019environnement est r\u00e9duit \u00e0 une consid\u00e9ration \u00e9conomique et anthropocentr\u00e9e, ainsi qu\u2019\u00e0 un instrument de gouvernance, que les auteurs de \u00ab Political Ecology des services \u00e9cosyst\u00e9miques \u00bb tiennent \u00e0 questionner.<\/p>\n<p>Le livre <a href=\"https:\/\/www.peterlang.com\/index.cfm?event=cmp.ccc.seitenstruktur.detailseiten&amp;seitentyp=produkt&amp;pk=83927&amp;cid=347\"><em>Political ecology des services \u00e9cosyst\u00e9miques<\/em><\/a>, (Xavier Arnauld de Sartre, Monica Castro, Simon Dufour et Johan Oswald (dir.), 290 p., \u00e9d. Peter Lang) est divis\u00e9 en trois parties et neuf chapitres qui questionnent : 1) la validit\u00e9 des services \u00e9cosyst\u00e9miques d\u2019un point de vue intrins\u00e8que et instrumental, 2) les enjeux li\u00e9s au discours politique du concept 3) la quantification et la r\u00e9partition spatiale des services \u00e9cosyst\u00e9miques. <\/p>\n<p>Deux membres de la FGSE ont particip\u00e9 activement \u00e0 la r\u00e9daction de cet ouvrage. <a href=\"https:\/\/mesoscaphe.unil.ch\/mcastro\/fr\/presentation\/\">Monica Castro<\/a>, biologiste, ethno-\u00e9cologue et g\u00e9ographe, a effectu\u00e9 une partie de son post-doctorat comme premi\u00e8re assistante \u00e0 la FGSE \u00e0 l\u2019Institut de g\u00e9ographie et durabilit\u00e9 (IGD). Sa formation pluridisciplinaire lui permet de d\u00e9velopper le champ de la <em>political ecology<\/em>. <a href=\"https:\/\/mesoscaphe.unil.ch\/kull\/\">Christian Kull<\/a>, g\u00e9ographe et professeur ordinaire \u00e0 l\u2019IGD, est sp\u00e9cialiste de <em>political ecology <\/em>sur les changements environnementaux dans les pays en voie de d\u00e9veloppement et dans les \u00eeles.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Xavier Arnauld de Sartre, Monica Castro, Simon Dufour et Johan Oswald (dir.) La notion de services \u00e9cosyst\u00e9miques est apparue tr\u00e8s r\u00e9cemment dans le discours environnementaliste, \u00e0 l\u2019occasion de la publication du Millenium Ecosystem Assessment de 2005, un rapport command\u00e9 par l\u2019ONU pour qualifier l\u2019\u00e9tat de la biodiversit\u00e9. 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